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mercredi, juillet 10, 2024

856_ LE DÉBALLAGE NAUSÉEUX DE LA MÈRE LE PEN

 J’AI DÉNICHÉ UNE GROSSE PÉPITE QUE J’OFFRE PARTICULIÈREMENT AUX INCRÉDULES. UNE VIDÉO OÙ IL EST QUESTION DE CETTE HAINE TERRIBLE QUI COULE DANS LES VEINES DE LA FAMILLE LE PEN.


UNE VIDÉO LONGTEMPS INTERDITE _ PIERRETTE LE PEN (NÉE LALANNE) PARLE DE LA FAMILLE LE PEN. ENTRETIEN AVEC KARL ZÉRO EN 1998. C’EST TRÈS CHAUD ! -

PIERRETTE LE PEN (NÉE LALANNE) EST LA MÈRE DE MARINE LE PEN, LA GRAND-MÈRE DE MARION-MARÉCHAL LE PEN ET DE NOLWENN OLIVIER (LA COMPAGNE DE JORDAN BORDELA) _ ah8072024




dimanche, juillet 07, 2024

855_ WHITE POWER_ Au coeur de l'extrême droite européenne

 

LE FILM





CE FILM, PRÉVU CES JOURS-CI SUR ARTÉ, A ÉTÉ DÉPROGRAMMÉ

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mercredi, juillet 03, 2024

854_ NO PASARÁN ! 20 rappeurs contre le RN

 

NO PASARÁN !





NO PASARÁN - 20 rappeurs en 9'43 contre le RN (Clip officiel)

1242953 vues 1 juil. 2024 #Fianso #Kerchak #SethGueko

(Bientôt disponible sur toutes les plateformes de streaming) 

 

Featuring : Sofiane, Zola, Kerchak, RK, Soso Maness, Zed, UZI, ASHE 22, Nahir, ISK, Mac Tyer, Alkpote, Cokein, Akhenaton, Pit Baccardi, Seth Gueko, Demi Portion, Decimo, Relo, Costa. Produit par DJ Kore. 

Aux grands maux les grands moyens ! Après la catastrophique dissolution de l’assemblée voulue par Macron, le triste constat de voir le RN arriver en tête chez les jeunes aux européennes et son terrifiant score au 1e tour des législatives, DJ Kore et Ramdane Touhami ont fait l’impossible en activant toutes leurs connexions pour mobiliser la jeunesse contre les fachos et éviter un 2e tour apocalyptique. 

Le résultat c’est 20 rappeurs de toutes les générations et toutes les scènes sur un même track: NO PASARÁN Soit le meilleur du rap… contre le pire de la politique. 

 

100% des recettes seront reversées à la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés. Merci à tous les artistes et à leurs équipes pour leur généreuse participation à ce projet historique. 

 

Faites tourner !

 

 #NoPasaran #Fianso #Zola #Kerchak #RK #SosoManess #Zed #UZI #ASHE22 #Nahir #ISK #MacTyer #Alkpote#Cokein #Akhenaton #PitBaccardi #SethGueko #DemiPortion #Decimo#Relo #Costa 


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Y aura-t-il encore du M'semen lundi 8 ?




mardi, juillet 02, 2024

853_ DÉSOLÉ BORDELLA, WALLAH ON RESTERA LÀ

 

Sublime...

Désolé Bordella, Wallah on restera là...








852_ MÉLENCHON, C'EST L'ARABE- un texte de Vincent Léonard-

 le cahier rouge

Mélenchon, c’est l’Arabe

Publié le 1° juillet 2024

Voici ma thèse : Mélenchon, c’est l’Arabe. Dans la triste France effondrée d’aujourd’hui, cet homme de chair et d’esprit est devenu non seulement un objet politique, mais aussi un sujet d’empoignades en étant devenu un fantasme, une entité imaginée, ou plutôt rêvée, ou plutôt délirée. Comme l’Arabe.

On a d’ailleurs fini par parler de cet homme comme d’une généralité, une catégorie à part de l’humanité politique, comme on dit l’Arabe du coin, mais aussi la racaille ou, à l’inverse (et encore, pas vraiment l’inverse : plutôt comme l’image inversée), mon ami arabe. Ce n’est plus un homme et une vie entière, ce n’est plus le témoignage complexe et mouvant de cinquante ans de lutte, de paroles et d’actes, mais autre chose de bien plus mou et de bien plus gazeux : l’épouvantail Mélenchon ou bien encore le repoussoir, et même l’obstacle. Mais sans que jamais, après ces qualificatifs infamants, ne suive autre chose que l’écroulement à ses propres pieds de ses propres terreurs, comme lorsque l’on vide maladroitement ses poches et qu’en tombe l’un de nos pauvres petits secrets. Mais rien, ou si peu, qui lui soit imputable à lui, en personne.

Oui, Mélenchon, c’est bien l’Arabe, drapé dans sa fumée menaçante, dans sa posture imaginée, dans son ombre irréelle dressée dans l’ombre de l’époque. L’Arabe qui entre chez les gens non par la fenêtre, mais par la télévision. Et d’ailleurs, tout bien pesé, je suis sûr que c’est pour cela que je l’ai entendu, l’autre jour, répondant à des gamins issus de l’immigration comme on dit, lesquels le remerciaient de ne pas les avoir enfoncés dans la boue du mépris, dire, la gorge nouée, qu’il était l’un des leurs. « Je suis l’un des vôtres, les petits… » Eh oui, l’un des leurs. Aussi repeint, aussi projeté, aussi flouté, aussi malmené.

On vote contre lui. On cherche à le contraindre, à le faire taire, à le cacher, à le réduire, à l’assimiler. On se mobilise contre son influence. On ne veut pas être associé avec lui. On s’éloigne. On change de trottoir, au cas où.

Comme l’Arabe, il fait mauvaise impression en société. C’est une image embarrassante, et surtout, au-delà de sa personne réelle, une succession de séquences télévisées répétées à l’envi, sans contexte et sans passé. Des vignettes. Alors, comme l’Arabe, il suscite une mesquine petite terreur imprécise et indécise, c’est-à-dire qui ne tient pas vraiment au regard de la réalité, ou en tout cas à l’épreuve des faits constants, sinon par quelques filaments fragiles à ses marges, mais qui parle à tout le monde. Ils ne sont pas tous comme ça, bien sûr ou Il n’est pas toujours comme ça, bien sûr ou Y en a des bien ou Parfois il peut être très bien. Tout ça, c’est kif-kif.

De l’Arabe, on lui colle à la peau toutes les caractéristiques imaginaires : brutal, autoritaire, malpoli, parlant mal et fort, sournois, complice du terrorisme et idiot utile de tyrannies lointaines, et bien sûr antisémite. Sa personne n’a pas d’importance, ses actes ne sont la preuve de rien, ses paroles n’ont pas valeur de démenti : il demeure cette seule menace imprécise, ou même seulement ambiguë, dont on a évidemment peur. Dont on avait peur avant. Dont on a construit la peur en soi, sans même se soucier de sa vérité, de sa dimension personnelle, de l’infinie profondeur de chacun des vivants. Lorsqu’il parle, ce ne sont plus ses paroles, les mots qu’il prononce, les idées qu’il articule qui importent. Mais un sous-texte qu’on y entend, une attitude qu’on croit deviner, un soupçon, un tremblement, un coup au cœur de porte claquée dans son dos par un courant d’air. Il ne peut pas être innocent. Il ne le peut pas structurellement, puisqu’on le déteste, puisqu’on en a peur.

Donc, cette peur du Croquemitaine, du diable caché, peut être basée sur des calomnies, des exagérations, des insinuations, des divagations, elle emporte quand même tout sur son passage dans la discussion. Aussi, pour parler de lui, faut-il d’abord démentir. Mais les bobards solidifiés sont répétés par ceux qui ont peur à ceux qui ont peur d’avoir peur. Et ainsi l’objet de la peur devient objet de « débat », ou mieux encore, de « polémique ». Et ainsi Mélenchon devient, par le simple effet d’un jeu de ping-pong de trouillards unanimes dans leur trouille, non pas une personne sur laquelle on controverse, mais une personnalité controversée.

Et puis il y a autre chose encore. Il y a l’image. La peur qu’il inspire y est pareillement irrationnelle, au point d’en devenir physique. Et du reste, c’est à son allure qu’on s’en prend toujours d’abord : on est tétanisé par ses cheveux en bataille, ses yeux cruels, son doigt accusateur, sa veste, sa cravate, sa boutonnière, de même que l’Arabe fantasmé effraie par son survêtement, les signes cryptiques et assassins, et même haschischins qu’on y voit, ou bien sa barbe et son parler. Ou son keffieh…

Comme l’Arabe est devenu en France « une question qu’on doit affronter », « une réalité à regarder en face », Mélenchon est pris dans une espèce d’économie circulaire, où les commentateurs radiotélévisés décident l’un après l’autre, et l’un imitant l’autre, qu’il est un problème. Ou plus exactement « 1 pb ». On pose donc à ses interlocuteurs la question de savoir s’il est vraiment « 1 pb » et le faisant donc advenir comme « 1 pb » aussitôt, par le fait de l’imposer comme un sujet de discussion problématique, puis enfin déplorant cet état de fait et rejetant la faute du débat dévié de sa course rationnelle par celui qui, décidément, est « 1 pb ».

Mais pour qui Mélenchon est-il « 1 pb » ? Pour ceux qui ont peur de l’Arabe et qui, simultanément, dans une synchronie confuse, imaginent que cet effrayant Monsieur-Mélenchon existe. Ceux qui ont peur, non pas de Jean-Luc Mélenchon, né en 1951 à Tanger, mais du Mélenchon fourré à la peur, conceptuel, abstrait, et à la fin purement typographique. Le Mélenchon qu’on voit en manchette des journaux ou des médias de la haine qui nous accablent, en bandeau sur les écrans bleus de la télévision française, en allusions paranoïaques dans les articles des journaux, de tous les journaux.

Comme l’Arabe de banlieue, on fait partout surgir le Mélenchon du Gévaudan. Jamais vu, jamais pris, mais partout, et disant davantage ce que nous sommes et de quoi nous avons peur que ce qu’il est vraiment. Ainsi, quand on parle de lui, on parle de nous. « Nous ne voyons jamais les choses telles qu’elles sont, disait justement Anaïs Nin. Nous les voyons telles que nous sommes. »

Tout cela, tout ce tremblement, toute cette folie, tous ces fantasmes, toute cette frousse, tout ce mépris déversé sur un homme, et c’est lui qui brutaliserait le débat public ? Et c’est lui, l’Arabe imaginaire qui hante l’esprit de ceux qui ont peur des Arabes, le problème ? Vous n’êtes pas sérieux.

Léonard Vincent

In : leonardvincent-net-2024-07-01-melenchon-cest-larabe

jeudi, juin 27, 2024

851_ Il est toujours minuit moins une. "ÉCOUTE-MOI CAMARADE"


Ai mis cela sur Facebook, ce matin, jeudi 27 juin 2024



Lalala
Écoute-moi camarade
Laisse tomber cette fille
Tu m′entends
Elle va te rendre malade
Et tu vas souffrir longtemps
Je sais bien que tu l'aimes
Tu lui as donné ton âme
Je sais bien que tu l′aimes
Tu lui as donné ton âme
Mais elle ne t'a jamais aimé Camarade
Elle profite de toi et tu es content
Même ses paroles elles sont froides
Tu dois le sentir
Pourtant
Regarde-toi bien dans la glace
Et réfléchis c'est important
Tu as choisi une épine hélas,
Ce n′est pas une rose de printemps
Je sais bien que tu l′aimes
Tu lui as donné ton âme
Je sais bien que tu l'aimes
Tu lui as donné ton âme
Ne compte plus sur ses promesses
Elle t′aimera pas
Même à cent ans
Elle t'a joué la double-face
Elle changera à chaque instant
Combien elle t′a pris pour un imbécile
Mais toi tu trouves tout ça c'est bon
Ne m′dit pas non c'est inutile
Car pour moi
Tu es un con
Je sais bien que tu l'aimes
Tu lui as donné ton âme
Je sais bien que tu l′aimes
Tu lui as donné ton âme
Sois un peu fier
Laisse la tranquille
Elle se moque de toi
Ça se voit, non?
Je te comprends
Ce n′est pas facile
Car où tu marches
Tu cries son nom
Ce n'est pas pour tes beaux yeux au fait
Si elle t′a pris le bras devant les gens
Toi tu veux jouer Roméo et Juliette
Mais elle ne pense qu'a l’argent
Je sais bien que tu l′aimes
Tu lui as donné ton âme
Je sais bien que tu l'aimes
Tu lui as donné ton âme
Tu deviens saoulard
À cause d′une fillette
Toi qui te crois intelligent
Excuse-moi vraiment
Tu es bête
Ce n'est pas de ta faute
Monsieur Pigeon
Je t'en prie oh camarade
On dirait tu n′es pas là
Moi je connais ces rigolades
Je suis déjà passé par là
Je sais bien que tu l′aimes
Tu lui as donné ton âme
Je sais bien que tu l'aimes
Tu lui as donné ton âme
Mais qui est ce camarade?
Je parle seul
Personne n′est là
Alors c'est moi le camarade
Le pauvre con
Et me voilà
Paroles de Mohamed Mazouni

(chanson reprise par Rachid Taha)

 



Mazouni sur France Inter en 2019

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Mazouni chez Manzoni- 06 2019






mercredi, juin 26, 2024

850_ Il est minuit moins une.- L’éléphant dans la pièce - Mona Chollet,

 

 La méridienne / Le blog de Mona Chollet

 L’éléphant dans la pièce

 25 juin 2024

 

 Une campagne électorale hantée par le racisme anti-Arabes

 

 Mona Chollet, journaliste et essayiste. 


 « L’antisémitisme de gauche connaît une résurgence incontestable et il est instrumentalisé pour décrédibiliser le Nouveau Front populaire » : quelle consternation – et quelle déception, aussi –, à la lecture de cette tribune de l’avocat Arié Alimi et de l’historien Vincent Lemire, qui soutiennent le Nouveau Front populaire comme la corde soutient le pendu, en entérinant l’idée qu’il serait réellement antisémite (1).

Encore plus désastreux : une autre tribune, signée par une cinquantaine d’intellectuels et d’universitaires (dont l’historienne féministe Michelle Perrot, hélas), prétend qu’« une partie de la gauche radicale a disséminé un antisémitisme virulent et subverti les valeurs qu’elle prétend défendre (2) ».

Accablement total, aussi, devant cet éditorial du Monde intitulé « L’antisémitisme de droite ou de gauche, un même poison » (3) , qui renvoie dos à dos les forces progressistes de ce pays et un parti cofondé par un ancien Waffen-SS.

Difficile de le dire mieux que Caroline De Haas dans l’émission spéciale de Mediapart, le 11 juin dernier : « Il ne faut pas qu’on se mente : la gauche n’est pas parfaite. Sur l’antisémitisme, ce n’est pas parfait ; sur le racisme, ce n’est pas parfait ; sur les violences sexistes et sexuelles, ce n’est pas parfait du tout. Mais, très sincèrement, moi, le 8 juillet au matin, je préfère batailler avec Jean-Luc Mélenchon, ou avec François Ruffin, ou avec Clémentine Autain, qui seront au gouvernement, pour leur dire “faites mieux”, plutôt que de batailler avec l’extrême droite. (…) Je préfère ne pas lâcher Clémentine Autain [présente avec elle sur le plateau] que m’approcher de Jordan Bardella. » Un appel à la raison malheureusement bien peu entendu, ce que nous risquons tous de payer d’un prix incalculable.

Que le feu roulant des accusations d’antisémitisme vienne des médias Bolloré, ce n’est pas étonnant, puisque le programme économique de lutte contre les inégalités du Nouveau Front populaire, si raisonnable soit-il, et le soutien à la Palestine d’une partie de ses composantes, ne peuvent que révulser le milliardaire et ses laquais. Au Royaume-Uni, il y a quelques années, le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn avait subi le même traitement pour les mêmes raisons et avait dû démissionner (4). Mais que d’autres médias, ou des personnalités censées être progressistes, aient l’irresponsabilité de s’y joindre, c’est désespérant.

Enfermez le génocide des Palestiniens dans la boîte de l’« électoralisme », et voilà que l’énormité de l’événement, sa monstruosité, son poids dans la conscience du monde, disparaissent comme par magie

Si La France insoumise (LFI) subit une telle campagne de diffamation, c’est donc parce qu’elle dénonce avec constance, depuis des mois, le génocide qui se déroule en Palestine. Parler d’« antisémitisme » ou de « haine des juifs » pour cette raison ne traduit qu’une chose : le mépris abyssal pour la vie des Palestiniens, dont l’extermination – une population soumise à une famine organisée et bombardée avec une régularité impitoyable, des lignées familiales entières rayées de la surface de la Terre (5) – est apparemment un non-événement absolu. Sous un abord vertueux, les accusations d’antisémitisme ne sont ici que le paravent d’un racisme anti-Arabes inouï, racisme qui s’exprime autant de manière inconsciente, par la condescendance et la paresse intellectuelle, que par une revendication active.

S’élever contre un génocide perpétré sous nos yeux avec la complicité (idéologique, politique, militaire (6) ) de la France : on aurait pu penser que c’était là un devoir absolu, une question d’honneur. Au lieu de cela, même des commentateurs de bonne foi parlent d’une démarche « électoraliste » ou « communautariste » de la part de LFI. Enfermez le génocide des Palestiniens dans la boîte de l’« électoralisme », et voilà que l’énormité de l’événement, sa monstruosité, son poids dans la conscience du monde, disparaissent comme par magie.

Pour nos éditorialistes, l’annihilation d’un peuple arabe ne saurait évidemment émouvoir que d’autres Arabes ; si on est d’extraction plus digne, on est censé s’en moquer (heureusement, les inlassables manifestations qui se déroulent dans le monde entier, jusqu’en Corée du Sud, attestent que ce n’est en rien le cas). Au passage, cela démontre l’efficacité des catégories mentales créées par vingt ans de matraquage islamophobe, ainsi que leur évolution de plus en plus délirante : désormais, « communautariste » (7) en est venu à signifier « qui considère les Arabes comme des êtres humains ». Certains reprochent même à LFI une « obsession » pour Gaza : être « obsédé » par le meurtre de quelques dizaines de milliers de sauvages, quelle drôle d’idée, en effet.

Si des individus veulent prendre prétexte des événements en Palestine pour exprimer leur violence et leur haine, ils n’ont pas besoin de LFI

Imputer à la LFI la responsabilité du viol, accompagné de paroles antisémites en lien avec la situation en Palestine, d’une fillette de douze ans à Courbevoie (8)  le 15 juin, comme l’ont fait les macronistes, est d’une mauvaise foi totale. Si des individus veulent prendre prétexte des événements en Palestine pour exprimer leur violence et leur haine, ils n’ont pas besoin de LFI. Les images sont partout ; elles inondent les réseaux sociaux. On l’a beaucoup dit : ce génocide est le premier à être diffusé en direct à la fois par ses victimes – les journalistes palestiniens, au péril de leur vie – et par ses bourreaux – les soldats israéliens qui filment leurs crimes (9) et en font des vidéos rigolardes.

Gaza transformée en paysage lunaire, rendue inhabitable pour au moins une génération (10) ; les carnages quotidiens, les blessés que les secours tentent (parfois en vain) de dégager des décombres de leur immeuble, les cohortes d’amputés, les civils marchant paisiblement sur un chemin et pulvérisés par un drone, les personnes déplacées brûlées vives par les bombardements sur leurs tentes, les enfants au crâne fracassé ou mourant de malnutrition, la grand-mère visée par un sniper alors qu’elle marchait en tenant la main de son petit-fils, les prisonniers amaigris et hagards après leur libération, les 274 civils massacrés pour libérer quatre otages israéliens (11) : tout cela, le monde entier le voit.

Que faudrait-il faire, dès lors, pour empêcher les amalgames antisémites ? Imposer un black-out total sur ces atrocités afin qu’elles se poursuivent tranquillement à huis clos – dans la lignée de ce que fait déjà le gouvernement israélien en interdisant l’accès des journalistes internationaux à Gaza ? Cette voie est totalitaire. Mais ce n’est probablement pas ce détail qui arrêtera nos gouvernements, si le génocide doit se poursuivre. Aux États-Unis, la classe politique rêve ouvertement d’interdire Tik Tok, réseau sur lequel le soutien aux Palestiniens est le plus massif (sur Facebook et Instagram, la censure de Meta (12) veille). Un pas que le gouvernement français, lui, a déjà franchi en mai en Nouvelle-Calédonie, dans un autre contexte colonial.

Il y a quelques mois, incrédule devant la surenchère dans l’horreur apparemment infinie des crimes perpétrés jour après jour à Gaza, j’avoue avoir pensé que le soutien occidental ne pouvait pas durer, que c’était intenable, que politiciens et journalistes allaient forcément ouvrir les yeux, reconnaître leur erreur, faire marche arrière. Puis j’ai compris ma naïveté. Nos dirigeants et leurs relais médiatiques ne lâcheront jamais le gouvernement israélien. Ils ont choisi le jusqu’au-boutisme dans leur complicité, quelles qu’en soient les conséquences, quitte à nous entraîner dans un désastre généralisé. Et cela implique une répression sans faille de toute opposition.

Le journaliste Murtaza Hussain l’observait en mai dans un article pour The Intercept : longtemps, dans les cercles diplomatiques américains, on disait que le monde arabe ne pouvait pas avoir la démocratie parce que ce serait mauvais pour Israël ; désormais, les États-Unis non plus ne peuvent pas l’avoir (13). En témoigne le traitement réservé aux étudiants qui se sont mobilisés pour un cessez-le-feu à Gaza – matraqués, tabassés, diffamés, inscrits sur des listes noires par certains employeurs – et, plus largement, à toutes les personnes qui s’indignent de l’oppression des Palestiniens, et qui perdent souvent leur emploi. Le recul des libertés est déjà bel et bien là. Le soutien à Israël fait office d’accélérateur de la fascisation qui travaillait de longue date les sociétés américaine et européennes. Toujours est-il que, pour l’instant, en attendant des mesures plus drastiques pour nous en empêcher, nous voyons.

Ce ne sont pas ceux qui dénoncent les crimes israéliens qui alimentent l’antisémitisme : ce sont ceux qui les couvrent et les justifient

Les amalgames antisémites ou racistes sont toujours de la faute de celles et ceux qui les pratiquent. Il n’est pas question d’exonérer les deux jeunes violeurs de Courbevoie de la responsabilité de leurs actes – ce que feraient presque, pourtant, les commentateurs si prompts à accuser LFI. Mais il est certain que la guerre à Gaza souffle sur les braises de l’antisémitisme (14), créant un contexte très dangereux.

Cependant, ce ne sont pas ceux qui dénoncent les crimes israéliens qui alimentent l’antisémitisme : ce sont ceux qui les couvrent et les justifient. Ce sont eux qui s’acharnent à maintenir à tout prix l’équivalence entre Israéliens et juifs, et vice-versa. « Quand on entend des membres du gouvernement, des membres de la majorité présidentielle, de la droite dite républicaine, parler toute la journée d’antisémitisme, ce qu’ils font, c’est qu’ils mettent en permanence les juifs au milieu de l’espace de discussion. Et c’est quelque chose qui finit par être fragilisant », disait la productrice Judith Lou Lévy sur le plateau de Mediapart le 18 juin. De même, assimiler l’antisionisme à de l’antisémitisme, afin d’interdire la dénonciation de la politique israélienne, c’est faire coïncider à toute force sionisme et judaïsme, à rebours de l’histoire et encore plus du présent.

 

Car cette équivalence est éminemment contestable. Des organisations juives de seize pays viennent de réaffirmer leur « attachement à la justice pour les Palestiniens ». Désormais, le soutien des Américains juifs à Israël paraît bien entamé : nombre d’entre eux ont organisé des mobilisations spectaculaires pour un cessez-le-feu, ou ont participé aux campements de solidarité avec Gaza dans les universités(15). Le journaliste Aaron Gell juge très probable que, aux États-Unis, la désolidarisation ait atteint un point de non-retour (16). En 2013, déjà, une étude du Pew Research Center (17) affirmait que, dans le pays, le soutien à Israël était proportionnellement plus fort chez les protestants évangéliques que chez les juifs. De même, en France, ce soutien s’exprime dans tout le spectre politique et médiatique : il est déterminé par le fanatisme colonial et le racisme anti-Arabes, et non par la confession.

Les soutiens d’Israël ont absolument besoin d’insister sur la prétendue dimension religieuse. Car, sans elle, l’écrasement des Palestiniens apparaît dans toute sa nudité insupportable

De très nombreux Palestiniens le répètent : c’est une situation coloniale, pas un conflit religieux. Le poète et auteur Remi Kanazi le disait encore récemment sur X : « Les Palestiniens ne résistent pas parce que les Israéliens sont juifs. Les Palestiniens résistent parce que les Israéliens sont des colons, et que l’État institutionnalise l’occupation militaire, l’apartheid et le nettoyage ethnique. La question, c’est la colonisation de peuplement, pas la religion de ceux qui la mènent. » (On parle ici de la résistance de la société civile, on ne parle pas du Hamas.)

Cela devrait tomber sous le sens. Mais les soutiens d’Israël – sans même parler du gouvernement israélien lui-même – ont absolument besoin d’insister sur la supposée dimension religieuse. Car, sans elle, la prétention de cet État à l’innocence s’écroule. Sans elle, l’écrasement des Palestiniens apparaît dans toute sa nudité insupportable.

« Le point de fascination de la bourgeoisie occidentale, c’est l’image d’Israël comme figure de la domination dans l’innocence. (…) Dominer sans porter la souillure du Mal est le fantasme absolu du dominant. Car “dominer en étant innocent est normalement un impossible. Or Israël réalise cet impossible et en offre le modèle aux bourgeoisies occidentales” », écrivait Frédéric Lordon en avril, citant une conversation avec l’écrivaine Sandra Lucbert (18).

Cette revendication d’innocence repose sur une essentialisation des juifs pas moins raciste que l’habituelle diabolisation antisémite : ils ne seraient pas, comme les autres êtres humains, capables de toute la gamme du bien et du mal, susceptibles d’être autant victimes que bourreaux (ou ni l’un ni l’autre, fort heureusement), mais ils seraient toujours innocents, quoi qu’ils fassent.

Selon ce postulat aberrant, parce qu’ils ont été, au cours de leur histoire, victimes du plus grand des crimes, ils seraient toujours des victimes, indépendamment de tout contexte réel, et seraient constitutivement incapables de commettre le mal. Cette conviction est si forte que les images venues de Palestine depuis des décennies ont été impuissantes à l’ébranler, alors même qu’elles ne cessaient de démontrer son inanité (prévisible).

Cela explique les épisodes orwelliens auxquels nous assistons, par exemple quand, en octobre dernier, au début du bain de sang à Gaza, des défenseurs américains des Palestiniens ont manifesté devant une usine d’armement israélienne dans le New Hampshire : sur X, une sénatrice de cet État a dénoncé cette action comme antisémite. S’ils sont israéliens, les marchands d’armes sont des agneaux sans défense.

Naomi Klein : « Le sionisme est une fausse idole qui a trahi toutes les valeurs juives »

Ainsi, l’insistance sur la religion de l’occupant israélien autorise la prolongation infinie de crimes qui, sans cela, auraient été stoppés depuis longtemps ; et, de surcroît, elle expose et met en danger les juifs du monde entier, en menaçant sans cesse d’activer l’antisémitisme présent dans les sociétés occidentales.

On m’objectera peut-être que de nombreux juifs ont un attachement religieux sincère et de bonne foi à Israël, en plus, bien souvent, de liens familiaux et affectifs avec ce pays. Et c’est vrai. Mais rien ne pourra leur épargner le dilemme qu’ils vont devoir affronter tôt ou tard (et je parle ici de leur âme et conscience ; il n’est pas question de prétendre qu’il y aurait une obligation de prise de position publique).

L’État d’Israël a échoué à réaliser son projet, c’est-à-dire à devenir un refuge sûr pour les juifs. À partir du moment où il a estimé que cette sécurité impliquait de dominer et de spolier un autre peuple, sans même parler de la corruption morale que génère une telle entreprise, il devait s’assurer que la porte du cachot était bien fermée, et que les opprimés étaient bien privés de toute possibilité de vengeance. Malgré tous les efforts investis en ce sens, avec la construction du mur de séparation en Cisjordanie, de la clôture militarisée de Gaza et du Dôme de fer (qui arrête la plupart des roquettes lancées depuis l’enclave), le 7 octobre a démontré que c’était impossible. (D’où le mot d’ordre génocidaire « Finissez-les » qui circule actuellement en Israël et aux États-Unis.)

En outre, cet État est devenu indéfendable sous sa forme actuelle. On ne peut désormais plus le soutenir sans assumer d’adhérer à un projet colonialiste, raciste et génocidaire. « Le sionisme est une fausse idole qui a trahi toutes les valeurs juives », déclarait l’essayiste canadienne Naomi Klein dans un discours intitulé « Nous avons besoin d’un exode du sionisme », prononcé dans les rues de New York en avril dernier (19). La légitimité de la présence juive en Palestine est incontestable. La dépossession et le massacre des habitants d’autres confessions – musulmans et chrétiens –, la destruction de la société palestinienne, sont injustifiables.

Aimé Césaire : « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis »

Ces lignes saisissantes d’Aimé Césaire (Discours sur le colonialisme, 1950) ont beaucoup circulé ces derniers mois : « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a eu au Viêt-Nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. »

Commettre un génocide, ou le justifier, ou l’accepter, implique toujours de déshumaniser la victime afin de faire apparaître son meurtre comme une broutille, voire comme un service rendu à l’humanité. Ce fut le cas lors de la Shoah – La Zone d’intérêt, le puissant film de Jonathan Glazer, l’a encore rappelé récemment. Quand les sociétés qui ont été autrices ou complices du génocide prennent conscience de l’humanité des victimes, quand cette éclipse de la morale prend fin, le réveil est terrible. Ce réveil adviendra-t-il un jour pour les Palestiniens ? Pour le moment, la période est si noire, le racisme si banalisé en Occident, qu’on a du mal à l’imaginer.

Un clivage radical traverse les sociétés occidentales : d’un côté, ceux dont la tranquillité n’est en rien troublée par ce crime ; de l’autre, ceux qui ont retenu les leçons de l’histoire et qui, horrifiés, se mobilisent pour Gaza. « Votre silence sera étudié par vos petits-enfants », clament leurs pancartes. Une lucidité partagée par ceux qui, en France, ces dernières semaines, ont manifesté contre l’extrême droite avec le slogan « L’histoire nous regarde ».

Il faut se rendre à l’évidence : en dépit des efforts de ces manifestants, la promesse de l’après-seconde guerre mondiale, « Plus jamais ça », est une nouvelle fois trahie. Nous recommençons ; nous sommes en train de recommencer, à la fois en cautionnant un nouveau génocide et, très probablement, en portant l’extrême droite au pouvoir. Nos sociétés sont toujours incapables d’enrayer ces engrenages. C’est un échec collectif terrible.

L’« ensauvagement » dont parlait Césaire nous menace aujourd’hui. Concentrez-vous sur le seul danger réel. Ne vous laissez pas avoir par les calomnies contre LFI : votez pour le Nouveau Front populaire. Il est minuit moins une.


1_ « Arié Alimi et Vincent Lemire : “L’antisémitisme de gauche connaît une résurgence incontestable et il est instrumentalisé pour décrédibiliser le Nouveau Front populaire” », Le Monde, 20 juin 2024.

2_  « “Une partie de la gauche radicale a disséminé un antisémitisme virulent et subverti les valeurs qu’elle prétend défendre” », Le Monde, 21 juin 2024.

3_ « L’antisémitisme de droite ou de gauche, un même poison », Le Monde, 22 juin 2024.

4_ Cf. Daniel Finn, « Antisémitisme, l’arme fatale », Le Monde diplomatique, juin 2019.

5_ « Les bombardements à Gaza ont décimé des familles palestiniennes entières », Associated Press, 17 juin 2024.

6_ « En pleine guerre de Gaza, la France équipe des drones armés israéliens », Disclose, 17 juin 2024.

7_ Cf. Sylvie Tissot, « Qui a peur du communautarisme ? Réflexions critiques sur une rhétorique réactionnaire », Les mots sont importants, 28 octobre 2019.

8_ Rémi Dupré, « Trois adolescents de 12 à 13 ans mis en examen à Courbevoie, accusés de viol et de violences antisémites », Le Monde, 19 juin 2024 ; Robin D’Angelo et Thibaud Métais, « Après l’affaire du viol à Courbevoie, le camp présidentiel s’en prend à Jean-Luc Mélenchon : ‘‘ Chacun doit se souvenir des lmots qui ont été prononcés’’ », Le Monde, 20 juin 2024.

9_ « Israeli soldiers post distressing content out of Gaza », CNN, 20 février 2024.

10_ « Gaza conflict has caused major environmental damage, UN says », The New Arab, 18 juin 2024.

11_ Shrouq Aila, « Inside the Nuseirat Massacre : This Is the Carnage I Saw During Israël’s Hostage Rescue », The Intercept, 10 juin 2024.

12_ « Meta : censure de contenus pro-palestiniens », Human Rights Watch, 21 décembre 2023.

13_ Murtaza Hussain, « They Used to Say Arabs Can’t Have Democraty Because It’d Be Bad for Israël. Now the US Can’t Have It Either », The Intercept, 8 mai 2024.

14_ Elle souffle aussi sur les braises du racisme anti-Arabes. En plus de gonfler les voiles de tous les partis d’extrême droite islamophobes d’Occident, la situation au Proche-Orient encourage les passages à l’acte individuels. Après le meurtre d’un petit garçon près de Chicago en octobre, puis les tirs sur trois étudiants dans le Vermont en novembre, en mai, une femme a essayé de noyer les deux enfants d’un couple américain d’origine palestinienne dans une piscine au Texas.

15_ Cf.  Sarah Emily Baum, « Jewish Students Are Bringing Their Faith to University Pro-Palestine Protests », Teen Vogue, 26 avril 2024.

16_ Aaron Gell, « Has Zionism Lost the Argument ? », The New Republic, 3 mars 2024.

17_ Michael Lipka, « More white evangelicals than American Jews say God gave Israël to the Jewish people », Pew Research Center, 3 octobre 2013.

18_ Frédéric Lordon, « La fin de l’innocence », La pompe à phynance, Les blogs du Diplo, 15 avril 2024.

19_ Naomi Klein, « We need an exodus from Zionism », The Guardian, 24 avril 2024, traduit sur le site de l’Union juive française pour la paix (UJFP).

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