JE RENSEIGNERAI CET ESPACE, dans quelques jours
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Jeudi 29.10_ Il fait bon ce soir à Alger. Il a fait bon hier également. Légèrement frisquet tôt le matin et tard dans la nuit. Pour le reste c’est l’été qui flegmatise. Il s’étire tant qu’on le supporte.
Je suis arrivé en Algérie le 12 de ce mois. Précisément à Oran. Dès le lendemain je retire les livres que j’avais commandé à mon éditeur. Mon dernier roman, « Traversées... » Cela fonctionne comme les éditeurs à compte d’auteur. « Tu écris, tu es édité et tu achètes et tu vends... ». La conjonction de subordination « comme » est de trop. Comment faire autrement lorsque les structures intermédiaires sont quasiment inexistantes. Lorsque les sphères culturelles sont délaissées, les bibliothèques délaissées, les librairies fermées ou transformées en sandwicheries (comme les cinémas), ainsi en est-il de la belle Librairie du front de Mer, aujourd’hui « Sindi-bad, Pizzas, Shawarma et Tacos. Ne parlons pas des médias spécialisés en culture. Je n’en connais aucun. Enfin si, en patates. Quelques journalistes se lancent. Ils sont adeptes de la redondance ou de la superficialité. Vous faites une analyses et vous n’êtes même pas choqué. Les mêmes ‘‘journalistes’’, les mêmes auteurs, les mêmes maisons d’édition ont leur faveur. Ça tourne en rond comme du petit lait en phase d’ébullition. « Je te tiens, tu me tiens » par les intérêts ou la connaissance. Sérieusement, ont-ils les moyens de faire autrement ? Oui (même si les dés pipés tombent de haut) car on sait ici s’immiscer dans le jeu, de crainte. De crainte de tout perdre. Les valeureux journalistes ne sont pas négligeables. Ils font le dos rond car les temps sont difficiles comme dirait le père Léo : « Cet écrivain n'a pas de clients /Il vit seul avec son talent/Mais faut bouffer et faut ce qu'y faut /Même si on bouffe au Figaro... » Si vous n’êtes pas dans le cercle (ce que j’ai toujours refusé, plus par nature que par conviction, encore que, ma foi...) vous n’existez pas. Ceci dit, il y a des groupes plus ou moins organisés, des association qui se démènent comme de beaux petits diables avec presque rien. Qui vivotent, mais qui vivent, dans le second il y a la premier. J’y reviendrais. Dieu merci on n’écrit ni pour les dollars, ni pour la gloire (eh, quand-même, mon petit égo geint un peu...) mais je tiens, et je tiens à ce que j’ai écrit.
Est-ce une digression ? Pas sûr. Jeudi 29.10 donc. J’ai fait le tour des lieux qui me rappellent à mon souvenir, à chaque fois que je reviens au Pays natal, « Gambetta-Falaises » (renommé « Ibn Rochd » pour aussitôt être dégommé, y colle pas çui-là, alors gardons le nom de ce fils d’immigré devenu un des grands hommes d’État français - 3° etc.)... au 8 rue ex Dr Strauss où je suis né. Puis Santa Cruz, la pêcherie, les Andalouses et Gambetta évidemment. En ville la Lada du célèbre bouquiniste Ammi Moussa (Allah yerhmeh) nargue les ignorants.
Grace à Lilia qui se démène avec peu de moyens nous réalisons plusieurs ateliers d’écriture créative, à Bir el Djir, à Oran. Je la remercie même si les intéressés sont de moins en moins nombreux. J’ai eu des participants qui parlent mieux l’anglais que le français, par choix. Il y a de moins en moins de francophones. Je remercie également le Centre de Documentation Économique et sociale d’Oran et d’Alger qui m’accueilleront bientôt pour les mêmes raisons. Nous ramons, mais nous tenons. Le beau reste le beau, qu’il soit narré en mandarin ou en quechua. Cessons le misérabilisme et la victimisation.
Alger. Comme toujours, plusieurs visages. Je garde celui d’une ville ouverte symboliquement et concrètement sur la mer, sur le nord, sur le monde. Pas toujours blanche néanmoins.
Le lendemain de mon arrivée je file droit vers « la foire ». « LA FOIRE. » Je dis à mon tour « La foire » au lieu du pompeux « Salon International du Livre d’Alger ». Un monde fou. Le tableau est entièrement en arabe. « Démerdez-vous ». Il n’y a aucun programme détaillé. Les éditions francophones ont ‘‘libéré’’ le Pavillon central pour un autre, neuf semble-t-il « Le Pavillon africain » (suis pas sûr). Les stand francophones sont en sursis. J’ai mal pour eux. C’est une mer de stands arabophones (tant mieux pour les arabophones). Le français est idéologisé par cécité. Il est de mon droit et devoir de l’écrire car c’est ce que je pense. Au pavillon de l’Institut français j’assiste à une intervention de l’éditrice de Barzakh Selma Hellal. Très intéressant, sur l’édition audio... les potentialités, les aléas... Le Pavillon « Palestine » est réduit à six mètres carrés pitoyables. Avec Darwich évidemment. Je finis ma soirée che « Le roi des haricots » (malik elloubia). Quelques pièces. Pas d’eau. Une cuillère. À la louche.
PLUS TARD LES PHOTOS (le WIFI de l'hôtel coince)

























































