Machinalement elle l'accompagne jusqu'à la dernière marche. Des larmes coulent lentement sur les joues. Elle fait un dernier geste auquel il ne répond pas. Sinon de l'abîme de son être. Dans un effort ultime, pantelant, il dresse gauchement son index et murmure résigné quelques signes qui siéent à sa condition présente mais qu'il ne choisit peut-être pas. Elle entend : J’ai appris que les mots ne servent à rien, que les mots ne correspondent jamais à ce qu’ils s'efforcent d'exprimer D 'autres mots s'échappent : Tant de temps passant est-il venu sur l'homme... Toutes les portes se referment. Des lumières s'éteignent, d’autres tournoient. Elle lui tend ses bras son cœur son corps. Tout son être. Elle court trébuche et tombe sur la chaussée enneigée. Instinctivement elle se tient le ventre épanoui. Le convoi s'ébranle enfin vers la nuit cristalline d'où l'homme émergea. Alors que sa mémoire déséquilibrée laboure convoque et ravive des expériences ; de toutes parts des myriades d'éclairs fugaces irradient la surface de son éphémère présent. Il vit :
Autrement dit, la réflexion ne dissout pas la spontanéité. Le verbe réfléchi côtoie le verbe ou le cri du cœur. Les mots de Voltaire ceux de Mouna. ® Droits réservés. Toute reproduction est interdite sans indication de la source: http://leblogdeahmedhanifi.blogspot.fr/ ® L’auteur - Ahmed HANIFI - ahmedhanifi@gmail.com "Sur le plus beau trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul !" Michel de Montaigne. DEPUIS 2005
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