Rechercher dans ce blog

mardi, août 05, 2008

99- Comme Christophe Colomb et Cartier

Tout a commence (je m apercois qu ici il n y a pas les signes ordinaires tels que apostrophe, accent aigu, accent grave, circonfl^xe etc, donc pardon pour la difficile lecture due a ce clavier QWERTY ). Je disais que tout a commence hier ou avant hier je ne sais. Je peux dire avec certitude qu a Marseille il est minuit 37 je veux dire zero heure 37 de mardi, alors qu ici il est 18 heures 38 maintenant ou disons comme les gens d ici 6,38 PM de lundi. Car je suis a Ottawai (je cherche le point d exclamation, tant pis) Je disais au debut que tout a commence a Marseille vendredi 01 aout avec un depart en TGV direction Paris. Mer... nous accueille C... et moi, Nous passons deux nuits chez elle puis le dimanche envol vers Montreal

(suite au prochain numero)

lundi, juillet 28, 2008

98- Les cigales stridulent à perpète


Les cigales stridulent à perpète, l’étang flegmatique s’étire, la mer à Napoléon -entre Les Saintes et Fos- est étale, les hommes somnolent à l’abri des saules pleureurs ; le temps s’immobilise. De plus en plus les collègues s'esquivent en douce. Où vont-ils ou ne vont-ils pas? Ma naaraf. Paille, glace et sombrero camarguais. A nous la liberté (l'originale) puis la Liberty (de l'autre côté).




jeudi, juin 26, 2008

97- Berthe pour la nuit




____
J'ai assisté
hier mercredi à la médiathèque, à une rencontre avec le jeune écrivain Antoine MOUTON. Il y présentait son dernier roman, " Berthe pour la nuit". Roman issu d'un atelier d'écriture qu'il avait animé au profit d'une vingtaine de stagiaires en formation linguistique de base, atelier auquel nous avions participé. C'était durant le premier semestre 2007. Le style reflète la vie hachurée de l'héroïne, Berthe, qui aurait bien pu être une stagiaire de l'atelier : " Il t'a vue. Bien sûr. Il a crié. "Maman!" Il a tapé contre la vitre de la voiture. Que madame Picot avait pris soin de fermer. Tu es montée dans la voiture que Ludmila t'avait prêtée. Tu t'es enfuie. Avec comme un trou dans le coeur. (...) Elle [Ludmila] s'est inscrite au stage ANPE avec toi."

jeudi, juin 19, 2008

96- Maïssa BEY vue par le CRDP Paris

IN:

Centre Régional de Documentation Pédagogique de Paris - CRDP de Paris

http://crdp.ac-paris.fr/parcours/index.php/category/bey?paged=1

(non daté)

ENTENDEZ-VOUS DANS LES MONTAGNES...
Maïssa Bey

Niveau conseillé : Bac professionnel

Le programme de baccalauréat propose différents objets d'étude assortis de pistes de réflexion dont celle de l'identité et des différentes voies de transmission de son histoire et de son passé. Cette entrée s'articule avec un parcours de l'oeuvre orienté vers l'approche des écritures de soi. Les différentes formes d'écriture autobiographique permettent de comprendre comment une oeuvre met en tension des expériences individuelles et des questions collectives. Comment une histoire singulière peut avoir une résonance plus universelle ?

Entendez-vous dans les montagnes ... pose également la question de l'engagement en littérature et de l'écrivain comme porte parole des silences. Comment la littérature permet-elle de réfléchir sur les rapports que l'Homme entretient au monde et aux grandes questions qui traversent le développement de l'Humanité ?

Enfin ce récit de Maïssa Bey s'inscrit dans les préconisations de lecture du nouveau programme de baccalauréat pour la dernière année : la lecture d'oeuvre du XXe siècle en rapport avec la colonisation et la décolonisation, le récit de filiation, l'expression du doute et de la révolte.

____________________________________________

Maïssa Bey est née à Ksar el Boukhari en 1950. Elle apprend le français avec son père, instituteur qui sera enlevé par les soldats français une nuit de février 1957. Elle ne le reverra jamais. Il meurt sous la torture deux jours après son arrestation. Le français est sa langue « paternelle » et non une langue seconde comme elle le dit à Ahmed Hanifi lors d’une interview donnée le 28 décembre 2005 pour le journal Liberté. [Hanifi: lire ma note en fin d'article] Elle suit des études supérieures de Lettres françaises à l’université d’Alger avant de devenir enseignante puis conseillère pédagogique dans l’ouest algérien (équivalent d’inspectrice en France) où elle réside encore aujourd’hui.

Elle publie son premier roman Au commencement était la mer en 1996. Elle participe à la fondation d’une association culturelle, « Paroles et écriture » qui propose des ateliers d’écriture, de lecture, de mise en espace de textes et qui a aussi permis la création d’une bibliothèque à Sidi Bel Abbès ainsi que la valorisation de la lecture et de la culture du livre.

Elle obtient le Grand Prix de la Nouvelle de la Société des gens de Lettres en 1998 pour son recueil Nouvelles d’Algérie (éditions Grasset, 1998), le Prix Marguerite-Audoux pour le roman Cette fille-là (éditions de L’Aube) et en 2005 le Prix des libraires algériens pour l’ensemble de son œuvre. Elle participe à des œuvres collectives dont Journal intime et politiqueL’Ombre d’un homme qui marchait au soleil en 2004, au Chèvre-feuille étoilée. Le dernier ouvrage de l’auteur vient de paraître aux éditions de l’Aube, il s’intitule Pierre Sang Papier ou Cendres (en rappel au poème de Paul Éluard, Liberté paru dans son recueil Poésies et Vérités, éditions de Minuit, Paris, 1942). C’est un récit, « mi-fresque historique, mi-pamphlet »1, sur 132 ans de colonisation française dont elle dénonce, en les caricaturant à travers la figure de madame Lafrance, les bonnes intentions, la violence et les ravages culturels et identitaires qui s’ensuivirent. (en 2003, avec entre autre Boualem Sansal, Leïla Sebbar …). Elle publie également des réflexions sur Albert Camus

Maïssa Bey a toujours été une lectrice avide et passionnée. Lire l’a aidée à se construire, à dépasser la souffrance, à survivre. L’écriture l’accompagne depuis longtemps, mais ce fut d’abord une écriture personnelle, pour elle, pour expulser ses douleurs, ses révoltes, sans intention de partager ce qu’elle vivait. Lorsqu’elle est passée du côté des « parlants »2 comme elle le dit, ce fut sans préméditation. Cela s’est fait à une époque où justement on confisquait en Algérie la parole libre. La publication donne alors d’autres dimensions à l’écriture : libérer l’acte de création. Elle raconte dans ses récits (romans ou nouvelles) des histoires singulières, d’hommes, de femmes, d’enfants dont la vie est meurtrie par l’onde de choc des séismes de l’Histoire. Il ne s’agit pas de donner une leçon, un cours d’histoire ou de science politique et encore moins de psychologie ou de sociologie. Et pourtant à travers ces moments de vie, le lecteur s’interroge, découvre une réalité qui dépasse les contours limités d’une expérience individuelle.

Pour l’auteur, écrire est une façon de rendre compte de la société, des dérives qui la traversent et des cheminements douloureux d’hommes et de femmes anonymes qui participent, dans le même temps, d’une Histoire plus globale. Ainsi parce que Maïssa Bey a un point de vue sur le monde, parce qu’elle est traversée de révoltes, et souffre de blessures personnelles ou collectives, elle devient un porte parole « involontaire » de ceux qui ne peuvent plus parler, de celles que l’on muselle. Les sujets qui s’imposent à elles et qui la poussent à écrire font d’elle un écrivain engagé. Ses mots, ce sont ses armes. Elle entre en écriture comme on entre en résistance et accepte de devenir porteur des silences pour faire « entendre de multiples voix souvent inaudibles », « pour ne pas sombrer dans la violence des silences »3.

Lorsqu’elle comprend qu’elle est écrivain, elle sait, qu’en elle, mûrissent deux livres. Le premier portera sur son père (Entendez-vous dans les montagnes …) : elle racontera sa disparition, son absence cruelle, et parlera aussi de la guerre d’Algérie et des silences différents mais communs aux deux sociétés (française et algérienne). L’autre, Bleu, Blanc, Vert (L’Aube, 2006) évoquera l’histoire de l’Algérie post-coloniale à travers la vie d’un immeuble et de ses occupants. La guerre civile, l’islamisme radical sont, par ailleurs, des thèmes déjà abordés dans Nouvelles d’Algérie (éditions Grasset, 1999) et Au commencement était la mer (L’Aube 1996).

Maïssa Bey parle de son pays et de l’amour infini qu’elle lui porte. Les tragédies politiques, sociales, et même géologiques (Surtout ne te retourne pas, L’Aube, 2006) qui le mettent à feu et à sang sont autant de douleurs et de déchirements pour elle. L’écriture est une catharsis.

Maïssa Bey est aussi une écrivain engagée au côté des femmes avec Au commencement était la mer (L’Aube, 1996), Cette fille-là (L’Aube, 2001), ou encore Sous le Jasmin la nuit (L’Aube, 2004) : elle dénonce, par la fiction, le traitement injuste et opprimant réservé aux femmes et aux jeunes filles, victimes silencieuses des lois des hommes et de l’islamisme. Sous le Jasmin la nuit (L’Aube, 2004), recueil de onze nouvelles, porte autant de regards sur les désirs, les rêves et les souffrances de femmes, enfermées dans la solitude et le silence que leur impose leur condition.

L’écriture est une façon de restituer la parole à celles à qui on l’a confisquée. L’engagement par l’écriture n’est plus celui d’une cause particulière mais un engagement contre tous les silences. Cependant, l’auteur ne se reconnaît pas dans l’étiquette « féminine » ou « féministe » qui peut lui être parfois attribuée. Pour elle, écrire est un acte créateur qui n’a pas de genre ou qui est commun aux deux sexes. « C’est un acte de liberté et d’affirmation de soi »4 dira-t-elle.

L’écriture de Maïssa Bey est épurée, souple et poétique. Jamais mièvre, elle pique à vif et sait être mordante. Rien n’est dit pour combler, pour remplir. Chaque mot contribue à l’équilibre presque parfait de cette écriture.

Le récit

1. Le résumé

Entendez-vous dans les montagnes … est le titre de ce récit de Maïssa Bey qu’on aurait envie de fredonner sur l’air de la Marseillaise (« entendez vous dans nos campagnes … »). Ce titre reprend les paroles d’un chant patriotique kabyle qui résonnait dans les montagnes d’Algérie « d’où montait la voix des hommes libres », un hymne « que nos parents nous faisaient apprendre le soir, quand nous étions couchés, dans le plus grand secret. » (Propos recueillis par K.S dans El Watan, 26 septembre 2002 in dzlit.free.fr)

Dans ce récit en partie autobiographie et écrit à la troisième personne, l’auteur met en scène trois personnages : une femme, un homme d’environ soixante ans et une jeune fille nommée Marie. Ils se retrouvent par hasard, dans le compartiment d’un train de nuit en partance pour Marseille. Ces trois protagonistes que rien ne semble devoir rapprocher tant ils recherchent la solitude et l’isolement, ont pourtant un point commun : l’Algérie. Elle, victime, fille orpheline d’un père torturé puis assassiné pendant la guerre. Lui, bourreau, appelé du contingent et envoyé là-bas « pendant les événements ». Et enfin, Marie (seul personnage dont le nom est donné) innocente et ignorante, petite-fille de pieds noirs.

Au cours de ce voyage qui devait être calme, ils vont être confrontés à un incident déclenchant, entre eux, une conversation d’abord banale et hésitante et qui s’intensifiera tout au long de la nuit. Dans l’espace clos de ce train qui les emmène dans la ville du vieux port resurgissent des souvenirs brûlants et peu à peu se dénouent les fils d’une mémoire douloureuse.

2. La structure du récit

Toute l’action tient dans ce compartiment, mais d’autres paysages tissent le décor d’actions plus lointaines qui reviennent en mémoire. Le temps du récit est celui d’une nuit qui pourrait se découper en trois moments (trois actes) articulés autour d’un axe silence/parole, présent/passé.

Première acte : le silence

Une femme entre en scène, soulagée d’être seule dans ce compartiment, aspirant à la plus grande solitude. Mais elle est vite dérangée par un homme d’une soixantaine d’années qui sans un mot, sans un salut, vient s’asseoir en face d’elle. Il cherche aussi la tranquillité. Elle le regarde, dans le reflet de la vitre. Le train est sur le point de partir et un dernier personnage prend place. C’est une jeune fille, fraîche, « blonde et lisse », souriante et qui se retire aussitôt dans la musique de son walkman, les yeux fermés.

Ces premières lignes du récit sont écrites avec beaucoup de distance, comme des didascaliesthéâtre. Aucune parole n’est prononcée, aucun échange direct. La femme et l’homme s’observent à la dérobée, dans le reflet d’une vitre ou quand l’autre ferme les yeux. Le point de vue change, le lecteur connaît les pensées des personnages ; de l’homme et de la femme surtout, parce qu’ils sont en éveil. Ce face à face les renvoie l’un et l’autre à des souvenirs plus lointains : en voyant cet homme, elle songe à son père dont elle a presque oublié le visage, puis à son pays, l’Algérie qu’elle a dû quitter pour se « réfugier », en France, parce qu’elle était la fille « d’un glorieux martyr de la révolution ». Cet exil lui pèse parce qu’elle aime profondément son pays, même exsangue, mais où la violence est si forte que la peur est partout et devient contagieuse. C’est ce qu’elle redoute le plus, être contaminée par la peur « qui fait naître la haine (…), la tentation de tuer avant d’être tué ». Dans les yeux sombres de cette femme « s’esquisse soudain – pour lui – le reflet de nuits lointaines qui se bousculent dans le charivari de cris et de supplications. »

; on croirait voir se placer des acteurs sur une scène de

Deuxième acte : coïncidences

Le lecteur passe tour à tour dans l’esprit des personnages. Troublants jeux de va-et-vient qui semblent se répondre.

La femme est mal à l’aise. Mais ce n’est pas nouveau et ce n’est pas lié seulement à cet homme en face d’elle. Soudain une autre femme fait irruption dans le compartiment, affolée, hurlant que des voleurs, « des Arabes », ont agressé des voyageurs. Elle ressort aussitôt laissant derrière elle, une gêne pesante entre ces compagnons de voyages. Cet incident provoque les premiers échanges de paroles. Une sensation d’oppression grandit chez la femme qui vient de s’installer dans le wagon, il s’inquiète, elle le sent insistant et l’étouffement s’intensifie. Il lui parle, elle ne l’écoute pas toute entière à son étourdissement. Mais il évoque son pays, l’Algérie. Alors elle se reprend un peu, elle sent que cet homme, en face d’elle, a envie de parler de l’Algérie. Mais elle s’y refuse, connaissant trop bien les poncifs nostalgiques et le ton de commisération avec lequel ils disent « quel beau pays ! », sous-entendant toujours « à l’époque ». À l’époque de la colonisation, avant la guerre d’indépendance, avant la folie intégriste d’aujourd’hui.

Elle ne veut pas parler. Elle reste muette malgré les regards insistants de l’homme.

« Elle le regarde sans mot dire. Il continue, comme s’il parlait seul ».

Ce récit est construit autour du silence et du besoin irrépressible de parler qui change de camp au fil de la narration. Dans cette partie, c’est lui qui est affable, presque content de se rappeler de l’Algérie, du fort de Boghari. C’est précisément dans ce fort que son père a été assassiné. Elle semble écrasée, prisonnière de ce train dont il est impossible de s’échapper, prisonnière de cet homme qui veut parler.

« Elle ne veut pas, elle ne veut rien entendre de plus. »

Marie intervient alors dans la conversation et parle de son Algérie à elle : de ses copains algériens et de son grand-père qui est né là-bas.

L’irréalité de cette situation qui réunit trois figures emblématiques de l’Algérie d’avant 1962 agit sur la femme comme un électrochoc. Elle reprend pied. Peu à peu, l’homme laisse ses souvenirs remonter en surface. Ce ne sont plus des paysages, une géographie, mais des noms, des hommes, des mots qui reviennent en mémoire. Il se fait un peu moins disert.

« C’est comme si on avait ouvert les vannes pour laisser couler la boue, toute la fange d’un passé qui s’avère soudain très proche et encore très sensible ».

Troisième acte : délivrance

Peu à peu, l’homme plonge dans ses souvenirs traumatisants et coupables. Et c’est elle qui le presse, qui veut aller jusqu’au bout, revenir sur ce passé, « coûte que coûte ». Elle veut que Marie sache ce qu’il s’est passé là-bas, puisque ni son grand-père, ni l’école ne lui a transmis cette mémoire. L’homme ne finit plus ses phrases. La ponctuation est alors très forte et les points de suspension soulignent l’indicible. Il hésite, justifie, « c’était la guerre », il se replie derrière les ordres incontestables et le devoir d’obéissance. Il cherche lui aussi à comprendre, il laisse remonter tout ce qu’il a tu pendant de si nombreuses années. La femme ressent cette douleur et l’accompagne sans haine, sans violence. Ils savent que ce long silence les a protégés d’une souffrance aiguë qu’ils n’ont pas pu oublier car « tout cela finit tôt ou tard par remonter à la surface. »

La femme explique à Marie que ce silence n’est pas du seul côté français mais que chez elle, il y a eu et il y a encore des silences.

« Pendant des années nous n’avons entendu qu’un seul refrain, dit sur le même air. Un air patriotique forcément. Et ça continue … Nos pères étaient tous des héros. »

Là-bas, la mémoire aussi est tronquée, une part est cachée derrière des légendes aveuglantes.

Cette réflexion du personnage montre d’ailleurs, en Algérie, l’évolution du discours sur la guerre d’indépendance et du travail historique en œuvre (voir Histoire de la guerre d’Algérie, Benjamin Stora, Paris, éditions la Découverte, « Repères », 2004, p.100-101). C’est peut être l’émergence d’une parole vraie et d’un passage à l’Histoire (sortir du mythe) qui permet de comprendre ce passé et qui explique l’absence de haine (mais de pardon aussi) dans le récit de Maïssa Bey. Libérer la mémoire, parler, rompre le silence pour parvenir à l’indépendance réelleapaiser sa peine. et pour parvenir à

Si un premier pas est franchi, le silence s’installe à nouveau sur des personnages déjà fourbus. C’est un silence inquiétant, comme celui qui précède la réplique plus forte d’une première secousse. Le silence est maintenant du côté de l’homme, prisonnier de ses souvenirs, comme bâillonné par leur résurgence si réelle. La femme va parler de son père, elle va essayer d’avoir des réponses, elle va le questionner, lui qui était là-bas, dans cette caserne, lui qui a, sans doute, vu son père, enregistré son nom, peut être même soigné cet homme. Mais il se referme et ne peut plus parler. Il revoit tout le drame, il retrouve les mots, les prénoms de ses acolytes, il revoit la scène dans le bois, … Il ne dit rien, c’est la femme qui prend en charge les aveux, qui lui montre qu’elle sait, malgré les silences de tous. Le silence de l’homme est un consentement, il ne se défend pas, il ne nie pas.

Le lecteur suit les pensées et les souvenirs de cet homme, mis en exergue par l’écriture en italique, comme un récit dans un récit. Il n’entend plus la femme, « il ne peut même plus parler. »

Le train arrive en gare. Tout n’a pas été dit mais peu importe :

« quelque chose s’est dénoué en elle. Elle se dit que rien ne ressemble à ses rêves d’enfant, que les bourreaux ont des visages d’homme, elle en est sûre maintenant, ils ont des mains d’homme, parfois même des réactions d’homme et rien ne permet de les distinguer des autres. Et cette idée la terrifie un peu plus. »

Les thèmes

1. Comme une pièce de théâtre

Ce récit court (72 pages dans l’édition de poche) est proche d’une pièce de théâtre à plusieurs titres. Unité de lieu, de temps, d’action : un wagon, une nuit, une discussion. Certains passages ressemblent à des didascalies, plates, neutres et factuelles (cf. les entrées et sorties des personnages dont l’irruption fracassante d’une femme et sa sortie aussi brutale déclenchera la parole entre les personnages en place). La place de la parole est primordiale, même si la parole est difficile, hésitante, douloureuse (les pensées des personnages sont autant de paroles non dites car peut être indicibles).

La construction du récit est également en trois actes :

- premier acte : installation des personnages, observation mutuelle et silence agité de pensées vagabondes et de gestes non achevés ;

- deuxième acte : l’Algérie et la confrontation du silence et du besoin de parler ;

- troisième acte : le silence de l’Histoire, celui de la torture et de la disparition du père de la femme. À la fin, les personnages quittent la scène un par un, ils vont sans doute reprendre leur vie d’avant cette nuit.

2. Une écriture particulière : le style

Entendez-vous dans les montagnes… est intéressant pour analyser l’énonciation et la focalisation : qui parle ? Qui voit ? Le récit est raconté à la troisième personne par un narrateur omniscient qui se glisse tour à tour dans les yeux et l’intimité des personnages et nous livre leurs pensées et leurs sentiments.

Ce sont surtout les pensées de la femme et de l’homme qui sont révélées.
Ces pensées sont souvent livrées au discours indirect :

« … la question qu’elle se pose souvent lorsqu’elle se retrouve face à des hommes de cet âge, question qu’elle tente toujours de refouler. Ces rides inscrites comme des stigmates au coin des lèvres. Mon père aurait à peu près le même âge. Non, il serait plus vieux encore. » (p. 17)

On assiste à plusieurs reprises à ce glissement de pronom personnel qui semble rapprocher l’auteur et le personnage. Cette écriture permet d’aller plus loin avec des élèves de bac professionnel que la seule observation des différents types de discours rapportés et des modes de narration puisqu’on est amené à réfléchir sur les effets des glissements d’une narration à la troisième personne à une narration à la première personne, de l’usage du discours indirect libre (à mettre en perspective d’une écriture autobiographique).

En ce qui concerne les paroles rapportées au discours direct, une étude de la ponctuation (point de suspension) montre que cette parole est hésitante et souvent inachevée, douloureuse. L’utilisation importante des points de suspension n’a pas toujours la même valeur ni le même enjeux.

La distribution de la parole entre les personnages met à jour les rapports de force. On peut même aller plus loin en faisant un parallèle avec les discours historiques en France et en Algérie sur la question de la guerre d’Algérie.

Les premiers échanges de paroles arrivent d’ailleurs tardivement, au tiers du livre (à la page 21 sur 71) déclenchés par un incident et des propos racistes dans le train.

L’auteur utilise deux caractères typographiques dans son récit : romain (droit) et italique. L’italique est utilisé pour citer des extraits de l’ouvrage que lit le personnage féminin et qui évoque un homme questionnant son père pour comprendre le passé. Mais cette typographie sert surtout à distinguer les pensées de l’homme du récit et des pensées de la femme. Ces pensées peuvent être des réflexions qu’il se fait, des souvenirs ou le récit de moments précis du passé (en Algérie pendant la guerre). Le lecteur peut être quelque peu perdu au début parce que le passage des citations du livre aux pensées de l’homme n’est pas immédiatement évident. C’est l’occasion de développer la notion de point de vue. Certains passages en italique sont troublants et intéressants à travailler avec les élèves parce qu’on ne sait plus exactement à qui attribuer le discours. C’est l’occasion de discuter de l’interprétation multiple d’une lecture.

2. Littérature et engagement : écrire pour les autres

Ce roman évoque l’Histoire dans une histoire singulière : la torture dans la guerre d’Algérie et les Droits de l’Homme ; le traumatisme de cette guerre ; les enjeux de la mémoire ; l’amnésie et le silence.

Un des thèmes au cœur de ce récit est bien sûr la guerre d’Algérie et la question de la torture. Les pratiques et « processus d’interrogatoires » sont racontés assez précisément à travers les souvenirs du personnage masculin (l’arrestation arbitraire, la gégène, la corvée de bois). C’est aussi la mémoire et le travail de l’histoire qui sont interrogés. À partir des relations confuses entre silence, mutisme et flot de paroles qui caractérisent les personnages et leur mémoire singulière, on peut établir un parallèle avec ce qui est dit ou tu dans la société (aussi bien française qu’algérienne) sur cette période de l’Histoire.

Du côté français, au lendemain de la guerre :

« la mémoire de la guerre d’Algérie va s’enkyster, comme à l’intérieur d’une forteresse invisible. Non pour être “protégée”, mais pour être dissimulée, telle la figure impossible à regarder de la Gorgone. Les amnisties successives, viennent alors entériner, dans un climat d’indifférence, cette dissimulation de la “tragédie algérienne.” » (Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie, La Découverte, « Repères », 2004, p. 93).

Ce qui est encore appelé « les événements » ou « opérations de maintien de l’ordre » est enfoui sous le sable, image d’un silence lourd mais qui ne signifie pas disparition. En 1999, l’Assemblée Nationale adopte une loi permettant de donner officiellement le nom de « guerre » à ce qui s’est passé en Algérie entre 1954 et 1962. Les publications de témoignages, de thèses de recherche, de récits, de films, de documentaires, d’articles se multiplient. La parole semble se libérer et la mémoire resurgir (pour exemple la publication en 2001, Services spéciaux Algérie 1955-1957 : mon témoignage sur la torture de Paul Aussaresse, éditions Perrin).

En France, on commence à se remémorer ce passé douloureux, mémoire activée par les générations issues de l’immigration, le travail de mémoire n’est pas achevé, la reconnaissance des blessures infligées à « l’autre » non plus. Un autre silence tout aussi assourdissant règne de l’autre côté : la guerre d’indépendance mythifiée devient intouchable et la vérité est alors inaccessible.

Du côté algérien, l’histoire aussi est tronquée :

après l’indépendance, « l’urgence n’est pas à la production d’un savoir académique ou de récits d’histoire. (…) La guerre, en tant que “révolution algérienne”, vise essentiellement à glorifier le combat nationaliste » (Benjamin Stora, Repères sur l’historiographie algérienne de la guerre, in les actes de la DESCO, Apprendre à enseigner la guerre d’Algérie et la Maghreb contemporain, CRDP académie de Versailles, 2002).

Depuis quarante ans, les productions (livres, films, documentaires, articles) sont nombreuses. Pourtant subsiste un sentiment d’oubli, d’absence de connaissances sur le sujet. Cette sensation d’oubli tiendrait selon Benjamin Stora d’avantage à « l’existence de mémoires tronquées, partielles et partiales », à la difficulté de regarder en face la souffrance de l’autre, et au manque de diversité des points de vue qu’à une véritable amnésie.

Le silence, la difficulté de parler est une question majeure dans ce récit et fait écho à ce silence de l’Histoire et de la société. C’est aussi cela que l’auteur dénonce dans cet ouvrage, les sociétés muettes, aveugles et sourdes en Algérie comme en France. Pour l’auteur, l’engagement en littérature, c’est se faire le porte-parole des silences, dénoncer le silence, tous les silences.

Maïssa Bey soulève toutes ces questions y compris celles de la tragédie qui se joue depuis la fin des années 1980. On peut se demander quelle place l’écrivain joue dans la constitution d’un savoir historique. Mais ici il s’agira surtout de réfléchir aux raisons qui poussent l’écrivain à s’engager, quels sont les enjeux de son engagement ? Quelle forme prend l’engagement ? Et quel est l’impact de cet engagement ?

« mon écriture un engagement contre tous les silences » in http://dzlit.free.fr/bey.html

3. Écriture autobiographique : écrire pour soi et écrire pour les autres.

Ce récit est-il autobiographique ? Pourquoi parler de soi ? Il y a une part d’autobiographie dans ce récit mais une part seulement. Dans le passé du personnage féminin, on retrouve l’histoire de l’auteur. Mais la situation présentée du récit n’est pas une histoire vraie, vécue. A-t-elle été rêvée ? Qu’est-ce que l’écriture de cette histoire au carrefour de plusieurs genres a-t-elle apporté à l’auteur ? La littérature peut-elle être une voie de soulagement ? Un exutoireDéfinir le genre de ce récit et le confronter à ce qu’en dit l’auteur est une possibilité de travail. satisfaisant ?

Pour compléter l’appréhension, il faudrait relever tout ce qui n’est pas autobiographique. Cette opération invite à se demander comment savoir la part de vérité dans un texte, comment savoir ce qui est vrai ou non. Quel contrat se noue entre le lecteur et l’auteur ?

À ce titre on pourra proposer un extrait de Mémoire d’une geisha dans lequel l’écrivain Inoue Yuki semble se jouer du lecteur et du pacte autobiographique. Il intègre dans la fiction, la préface, laissant croire au lecteur qu’il s’agit du paratexte habituel, faisant référence à la réalité alors qu’en réalité, ce texte fait déjà partie de l’histoire. Sans la lecture de la postface le lecteur ne peut comprendre cette supercherie. Quel risque est alors encouru ?

Le récit de Maïssa Bey ne s’apparente pas immédiatement à une écriture autobiographique puisqu’il est écrit à la troisième personne mais les glissements fréquents de la troisième à la première personne peuvent nourrir une réflexion sur la définition du genre. La focalisation interne est un choix d’écriture qui a du sens et construit du sens. La proximité du personnage de la femme et de l’auteur est renforcée par ce choix.

La première de couverture est une piste à explorer également, surtout celle de l’édition de poche sur laquelle on voit l’image d’une femme assise qui serait l’image d’un reflet de miroir plutôt qu’une image directe. Ce reflet est double, comme une superposition de miroirs. Si l’étude de la couverture est réalisée en séance augurale, il serait intéressant de reprendre les hypothèses qui ont été formulées et de les comparer à la lecture intégrale et à l’étude du livre.

Parler de soi, est-ce dire toute la vérité ? Pourquoi écrire sur soi ? Quels sont les enjeux de l’autobiographie ?

____________________________

[Hanifi: lire ma note en fin d'article] = Erreur, il s'agit d'un article sur http://dzlit.free.fr/bey.html et non Liberté.

1 cf. Max Véga-Ritter, Professeur émérite, université Blaise Pascal Clermont-Ferrand in « une belle indignation », article publié sur : http://dzlit.free.fr/bey.html

2 El Watan, rencontre avec Maïssa Bey, Benaouda Lebdaï, 6 septembre 2007.
3 cf. http://dzlit.free.fr/bey.html

4 Ibid.

jeudi, juin 05, 2008

95- Merci à toutes (et tous) les stagiaires


Bonne chance à celles et ceux qui se préparent à un examen.... Cool ! and no stress si possibeul.

















Jacques PREVERT

Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger ...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

__________________
Jacques PREVERT : « l’accent grâve » (in Paroles)


Le professeur
Élève Hamlet!

L'élève Hamlet (sursautant)

... Hein... Quoi... Pardon.... Qu'est-ce qui se passe... Qu'est-ce qu'il y a... Qu'est-ce que c'est?...

Le professeur (mécontent)
Vous ne pouvez pas répondre "présent" comme tout le monde? Pas possible, vous êtes encore dans les nuages.

L'élève Hamlet
Être ou ne pas être dans les nuages!

Le professeur
Suffit. Pas tant de manières. Et conjuguez-moi le verbe être, comme tout le monde, c'est tout ce que je vous demande.

L'élève Hamlet
To be...

Le professeur
En Français, s'il vous plaît, comme tout le monde.

L'élève Hamlet
Bien, monsieur. (Il conjugue:)

Je suis ou je ne suis pas
Tu es ou tu n'es pas
Il est ou il n'est pas
Nous sommes ou nous ne sommes pas...

Le professeur

(excessivement mécontent)
Mais c'est vous qui n'y êtes pas, mon pauvre ami!

L'élève Hamlet
C'est exact, monsieur le professeur,
Je suis "où" je ne suis pas
Et, dans le fond , hein, à la réflexion,
Être "où" ne pas être
C'est peut-être aussi la question.

________________

Jacques PREVERT

Le Cancre

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec les craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.

____________

dimanche, mai 18, 2008

93- Le retour

Arrivé hier soir. Grisaille et compagnie. Voici quelques photos d'Oran.


Librairie Bensmaïn au début de la rue Ben M'hidi - Mai 2008 - D.R



















Statue de de la Liberté Oran mai 2008 - DR






Librairie du Front de mer Oran Mai 2008 - D.R

samedi, mai 17, 2008

92- Oran - Marseille

Samedi, midi. Je prends le vol Tout à l'heure pour Marignane. Ce matin j'ai fait un tour en ville nouvelle, prise de photos... Au musée Zabana j'avais projeté d'assister à une exposition photos (nouvelle) en hommage à Pablo Neruda "Rana m'belîn el haj, arrwah el achiya". Raté donc. Librairie au sein du Palais de la culture (flonflon et ronron: Palais!) moins d'une cinquantaine d'ouvrage en français... J'achète pour ma propre initiation: Tajerrumt N Tmazight, Grammaire berbère (Kabyle) de Mouloud Mammeri, aux éditions Bouchène 1990, 118 pages, pour 50 dinars. La caissière a demandé à vérifier si c'est bien le prix. C'est bien le prix (50 cts d'euro).

mercredi, mai 14, 2008

91- Mohammed Belkheir

Oran 16 heures 15. J'ai passé la nuit à Oran chez S. et A. cité AADL/ Usto. Ce matin j'ai fait un grand tour, des Hlm de Gambetta à M'dina Jdida puis vers le Rex, la mairie (J'intègrerai une photo de la liberté). A l'un des angles de la rue de la Bastille (un des lieux historiques de vente de ce produit) j'ai pris une Kalentica (karen') en sandwich... Impossible d'y échapper lorsque je viens à Oran. Un pot chez Marcel rue Tebessi (ex Loubet). Il y a peu j'ai acheté à la librairie qui se trouve derrière Le café Riche (ex Grand café Riche) un livre de Boualem Bessaih (un ancien cacique du pouvoir celui-là, mais néanmoins homme de culture avéré): "Mohammed Belkheir, poèmes d'amour et de guerre" (Anep, réédition 2007) préfacé par Jacques Berque. Extrait d'un poème écrit lors de sa captivité en Corse:
A Calvi
Je te sollicite, ô Dieu,
délivre-nous à l'instant de l'oppression.
(...)
Après avoir levé l'étendard,
me voici entre mers et oubli.
Maître ne me délaise pas,
sois ému par l'exilé aux cheveux blancs;
ne m'abandonne pas à l'ennemi;
protège-moi, garde-moi arabe...

mardi, mai 13, 2008

90- Mardi 13 mai 2008, soirée avec M., Nour, Hab

Notre ami M. est arrivé de Paris pour concrétiser l'achat de la maison, "La bleue" (ainsi l'avons-nous baptisée), bleue comme celle de San Francisco. Hier soir nous avons veillé et longuement discuté, lui, Nour, Hab et moi. M. sait tout (comme souvent). S'emporte contre X puis contre Y, contre un ami Avignonnais, contre Sansal, contre Camus... Avec des insultes (Yakhi Abd, Yakhi Hmar...) et amalgames en guise d'arguments, et la voix haute pour impressionner. Dommage pour la perspicacité de l'échange. Il n'y en a pas eu. Il ne conçoit la discussion (lorsque discussion il y a) qu'en termes de rapport de force, jamais ou peu en termes d'échanges; ce qui est la marque d'une grande faiblesse. Le discours idéologique faisant office d'axe central de réflexion autour de l'écriture de Sansal. Notre ami semble acquis au fait que le discours doit être la pierre angulaire de la littérature (pas même comme soubassement), foin de toute langue et de syntaxe libérées du discours ! "Sansal s'est couché devant des lobbies!" (à propos du "Le village de l'Allemand..." (que mon ami n'a pas lu, j'en suis persuadé).
J'ai cité l'exemple de l'homme Céline condamnable face à l'auteur formidable qu'il a été. "Mais Céline n'a pas eu les mêmes positions après la guerre": il n'a pas lu "Les beaux draps" (1941). Mais où allons-nous ma bonne dame?
Je lui dédie ce qui suit, extrait de
Mohamed NEDALI, Morceaux de choix, ed : l’Aube. « L’homme qui avait raison. Toujours raison. Il avait raison même quand il avait tord, au fond. Un surhomme. Un seigneur. Et c’était en grande partie pour cela que je ne le supportais plus. A la maison il nous était impossible de le contredire, même à propos de choses anodines : l’origine d’un bruit ou d’une odeur, l’heure qu’il était, le temps qu’il fera, la date du jour, le sens d’un mot. Il avait toujours la réponse juste, la preuve incontestable, l’argument convaincant. »

Une id
ée m'est venue cette nuit (j'ai mal dormi): écrire un jour (un mois, un an) un roman ou une nouvelle sur la certitude, sur la betise de la certitude.

Je suis descendu à Oran me changer les idées. Au Centre de la culture, ex place Kargantah j'achète "La géographie du danger" de Hamid Skif (ed APIC,2007), 450 DA.

dimanche, mai 11, 2008

89- Le prix Mohammed DIB va à Kamel DAOUD

Kamel Daoud, lauréat du Prix Mohammed Dib
par Khaled Boumediene (Le Quotidien d'Oran dimanche 11 mai 2008)
Le Prix littéraire Mohammed Dib, une distinction qui récompense les jeunes écrivains algériens, est allé, cette année et pour sa troisième édition, à l'écrivain et journaliste Kamel Daoud pour son recueil intitulé «L'Arabe et le vaste pays de ô...».
Lors de la remise de ce trophée, hier à l'auditorium de la Faculté de médecine «Docteur Benzerdjeb» de Tlemcen, la présidente de l'Association culturelle «la Grande Maison» a tenu à préciser, que «pour la 3ème session du Prix Mohammed Dib, décerné par la Fondation Dib, nous avons eu la joie de voir concourir un certain nombre de textes de bonne tenue, voire de très bonne tenue. Les jurés ont pu sélectionner quatre recueils de qualité. Il s'agit des textes : «L'Arabe et le vaste pays de ô» de Kamel Daoud, «Grenade» de Yamile Ghebalou Haraoui, le «Chuchotement des anges» de Kaouther Adimi, «Grains de folie» de Mohammed Houat.
Parmi ces recueils, celui intitulé «L'Arabe et le vaste pays de ô...» a suscité l'enthousiasme général et même une sincère admiration. Texte original et fort qui opère une passionnante alchimie où l'esprit d'analyse et un captivant travail métaphonique sont servis par une subite touche ironique, le tout pour traiter, avec pertinence et jubilation, du sujet épineux «qu'est-ce qu'être arabe aujourd'hui ?». Et d'ajouter : «nous avons affaire à un écrivain qui saura s'affirmer dans le monde littéraire».
NB: Quant à "A J" Barzakh n'a pas jugé utile de le retenir.

samedi, mai 10, 2008

88- Samedi 10

19 h, Cyber à Bethioua, au bout de la rue principale, face à la station de taxis et autres Karsan...
Nous sommes revenus hier vendredi en fin de journée. Le matin nous sommes allés à Ténès puis par la côte, à Talassa, au coeur des racines parentales.

jeudi, mai 08, 2008

87- Ouled Farès et Béni M...

Sommes allés Mos. son fils Moh. et moi jusqu'au coeur de notre monde: Les Béni - Mer...



A la source des sources. D.R

86- Oran Chlef Ouled Fares Tadjena etc

le 7 mai 2008 Oran, rue Ben M'hidi.Il a plu averse, les passants sont heureux...qu'il pleuve. La misère est palpable à chaque coin de rue. Cela n'empêche pas l'arrogance des 4X4 et autres véhicules "00".

Aujourd'hui je suis dans un cyber à Ouled Farès. Il est 20 heures 10. Une superbe virée d'Oran jusqu'aux ancêtres maternels, c'est à dire à quelques 30 km au nord est de Chlef (ex El Asnam, ex Orléansville). Commençons par le commencement. Oran ce matin, départ 10 heures. Direction Chlef puis Tadjena (ex Fromentin) puis aux sources mêmes de notre arbre maternel, c'est à dire les Béni M... Temps plus ou moins ensoleillé le matin, qui tourne (aux sources) aux brumes et autres embrums, oui embrums de la Méditerranée (pas si loin, peut être 15 ou 20 kms derrière la montagne)
Je détaillerai plus tard.

mardi, mai 06, 2008

85- Mardi 6 - camp 5 - rue 4


Mardi 11 h 30. Camp 5. Cyber de la rue 4.Hier avons fait une virée à Mostaganem puis à Rouiah (sur le retour). Une virée détente avec R. N. H. et M (tient un commerce au sein même du camp 5). Une seule voiture, celle du commerçant. Mosta: d'abord quelques verres chez "Miramar" dans l'ex rue de Rélizane. Serveuses et partron sympatiques mais c'est trop petit pour le monde qu'il y a (puis, tout le monde fume, c'est execrable). Sport à la télé: MCO contre MCA, je retiens cette image inouië (inouïe ? plutôt ordinaire) d'un joueur (tenue rouge = MCO?) court après un adversaire avec le piquet qui fait office de limite de corner. Changement de bar. Direction le port, ou le plateau chez Mou-Lejloud. Un boui-boui qui ne plaît pas à nos jeunes retraités ex-cadres de la Sonatrach. On continue. Au bord de l'eau un beau bâtiment sur piloti. Nous sommes à "La halte", ambiance très bruyante, mais amicale, charme certain d'une jeune serveuse dont la beauté n'a pas échappé à R. aux cheveux grisonnants (blanchissants!). Nous finissons la soirée sur le retour au camps, à mi-route, à Rouiah dans un très beau lieu ;(Tiens! pardon d'interrompre mon récit; à ce moment précis entre dans le Cyber un vieux collègue et ami, mon ancien sous-directeur du personnel: Ssi Boud. Bonjour et salamalecs... un plaisir!) je reviens à nos pérégrinations d'hier soir; Rouiah donc: Très jolie batisse au non de "Tayara". Rien à envier aux beaux lieux de la côte marseillaise. Voyez la photo. Nous sommes entrés à minuit. Croyez-moi, à aucun moment il n'a été question d'autre chose que de blagues et bêtises. Le défoulement et rien que cela, même si en Birmanie un typhon a emporté 15000 âmes. Pire que du cynisme.




Ce matin le directeur de ma banque à Marseille m'appelle.... soucis réglés dans la foulée.

lundi, mai 05, 2008

84- Lundi 5 à Béthioua

Il est 11 heures.
Le temps est au beau fixe. Meilleur que ces deux derniers jours. Je suis dans un Cyber à Béthioua. Spacieux, propre (on n'y fume pas). Je suis arrivé ce matin d'Oran, accompagné par Sen. chez qui j'ai passé la nuit.Hier j'ai tourné en ville. J'ai failli ne pas pouvoir échanger mes euros, car les banques ferment très tôt (depuis la nuit des temps et cela est incompréhensible): 15 heures 30 ! J'ai eu de la chance avec la BNP-Paribas qui ferme un quart d'heure plus tard. J'étais le troisième et dernier client, le change n'a pas duré plus de cinq minutes, mais j'ai dû attendre plus de 45 minutes avant de passer. Et tout cela pourquoi? Because les deux gars qui me devançaient étaient venus avec de gros "sacs Tati" bourrés de dinars. Direction quelques librairies sans rater la plus importante (mais hélas trop exigüe librairie Bensmaïn). J'y achète deux livres: a) un recueil de nouvelles de Hamid Ali-Bouacida, ''Cinq dans les yeux de Satan'', 127 pages, mars 2007 chez Casbah éditions; b) un petit livre de 126 pages dont 79 d'études et 30 d'extraits de romans de Maïssa Bey et 13 pages de critiques sur les ouvrages de l'écrivain, son titre: ''Maïssa Bey, l'écriture des silences'' écrit par Bouba Mohammedi Talbi (elle enseigne la littérature à Alger), aux éditions du Tell, mai 2007. Sur l'avenue Loubet je prends un verre chez Marcel en pensant aborder l'un des deux livres. A la troisième minute mes voisins de table m'invitent à converser littérature: Maïssa Bey, Victor Hugo, La Fontaine, Freud même... Je change de lieu. Au bar des Victoires je rencontre Berr. un vieil ami des années 70. avocat de son état depuis 20 ans (anciennement sociologue. La socio ça ne rapporte que des clopinettes). Je prends le 11 puis le 51 jusqu'aux nouveaux bâtiments AADL. Passe la nuit chez Sen.Je rentrerai au camp après la lecture des journaux.

dimanche, mai 04, 2008

83- Face au Lynx, le ciné à Oran

J'écris à partir du grand Cybercafé qui se trouve face au cinéma Le lynx à Oran. Ce matin de nouveau nous (R+R, N et moi) sommes allés au Cap blanc (Arzew) négocier l'achat d'une maison au profit de notre ami commun M. resté à Paris. Les négociations aboutissent. M. confirme par téléphone au vendeur; Adjugée. il fera la fête nous promet-il.

Je suis ensuite descendu par le taxi de groupe "Jama'i" (3000 = 30 DA) jusqu'à l'entrée d'Oran puis le "11" jusqu'à la place des victoires. Photos... Le centre culturel français n'est pas vraiment ouvert au premier quidam. Carte d'abonné sinon "revenez le jeudi pour les visites, de 10 à 12 h" uniquement. Librairie Bensmaïne bien sûr et d'autres aussi. Puis le Cyber puis la banque (ne pas oublier le change).

82- Mohamed DIB décédait il y a 5 ans



Le Quotidien d'Oran, dimanche 4 mai 2008

5e anniversaire de la disparition de Mohamed Dib
par Mohamed Benrebiai

Cinq années se sont écoulées depuis que Mohamed Dib, une des plus grandes plumes de la littérature algérienne, s’est éteint, le 2 mai 2003, à l’âge de 83 ans, dans son domicile de La Celle-Saint-Cloud (France). Il a laissé derrière lui une oeuvre immense.




« De Tlemcen, la ville natale, coeur de la trilogie algérienne d’avant la guerre de Libération (La Grande Maison, l’Incendie, Le Métier à tisser), à la Finlande (Les Terrasses d’Orsol, Le Sommeil d’Eve, Les Neiges de marbre), du Paris des magnifiques poèmes d’Ombre gardienne (1961), au Los Angeles de L.A. Trip, «roman en vers», Mohammed Dib défie la frontière entre les genres, mais aussi les chapelles et les modes» (Nadine Sautel, février 2003).

Mohammed Dib est né le 21 juillet 1920 à Tlemcen où il étudie et termine ses études au collège. Ensuite il passe une année au lycée d’Oujda, au Maroc, avant d’entrer à l’école normale d’instituteurs d’Oran.

Sorti sans diplôme, il trouve un poste d’instituteur à Zoudj Beghal, près de la frontière marocaine, qu’il occupera entre 1938 et 1940. Les deux années suivantes, il se retrouve comptable à Oujda au service des subsistances de l’Armée.

En 1943 et 1944, il fait office, à Alger, d’interprète franco-anglais auprès des armées alliées.

Il est de retour, en 1945, à Tlemcen où il travaille en qualité de maquettiste (de tapis) dans la corporation des tisserands puis rejoint une nouvelle fois Alger comme journaliste, en 1950 et 1951, à «Alger-Républicain». Il écrit également dans le journal du parti communiste algérien «Liberté».

Mohammed Dib se marie en 1951 avec Colette Belissant la fille de l’instituteur Roger Belissant qui lui fera découvrir la culture française et l’encouragera à écrire.

Il écrit, en 1952, sa première oeuvre, de sa trilogie Algérie, La grande maison, saluée par André Malraux qui le qualifie comme l’un des plus grands écrivains algériens de langue française.

La grande maison, inspirée par sa ville natale, décrit à travers le regard d’un enfant de dix ans, Omar, l’atmosphère et les profondeurs de la société algérienne. C’est une réalité où règnent misère, mensonges et hypocrisie. L’action du roman (1939) se situe dans l’immédiat avant-guerre, au moment où les sirènes des exercices d’alerte emplissent déjà Tlemcen,

Ce livre qui reçoit un accueil très favorable auprès des milieux nationalistes est très critiqué par la presse coloniale.

Le fameux passage -souvent cité comme exemplaire- où l’instituteur Hassan dénonce le mensonge de la France, ne pouvait que déranger «Ce n’est pas vrai, si on vous dit que la France est votre patrie», lâche le maître en laissant passer une phrase en arabe.

Omar est un personnage témoin se mêlant à la foule des rues qui lui renvoient l’écho de sa culture auprès des gens de sa condition comme Hamid Saradj. En choisissant un personnage d’enfant, Mohammed Dib signifie aussi que la vie n’est pas encore jouée et que les forces neuves de la jeunesse peuvent triompher.

Pour beaucoup «La Grande Maison» reflète les tendances idéologiques de Mohammed Dib. S’il se prend à dire «nous», c’est qu’il s’approprie et ressent les souffrances de ses personnages.

Dans «L’Incendie» (1954) Omar, encore gamin, va vivre à la campagne et découvrir la grande détresse des paysans et leurs espoirs. L’action se déroule en pleine Deuxième Guerre mondiale.

Ce n’est certainement pas un hasard que «L’Incendie» soit né en 1954, année du déclenchement de la guerre de Libération. C’est du contexte historique qui a prévalu au déclenchement du 1er Novembre 1954, nourri de douleurs et de violences, que Mohammed Dib s’est certainement inspiré.

Dans ses trois premiers romans transparaît une lente prise de conscience politique du peuple algérien devant la colonisation. Mohammed Dib montre comment était vécu le quotidien des plus humbles, là même où la Révolution s’est faite véritablement ensuite.

«Le métier à tisser» (1957) est le troisième roman de la trilogie. L’action se situe à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une période de grande misère faite de pénuries et de rationnements.

Cette fois, Omar a grandi et il est en butte, après deux ans de guerre mondiale, à la prolétarisation des artisans avec qui il travaille et dont il partage la misère.

«Un Eté africain (1959)», dernier roman qu’il écrit en Algérie, dans lequel il aborde la guerre de Libération, précède son expulsion d’Algérie vers la France. A ce propos, Mohammed Dib s’exprimant dans une interview accordée au «Magazine littéraire», en février 2003, souligne: «Pour être plus précis, on m’a «permis» de venir en France. Malraux est intervenu, mais aussi Camus (qu’à l’époque je connaissais à peine) et mes amis Jean Cayrol et Louis Guilloux».

Il s’installe dans les Alpes maritimes en 1959, au Maroc entre 1960 et 1964, pour ensuite revenir en France où il s’installe définitivement, tout en continuant à voyager à l’instar de cette escapade aux Etats-Unis où il enseigna en 1976 la littérature à l’université de Los Angeles.

En 1961, il publie un recueil de poèmes, «Ombre gardienne», préfacé par Aragon, puis deux romans, «Qui se souvient de la mer» (1962) et «Cours sur la rive sauvage» (1964) Avec ces deux romans, Mohammed Dib se défait de l’écriture réaliste, d’avant l’indépendance, qui l’a fait con¬naître, et qui se manifestait jusque dans ses poèmes et nouvelles.

Il s’en explique, lui-même, dans la postface de «Qui se souvient de la mer» «La brusque conscience que j’avais prise à ce moment-là du caractère illimité de l’horreur (...) est, sans doute aucun, à l’origine de cette écriture de pressentiment et de vision».

Naget Khadda, grande spécialiste reconnue de Mohammed Dib, écrit «Avec «Qui se souvient de la mer» M. Dib entre résolument dans une problématique moderne de l’écriture où l’effet de ressemblance avec le réel est abandonné au profit d’une organisation signifiante qui cherche à rendre compte du réel en faisant fi du vraisemblable... le roman Dibien n’opère pas un simple changement de forme, il renonce à être un instrument de connaissance pour devenir interrogation sur l’homme et expression d’être dans un monde hostile».

Dans ce roman il rend hommage à la femme «La sagesse de la mer finit toujours par l’emporter sur les trépignements de l’homme... Sans la mer, sans les femmes, nous serions restés définitivement orphelins: elles nous couvrirent du sel de leur langue et cela, heureusement, préserva maintes d’entre nous! Il faudra le proclamer un jour publiquement».

Mohammed Dib ne cessa de publier, avec régularité, quelques 26 titres, «poèmes Formulaires» (1970), «Omneros» (1975), «Feu, beau feu» (1979), «O vive» (1987), «L’Aube Ismaël» (1996)), pièce de théâtre (Mille hourras pour une gueuse), contes (L’Histoire du chat qui boude) alternent et se mêlent aux romans et nouvelles «Talisman» (1966), «Dieu en barbarie» (1970), «Le Désert sans détour» (1992), «L’Infante maure» (1994), «Dans la nuit sauvage» (1995), «Si diable veut» (1998), «Comme un bruit d’abeilles» (2001), «Simorgh» (2003) et «Laëzza», livre posthume fini deux jours avant sa mort, pour ne citer que ces titres.

Entre 1975 et 1980 il se rend plusieurs fois en Finlande où il collabore, avec Guillevic, à des traductions d’écrivains finlandais. Ces séjours lui inspirent sa «trilogie nordique», publiée à partir de 1985: «Les Terrasses d’Orsol» (1985), «Le Sommeil d’Ève» (1989) et «Neiges de marbre» (1990).

Son séjour à l’Université de Californie à Los Angeles lui inspirera son roman en vers «L.A. Trip» (2003).

Souvent ignoré dans son pays d’origine, il n’est guère plus reconnu, à sa véritable valeur, dans son pays d’accueil.

Dans une de ses dernières interviews, répliquant à Amine Zaoui qui lui demande si son exil est celui d’un homme politique, d’un travailleur émigré ou d’un intellectuel? «Ma réponse est très simple: mon exil est celui d’un travailleur émigré. Après l’indépendance, je n’ai pas trouvé ma place dans mon pays malgré les promesses et les démarches. J’avais une famille à ma charge, il fallait bien qu’elle vive. J’avais proposé l’édition de mes livres en Algérie. Les contrats existent, certains remontent à 1965, d’autres plus récents, à 1979 et 1981».

Dib a rencontré plusieurs responsables, ceux notamment de l’ex-Sned à qui il leur avait proposé ses services, «sans rien réclamer de spécial».

«Aux premières années de l’Indépendance, en 1964 et en 1965. J’avais fait plusieurs voyages et, à chaque fois, on me disait qu’«on allait étudier la question».

La culture a toujours été le parent pauvre dans notre pays et ce ne sont pas les quelques festivals organisés, destinés plus au prestige, qui occulteront la déperdition de notre capital culturel traditionnel et cette résistance aveugle à tout fait culturel contemporain.

Bannir un des plus grands écrivains qu’aura connu l’Algérie, et le plus prolifique en chef-d’oeuvres, est un crime que les quelques poux qu’on a été lui chercher sur sa tête ne sauront jamais excuser.

Le dernier exemple est ce déchaînement qui a fait suite à un entretien accordé par Mohammed Dib à la revue mensuelle française «Magazine littéraire» (édition de février 2003) où l’auteur, répondant à une question ayant trait à ses livres qui se passent entre deux pays et entre deux langues, souligne, entre parenthèses, «que les Algériens devaient avoir honte d’écrire en arabe classique qui est pour la France l’équivalent du latin ou du grec».

L’indignation fut grande des «défenseurs» de la langue arabe et des écrivains d’expression arabe, mais elle s’est manifestée seulement à l’occasion de la tenue du Salon du livre à Alger en septembre 2003, qui consacrait officiellement Mohammed Dib, avec des journées d’études traitant de son oeuvre.

C’est évidemment notre «pourfendeur national» des écrivains algériens d’expression française, en l’occurrence Tahar Ouettar, qui se déchaînera et ira jusqu’à contester l’hommage rendu à ce monument de la littérature contemporaine.

Extraite du contexte entier de la réponse, cette phrase peut choquer les âmes sensibles et sourcilleuses d’une constante nationale sacrée.

Dans sa réponse au «Magazine littéraire», Dib dit d’abord «mes images mentales sont différentes de celles d’un Français, elles appartiennent à l’arabe parlé qui est ma langue maternelle» avant l’affirmation en cause qui, paradoxalement, a donné lieu, pour une fois, à un débat intéressant sur les origines du conflit linguistique.

La responsabilité incombe à ceux qui, avec une politique d’arabisation menée de manière irrationnelle et au pas de charge, dès les premières années de l’Indépendance, ont créé et alimenté le clivage, dressant un mur d’incompréhension mutuelle et incité à crier haro sur ceux qui seront taxés de «Hizb França».

Mohammed Dib appartient à cette génération qui s’est vu exclue, au lendemain de l’Indépendance. Les désillusions et les douleurs vécues par l’homme ont, peut-être, donné naissance à une aversion envers plus un symbole d’un système destructeur que la langue arabe même.

Dire que Dib ne souffrait pas de son exil signifie être ignorant de son oeuvre qui traduit, dans la plupart de ses écrits, le mal-être dans un environnement sans racines après avoir perdu le sien.

Ecoutons Faïna, le personnage féminin dans «Sommeil d’Eve» «Je me quitte... Pendant ce temps mon vrai moi, prolongé au fond d’un puits, est en train de crier au secours».

Puis il a la nostalgie de son pays «l’émigré ne rêve que de retrouvailles avec le pays perdu, et de la résurrection que cela signifierait pour lui. Hanté par l’idée de retour, au vrai, celui-ci espère obscurément plus que cela: voir son pays venir à lui.(...) Assez loin et plus en vue en comparaison, se range une catégorie d’exilés bien spéciale: celle des artistes et autres écrivains. Nulle époque n’a, probablement, plus que la nôtre compté autant de Jean sans Terre parmi leur gent». (L’Arbre à dires)

Dib est bien obligé de trouver des repères dans une société qui n’est pas la sienne et cela transpire dans son essai «L’Arbre à dires» «On n’évite d’être une âme morte ni là où on a ses racines, ni là où l’on n’en a aucune, alors que, retransplanté ailleurs, s’offre au moins à vous l’opportunité, en vous découvrant autre (...) de donner faculté à des dons ignorés de s’épanouir».

Naget Khadra, la spécialiste de Dib, écrit enfin «Son pays natal, Dib n’y habite plus depuis longtemps, mais, comme il arrive presque toujours dans l’exil, ses livres parlent de la terre qu’il a quittée avec une ferveur parfois teintée de nostalgie et comme d’une vague rancune pour tout ce qui aurait pu advenir et qui a avorté. Ils en parlent avec une hauteur de vue qui produit un effet de distance comme s’il s’agissait d’une vue surplombante».

Son oeuvre immense et si riche tant par le nombre de ses romans, de ses poèmes, de ses nouvelles, de son théâtre, de ses essais et de ses contes lui a valu de nombreux prix littéraires: Prix Fénéon 1952, Prix de l’Union des écrivains algériens en 1966, Prix de l’association des écrivains de langue française en 1978, Grand prix de la Francophonie, l’académie Française en 1994 attribué pour la première fois à un écrivain maghrébin, Prix Mallarmé pour son recueil de poèmes L’Enfant-jazz...

Ce «phénomène littéraire», qui aurait mérité le prix Nobel, nous a quitté mais son oeuvre l’inscrit à jamais dans la postérité.Le Quotidien d'Oran, dimanche 4 mai 2008

5e anniversaire de la disparition de Mohamed Dib
par Mohamed Benrebiai

Cinq années se sont écoulées depuis que Mohamed Dib, une des plus grandes plumes de la littérature algérienne, s’est éteint, le 2 mai 2003, à l’âge de 83 ans, dans son domicile de La Celle-Saint-Cloud (France). Il a laissé derrière lui une oeuvre immense.

« De Tlemcen, la ville natale, coeur de la trilogie algérienne d’avant la guerre de Libération (La Grande Maison, l’Incendie, Le Métier à tisser), à la Finlande (Les Terrasses d’Orsol, Le Sommeil d’Eve, Les Neiges de marbre), du Paris des magnifiques poèmes d’Ombre gardienne (1961), au Los Angeles de L.A. Trip, «roman en vers», Mohammed Dib défie la frontière entre les genres, mais aussi les chapelles et les modes» (Nadine Sautel, février 2003).

Mohammed Dib est né le 21 juillet 1920 à Tlemcen où il étudie et termine ses études au collège. Ensuite il passe une année au lycée d’Oujda, au Maroc, avant d’entrer à l’école normale d’instituteurs d’Oran.

Sorti sans diplôme, il trouve un poste d’instituteur à Zoudj Beghal, près de la frontière marocaine, qu’il occupera entre 1938 et 1940. Les deux années suivantes, il se retrouve comptable à Oujda au service des subsistances de l’Armée.

En 1943 et 1944, il fait office, à Alger, d’interprète franco-anglais auprès des armées alliées.

Il est de retour, en 1945, à Tlemcen où il travaille en qualité de maquettiste (de tapis) dans la corporation des tisserands puis rejoint une nouvelle fois Alger comme journaliste, en 1950 et 1951, à «Alger-Républicain». Il écrit également dans le journal du parti communiste algérien «Liberté».

Mohammed Dib se marie en 1951 avec Colette Belissant la fille de l’instituteur Roger Belissant qui lui fera découvrir la culture française et l’encouragera à écrire.

Il écrit, en 1952, sa première oeuvre, de sa trilogie Algérie, La grande maison, saluée par André Malraux qui le qualifie comme l’un des plus grands écrivains algériens de langue française.

La grande maison, inspirée par sa ville natale, décrit à travers le regard d’un enfant de dix ans, Omar, l’atmosphère et les profondeurs de la société algérienne. C’est une réalité où règnent misère, mensonges et hypocrisie. L’action du roman (1939) se situe dans l’immédiat avant-guerre, au moment où les sirènes des exercices d’alerte emplissent déjà Tlemcen,

Ce livre qui reçoit un accueil très favorable auprès des milieux nationalistes est très critiqué par la presse coloniale.

Le fameux passage -souvent cité comme exemplaire- où l’instituteur Hassan dénonce le mensonge de la France, ne pouvait que déranger «Ce n’est pas vrai, si on vous dit que la France est votre patrie», lâche le maître en laissant passer une phrase en arabe.

Omar est un personnage témoin se mêlant à la foule des rues qui lui renvoient l’écho de sa culture auprès des gens de sa condition comme Hamid Saradj. En choisissant un personnage d’enfant, Mohammed Dib signifie aussi que la vie n’est pas encore jouée et que les forces neuves de la jeunesse peuvent triompher.

Pour beaucoup «La Grande Maison» reflète les tendances idéologiques de Mohammed Dib. S’il se prend à dire «nous», c’est qu’il s’approprie et ressent les souffrances de ses personnages.

Dans «L’Incendie» (1954) Omar, encore gamin, va vivre à la campagne et découvrir la grande détresse des paysans et leurs espoirs. L’action se déroule en pleine Deuxième Guerre mondiale.

Ce n’est certainement pas un hasard que «L’Incendie» soit né en 1954, année du déclenchement de la guerre de Libération. C’est du contexte historique qui a prévalu au déclenchement du 1er Novembre 1954, nourri de douleurs et de violences, que Mohammed Dib s’est certainement inspiré.

Dans ses trois premiers romans transparaît une lente prise de conscience politique du peuple algérien devant la colonisation. Mohammed Dib montre comment était vécu le quotidien des plus humbles, là même où la Révolution s’est faite véritablement ensuite.

«Le métier à tisser» (1957) est le troisième roman de la trilogie. L’action se situe à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une période de grande misère faite de pénuries et de rationnements.

Cette fois, Omar a grandi et il est en butte, après deux ans de guerre mondiale, à la prolétarisation des artisans avec qui il travaille et dont il partage la misère.

«Un Eté africain (1959)», dernier roman qu’il écrit en Algérie, dans lequel il aborde la guerre de Libération, précède son expulsion d’Algérie vers la France. A ce propos, Mohammed Dib s’exprimant dans une interview accordée au «Magazine littéraire», en février 2003, souligne: «Pour être plus précis, on m’a «permis» de venir en France. Malraux est intervenu, mais aussi Camus (qu’à l’époque je connaissais à peine) et mes amis Jean Cayrol et Louis Guilloux».

Il s’installe dans les Alpes maritimes en 1959, au Maroc entre 1960 et 1964, pour ensuite revenir en France où il s’installe définitivement, tout en continuant à voyager à l’instar de cette escapade aux Etats-Unis où il enseigna en 1976 la littérature à l’université de Los Angeles.

En 1961, il publie un recueil de poèmes, «Ombre gardienne», préfacé par Aragon, puis deux romans, «Qui se souvient de la mer» (1962) et «Cours sur la rive sauvage» (1964) Avec ces deux romans, Mohammed Dib se défait de l’écriture réaliste, d’avant l’indépendance, qui l’a fait con¬naître, et qui se manifestait jusque dans ses poèmes et nouvelles.

Il s’en explique, lui-même, dans la postface de «Qui se souvient de la mer» «La brusque conscience que j’avais prise à ce moment-là du caractère illimité de l’horreur (...) est, sans doute aucun, à l’origine de cette écriture de pressentiment et de vision».

Naget Khadda, grande spécialiste reconnue de Mohammed Dib, écrit «Avec «Qui se souvient de la mer» M. Dib entre résolument dans une problématique moderne de l’écriture où l’effet de ressemblance avec le réel est abandonné au profit d’une organisation signifiante qui cherche à rendre compte du réel en faisant fi du vraisemblable... le roman Dibien n’opère pas un simple changement de forme, il renonce à être un instrument de connaissance pour devenir interrogation sur l’homme et expression d’être dans un monde hostile».

Dans ce roman il rend hommage à la femme «La sagesse de la mer finit toujours par l’emporter sur les trépignements de l’homme... Sans la mer, sans les femmes, nous serions restés définitivement orphelins: elles nous couvrirent du sel de leur langue et cela, heureusement, préserva maintes d’entre nous! Il faudra le proclamer un jour publiquement».

Mohammed Dib ne cessa de publier, avec régularité, quelques 26 titres, «poèmes Formulaires» (1970), «Omneros» (1975), «Feu, beau feu» (1979), «O vive» (1987), «L’Aube Ismaël» (1996)), pièce de théâtre (Mille hourras pour une gueuse), contes (L’Histoire du chat qui boude) alternent et se mêlent aux romans et nouvelles «Talisman» (1966), «Dieu en barbarie» (1970), «Le Désert sans détour» (1992), «L’Infante maure» (1994), «Dans la nuit sauvage» (1995), «Si diable veut» (1998), «Comme un bruit d’abeilles» (2001), «Simorgh» (2003) et «Laëzza», livre posthume fini deux jours avant sa mort, pour ne citer que ces titres.

Entre 1975 et 1980 il se rend plusieurs fois en Finlande où il collabore, avec Guillevic, à des traductions d’écrivains finlandais. Ces séjours lui inspirent sa «trilogie nordique», publiée à partir de 1985: «Les Terrasses d’Orsol» (1985), «Le Sommeil d’Ève» (1989) et «Neiges de marbre» (1990).

Son séjour à l’Université de Californie à Los Angeles lui inspirera son roman en vers «L.A. Trip» (2003).

Souvent ignoré dans son pays d’origine, il n’est guère plus reconnu, à sa véritable valeur, dans son pays d’accueil.

Dans une de ses dernières interviews, répliquant à Amine Zaoui qui lui demande si son exil est celui d’un homme politique, d’un travailleur émigré ou d’un intellectuel? «Ma réponse est très simple: mon exil est celui d’un travailleur émigré. Après l’indépendance, je n’ai pas trouvé ma place dans mon pays malgré les promesses et les démarches. J’avais une famille à ma charge, il fallait bien qu’elle vive. J’avais proposé l’édition de mes livres en Algérie. Les contrats existent, certains remontent à 1965, d’autres plus récents, à 1979 et 1981».

Dib a rencontré plusieurs responsables, ceux notamment de l’ex-Sned à qui il leur avait proposé ses services, «sans rien réclamer de spécial».

«Aux premières années de l’Indépendance, en 1964 et en 1965. J’avais fait plusieurs voyages et, à chaque fois, on me disait qu’«on allait étudier la question».

La culture a toujours été le parent pauvre dans notre pays et ce ne sont pas les quelques festivals organisés, destinés plus au prestige, qui occulteront la déperdition de notre capital culturel traditionnel et cette résistance aveugle à tout fait culturel contemporain.

Bannir un des plus grands écrivains qu’aura connu l’Algérie, et le plus prolifique en chef-d’oeuvres, est un crime que les quelques poux qu’on a été lui chercher sur sa tête ne sauront jamais excuser.

Le dernier exemple est ce déchaînement qui a fait suite à un entretien accordé par Mohammed Dib à la revue mensuelle française «Magazine littéraire» (édition de février 2003) où l’auteur, répondant à une question ayant trait à ses livres qui se passent entre deux pays et entre deux langues, souligne, entre parenthèses, «que les Algériens devaient avoir honte d’écrire en arabe classique qui est pour la France l’équivalent du latin ou du grec».

L’indignation fut grande des «défenseurs» de la langue arabe et des écrivains d’expression arabe, mais elle s’est manifestée seulement à l’occasion de la tenue du Salon du livre à Alger en septembre 2003, qui consacrait officiellement Mohammed Dib, avec des journées d’études traitant de son oeuvre.

C’est évidemment notre «pourfendeur national» des écrivains algériens d’expression française, en l’occurrence Tahar Ouettar, qui se déchaînera et ira jusqu’à contester l’hommage rendu à ce monument de la littérature contemporaine.

Extraite du contexte entier de la réponse, cette phrase peut choquer les âmes sensibles et sourcilleuses d’une constante nationale sacrée.

Dans sa réponse au «Magazine littéraire», Dib dit d’abord «mes images mentales sont différentes de celles d’un Français, elles appartiennent à l’arabe parlé qui est ma langue maternelle» avant l’affirmation en cause qui, paradoxalement, a donné lieu, pour une fois, à un débat intéressant sur les origines du conflit linguistique.

La responsabilité incombe à ceux qui, avec une politique d’arabisation menée de manière irrationnelle et au pas de charge, dès les premières années de l’Indépendance, ont créé et alimenté le clivage, dressant un mur d’incompréhension mutuelle et incité à crier haro sur ceux qui seront taxés de «Hizb França».

Mohammed Dib appartient à cette génération qui s’est vu exclue, au lendemain de l’Indépendance. Les désillusions et les douleurs vécues par l’homme ont, peut-être, donné naissance à une aversion envers plus un symbole d’un système destructeur que la langue arabe même.

Dire que Dib ne souffrait pas de son exil signifie être ignorant de son oeuvre qui traduit, dans la plupart de ses écrits, le mal-être dans un environnement sans racines après avoir perdu le sien.

Ecoutons Faïna, le personnage féminin dans «Sommeil d’Eve» «Je me quitte... Pendant ce temps mon vrai moi, prolongé au fond d’un puits, est en train de crier au secours».

Puis il a la nostalgie de son pays «l’émigré ne rêve que de retrouvailles avec le pays perdu, et de la résurrection que cela signifierait pour lui. Hanté par l’idée de retour, au vrai, celui-ci espère obscurément plus que cela: voir son pays venir à lui.(...) Assez loin et plus en vue en comparaison, se range une catégorie d’exilés bien spéciale: celle des artistes et autres écrivains. Nulle époque n’a, probablement, plus que la nôtre compté autant de Jean sans Terre parmi leur gent». (L’Arbre à dires)

Dib est bien obligé de trouver des repères dans une société qui n’est pas la sienne et cela transpire dans son essai «L’Arbre à dires» «On n’évite d’être une âme morte ni là où on a ses racines, ni là où l’on n’en a aucune, alors que, retransplanté ailleurs, s’offre au moins à vous l’opportunité, en vous découvrant autre (...) de donner faculté à des dons ignorés de s’épanouir».

Naget Khadra, la spécialiste de Dib, écrit enfin «Son pays natal, Dib n’y habite plus depuis longtemps, mais, comme il arrive presque toujours dans l’exil, ses livres parlent de la terre qu’il a quittée avec une ferveur parfois teintée de nostalgie et comme d’une vague rancune pour tout ce qui aurait pu advenir et qui a avorté. Ils en parlent avec une hauteur de vue qui produit un effet de distance comme s’il s’agissait d’une vue surplombante».

Son oeuvre immense et si riche tant par le nombre de ses romans, de ses poèmes, de ses nouvelles, de son théâtre, de ses essais et de ses contes lui a valu de nombreux prix littéraires: Prix Fénéon 1952, Prix de l’Union des écrivains algériens en 1966, Prix de l’association des écrivains de langue française en 1978, Grand prix de la Francophonie, l’académie Française en 1994 attribué pour la première fois à un écrivain maghrébin, Prix Mallarmé pour son recueil de poèmes L’Enfant-jazz...

Ce «phénomène littéraire», qui aurait mérité le prix Nobel, nous a quitté mais son oeuvre l’inscrit à jamais dans la postérité.

samedi, mai 03, 2008

81- Marignane - Oran

J'ai pris un vol d'Aigle Azur ce 01 mai en direction d'Oran. Formalités rapides, police et douaniers corrects. Lenteur dans la récupération de nos valises (30 minutes d'attente). Z et S m'attendent. Dans l'heure qui suis nous nous retrouvons chez moi (oui, chez moi), au camp 5 à Ain-Biya, commune de Béthioua (Arzew, ORAN). Famille....
Le lendemain vu les amis. Un tour à Arzew avec R., N.,B., et H. Nous prospectons une maison au bord de l'eau vers Cap Blanc, pour notre ami M. resté à Bobigny. Un puis deux... pots.

Ce matin, Cybercafé; mail: B. San. m'apprend qu'il a perdu sa mère. Je lui adresse mes condoléances sincères.