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jeudi, octobre 30, 2008

114- Yasmina Khadra ou la pleureuse

Yasmina Khadra voit rouge

C'est bien connu, le monde littéraire français, ou plutôt parisien, raffole des polémiques et des coups de gueule. Il vient d'être servi avec les sorties récentes de Yasmina Khadra, lequel clame à qui veut l'entendre que « toutes les institutions littéraires » se seraient liguées contre lui. Dans un entretien accordé au quotidien Le Parisien, l'écrivain algérien s'est ainsi emporté contre le fait que son dernier roman, « Ce que le jour doit à la nuit », a été exclu de toutes les sélections pour les traditionnels et très médiatisés prix d'automne (1).

L'actuel directeur du Centre culturel algérien à Paris, et aussi officier des Arts et des lettres et chevalier de la Légion d'honneur (pour ne citer que ses distinctions françaises), n'obtiendra pas le prix Goncourt, pas plus que les prix Renaudot, Médicis ou Interallié. On peut comprendre qu'une telle déconvenue lui provoque quelques urticaires, d'autant que son livre semble bien se vendre. Mais il n'est certainement pas le seul dans ce cas. A chaque rentrée littéraire, nombreux sont les auteurs, talentueux ou non, qui espèrent être distingués mais, loi du nombre oblige, très peu sont comblés. Du coup, cette foire aux vanités, car c'est bien de cela qu'il s'agit, amène toujours son lot de commentaires aigres-doux, voire de révélations à propos des arrangements et des combines entre éditeurs influents (« je vote pour ton auteur pour tel prix, tu voteras pour le mien pour tel autre »). En clair, cette distribution de lauriers, qui est souvent synonyme de ventes accrues (quand il n'a pas d'idée de cadeau de Noël, monsieur Dupont offre le dernier Goncourt à Bobonne ou à Mémé...), mérite amplement d'être critiquée et, quoi qu'on pense des romans et du style de Yasmina Khadra, on peut admettre avec indulgence qu'il soit déçu de ne pas faire partie du crû 2008.

Mais là où les choses se corsent, c'est lorsqu'on examine les arguments qu'il martèle. A l'écouter, il serait privé de prix malgré son propre itinéraire qu'il affirme être exceptionnel. « Les gens pensent que ça a été facile pour moi de devenir écrivain, a-t-il expliqué au Parisien. Ils n'ont rien vu de mon parcours. J'ai été soldat à l'âge de 9 ans. J'ai évolué dans un pays où l'on parle de livres mais jamais d'écrivains et dans une institution qui est aux antipodes de cette vocation. On devrait me saluer pour ça ! ».

Voilà une sortie égotique dont on se demande quel rapport elle présente avec les prix littéraires. Qu'ils soient ou non arrangés, ces derniers récompensent avant tout un livre, ce qui signifie que Khadra aurait pu se contenter de dire « mon livre est bon, je ne comprends pas pourquoi il n'est pas sélectionné ». A l'inverse, le voici qui insiste sur sa vie et sur le fait qu'il est devenu écrivain malgré le fait d'être passé par l'armée algérienne. Et de laisser entendre qu'il serait victime d'un racisme qui ne dit pas son nom, argument facile qui est toujours à double tranchant et qui ne peut que mettre mal à l'aise.

Le plus étonnant dans l'affaire, c'est que Khadra dit se sentir « disqualifié » par son absence sur la liste des prix. La question est simple. Pourquoi écrit-il ? Ou plus exactement, que recherche-t-il ? La reconnaissance de ses lecteurs ou les ors d'un milieu fermé où les rivalités le disputent aux jalousies ? « Celui qui se pince le nez devant moi, je lui crache dessus », dit le dicton, et ce serait l'attitude la plus logique que devrait adopter cet écrivain. Pourtant, on a l'impression qu'il désespère de plaire à ceux qui lui signifient qu'il n'est pas des leurs.

Il y a donc quelque chose de pathétique à voir Khadra se plaindre de ne pas être aimé par le milieu littéraire parisien et à l'entendre répéter que son parcours devrait lui amener admiration et considération de la part des jurés des prix. On se sent même gêné en l'écoutant égrener ce qu'il pense être des arguments imparables, à savoir le fait qu'il a été traduit aux quatre coins de la planète, qu'il a fait la guerre aux terroristes ou qu'il a reçu, ici et là, telle ou telle récompense. Complexe vis-à-vis de madame la France ? Ego surdimensionné ? Il y a sûrement des deux et l'on en sera un peu plus convaincu en relisant ses déclarations pour le moins étonnantes au quotidien montréalais La Presse (2) : « Je suis l'un des écrivains les plus célèbres au monde. Je suis plus connu que l'Algérie ! (sic). Je suis allé en Italie en visite officielle avec le président algérien: je suis passé à la télé, pas lui ! ». Sans commentaire... On pourrait gloser sans fin sur cet orgueil hypertrophié mais on peut aussi rappeler les mots d'Albert Camus, cet écrivain que Khadra affirme admirer. « Ce qu'ils n'aimaient pas en lui, c'était l'Algérien », avait écrit l'auteur de L'Etranger en parlant du petit monde germanopratin. C'est peut-être aussi le cas pour Khadra. Cela signifie que cela ne changera pas, que l'appréciation que lui porte le milieu littéraire parisien restera la même. Mieux, tout changement pourrait paraître suspect. Si dans un an ou deux, Khadra reçoit un prix littéraire, on ne manquera pas de faire le lien avec son coup de gueule passé et ses « amis » parisiens n'hésiteront pas à parler de consolation ou de compensation. Reste enfin un autre point que l'on ne peut éluder. Il est évident que nombre de personnalités influentes du tout-Paris littéraire ont des préventions à l'encontre de Khadra en raison de son passé militaire. Il est vrai aussi que des écrivains algériens ont contribué en sous-main à sa diabolisation. Et il faut bien rappeler que cette image négative a été confortée par sa nomination à la tête du Centre culturel algérien de Paris. Qu'il le veuille ou non, et quoi qu'il en dise, ce poste est synonyme d'appartenance au système algérien. Un système que Khadra défend et critique à la fois. La vérité est qu'on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. Face à un système qui a mis l'Algérie à genoux, un écrivain ne peut louvoyer et être « in et out » sans en payer le prix. C'est aussi cela qui vaut à cet écrivain l'ostracisme dont il semble tant souffrir et avec lequel il devra apprendre à vivre.



1- Le coup de gueule de Yasmina Khadra, Le Parisien, 20 octobre 2008.
2- Les fantômes de l'Algérie perdue, La Presse, 28 septembre 2008.

par Akram Belkaïd
Le Quotidien d'Oran, jeudi 30 octobre 2008

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Ci-après l'article sur l'éternel ex militaire pleurnichard

Le coup de gueule de Yasmina Khadra

JAMAIS il n’aurait pensé qu’un jour l’ennemi aurait été aussi invisible. Au moins, dit-il, quand il risquait sa peau face aux intégristes, slalomant entre les horreurs de la guerre, ramassant ses compagnons « à la petite cuiller », l’ex-officier supérieur de l’armée algérienne Mohammed Moulessehoul ne pouvait s’en prendre qu’à la logique de la guerre. Mais là, celui qui est devenu aujourd’hui Yasmina Khadra, l’auteur d’une oeuvre littéraire reconnue dans le monde entier et dont le dernier roman, « Ce que le jour doit à la nuit »*, est l’un des best-sellers de la rentrée, fulmine .

Il se sent pire que menacé de mort. « Disqualifié ! siffle-t-il entre ses dents en évoquant son absence sur les listes des prix. Toutes les institutions littéraires se sont liguées contre moi. Ça n’a pas de sens ces aberrations parisianistes ! Les gens pensent que ça a été facile pour moi de devenir écrivain. Ils n’ont rien vu de mon parcours. J’ai été soldat à l’âge de 9 ans. J’ai évolué dans un pays où l’on parle de livres mais jamais d’écrivains et dans une institution qui est aux antipodes de cette vocation. On devrait me saluer pour ça ! J’écris dans une langue qui n’est pas la mienne, avec ma singularité de Bédouin. C’est la poésie de mes ancêtres qui lui donne cette teinte que certains me reprochent. Ils ne savent pas que la langue française peut tout dire, parler d’infinitude. Ils trouvent ça ringard. Pauvre Victor Hugo ! »
« Je ne pense pas pouvoir écrire un livre meilleur que celui-là »
De fait, son nouveau roman (qui figure depuis huit semaines dans les meilleures ventes de la rentrée) aurait mérité d’apparaître sur les listes des jurys. L’auteur de « l’Attentat » y raconte, des années 1930 à aujourd’hui, la trajectoire de Jonas, fils de paysan élevé par son oncle dans les beaux quartiers d’Alger, puis habité par un amour impossible. C’est aussi le portrait d’une Algérie déchirée entre ses communautés. « Ce livre, je le porte en moi depuis 1982. Ce n’est pas seulement une histoire de l’Algérie coloniale, c’est aussi une réplique aux travaux de mon idole, Albert Camus.
Il n’a traité que de son Algérie à lui, son jouet d’enfant, de petit pied noir. Il n’est jamais allé de l’autre côté. C’est ce côté-là que j’ai raconté, celui des pieds noirs, des racistes, des gens bien, l’Algérie dans sa globalité. » Il laisse passer un temps puis : « Je ne pense pas pouvoir écrire un livre meilleur que celui-là. »
Il est midi. Un soleil baigne le bureau où l’écrivain nous accueille, à l’Institut culturel algérien. Il reçoit ici des romanciers, des peintres, qu’il essaie d’aider. « Si je peux sauver deux ou trois talents, soupire-t-il ; et surtout leur apprendre à s’aimer… C’est fou, ils se détestent tous, les uns les autres.
» Rien n’est simple. Nulle part.
La conversation court sur son pseudonyme féminin. « J’étais en opération dans les maquis intégristes et chaque soir je devais appeler ma femme pour la rassurer.
Je pensais que je n’allais pas sortir vivant de cette guerre. Un soir, elle m’a dit, tes amis français demandent ta carte d’identité . Mon éditeur voulait un nom. Elle a donné ses prénoms. »
On lui dit que ses livres prennent parfois le risque d’un trop-plein de détails. « J’aime le détail. Ils vous conduisent au plus près du problème. C’est ce dont j’ai peut-être hérité de ma vie d’enfant soldat. Nous étions enfermés dans une caserne. Une forteresse. Le dimanche matin, nous sortions dans la ville. On nous mettait en colonne. Tout le monde s’arrêtait pour nous regarder passer. C’est là que tout me sautait aux yeux. J’étais comme une éponge. »


Pierre Vavasseur, Le Parisien, 20 octobre 2008

jeudi, octobre 09, 2008

113- C'est Le Clézio !



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(Photo Reuters Fev 2008)

Il y a moins d'une demi-heure on a appris la bonne nouvelle. L'Académie suédoise a décerné son prestigieux prix au formidable Le Clézio. Voici ce qu'écrit Le Monde.fr il y a moins de 10 minutes:

Le Nobel de littérature décerné au Français Jean-Marie Le Clézio

LEMONDE.FR avec AFP | 09.10.08 | 13h15 • Mis à jour le 09.10.08 | 15h44

Le prix Nobel de littérature 2008 a été attribué à l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio pour son oeuvre "de la rupture", a annoncé, jeudi 9 octobre, l'academie suédoise. L'académie a fait ce choix d'un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante", selon les attendus de l'académie. Il recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros), le 10 décembre à Stockholm.

En 45 ans d'écriture, Jean Marie Gustave Le Clézio, âgé de 68 ans, grand voyageur fasciné par les mondes premiers, est l'auteur d'une cinquantaine de livres, portés par une grande humanité. M. Le Clézio est né le 13 avril 1940 à Nice d'une famille bretonne (son nom signifie "les enclos" en breton) émigrée à l'île Maurice au XVIIIe siècle. Son père était un médecin de brousse anglais et sa mère, française.

Après sa licence de lettres, il a travaillé à l'université de Bristol et de Londres, consacrant un diplôme d'études supérieures à Henri Michaux. A l'âge de 23 ans, il obtient le prix Renaudot pour Le Procès-Verbal. En 1967, il fait son service militaire en Thaïlande en tant que coopérant mais est expulsé pour avoir dénoncé la prostitution enfantine. Il achève son service au Mexique. Pendant quatre ans, de 1970 à 1974, employé par l'Institut d'Amérique latine, il partage la vie d'Indiens, au Panama : une expérience qui aura beaucoup d'influence sur son oeuvre. Il enseigne ensuite à Albuquerque (Etats-Unis).

Dans une interview à la radio publique suédoise après l'attribution du prix, Jean-Marie Gustave Le Clézio s'est déclaré "très ému et très touché" par la récompense. "C'est un grand honneur pour moi", a-t-il ajouté, précisant qu'il remerciait "avec beaucoup de sincérité l'Académie Nobel". A la question de savoir s'il se considérait comme un écrivain français ou francophone, il a répondu: "Je ne crois pas que l'on puisse faire la distinction. Je suis né en France, mon père était britannique, je suis issu d'un mélange, comme beaucoup de gens en Europe".

L'écrivain était, jeudi matin, l'invité de France-inter, avant l'attribution du prix Nobel.

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Et Lepoint.fr ce jour 09/10/2008 à 14:58

Le prix Nobel de littérature 2008 a été décerné jeudi à Jean-Marie Gustave Le Clézio, 68 ans, premier écrivain français à obtenir cette distinction depuis Gao Xingjian, Chinois naturalisé français, en 2000, et Claude Simon, en 1985.

Il est le 14e écrivain français à recevoir ce prix, si l'on compte le Nobel refusé par Sartre en 1964, et s'inscrit dans la prestigieuse liste qui comprend Mauriac, Camus, Gide ou Bergson.

L'académie suédoise, qui décide du nom du lauréat de ce prix doté de 10 millions de couronnes suédoises (1,4 million de dollars), a voulu récompenser un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur de l'humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante".

JMG Le Clézio, qui vient de publier ce mois-ci un nouvel ouvrage, "Ritournelle de la faim", a commencé en littérature par un coup d'éclat : son premier roman "Le Procès-verbal", récit novateur d'un errant qui "squatte" dans une villa inhabitée et tombe dans des états psychologiques extrêmes, lui valut en 1963, à 23 ans, le prix Renaudot.

"Le Procès-verbal" est emblématique de la première période de son écriture, tournée vers les thèmes de la folie, du langage, et friande d'audaces formelles. Une deuxième période se dessine à partir de la fin des années 70, l'écrivain s'orientant dès lors vers des horizons et civilisations qui lui sont chers.

ETUDES SUR LES INDIENS

Né à Nice en 1940, d'un père britannique et d'une mère bretonne, Le Clézio, a grandi bilingue.

Issu d'une famille qui émigra au XVIIIe siècle à l'île Maurice, il traduit dans son oeuvre de romancier, de nouvelliste comme d'essayiste la diversité de ses origines et son attrait pour les Indiens d'Amérique. Il rédigea dans les années 70 une thèse d'histoire sur le Michoacan, dans le centre du Mexique.

Sa vie est celle d'un écrivain cosmopolite, qui partage aujourd'hui son temps entre Nice, le Mexique, l'île Maurice et d'autres horizons.

A l'âge de sept ans, il se rend au Nigeria avec sa mère pour y retrouver son père. Longtemps plus tard, il écrira "Onitsha" (1991), dans lequel il évoque le Nigeria d'après-guerre, à l'époque coloniale.

"Désert", roman situé à cheval sur le Sahara et Marseille, traite aussi de l'Afrique, des hommes bleus et de l'immigration et a valu à Le Clézio, en 1980, d'être lauréat du premier Grand prix Paul Morand.

JMG Le Clézio a étudié à Bristol et à l'université de Londres aussi bien qu'au Collège littéraire universitaire de Nice. Il effectue en 1967 son service militaire en Thaïlande, au titre de la coopération, mais, expulsé pour avoir dénoncé la prostitution enfantine, le termine au Mexique. Par la suite, il étudiera pendant quatre ans la vie des Indiens, au Panama.

Ses ouvrages évoquent aussi bien l'Afrique que le Mexique (comme, par exemple, "Diego et Frida") ou encore l'océan Indien ("Le Chercheur d'or", "Voyage à Rodrigues").

POLÉMIQUE SUR LA LITTÉRATURE AMÉRICAINE

Une polémique a éclaté dans les jours précédant l'attribution de ce Nobel de littérature 2008, à la suite des propos du secrétaire permanent de l'Académie suédoise.

Horace Engdahl a suscité un tollé en déclarant à une agence de presse que les écrivains américains composaient des oeuvres trop repliées sur les Etats-Unis et ne participaient pas au "grand dialogue" de la littérature.

L'Américaine Toni Morrison est le dernier écrivain des Etats-Unis à avoir obtenu le Nobel de littérature, en 1993. Cette année, les noms de Philip Roth et de Joyce Carol Oates circulaient parmi les favoris du Nobel.

L'oeuvre de JMG Le Clézio est aux antipodes de la vision de la littérature stigmatisée par Horace Engdahl et ce dernier s'en est félicité:

"Ses oeuvres ont un caractère cosmopolite. Français, il l'est, oui, mais c'est plus encore un voyageur, un citoyen du monde, un nomade", a dit Horace Engdahl lors de la conférence de presse pendant laquelle il a annoncé le nom du lauréat.

Le Nobel de littérature sera remis à Le Clézio à Stockholm, lors d'une cérémonie en décembre.

Quels aspects compte-t-il alors aborder dans le discours qu'il prononcera ? Interrogé sur France-Inter jeudi matin, quelques heures avant l'annonce, il répondait ainsi :

"La difficulté que les jeunes ont à se faire publier, par exemple. Sur la difficulté que quelqu'un qui pense en créole a pour traduire sa pensée en français puis pour trouver un éditeur en-dehors de son île. Toute la relativité du système éditorial; c'est si difficile quand on est loin des pays qui ont de l'argent, ça devrait être plus simple."

Bureau de Stockholm, version française Eric Faye

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dimanche, octobre 05, 2008

112- Hommage international à Mahmoud Darwich

Hommage

Souvenir de Mahmoud Darwich : un poème sur Rue89

  • Par Pierre Haski | Rue89 | 05/10/2008

Deux mois après sa disparition, la voix de Mahmoud Darwich le grand poète palestinien, va résonner dimanche à travers le monde, une journée d'hommage au poète et à l'homme. Rue89 s'associe à cet hommage en diffusant un poème de Mahmoud Darwich à paraître dans un prochain recueil.

Cette journée d'hommage au poète palestinien est née au sein d'un réseau d'écrivains et de poètes du monde entier, reliés par internet et l'amour de la langue et de l'engagement. L'initiative a pris racine à Berlin, où s'achève ce weekend un festival de littérature internationale, qui a voulu rendre hommage au poète, mais aussi, précisent les organisateurs, « à son engagement à promouvoir une coexistence pacifique et équitable entre Arabes et Israéliens ».

L'initiative s'est répandue en plusieurs coins du monde, notamment sur l'île de Gorée où réside le Sud-Africain Breyten Breytenbach qui nous avait donné un magnifique texte sur Darwich à sa mort, au Brésil, ou encore à Hong Kong à l'initiative du poète chinois exilé Bei Dao.

En France, la Cité du Livre d'Aix en Provence s'associe à cette journée d'hommage, avec une lecture de poèmes de Mahmoud Darwich à 16h30.

Et plusieurs projets éditoriaux sont en préparation autour du poète disparu, dont celui de la revue La Pensée de Midi qui publiera début novembre un numéro intitulé « Désirs de guerre... Espoirs de paix », dans lequel figurent cinq poèmes de Mahmoud Darwich, disponibles également sur le site des éditions Actes Sud. C'est un de ces poèmes que nous reproduisons aujourd'hui, dans le cadre du partenariat entre La Pensée de Midi et Marseille 89.


Si nous le voulons


« Nous serons un peuple, si nous le voulons, lorsque nous saurons que nous ne sommes pas des anges et que le mal n’est pas l’apanage des autres.

Nous serons un peuple lorsque nous ne dirons pas une prière d’action de grâces à la patrie sacrée chaque fois que le pauvre aura trouvé de quoi dîner.

Nous serons un peuple lorsque nous insulterons le sultan et le chambellan du sultan sans être jugés.

Nous serons un peuple lorsque le poète pourra faire une description érotique du ventre de la danseuse.

Nous serons un peuple lorsque nous oublierons ce que nous dit la tribu..., que l’individu s’attachera aux petits détails.

Nous serons un peuple lorsque l’écrivain regardera les étoiles sans dire : notre patrie est encore plus élevée... et plus belle !

Nous serons un peuple lorsque la police des mœurs protégera la prostituée et la femme adultère contre les bastonnades dans les rues.

Nous serons un peuple lorsque le Palestinien ne se souviendra de son drapeau que sur les stades, dans les concours de beauté et lors des commémorations de la Nakba. Seulement.

Nous serons un peuple lorsque le chanteur sera autorisé à psalmodier un verset de la sourate du Rahmân dans un mariage mixte.

Nous serons un peuple lorsque nous respecterons la justesse et que nous respecterons l'erreur.»



In : http://www.rue89.com

samedi, octobre 04, 2008

111- Le Clézio prix Nobel? ou bien Assia Djebar?

Le romancier français Le Clézio parmi les favoris du Nobel de littérature

STOCKHOLM (AFP) — Le nom du romancier français Jean-Marie Gustave Le Clézio circule avec insistance dans les cercles littéraires suédois pour décrocher le Nobel de littérature, mais tout le monde reconnaît qu'il s'agit de supputations hasardeuses.

"Cette fois, je pense que ce pourrait être Le Clézio. C'est mon intuition", lance Maria Schottenius, responsable des pages culturelles du plus important journal suédois Dagens Nyheter, tout en avançant comme autres possibilités la romancière allemande d'origine roumaine Herta Müller ou le poète sud-coréen Ko Un.

Le Nobel de littérature sera annoncé le 9 octobre, a indiqué vendredi l'Académie suédoise, qui décerne le prix.

La spécialiste du livre à la radio suédoise, Kerstin Lundberg, voit aussi en Le Clézio un favori. "Je trouve qu'il y a si longtemps que la France n'a pas eu le prix et qu'il a beaucoup des qualités qui peuvent séduire l'Académie suédoise".

En soulignant que la recherche du lauréat tient de la charade, elle croit aussi dans les chances de la romancière algérienne d'expression française Assia Djebar ou du Néerlandais Cees Nooteboom.

"On ne peut jamais savoir qui ils vont choisir. Chaque année, on essaye de deviner et presque à chaque fois on se trompe", se moque pour sa part Eva Gedin, l'une des responsables de la maison d'édition suédoise Norstedts.

Elle se refuse du reste à se prêter au jeu des pronostics mais aimerait que ce soit à nouveau une femme qui remporte le prix après la romancière britannique Doris Lessing, couronnée l'année dernière.

"Il n'y a aucune fuite et le secret est bien gardé", dit un responsable de l'édition qui a requis l'anonymat. Mais ce dernier pense aussi que Le Clézio fait figure de favori.

"Les statuts du Nobel parlent de récompenser une oeuvre avec des idéaux et les livres de Le Clézio sont pleins d'humanité. Il est à cheval sur plusieurs cultures, l'Amérique latine, l'Afrique, l'Europe. Tout cela plait beaucoup à l'Académie", explique-t-il.

L'Académie ne publie aucune liste des écrivains sélectionnés et les délibérations sont secrètes pendant 50 ans.

Pour tenter de percer le mystère, certains attaquent le problème sous différents angles. Quel genre littéraire aurait été ignoré depuis longtemps, quel continent, quel pays, quelle langue?

"Entre journalistes, on se dit depuis un ou deux ans que ce devrait être un poète car cela fait longtemps qu'on n'en a pas eu", indique Mme Lundberg.

Et de citer des noms qui reviennent régulièrement: Adonis, le poète syrien pseudonyme d'Ali Ahmad Saïd, l'Australien Les Murray, l'Américan John Ashbery.

Les continents négligés ces dernières années, l'Afrique et l'Amérique du sud. Alors ce pourrait être le tour du Mexicain Carlos Fuentes ou du Péruvien Mario Vargas Llosa.

Mme Schottenius ne pense pas qu'un "favori" gagnera cette année. Dans cette vaste catégorie, on compte des écrivains qui ont des gros tirages à travers le monde et qui sont évoqués bon an mal an: les Américains Philip Roth ou Joyce Carol Oates, le Japonais Haruki Murakami, l'Italien Antonio Tabucchi.

D'autres prix littéraires, comme le Prince des Asturies ou le prix Kafka, peuvent mettre sur la piste, certains lauréats ayant reçu peu après le Nobel. Alors il ne faut pas écarter l'Israélien Amos Oz, la Canadienne Margaret Atwood ou encore le Tchèque Arnost Lustig et le poète français Yves Bonnefoy.

Comme l'année dernière, le site de paris en ligne Ladbrokes donne l'essayiste italien Claudio Magris comme super-favori à 3 contre 1, devant Adonis, Oz et Oates pour recevoir le prix de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros).

Copyright © 2008 AFP. Tous droits réservés.

Vendredi 3 octobre 2008

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Prix Nobel de la littérature 2008

L’écrivaine algérienne Assia Djebar pressentie

L’écrivaine algérienne francophone Assia Djebar est pressentie pour le prix Nobel de littérature, aux côtés du romancier français Jean-Marie Gustave Le Clézio et du Néerlandais Cees Nooteboom.

Le verdict sera connu jeudi 9 octobre, le jour où l’Académie suédoise, qui décerne le prix, annoncera l’heureux prix Nobel de littérature 2008. Même si l’Académie suédoise ne laisse rien filtrer pour le moment sur son choix, le nom d’Assia Djebar circule dans les cercles littéraires suédois. Cette romancière de talent prolifique, poétesse et également réalisatrice algérienne, est sans aucun doute parmi les mieux placés pour décrocher ce prix pour lequel elle a été pressentie il y a quatre ans. En effet, Assia Djebar a figuré parmi les premiers noms pressentis pour ce prix en 2004, aux côtés de l’Américaine Joyce Carol Oates. Mais, le lauréat était quelqu’un d’autre : l’Autrichienne Elfriede Jelinek qui a osé faire un roman pornographique au féminin où elle a réglé son compte à l’Autriche, à la quiétude du foyer, à la respectabilité bourgeoise et à la prétendue libération sexuelle. « On ne peut jamais savoir qui ils vont choisir. Chaque année, on essaye de deviner et presque à chaque fois on se trompe », a déclaré à l’Agence France presse Eva Gedin, l’une des responsables de la maison d’édition suédoise Norstedts.

Cette année aussi, le nom de Assia Djebar trône en tête. Née en 1936 à Cherchell, en Algérie, Assia Djebar entre à l’Académie française en 2005, devenant ainsi la première et unique personnalité maghrébine à figurer parmi les 40 « immortels » de l’institution. Une place méritée pour cette intellectuelle des deux rives, pionnière de la cause des femmes en Algérie. Son dernier livre, La Femme sans sépulture (2002), est un hommage à une héroïne de la guerre d’Algérie dont les enfants n’ont jamais pu enterrer le corps. Elle a toujours été « résistante » par ses livres. Assia Djebar, de son vrai nom Fatima-Zohra Imalyène, entame sa carrière littéraire en 1957, à 21 ans, en publiant La Soif, son premier roman d’intrigues à coloration saganienne. Une année après, elle publie un deuxième roman intitulé Les Impatients. Des Enfants du nouveau monde à L’Amour, la Fantasia, la romancière fait le procès aux courants rétrogrades de la société. Par son œuvre littéraire, Assia Djebar a toujours milité pour la promotion de la femme en particulier, de la société en général.

Romancière prolifique, Assia Djebar est également cinéaste de talent. Après son roman Rouge l’aube en 1967, elle réalise son premier long métrage, Nouba des femmes du mont Chenoua, qui a reçu le prix de la Critique à la Biennale de Venise en 1979. À partir de 1980, elle s’installe à Paris où elle travaille au Centre culturel algérien. En même temps, elle poursuit une carrière littéraire déjà riche en production en écrivant Femmes d’Alger, un recueil de nouvelles devenu, depuis sa sortie, un classique dans de nombreux pays francophones, réédité en 2002 avec des inédits. Elle a également écrit Ombre sultane et Loin de Médine (1987). Assia Djebar a dirigé de 1997 à 2001 le Centre d’études françaises et francophones de la Louisiana State Institute avant d’enseigner à l’université de New York. Elle a reçu plusieurs prix, récompensant son génie littéraire. Entre autres, elle a reçu le Prix Liberatur de Francfort en 1989, Prix Maurice Maeterlinck en 1995, Prix de la paix des éditeurs allemands en 2000, Prix international Pablo Neruda en 2005 et docteur honoris causa des universités de Vienne (Autriche), de Concordia (Montréal), d’Osnabrück (Allemagne).Ses livres sont traduits en vingt-trois langues et une vingtaine d’ouvrages en plusieurs langues ont été consacrés à son œuvre littéraire. Lui décerner le prix Nobel de littérature sera le summum de la reconnaissance de son œuvre et de son combat, notamment pour l’émancipation de la femme algérienne.

Par M.A.O

El-Watan samedi 04 octobre 2008


jeudi, septembre 11, 2008

110- Salim bachi "nominé" au Goncourt pour : Le Silence de Mahomet

Entretien avec Salim Bachi

El Watan jeudi 11 septembre 2008

- Cela doit être une agréable surprise. Vous vous attendiez à cette nomination ? Quelle a été votre réaction à cette annonce ?
- Je suis le premier surpris, je ne m’y attendais pas. Je suis très heureux de cette première sélection.
- Pourquoi écrire sur le Prophète Mohammed ? Tout a été dit, non ?
- Beaucoup de choses ont été dites, mais toutes ne sont pas connues par tout le monde. Je voulais qu’un large public en sache plus sur la vie du Prophète. Sa vie est extraordinaire et très peu de personnes la connaissent dans ses détails. Je me suis bien entendu inspiré des livres qui ont été écrits sur le sujet, que ce soit La Sîra de Mahmoud Hussein ou de divers essais et biographies qui paraissent régulièrement sur Mohammed. Ensuite, j’ai fait mon travail de romancier, qui a été de donner vie à une figure historique et de l’inscrire dans un roman d’imagination et d’aventure.
- En vous attaquant à ce sujet sensible, aviez-vous des appréhensions ?
- Non. Vous savez, je n’écris pas pour les extrémistes. De même, je n’ai pas composé ce roman pour choquer ou verser dans la caricature. J’ai un profond respect pour cette figure essentielle de l’Islam qu’est le Prophète Mohammed. J’espère surtout lui avoir rendu hommage à travers mon roman. Avoir redonné à cet homme une dimension humaine, image qu’il voulait que l’on garde de lui. Je souhaitais qu’il soit simplement vivant, complexe, hors des clichés que l’on colporte à son sujet. Et qu’il soit aussi, pour la première fois, un personnage de roman.
- Comment analysez-vous le personnage ?
- C’était un homme profondément de son temps et qui échappait à celui-ci : la marque des grands. Il était à la fois ingénu lorsqu’il croyait, et profondément perspicace lorsqu’il s’agissait de prendre en main sa destinée de chef de guerre et d’homme d’Etat. C’était aussi un homme qui aimait les femmes et d’ailleurs j’ai voulu rendre hommage à deux d’entre-elles dans Le silence de Mahomet, à savoir Khadîja et Aïcha, ses deux principales amours. Sans ces deux femmes, l’Islam ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. La première a cru en son Message, la seconde l’a transmis. Il était temps de remettre les femmes au cœur de l’Islam.
- Quels sont les écrivains qui vous semblent le plus à même d’être vos concurrents dans la liste des 15 sélectionnés pour le Goncourt ?
- Tous ! Et je ne me place pas en état de concurrence. Je suis heureux de ce qui advient aujourd’hui. Je souhaite tout le succès possible aux autres écrivains. Ce métier est un métier de solitude, difficile, âpre et qui demande une certaine force d’âme. Donc, pas de concurrents mais des compagnons de labeur.
- Boualem Sansal, Akli Tadjer, Yasmina Khadra, Malika Mokeddem, ... Cette année a été très riche pour la littérature algérienne. Quel regard portez-vous sur cette création ?
- Je suis content de voir que la littérature algérienne se porte à merveille. Elle est diverse, riche et en perpétuel renouvellement. Elle est aussi bien animée par des hommes que par des femmes de talent. J’aimerais que l’Algérie soit à son image. On s’en porterait bien mieux.


Par Rémi Yacine

[Le journaliste a omis de préciser qu'il s'agit de "LE SILENCE DE MAHOMET" ed: Gallimard, 2008]

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El Watan jeudi 11 septembre 2008

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Prix Goncourt-Salim Bachi nominé : Un Algérien en lice

Parmi les 15 sélectionnés, l’écrivain Salim Bachi pour son livre Le silence de Mahomet (Gallimard). Résultats le 10 novembre et entretien à chaud avec l’auteurA 36 ans, Salim Bachi fait une rentrée fracassante. Pour son quatrième livre, Le Silence de Mahomet, il est sélectionné par le jury de l’Académie Goncourt, qui a accueilli en mai deux nouveaux membres, Tahar Ben Jelloun et Patrick Rambaud.



Paris : De notre bureau

Salim Bachi dresse un tableau éclairant sur la vie du Prophète. Le roman se déroule entre La Mecque et Médine, des sables du désert d’Arabie aux abords de Jérusalem aux alentours de l’an 600. « Nous voyons Maohammed naître, vivre et mourir à travers les confessions de sa première femme, Khadija, de son meilleur ami, le calife Abou Bakr, du fougueux Khalid, le général qui conquit l’Iraq au cours de batailles épiques, et enfin de la jeune Aïcha, devenue son épouse à l’âge de neuf ans », explique son éditeur. Dl’extrait de son livre qu’il a mis en ligne sur son blog, on a déjà un aperçu de sa fougue littéraire. Ainsi, Khadija raconte leur intimité avec une profusion de détails.

« La nuit, Mohammad se retournait sur notre couche, sans trouver le repos. Quand il glissait dans le sommeil, des rêves étranges le tourmentaient. Parfois, il volait avec les oiseaux, et se souvenait de l’armée d’Abraham ; il la regardait avancer dans le désert, se dirigeant vers la Kaaba. Il voyait les hommes de l’Abyssin, fourbus et lamentables ; il poursuivait les chameaux de son grand-père, Abd al-Mouttalib. D’autres fois, il songeait au châtiment des gens de Thamoud. Dieu leur avait envoyé un prophète, Salih, qui, me racontait Mohammad quand il se réveillait, lui ressemblait trait pour trait » Marchand et caravanier prospère visité par Dieu à quarante ans, prophète et homme d’Etat visionnaire à cinquante, amant et conquérant, Mohammed ne cesse de fasciner et d’embraser les âmes plus de quatorze siècles après sa mort à Médine sur les genoux d’Aïcha, son dernier amour, remarque l’auteur.

« Pourquoi un roman sur le prophète Mohammad ? Comment passer à côté d’un tel sujet, à côté d’une personnalité aussi fascinante ? Cet homme est à l’origine d’une religion et d’une civilisation et c’est la seule personne dont les romanciers arabes, musulmans, ne parlent jamais où l’évoquent à peine. Il y a bien sûr eu ce superbe roman de Driss Chraïbi, L’homme du Livre, mais depuis rien. Je voulais réparer cette injustice », a-t-il déclaré.



Par Rémi Yacine

jeudi, août 28, 2008

109- Mercredi 27 aout 2008

Fin des vacances. Inoubliables. Demain Nous nous rendrons a Montreal. Envol pour Paris a 18 heures 30

mardi, août 26, 2008

108- «Les enfants d’Ayye» dernier roman de Fatéma Bakhaï


Le Quotidien d Oran Mardi 26 aout 2008

«Les enfants d’Ayye» dernier roman de Fatéma Bakhaï : Une histoire dont vous êtes le premier personnage!

par K. D.
Rares sont les moments où la production littéraire algérienne suspend son malaise, ses thématiques identitaires ou d’errance, et restitue au lecteur ce qu’il attend de tout bon livre : le plaisir du texte.

Le second volet de «Izuran» de Fatéma Bakhaï, renoue avec l’épisode manquant d’une littérature algérienne lisible par et pour tous, avec une histoire qu’on ne peut interrompre car commençant aux origines et se déroulant encore sous nos yeux. Publié il y a deux ans presque, «Izuran», (Racines en tamazight) aurait dû faire date dans la production littéraire algérienne. Non pas à cause de son style simple, humain, agréable comme le débit d’un conte universel, mais de son ambition fantastique de raconter l’histoire de l’Algérie à partir des nuits obscures de ses commencements et peut-être, un jour, jusqu’au moment où vous fermez le livre. L’ambition surprend un peu et pourtant cette «histoire» est déjà là comme une sorte de roman des origines, selon un cliché des analystes universitaires: cela commence avec la figure d’une féminité sans nom, aux premières pages de «Izuran» et jusqu’à la chute de Carthage et l’arrivée des premiers chevaliers arabes, apportant le nouveau credo, la nouvelle orthodoxie qui fera les splendeurs de cette terre et, au présent, ses misères de malentendus. Le livre est passionnant mais «Izuran» n’avait pas trouvé l’énorme écho attendu auprès du public par défaut de forte médiatisation et parce que la machine de promotion dans les cercles littéraires algériens fonctionne encore selon des critères de proximité, de copinage et de parrainages ciblés. Un auteur qui écrit des histoires selon l’antique mode du troubadour n’y possède aucune visibilité possible face aux polémistes, aux caciques des chapelles et aux producteurs de sens institutionnalisés. L’autre malentendu viendrait peut-être de cet amalgame entre ethnicisme et culturalisme qui prévaut lorsqu’on parle de racines, avec en surcroît, un choix de titres en amazigh pour un auteur qui revendique son algériannité et qui ne fait partie ni des «kabylismes» culturalistes, ni des cercles militantismes, ni des fervents du régionalisme primaire, mais seulement porteur d’une nationalité assumée avec ses entrées multiples. On en devine que mieux les difficultés de l’auteur à parler de l’histoire de cette terre sans se faire piéger par ses géographies mentales en concurrence. «Les enfants d’Ayye», cette ancêtre femme de tous les Algériens, est donc le second volume de cette saga, reprenant l’histoire de cette terre à partir du moment de l’arrivée des conquérants arabes, racontée avec un doigté superbement intelligent pour éviter au roman sa mise sous chapelle, et jusqu’à celui, encore plus traumatisant, de la chute de Grenade. La technique de ce roman «historique», selon les critères du genre ayant été de restituer ce passé au détail près, avec un défilé de personnages historiques marquants, vue par des personnages secondaires imaginaires mais porteurs des lourdes réalités de cette époque, ses habits, ses signes, ses préjugés. Le résultat en sera une histoire étonnement vivante, animée, capable de captiver le lecteur enfant et celui adulte en mal d’origines décryptées et libérées des mises en camisoles politiques et identitaires. Et curieusement ce sont ces personnages qui séduisent le plus dans ce roman, car incarnant des types de société et de culture dont on retrouve aujourd’hui les traces dans la société algérienne, ses clichés, ses comportements et ses préjugés. La montée du puritanisme militaro-religieux n’est pas une nouveauté pour l’Algérie, ni ses frictions frontalières, ni ses comportements de rejet/cloisonnement face aux immigrés andalous chassés de leurs terres, ni ses cuisines et ses rites culinaires, ni ses comportements sociaux les plus profonds. Tout est dans cette histoire que ne se raconte pas l’Algérie, ni officiellement, ni dans les manuels scolaires, ni même dans sa production littéraire piégée par une fausse contemporanéité abusive.

Dans «Les enfants d’Ayye», une sorte de généalogie habile fait «descendre» les générations les unes des autres, sous l’angle de drame de personnages typiques: Doria la dernière chrétienne, Hassan, la première génération de musulmans, le juif maghrébin disparu, Yazid l’auteur des lettres qui font découvrir au lecteur la Cordoue d’autrefois, les artisans visionnaires, les premiers guerriers des royaumes algériens disparus, les haines familiales, les fanatiques d’autrefois et les discrets, amoureux de retrouver Tlemcen ou en partance vers l’Orient. Le lecteur en retiendra l’époustouflant souffle, la narration captivant et surtout, comme l’affirmeront beaucoup, le sentiment d’être réconcilié avec ce passé dérobé pour causes de rigueur politique castratrice. La lecture de «Les enfants d’Ayye» ne laisse pas indifférent dans ce sens où elle permet, tout bonnement, de comprendre un peu son présent et ce, pourquoi nous traînons, comme des interrogations dans solutions, les mêmes situations que nos ancêtres. Cela permet de redécouvrir l’histoire des villes, celles des comportements et repenser l’appartenance à cette terre autrement que sous la formule de l’accident biologique et les cycles invasion/résitance. L’Algérie et le Maghreb dans son entier ayant une histoire, elle attend en quelque sorte de revivre sous la forme la plus ancienne et la plus puissante qui soit depuis toujours: le conte de nos origines, comme le faisaient les tribus d’autrefois, autour des grands feux, tournant le dos à la nuit obscure et ses angoisses pour mieux scruter l’avenir. «L’histoire de mes ancêtres n’intéresse sans doute que moi. Les autres descendants ne veulent pas la connaître. Cette histoire les gêne. Elle les oblige à se regarder sous un angle... qui les dérange!», annonce un préambule anonyme au roman. Cela explique peut-être pourquoi «Izuran» a été accueilli en silence et pourquoi «Les enfants d’Ayye» doit être absolument lu.



«Les enfants d’Ayye»
Ed: Dar El-Gharb», 345 pages
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dimanche, août 24, 2008

107- Retour a Ottawa

Nous avons fait une viree jusqu au nord de Quebec. Une ville de type provencal, proche de la bourgade, charmeuse et naive. Nous avons tente (pas facile) de fuir la foule innombrable de touristes agglutines devant les restaurants de la vieille ville pour aller decouvrir les quartiers populaires autour de la rue Saint jean dans la haute ville (photo). Nous avons deguste un plat du bled, je veux dire un Tagine, nous avons neanmoins aussi "visite" le fameux chateau de Frontenac, unique hotel au monde en son genre. A l occasion de ses 400 ans Quebec est en ebullition. Oui, nous avons assiste a un concert donne par plusieurs vedettes de la chanson Quebecoise dont Celine Dion (on l appelle Celine ici), concert donne sur les Plaines d Abraham. Nous etions plusieurs dizaines de milliers (cent mille ?)
J ecrivais plus haut que nous avons decouvert le nord; nous sommes alles voir en effet les baleines de Tadoussac. C est absolument magnifique (baleines et fjords entre autres nature).



Le retour sur Ottawa nous l avons effectue par Montreal (une journee helas tres insuffisante) A l autre bout de l echiquier Montreal est extravagante, par ses constructions ses gens, son atmosphere. Une veritable megapole franco-americaine ou se cotoient mille et un genres dans une convivialite reelle.

mardi, août 19, 2008

106- Lecture de Nedali: Morceaux de choix

J ai acheve la lecture d un roman et de deux nouvelles. Le roman s intitule "Morceaux de choix" ecrit par le Marocain Mohamed Nedali. Il y raconte les amours de Thami apprenti boucher. Je trouve que la critique ci-apres est interessante (in: bibliomonde.com/livre)


Dans une langue truculente, Mohamed Nedali nous livre les tendres émois de son jeune héros, Thami l’apprenti boucher. Sa sensualité naissante trouve ici sa première expression tant dans le maniement des chairs fraîchement égorgées que dans sa passion contrariée avec la belle Zineb. À travers l’éducation sentimentale de Thami et ses premiers élans de jeune cannibale, l’auteur esquisse une danse de vie où passion charnelle et humour nous amusent… et nous attendrissent !

« Allah, le Très-Haut, est témoin que même si mes écarts de conduite ont été nombreux, je n'ai jamais vraiment aimé qu'une femme. Et une seule. Et c'est justement l'histoire de cet amour, si unique et si vrai, que je voudrais vous raconter à ma manière - celle d'un jeune boucher de la médina, peu versé dans la science des mots et des idées. » (extrait)

« Un roman inclassable. Satire sociale, chronique ironique, conte révolté, l’œuvre baigne de surcroît dans une sensualité gourmande. Truculent. » (Robert Verdussen, La Libre Belgique, 2006)

« Observateur intrépide et exact de la société marocaine, Mohamed Nedali allie drôlerie et générosité. » (Salim Jay - Qantara)>
Ce roman a recu, en 2005, le prix du Grand Atlas preside cette annee la par Le Clezio.
Les nouvelles sont ecrites par A. Camus. Le style est sobre. La premiere relate la vie d un artiste dont le talent progresse et est de plus en plus reconnu. Cette reconnaissance (envahissante) fera la perte du talentueux Jonas. La seconde raconte l histoire de D Arrast, ingenieur francais parti en mission au Bresil. Il y decouvre une culture et surtout des croyances aui ne sont pas siennes. Il finit par etre integre dans le groupe d indigenes a sa demande et par amitie. Les deux nouvelles s achevent toutes par une sorte de point virgule. Le lecteur reste dans la perplexite. Il attend une suite a chacune d elles.


105- Verite et Justice pour ALI

Verite et Justice ne sont parfois pas de vains mots. J ai appris avec une forte emotion et bonheur l arrestation du presume commanditaire de l assassinat 21 ans auparavent de Ali Mecili. Esperons que la justice aille au terme de son mandat.
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AFP - Vendredi 15 août, 22h54

PARIS (AFP) - Un responsable du protocole de l'Etat algérien, commanditaire présumé de l'assassinat de l'avocat opposant algérien Ali Mecili le 7 avril 1987 à Paris et objet d'un mandat d'arrêt international, a été arrêté jeudi à l'aéroport de Marseille-Marignane et déféré vendredi devant la justice à Paris, a-t-on appris de sources judiciaire et policière.
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Mohamed Ziane Hassani est soupçonné d'être le commanditaire de cet assassinat qui aurait été exécuté par Abdelmalek Amellou, un petit truand algérien. Les mandats d'arrêt visant ces deux hommes avaient été signés le 7 décembre 2007 par le juge parisien Baudoin Thouvenot.

Cet Algérien "a été arrêté à Marseille-Marignane à l'arrivée d'un vol en provenance d'Alger", selon une source policière à Marseille.

"Il a été arrêté hier (jeudi) à Marseille-Marignane par la Police aux frontières (PAF), il a été déféré aujourd'hui (vendredi) au parquet de Paris et présenté au juge Thouvenot" en charge de l'instruction de cette affaire, a indiqué à l'AFP une source judiciaire à Paris.

"Le mandat d'arrêt vaut mise en examen", a précisé cette même source, ajoutant que Mohamed Ziane Hassani devait être présenté dans la soirée devant un juge des libertés et de la détention (JLD).

De son côté, le parquet a requis un non-lieu vendredi sur le mandat d'arrêt, auquel il s'était déjà opposé en décembre 2007 estimant que sa délivrance ne "s'imposait pas".

M. Hassani "était porteur d'un passeport diplomatique mais n'est pas inscrit sur la liste des personnes jouissant de l'immunité diplomatique", a-t-on appris de source policière.

"Il a tenté de faire jouer une question d'homonymie avec les policiers de la PAF puis avec le procureur d'Aix-en-Provence sans succès", a-t-on raconté de même source.

M. Hassani, interpellé jeudi après-midi a été brièvement écroué dans le sud de la France avant son transfert à Paris.

"L'instruction avait abouti à un non lieu en 1993, déjà requis à l'époque par le parquet, mais les parties civiles avaient fait appel et la chambre de l'instruction (de la cour d'appel) avait décidé de reprendre l'enquête", a expliqué à l'AFP une source proche du dossier.

Selon cette source, le livre "Un crime d'Etats, l'affaire Mecili" publié en avril 1993 par le journaliste Michel Naudy a mis au jour "deux nouveaux témoins et le nom de Hassani est apparu à cette époque".

En 2007, le juge Thouvenot a délivré des mandats d'arrêt, contre lesquels a requis le parquet, estimant qu'il n'y avait pas assez d'éléments. Ces dernières réquisitions de non lieu ont été prises en juin 2008", selon une source proche du dossier.

L'avocat de Mecili, Me Antoine Comte, n'a pu être joint vendredi soir.

Ali Mecili, exilé en France en 1965, a été assassiné le 7 avril 1987 à l'âge de 47 ans de trois balles dans le hall de son immeuble à Paris.

Dès l'annonce du décès de Me Mecili, Hocine Aït Ahmed, l'un des chefs historiques de l'indépendance algérienne, alors en exil en Suisse, avait accusé "les services spéciaux algériens "d'avoir commandité cet assassinat.

M. Mecili faisait office de porte-parole d'Aït Ahmed, chef de file du Front des Forces socialistes (FFS, opposition) et l'un des principaux opposants au régime d'Alger.

Ali Mecili avait joué un rôle important entre Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella, premier président de la République algérienne, qui avait fondé en décembre 1985 à Londres un "Front uni des forces opposées" au président Chadli Benjedid.

Pour Ben Bella, il ne faisait pas de doute que le meurtre du défenseur des droits de l'homme avait été "télécommandé par Alger".

AFP - Samedi 16 août, 12h13

PARIS (AFP) - Un responsable du protocole au ministère algérien des Affaires étrangères, Mohamed Ziane Hassani, soupçonné d'avoir commandité l'assassinat à Paris en 1987 de l'opposant Ali Mecili, a été mis en examen vendredi pour "complicité d'assassinat", a-t-on appris samedi de source judiciaire.

Cet homme, contre lequel avait été délivré en décembre 2007 un mandat d'arrêt international et qui a été arrêté jeudi à l'aéroport de Marseille-Marignane, a été remis en liberté par un juge des libertés et de la détention et placé sous contrôle judiciaire, selon cette même source.

Le parquet, qui avait requis contre une mise en examen, n'a pas été en mesure de préciser si ce contrôle judiciaire imposait à Mohamed Ziane Hassani de rester sur le territoire français avant une prochaine convocation "fin août" chez le juge d'instruction Baudouin Thouvenot.

Mohamed Ziane Hassani est soupçonné d'être le commanditaire de l'assassinat de l'avocat algérien Ali Mecili, exécuté en avril 1987 à Paris par Abdelmalek Amellou, un petit truand algérien.

Ali Mecili, exilé en France en 1965, avait été assassiné le 7 avril 1987 à l'âge de 47 ans de trois balles dans le hall de son immeuble à Paris.

Dès l'annonce du décès de Me Mecili, Hocine Aït Ahmed, l'un des chefs historiques de l'indépendance algérienne, alors en exil en Suisse, avait accusé "les services spéciaux algériens" d'avoir commandité cet assassinat.

L'avocat de la famille Mecili, Me Antoine Comte, a exprimé auprès de l'AFP sa satisfaction. "C'est une bonne nouvelle mais il ne faut pas qu'il se produise ce qu'il s'est déjà produit dans ce dossier, à savoir l'expulsion vers l'Algérie de suspects avant qu'ils puissent être jugés en France. La justice doit passer en France dans cette affaire", a estimé Me Comte.

M. Mecili faisait office de porte-parole d'Aït Ahmed, chef de file du Front des Forces socialistes (FFS, opposition) et l'un des principaux opposants au régime d'Alger.

Ali Mecili avait joué un rôle important entre Aït Ahmed et Ahmed Ben Bella, premier président de la République algérienne, qui avait fondé en décembre 1985 à Londres un "Front uni des forces opposées" au président Chadli Benjedid.

Pour Ben Bella, il ne faisait pas de doute que le meurtre du défenseur des droits de l'Homme avait été "télécommandé par Alger".

L'instruction menée en France avait abouti à un non-lieu en 1993, déjà requis à l'époque par le parquet, mais les parties civiles avaient fait appel et la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait décidé de reprendre l'enquête.

Le nom de ce chef des cérémonies au service du protocole du ministère des Affaires étrangères algérien était apparu dans le livre "Un crime d'Etats, l'affaire Mecili", publié en avril 1993 par le journaliste Michel Naudy, qui avait mis au jour deux nouveaux témoins.

------------Ajouté samedi 28 02 2009---------------------------------


Affaire Ali Mecili: Mohammed Ziane Hasseni peut quitter la France

AP | 27.02.2009 | 15:58

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a partiellement levé vendredi le contrôle judiciaire de Mohammed Ziane Hasseni et a autorisé ce diplomate algérien soupçonné d'avoir commandité le meurtre de l'opposant Ali Mecili en 1987 dans la capitale française, à quitter la France, a-t-on appris de source judiciaire.

Pour Me Antoine Comte, l'avocat de la famille Mecili, il s'agit d'un "enterrement" de cette affaire, car le diplomate désormais libre de ses mouvements, ne reviendra certainement pas en France de son plein gré, même si le contrôle judiciaire lui impose toujours de se rendre aux convocations du juge d'instruction et lui interdit de se rendre en Allemagne.

Le diplomate Mohammed Ziane Hasseni a été arrêté le 14 août à l'aéroport de Marseille-Provence en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par un juge d'instruction parisien. Sa mise en examen pour "complicité d'assassinat" a été confirmée le 14 octobre dernier par la cour d'appel. Il était placé sous contrôle judiciaire, ne pouvait pas quitter la France et devait se présenter une fois par semaine au commissariat.

L'avocat Ali Mecili, alors âgé de 47 ans, avait été assassiné de trois balles dans le hall de son immeuble à Paris le 7 avril 1987. De nationalité française, il se prénommait en réalité André, mais avait changé de prénom lorsqu'il avait été recruté comme agent de renseignement de la Sécurité militaire algérienne, pays dont il avait aussi adopté la nationalité.

Un mandat d'arrêt international a aussi été lancé en décembre 2007 contre l'assassin présumé, Abdelmalek Amellou. "Interpellé dès le mois de juin 1987, (Abdelmalek Amellou), trouvé porteur d'un ordre de mission de la Sécurité militaire algérienne, a été expulsé en urgence absolue en Algérie et ainsi soustrait à la justice française", a rappelé la veuve de l'opposant, Anne Mecili en octobre dernier.

Le juge d'instruction Baudoin Thouvenot avait clôturé en 2008 son instruction après avoir délivré le 7 décembre 2007 deux mandats d'arrêt internationaux, visant M. Hasseni et l'assassin présumé Abdelmalek Amellou. Le parquet s'était opposé à cette démarche.

Un premier non-lieu avait été prononcé en 1993 par un autre juge d'instruction en charge du dossier. Ce non-lieu avait été infirmé par la suite après un appel formé par la partie civile, relançant ainsi l'enquête qui a provoqué des tensions entre la France et l'Algérie. AP
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http://www.rue89.com/2009/03/02/affaire-mecili-alger-recupere-un-agent-la-raison-detat-triomphe

Affaire Mécili : Alger récupère un agent, la raison d'Etat triomphe
Par José Garçon | Journaliste | 02/03/2009 | 14H34

Six mois auront finalement suffi à l’Algérie pour récupérer l’un de ses agents Mohamed Ziane Hasseni, organisateur présumé de l’assassinat en avril 1987 à Paris d'Ali Mécili, porte-parole de l’opposition algérienne.

Vendredi, la chambre d’instruction de la cour d'appel de Paris a en effet autorisé ce diplomate algérien, pourtant mis en examen pour "complicité d’assassinat", à quitter la France en levant partiellement le contrôle judiciaire auquel il était soumis depuis son arrestation le 14 août dernier à l'aéroport de Marseille.



Ainsi, à vingt-deux ans d’écart, la justice et l’Etat français bégayent littéralement. En 1987 en effet, Paris avait renvoyé en procédure "d’urgence absolue" à Alger l’assassin de Mécili Abdelmalek Amellou sans même qu’il ait été présenté devant un juge d’instruction. Antoine Comte, avocat de la famille Mécili, s'indigne:

"C’est une page sombre, une de plus, de la justice française. C’est la deuxième fois qu’on renvoie des responsables de ce meurtre à Alger. Autant dire qu’on tue Ali Mécili pour la troisième fois."

Deux décennies plus tard, le "traitement politique" de cette affaire est tout aussi cynique et transparaît dans un double et incroyable réquisitoire du ministère public dont Rue89 a eu connaissance.
"Paris enterre l'affaire Mécili"

A cinq jours d’intervalle en effet, deux réquisitoires identiques au mot et à la virgule près, portant la même signature, ont abouti à une décision radicalement différente! Le premier, daté du 12 février 2009, conclut que la levée du contrôle judiciaire réclamée par les avocats de Ziane Hasseni n’a pas lieu d’être. Le second, daté du 17 février, autorise cette levée...

Un tour de passe passe dénoncé par Antoine Comte:

"Les mêmes causes et les mêmes motifs font que, dans un cas, Ziane Hasseni doit rester en France et que, dans l’autre, il peut quitter le territoire et rentrer en Algérie. En réalité, Paris enterre cette affaire car l’organisateur présumé du meurtre de Ali Mécili ne reviendra certainement pas en France de son plein gré, même si le contrôle judiciaire lui impose toujours de se rendre aux convocations du juge d'instruction."

Cet épisode pourrait prêter à rire s’il ne s’agissait du meurtre en France, sur ordre des services secrets algériens, d’un avocat français, véritable cheville ouvrière de l’opposition algérienne démocratique. Il prouve que face aux pressions des autorités algériennes, Paris finit toujours par céder. Or celles-ci se sont fortement accélérées ces dernières semaines, signe qu’Alger, habitué à jouir d’une totale impunité de la part de son partenaire français, s’impatientait de voir un processus judiciaire suivre trop longtemps son cours.

Les notes verbales au Quai d’Orsay se sont ainsi succédées. Le chef de la diplomatie algérienne a rencontré "en urgence" à Paris son homologue français Bernard Kouchner, tandis que se multipliaient dans la presse algérienne les menaces que cette "prise d’otage d’un diplomate ait des conséquences graves sur les relations algéro-françaises", comprendre notamment sur la participation de l’Algérie à l’Union pour la Méditerranée.
Le chantage de l'Algérie

Pire: Abdelaziz Bouteflika, qui devait se rendre à Paris avant l’élection présidentielle algérienne d’avril prochain, renvoyait sans explication cette visite à plus tard!

Ces pressions ont fini par porter puisque la levée du contrôle judiciaire de Ziane Hasseni aura eu lieu sans même attendre que soient connus les résultats d’une analyse graphologique ou que Hasseni soit confronté par vidéo-conférence à un témoin capital et dissident militaire algérien, Mohamed Samraoui. Réfugié en Allemagne, ce dernier avait formellement reconnu en Mohamed Ziane Hasseni un certain "capitaine Hassani" qui, en sa présence, avait versé à Amellou, le tueur de Mécili, une partie de l’argent de son "contrat" dans un hôtel algérien à l’été 1987.

Ce sont cette homonymie supposée et une sombre histoire de lieu de naissance qui ont été le leitmotiv d’Alger et de Ziane Hasseni pour nier tout rapport entre lui même et l’organisateur du meurtre de Mécili.

L’autorisation de quitter la France qui lui a été accordée anéantit quoi qu’il en soit vingt ans d’efforts de la défense de la famille de l’opposant algérien et du juge français Baudoin Thouvenot dont la ténacité et l’intégrité ont permis l’arrestation de l’agent d’Alger.

Le 7 décembre 2007 en effet, ce juge avait émis, déjà contre l’avis du parquet, un mandat d’arrêt international contre le tueur Amellou -qui coule des jours heureux en Algérie-, et contre son officier traitant, le "capitaine Hassani" devenu au début des années 1990 le diplomate Mohamed Ziane Hasseni.

Le 20 février dernier, au cours de l’audience où Hasseni réclamait l’autorisation de quitter le territoire, le représentant du ministère public n’a pas fait mystère du caractère politique de toute cette affaire. Arguant qu’"au vu du dossier", il avait estimé que Hasseni devait rester en France pour y être confronté à Mohamed Samraoui, il expliquait son revirement par le fait que s’agissant d’un "dossier suivi", il l’avait "transmis" à sa hiérarchie.

Ce joli euphémisme explique comment l’affaire Mécili a été, une fois de plus, renvoyée dans le trou noir où deux raisons d’Etat s’évertuent à la maintenir depuis deux décennies.

http://www.rue89.com/2009/03/02/affaire-mecili-alger-recupere-un-agent-la-raison-detat-triomphe

A lire aussi sur Rue89

► Affaire Mécili: vingt ans après, la fin de l'impunité?
► Affaire Mecili : la France couvre l'officiel algérien mis en cause
► Lettre ouverte à Sarkozy : l'affaire Mécili contre la raison d'Etat, par Annie Mecili

Ailleurs sur le Web
► Le dossier de l'affaire Mécili, sur Algéria-Watch
► Affaire Mecili : Alger menacerait Paris de représailles, sur RFI.fr
► Affaire Mécili : réaction officielle à Alger, sur lematin.dz
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Affaire Mécili : Bouteflika manœuvre en sous-main

Bakchich, 10 mars 2009 | par La princesse enchantée

http://www.bakchich.info/Affaire-Mecili-Bouteflika.html

La diplomatie algérienne a étrangement peu couiné lors de l’arrestation à Marseille d’un diplomate algérien dans le cadre de l’affaire Mécili, en août dernier… Des manœuvres politiques étaient en cours à Alger.

Encore un rebondissement dans l’affaire Mécili, du nom de cet opposant algérien assassiné devant son domicile parisien le 7 avril 1987. Le 27 février dernier, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris a partiellement levé le contrôle judiciaire qui frappe un diplomate algérien mis en examen pour « complicité d’assassinat » dans le cadre de l’affaire Mécili, l’autorisant ainsi à rentrer dans son pays s’il le désire.

Mohamed Ziane Hasseni est le directeur du protocole du ministère algérien des Affaires étrangères en charge du cérémonial. Il a été arrêté le 14 août 2008 à l’aéroport de Marseille alors qu’il se rendait en France pour un voyage privé. En effet, en décembre 2007, le juge alors en charge de cet épineux dossier, Baudouin Thouvenot, avait délivré un mandat d’arrêt contre un certain capitaine Hassani pouvant également répondre à l’identité de Mohamed Ziane Hassani ou Hasseni. Depuis son arrestation, le diplomate, qui n’a jamais changé de version, affirme ne pas être la personne recherchée et se dit victime d’une homonymie.
La diplomatie algérienne muette

Comme Bakchich l’a déjà raconté, très vite après l’arrestation de Mohamed Ziane Hasseni, plusieurs échanges discrets entre autorités françaises et algériennes ont suivi : coup de fil du Premier ministre Ahmed Ouyahia à Rachida Dati et, suite à des pressions en tous genres, ouverture la nuit du centre de détention français où le diplomate était embastillé pour que le consul général d’Algérie puisse lui rendre visite.

Si la diplomatie algérienne s’active en coulisses dans les heures et les jours qui suivent l’arrestation de Mohamed Ziane Hasseni, elle reste par contre publiquement muette. Or, Alger a pour habitude de méchamment étriller l’ancien pays colonisateur dans le cadre d’affaires sensibles. Et pas seulement.

On se souvient par exemple des déclarations antisémites, en novembre 2007, du ministre des Moudjahidines, Mohamed Cherif Abbès, toujours en poste. A quelques jours de l’arrivée de Nicolas Sarkozy en Algérie pour une visite officielle, il s’en était pris dans la presse aux « origines du président français » avant de déclarer que les « véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir » est « le lobby juif qui a le monopole de l’industrie en France » !

En ce qui concerne l’arrestation de Mohamed Ziane Hasseni, il faudra attendre dix jours — soit le 24 août 2008 — pour que les autorités algériennes réagissent enfin officiellement. D’une manière on ne peut plus modérée : au détour d’une conférence de presse tenue à l’issue d’une réunion du conseil de gouvernement, le ministre de la Communication Abderrachid Boukerzaza a qualifié « d’incident regrettable » l’arrestation du diplomate qui « a été victime d’un traitement humiliant de la part de la police française ».

Manœuvres dans les coulisses d’El Mouradia

Pour ce haut-fonctionnaire algérien qui souhaite garder l’anonymat, ce silence assourdissant n’a rien d’étonnant et relève de la volonté du président Abdelaziz Bouteflika qui a la main haute sur les affaires diplomatiques et notamment celles concernant la France. « Les diplomates du ministère des Affaires étrangères ont vite rédigé un communiqué dénonçant l’arrestation en France de leur collègue mais la présidence en a empêché la diffusion » affirme-t-il. Pour des raisons de politique politicienne qui feraient de Mohamed Ziane Hasseni une victime collatérale de jeux d’influence algéro-algériens au sommet de l’Etat.

A l’été 2008, le président Bouteflika a réussi depuis plusieurs mois déjà à rallier les différents acteurs du pouvoir algérien à l’idée de son troisième mandat qu’il a officiellement obtenu lors de la révision de la Constitution en novembre 2008. Mais, selon plusieurs témoins privilégiés, l’ancien homme fort des années 90, le général Larbi Belkheir, n’est pas de cet avis. Il a été envoyé en exil doré au Maroc en 2005 par Bouteflika qui l’a nommé ambassadeur d’Algérie au royaume chérifien et lui tient rancœur.
Faire taire le général Larbi Belkheir

« Dans ce contexte, le président Bouteflika voulait faire taire Larbi Belkheir » explique un homme d’affaires bien au fait des joutes au sein du sérail algérien. Car, depuis quelque temps, le général, qui souffre d’une maladie rare des poumons, milite en coulisses contre le prolongement du bail de Bouteflika à El Mouradia, le palais présidentiel.

« Alors que c’est lui qui a fait Bouteflika président en 1999, il disait qu’il le déferait et organisait des petites réunions pour rallier les gens à son point de vue » explique un témoin. « Abdelaziz Bouteflika est un tacticien machiavélique. Il ne lui a pas échappé qu’une absence de réaction officielle de l’Algérie suite à l’arrestation du diplomate ne manquerait pas de jeter le trouble et de remettre l’assassinat d’Ali Mécili et ses commanditaires sur le devant de la scène en excitant des journalistes français prompts à montrer du doigt les généraux algériens. En 1987, le général Larbi Belkheir occupait un poste clé puisqu’il était le chef de cabinet du président Chadli… ».

Il faut savoir que dans une interview accordée au Nouvel Observateur en juin 2001, Hichem Aboud, un ancien chef de cabinet du directeur de la Sécurité militaire aujourd’hui réfugié en France, affirmait que l’assassinat d’Ali Mécili avait été commandité par la présidence algérienne de l’époque : « J’étais chargé du dossier du Moyen-Orient au cabinet du général Lakhal Ayat, le directeur central de la Sécurité militaire. (…) Le général Ayat a eu une réunion à la présidence avec Larbi Belkheir, qui était à l’époque directeur de cabinet du président Chadli. Des instructions lui ont alors été données pour monter une opération contre Mécili » a-t-il déclaré.
Encore et toujours de la sobriété

Toujours est-il que le général Belkheir a perdu la partie face au président Bouteflika. Comme Bakchich l’a révélé le 1er novembre 2008, il a dû quitter Paris (où, affaibli par la maladie, il se faisait soigner) pour rentrer à Alger le 30 octobre dernier : il était prévu qu’il soit entendu le lendemain par le juge Thouvenot dans le cadre de l’affaire Mécili…

La diplomatie algérienne tenue d’une main de fer par Abdelaziz Bouteflika et la présidence est-elle pour autant devenue plus virulente publiquement au sujet du maintien sous contrôle judiciaire de Mohamed Ziane Hasseni et des lenteurs de la justice française que dénonce allègrement la presse algérienne ? Que nenni !

Plutôt que de se fendre d’une déclaration solennelle, voire de convoquer l’ambassadeur de France à Alger pour protester en bonne et due forme, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Médelci, a privilégié une communication par dépêches de l’APS, l’agence de presse officielle algérienne, interposées.

Par exemple, le 23 décembre 2008, Médelci s’est sobrement interrogé en ces termes : « nous ne comprenons pas pourquoi la justice française n’a pas pris la décision de non-lieu » avant de déclarer que Mohamed Ziane Hasseni « n’a rien à voir avec l’affaire pour laquelle il est mis en cause ». Faut-il comprendre que cette surprenante mansuétude signifie maintenant qu’un soutien public de Nicolas Sarkozy à la réélection d’Abdelaziz Bouteflika programmée pour avril 2009 serait le bienvenu ?
Justice française : l’avocat de la famille Mécili voit rouge

La famille d’Ali Mécili attend la vérité sur son assassinat depuis maintenant vingt-deux longues années. Pour leur avocat, Antoine Comte, le fait que la justice française accepte que Mohamed Ziane Hasseni puisse rentrer dans son pays est « la troisième fois que l’on tue Mécili ».

En juin 1987, soit deux mois après l’assassinat de l’opposant, le tueur présumé, Abdelmalek Amellou, est arrêté par la police française mais expulsé sans vergogne en « urgence absolue » vers Alger par le duo Charles Pasqua-Robert Pandreau, respectivement ministre de l’Intérieur et responsable de la Sécurité publique. Ils n’attendront même pas la fin de la garde-à-vue du tueur présumé !

Par ailleurs, maître Comte relève que le contrôle judiciaire de Mohamed Ziane Hasseni a été partiellement levé avant même que ne soient communiquées au juge les conclusions d’une analyse graphologique effectuée à partir d’un ordre de mission de la sécurité militaire algérienne trouvée sur l’assassin présumé. Autre bizarrerie dénoncée par l’avocat : à ce jour, la justice n’a pas organisé une confrontation entre le diplomate et son unique accusateur, Mohamed Samraoui, un gradé algérien réfugié politique en Allemagne.

Ce dissident a en effet affirmé en 2003 au juge Thouvenot que le diplomate était le fameux « capitaine Hassani » qui, en sa présence, avait versé à Amellou une partie de l’argent du contrat en Algérie, à l’été 1987.

« Samraoui a dit qu’il ne pouvait pas venir en France car il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par Alger. Pourquoi, alors, ne pas organiser une confrontation par visio-conférence avec Mohamed Ziane Hasseni ? », s’interroge maître Comte.

Enfin, comme l’avocat l’a révélé à Rue89, « à cinq jours d’intervalle, deux réquisitoires identiques au mot et à la virgule près, portant la même signature, ont abouti à une décision radicalement différente ! » Le premier, du 12 février 2009, concluait que la levée du contrôle judiciaire n’était pas d’actualité. Le second, du 17 février, donne son feu vert à cette levée.

Décidément, vingt-deux ans après les faits, les voies de la justice française sur l’affaire Mécili demeurent impénétrables. Quand à Mohamed Ziane Hasseni, selon l’AFP, le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, a indiqué que depuis la levée partielle de son contrôle judiciaire, il préférait rester en France jusqu’à son acquittement. La justice doit, elle, encore se prononcer sur son sort.

samedi, août 16, 2008

104- New York

Ottawa est une belle ville. Loin du gigantisme. Familiale. Les espaces y sont importants comme les pistes cyclables interminables. Ici et la des jardins et des lacs traversent ou encerclent la ville. Les gens y sont chaleureux et vous repondent souvent indifferemment en francais ou en anglais notamment au marche By ou dans les pubs. Le musee des Civilisations est unique des jours entiers sont necessaires pour la visite de ses trois niveaux. Des expositions sont permanentes, d autres non. Le 12 nous sommes a New York. 650 km en voiture. Arrets frequents. C est a Nyack dans les environs de la ville que nous trouvons un sympathique hotel (sympathique et pas cher - il est vrai que la notion de cherete est relative). Nous sommes epoustoufles par le vitalite de la tentaculaire ville. Les superlatifs y perdraient le nord entre gratte-ciel, Liberty Island, Central park, Queen (he oui, passage presque oblige), Broadway ainsi que les differentes avenues;premiere, 2eme 3eme etc. Si nous avons un regret a formuler c est celui d avoir tant attendu pour y venir. Une petite semaine inoubliable. Le retour nous l effectuons (involontairement) par Woodstock.