C'est une lecture...
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Un vent mauvais souffle sur la France. Plus mauvais que les mauvais du passé.
Un vent mauvais combiné aux précédents. Les reléguant.
Le révisionnisme bat son plein en France. On assiste actuellement en France à une tentative de réécriture de l'histoire coloniale en Algérie. Une tentative de l'extrême droite épaulée par des ministres en poste et par des commentateurs aux abois, sans foi ni loi, soumis au Bollorisme, n'hésitant pas à salir un confrère, Jean-Michel Apathie, qui n'a fait que reprendre des faits historiques depuis longtemps avérés. Honte à ces opportunistes.
La mission « civilisatrice » de la France et ses Ouradours-sur- djebels en Algérie.
Rappel aux fachos et autres falsificateurs, révisionnistes…
ah- 03.2025
Merci monsieur Vautier
J’apprends à l’instant le décès du cher Hocine Zehouane, en lisant Le Matin d’Algérie. Précisément une information concernant un hommage en préparation à Paris.
Je suis très attristé. Nous avons longtemps lutté ensemble au sein du FFS, de la LDH me concernant, lui de la LADDH et ailleurs, pour les droits fondamentaux de l’Homme. Nous nous rencontrions avec des amis comme feu Da el Mouhoub et d’autres dans des cafés de Belleville, dans les locaux du FFS de la rue Myrha, dans le 14° arrondissement de Paris, ou lors de meetings. J’avais un très grand respect pour ce militant de toujours. En 1960, à 25 ans il rejoint le Gouvernement provisoire. La première fois que je l’ai entendu, c’était lors du 1° Congrès du FFS à Alger, en 1991. Plutôt lors de la Convention nationale du FFS en novembre 1990.
Je retiendrai (parmi une foultitude de déclarations justes, visionnaires) cette réponse qu’il fit à un journaliste d’Algeria-Interface en septembre 2002 qui lui demandait son appréciation générale « de la situation des droits de l’homme en Algérie. » Hocine Zehouane lui répondit ceci :
« Je ne me fais pas d’illusions. Je suis désespéré, et depuis longtemps… En février 1989, avant l’adoption de la Constitution, j’avais prévenu contre l’exubérant enthousiasme que pouvaient susciter certains bouillonnements et certaines gesticulations qui ont suivi les événements d’octobre 1988. J’avais écrit: ‘‘Je ne vois pas de lendemains qui chantent. Je vois des lendemains de sang’’. J’avais soutenu que les conditions d’une vraie rupture démocratique n’étaient pas réunies. Tout changement a un agent historique. Cet agent peut être une classe sociale, comme la bourgeoisie en Europe, ou un personnage charismatique… À la question: ‘‘Y a-t-il un agent historique d’une rupture démocratique?’’, ma réponse était: ‘‘Non’’. Je maintiens aujourd’hui la même conclusion. »
23 ans plus tard, parions qu’il aurait répété exactement les mêmes mots.
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Le Matin d'Algérie, mardi 25 mars 2025
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TSA, le 22 mars 2025
Hocine Zehouane, disparition d’un moudjahid et défenseur des libertés
Par Karim Kebir
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EL MOUDJAHID _ 18 Mars 2025
Figure emblématique de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, militant infatigable des droits humains et défenseur acharné de la justice sociale, Hocine Zehouane s’est éteint, lundi à l'hôpital de Ain Naâdja, à Alger, laissant derrière lui un héritage lumineux, marqué par un courage sans faille et une intégrité inébranlable. Né le 13 août 1935 à Mirabeau (actuelle Draâ Ben Khedda), Hocine Zahouane plonge très jeune dans le militantisme. Dès 1954, alors lycéen, il rejoint le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). Arrêté en 1955, il subit deux années d’emprisonnement, avant de rejoindre le maquis de Kabylie, au sein de l’Armée de libération nationale (ALN). Officier (aspirant) de la Wilaya III, il se distingue par son engagement politique et son souci de préserver l’unité des rangs, malgré les fractures de la «bleuite» et les opérations militaires françaises dévastatrices. En 1960, missionné par le GPRA, il tente de réconcilier les factions divisées de la Wilaya III, témoignant d’un esprit conciliateur et d’une vision démocratique rare en temps de guerre. Après l’indépendance, Hocine Zahouane s’engage dans la construction d’une Algérie qu’il voulait juste et progressiste. Très lié à la direction de l’UGTA et à la nouvelle équipe de Révolution africaine constituée autour de Mohammed Harbi, il entre, en 1964, au bureau politique du FLN comme représentant de la Fédération du FLN du Grand-Alger, où il est chargé du secteur «Orientation». À partir de 1979, il embrasse une carrière d’avocat, défendant sans relâche les droits de l’homme et les valeurs de la démocratie. Il prend fait et cause pour les victimes de la répression du 5 octobre 1988. En décembre 1991, il est, avec Mohammed Harbi, Lemnouer Merouche, Tahar Zeggagh un des membres fondateurs de la revue NAQD d’études et de critique sociale. Hocine Zahouane fut également l’un des piliers de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), qu’il présida après 1990. Sous sa direction, la LADDH devint un rempart contre l’arbitraire, défendant aussi bien les libertés individuelles que les droits économiques. En 1993, il co-fonde l’Association des amis de l’initiative pour la résistance sociale (A.I.R.S.), s’opposant aux politiques d’austérité du FMI, une lutte qui résonne cruellement avec l’actualité algérienne. Son engagement dépassait les frontières : en 2009, il ouvre les locaux de la LADDH, pour soutenir Ghaza sous les bombes, et mène campagne contre l’adhésion de l’Algérie à l’Union pour la Méditerranée, refusant toute normalisation avec Israël. Du plus haut de ses 80 ans, Hocine Zehouane avait émergé comme l’une des figures proue du Hirak béni de 2019. «Il arpentait les rues d’Alger, échangeant avec la jeunesse, son sourire malicieux et son optimisme intact. Il croyait en la force du peuple, même lorsque les ombres s’accumulaient», se rappellent ses compagnons. Alors que son dernier voyage le conduit au cimetière d’El Alia, où il a été enterré hier, son message résonne plus que jamais : la lutte pour la dignité est un combat sans fin. Puissent les générations futures s’inspirer de son courage, de son humanisme et de sa foi inaltérable en un avenir meilleur.
K. A.
Karim Aoudia
De plus en plus, dans nombre de médias français, la loi du silence s'étend. Le droit à l'image s'oppose et fait quasiment taire le droit à l'information. Reportage de RSF.