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dimanche, novembre 19, 2023

817 - MARSEILLE-ALGER (SALON DU LIVRE)-DJANET-ORAN

 

CHERS AMIS/LES PHOTOS SUIVRONT DEBUT DECEMBRE_/ DESOLE

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Mercredi 25 octobre 2023
SILAJ1_
L’ouverture du Salon internationale du livre d’Alger (SILA), aujourd’hui, n’est que cinéma, cravates (ou sandala) et selfies. Elle ne m’intéresse donc pas. Je suis arrivé à Alger par le train d’Oran de 8 heures (à l’heure pile poil). Le temps m’a paru long malgré la lecture de deux journaux, El Watan et Le Quotidien d’Oran. Tous deux ont réservé des articles à l’événement culturel qui s’annonce : « la foire » ( !) du livre. Le second titre en une « Une 26° édition tournée vers l’Afrique ». En page deux, à la suite du titre, un article de 3100 caractères sur une seule colonne. Il est signé « RN » (Rédaction nationale). L’article d’El Watan se trouve en page 17 (page « Culture »), « L’Afrique, invitée d’honneur » un article signé « RC/APS » sur 3480 caractères. Les deux papiers reprennent quasiment la dépêche de l’agence officielle sans souffler mot de « l’affaire Koukou ». Attendons les éditions de demain.
À Alger le temps est beau, 26-28°. Pas mal de monde. Nous sommes assaillis à la sortie de la gare par les taxieurs officiels et clandos qui font l’amont de leur job. Presser le potentiel client puis le conduire « arwah a Mohammed, nous on vole pas comme les autres ». Ne me demandez pas d’explication car je n’en ai pas. Peux être parlait-il de ses concurrents… Bref.
L’Aletti n’est pas loin. Es Safir est à quai, en travaux depuis des années. Sa splendeur passée n’est plus que ruines dans les mémoires des clients, mais pas qu’eux. Lui a toujours tourné le dos à la mer (du moins son entrée officielle). C’est qu’il n’est pas tout jeune le vieil hôtel, 93 ans ! Un lifting de première était nécessaire. Caroline et Albert de Monaco y ont passé quelques nuits, Nelson Mandela, Lumumba, Georges Brassens, charlot… et quelques dictateurs aussi. Il a été inauguré en 1930 donc en fanfare et cotillons, sous les hourras civilisés « vive les colonies ! »
À La Rotonde (« laa rou tounde » en arabe), en face du mythique hôtel je fais une halte. Un thé (mauvais thé, tiède et préparé la veille ou le matin) et un gâteau ordinaire. Deux chats gringalets tournent en rond. Ils vont viennent d’une table à l’autre. Je pénètre dans Abane Ramdane. Rentre chez Anis télécom pour « fliixi » 1000 dinars de communication internationale et orale. On a le choix entre « Sama mix, Sama net, Sama talk ». Les tarifs varient donc. Je choisis le « un ». j’ai droit pour 2000 dinars (au total) à « 4000+Illimités+500 GO, 30j » Je ne pense pas avoir bien saisi, mais le revendeur a levé le pouce pour me signifier que mon choix (à 2000 DA) est parfait. Bon, puisqu’il le dit c’est que c’est vrai. Je le remercie. Il est tout content. Allez fissa GoogleMail et Facebook. Sur le « Résossos » aussi on fait globalement le dos rond devant l’interdiction des éditions Koukou de participer au 26° Salon… Les censeurs ont-ils seulement apporté un argument ? oui : « non-conformité au règlement » ! un argument fourre-tout. Mon hôtel n’est pas loin. Le réceptionniste me reconnaît presque. C’est qu’il en voit du monde. « Ah, oui Marseille, eh, eh…. Ça va ? » Larbaâ Nath Irathen n’est pas loin, papillonnant dans son palais. Bon accueil. Repos au 4° étage que j’atteins essouflé, mais les bruits de la rue sont (légèrement) moindres. "Ok" j'ai pensé, car la pièce n'est pas empestée de tabac froid (ce qui est remarquable ici). et le Wifi ça va, enfin « coussicoussa m’a-dit le réceptionniste, il monte et il descend »…. Puis je m’attelle à ce premier résumé du jour. À propos de Koukou, Lisez ici cet article :
À demain

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Jeudi 26 octobre

SILA2

Koukou Ernaux... je n'ai vraiment pas l'esprit à "la foire".

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Pas d’eau dans la salle d’eau. Bon. « J’arrive » me dit le réceptionniste. Petit déjeuner, Facebook et direction le Salon. Arzeki Aït-Larbi n’est pas content du tout qu’on ait interdit à sa maison d’édition Koukou, d’exposer au SILA. Il publie sur Réseau-soc une liste de dizaines d’auteurs édités par Koukou, interdits de fait de présenter leurs ouvrages ou de les voir exposés. « Les cagoulards de la censure ont encore frappé ! » écrit-il dans le post.
Je prends le métro, Ali Boumendjel, à deux pas de l’hôtel après avoir acheté El Watan et Le Quotidien d’Oran. Je constate que celui-ci ne semble pas intéressé par mon long article ( 58631 caractères) sur un incontournable philosophe andalou, précisément sur son « immense chef-d’œuvre de la pensée ». Tant pis pour tous.
Nous ne sommes à 10h30 que quelques centaines devant les trois grandes portes d’entrée encore fermées. Peu à peu le bruissement se fait brouhaha. À l’ouverture, nous sommes près d’un millier devant la porte principale. À l’intérieur les allées sont encore aérées et vides de tout détritus. On y circule comme dans un grand parc, sans les chiens (ils ne sont pas loin). Mais le « pousse-toi-que-je-m ’y-mette » finit par l’emporter (et nous ne sommes pas vendredi ! – vikende) Il est flagrant au niveau des éditions Gallimard où je tombe sur un bijou rare, « Choses qui rendent heureux » de Sei Shônagon. Vous ne connaissez pas Les choses détestables ?...
lisez: « un visiteur qui parle longtemps alors qu’on est pressé », « un homme sans talent, qui parle beaucoup à tort et à travers », « un bébé qui crie juste au moment où l’on voudrait écouter quelque chose »…. Un régal.
Je prends un Philip Roth (L’habit ne fait pas le moine) et L’Atelier noir d’Annie Ernaux. Il y a (étrangement ?) une dizaine de ses ouvrages chez Gallimard, comme un pied de nez à ce que Arzeki A.L. appelle « les cagoulards ». Tenez, on lit en page 34, à la date du 25 octobre – comme hier – : « Il me manque encore le déclic, ce qui fait que je penche irrésistiblement pour une chose ou une autre. Deux, c’est toujours beaucoup pour moi. L’an dernier, à un moment, je n’ai pas hésité. »
Il faut compter en moyenne 800 dinars le roman (entre 400 -petit nombre - et 1300 et plus). Chez Casbah j’ai acheté « La colombe de Kant » de Aïcha Kassoul que j’essaie de joindre, mais on ne semble pas la connaître à la caisse. Tant pis. « Allez voir le programme ! » Ton martial et imbécile. Je suis fatigué. C’est que, l’air de rien, on en parcourt des kilomètres, on passe et repasse devant les mêmes stands, on dit « salam » à des personnes qu’on a déjà rencontrées. Je m’installe à l’Institut français. Ici au moins il y a des chaises ! et des gens qui parlent dans un micro, qui expliquent, et des étudiants qui écoutent très sérieusement, happés par l’espoir du PARTIR. TRAVERSER la mer. La plupart des autres maisons d’édition se contentent d’une caisse enregistreuse et des jeunes vendeurs (cousins cousines ?) Je n’oublie pas que nous sommes d’abord dans une « foire ». Et c’est très triste. Où sont passés les grands débats d’antan ! Là j’abuse, car nous ne sommes que le premier jour. Je ne devrais pas me laisser emporter ainsi. À vrai dire j’ai le flair fort.
L’après-midi je « refais » Barzakh. La patronne que j’essaie d’alpaguer est en discussion ininterrompue depuis de très longues minutes qui paraissent doubles. 15, peut-être 30. Elle parle, parle, sans discontinuer. Son interlocuteur lui tend son oreille gauche et regarde ses propres chaussures ou le parquet de la maison. Selma hoche la tête pour me répondre « bonjour » et baisse les yeux. Je fais un tour. Je reviens. C’est pareil. Le gars scrute sans fin le gris du parterre (ira-t-il jusqu’à lui administrer une série de coups rageurs avec ses chaussures cendres elles aussi ?) Je vais voir Maïssa Bey prête à la dédicace. Elle me dit qu’elle n’a pas de nouveauté. Elle « revient » d’une longue absence (on se connaît au moins depuis 2006, comme Boualem Sansal et Salim Bachi en même temps, à Paris, Montpellier, Martigues, Salon de Provence, Cassis, Mouans Sartoux etc… J’en ai fait des recensions de leurs ouvrages !) Bref, pour vous dire qu’on se connaît. J’apprécie beaucoup leurs écrits. Ils sont vraiment les meilleurs des meilleurs ici au Bled. Bref encore pour vous dire que Maïssa revient (après une éclipse forcée- je cherche un autre terme à « forcée », mais ne trouve pas). Elle préfère que je contacte moi-même directement Selma H. (la patronne d’ici avec Sofiane H, absent) concernant ce qu’il est inutile ici de développer. Je note.
Plus loin, le stand de Sedia est réduit à des proportions limites. Quelques tables, quelques livres. Mon recueil est absent. Je préfère ne rien ajouter. Mais « où puis-je rencontrer Z.G ? » « Elle va venir, elle va venir ! » Elle n’est pas venue. Petit stand, comme d’autres alors que ceux des maisons d’éditions en arabe semblent de plus en plus nombreux, chaque année qui suit l’autre. Je poursuis en faisant des haltes ici et là. C’est que mon sac à dos pèse sérieusement. La seule discussion intéressante, je l’ai eue avec le fort sympathique directeur des éditions Frantz Fanon. On discute littérature (écriture), occasion manquée (ah, Incipit en W !) et projets… Je lui ai pris « Molière m’a tuer » de Salah Guemriche (autofiction ?) Je le lirai.
Sur la grande esplanade, de jeunes peintres s’esquissent à rendre la douleur des Palestiniens démunis sous le déluge de feu de la barbarie sioniste. Nous avons les pieds et mains liés. Que pèsent nos mots ?
Rien dans le Salon, absolument rien ne renvoie aux interdictions faites à Koukou édition et (indirectement, refus de visa) à Annie Ernaux de participer au SILA. Une atmosphère d’absence de courage est comme posé en surplomb sur les participants au Salon. Que peuvent-ils faire ?
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DÉSOLÉ POUR LES PHOTOS..... LE DÉBIT EST ULTRA RIDICULE. C'EST INCOMPRÉHENSIBLE. DEUX HEURES QUE JE SUIS DESSUS. MAIS BON..... (peut-être plus tard j'en ajouterai au fur et à mesure)

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SILAJ3_ Vendredi 27 octobre 2023
Je me suis bagarré toute la matinée avec la connexion Wifi. À Alger centre. En 2023. J’ai abandonné à Midi passé. Direction rue Ahmed Chaïb, l’ex rue de Tanger. J’évite « Le Roi de la loubia ». Deux parts de pizza chez « Pizza Carré » (ça ne s’invente pas). Je m’active car, comme nous sommes le jour saint hebdomadaire, toutes les activités vont bientôt cesser. Les rideaux ferment les uns après les autres. Les mosquées se veulent être en fête. Routines. On presse le pas. J’avance dans le sens opposé à la mosquée Ketchaoua, non, c’est Ben Badis. Les enseignes des devantures sont nombreuses et (encore ?) en français contrairement aux annonces péremptoires et guerrières. En arabe évidemment aussi. Deux en anglais (« Fastfood », « VFS- Application Centre for France » !…) Parfois dans les quatre langues « Bienvenue, Welcome, Marhaba, Ansuf » D’autres sont en tamazight. Très peu. Sur le fronton des banques et bâtiments officiels. Métro : Boumendjel, Tafourah, Khelifa Boukhalfa, 1° Mai, Aïssat idir, Hamma, Jardin d’Essais. « … Prochaine station Les Fusillés… Les Fusillés, Les Fusillés… Descente à droite… ». Sortie, tram. Je n’ai pas retenu le nom des stations très nombreuses. Voici celle qu’on ne peut pas ne pas retenir : « La Foire » (en arabe il est écrit plus justement, Parc des expositions). Au stand Sédia je discute avec Z. J’achète (avec réduction) quelques exemplaires de mon propre recueil….
Concernant l’exclusion de Koukou, la plupart des auteurs et maisons d’édition se débinent. « Annie Ernaux, refusée de visa ? c’est faux ». Que voulez-vous faire avec ça. Chez Barzakh il y a Maïssa Bey, comme hier. Il y a aussi Sofiane Hadjadj, « bonjour, bonjour ». Chez L’IvrEscq on se bousculerait presque. C’est que Nadia Sebkhi est très avenante, enthousiaste, dynamique. On prend des photos, discute des écrits des uns et des autres. De l’atmosphère peu sereine et délétère tout autour Il y a Samira Benturki Saïdi, Docteur Mouloud Ounnoughène, Farroudja Ousmer qui a été publiée par Koukou (derrière les larmes de ma grand-mère). Elle fait beaucoup pour informer de l’exclusion du salon de Koukou éditions. Nadia a publié La Symphonie des sept nuits.
Nous avons longuement échangé avec Leïla T. (elle est accompagnée de deux collègues et amies) quant à mes interventions bientôt à Oran (animation de plusieurs ateliers d’écriture créative à l’Institut français, à l’université, et au Centre qu’elle dirige). Nous avons également parlé de voyages et d’écriture. Je suis désolé pour ces phrases rudimentaires, mal fagotées…. (C’est que le temps presse, le Wifi toujours capricieux etc. (Venez ici et vous verriez, vivriez). Ce que vous lisez là je l’écris en ce moment de samedi matin à l’hôtel, et les « techniciennes de surface » cognent à la porte, car il se fait tard : 10h 30) ;
Dans le désordre : Rencontre avec Mustapha Benfodil (Terminus Babel) chez Barzakh. Me parle du beau métier de journaliste, hélas en chamboulement total, de Marseille. Il y a aussi Maïssa Bey avec Nacera Belloula, une journaliste-écrivaine installée à Montréal que j’ai rencontrée sur place près du Centre Bell. Nous parlons de tout et de n’importe quoi avec bonne humeur.
Je continue de tourner. Au SILA, Si vous insistez à parler littérature, participer à des débats on vous fait signe de poursuivre votre chemin. Si vous dites que vous voulez entendre les éditeurs parler de leur métier, de leurs relations avec « les autorités » on vous signale la sortie (gentiment). Si vous avez l’intention de renflouer les tiroir-caisse alors les sourires se font larges et généreux. Vous avez raison, c’est affligeant. Le commerce, c’est le commerce. Espérons seulement que nous n’en sommes qu’au deuxième jour d’ouverture au public et que demain il fera grand soleil. Et mon constat n’en est pas un, mais une impression, qu’une impression.
Un dernier mot. Nous avons longtemps attendu sur le boulevard dont je ne sais le nom – Rocade nord, Nationale 24 ?- (plus de vingt minutes) avant qu’une ram de tram daigne s’arrêter (Quatre sont passées, à vide, sans arrêt). Pour vous dire qu’on est rentrés serrés comme des S. (lire Queneau et son bus). Un jeune homme qui a deviné que je n’étais pas du coin, et qui avait manifestement envie de déverser son fiel (du moins en parler), m’a raconté sa vie son métier (cheminot à la Société des chemins de fer), les 3X8, son désir de fiche le camp au plus tôt… Je l’ai laissé parler. Acquiesçant avec empathie. Il a poursuivi vers la Place des Martyrs. Je me suis demandé pourquoi on en arrive ainsi à détester aussi ouvertement son pays. Puis je me suis ravisé aussitôt en me remémorant mes vingt ans de malheur sous Boum and C°, ici-même. À demain, si vous voulez bien. Je n’ai pas le temps de me relire. Je cours au métro.

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SILA4_ Samedi 28 octobre 2023
Je commencerai par Lui. Vous vous dites « quand-même, il mérite qu’on se souvienne de lui ! » Eh ben vous avez tort. Dieu merci il y a les réseaux sociaux. Ne comptez ni sur le journal ni sur la télé (beurk) pour vous en glisser un mot en guise de souvenir. Nada. Peut-être demain ou après. Ce matin je n’ai eu accès qu’à El Watan et Le Soir. Je suis passé devant des bouquinistes de bonne humeur. Comme le temps, très agréable. Je m’installe devant la « Cafetéra Fast food glaces Le Jardin » (la Grande Poste). Un bon thé (chaud moyen, pas terrible, à 150 DA quand même. Ailleurs il est à 50) accompagne la lecture de la presse. Donc rien sur Kateb Yacine. Kateb Yacine est décédé à Grenoble il y a de cela exactement 34 ans. Ici, sur mon blog vous lirez quelques infos : https://leblogdeahmedhanifi.blogspot.com/search...
En page culturelle du Soir je lis : « Lettres de Ghaza », un petit article sur « La poétesse de l’espérance, Fayza Stambouli au Sila 2023 », un autre sur « Les dards du talion de Mohamed-Arezki Azzouz ». Je ne connais ni l’une ni l’autre. El Watan réserve deux-tiers de la page culture à un ministre avec ce titre « Notre défi est d’élever le niveau de la lecture chez les jeunes ». Je tourne la page.
J’arrive au Salon armé de quelques bons soutiens que j’utiliserais à bon escient. Et c’est ce que j’ai fait. Je respire un grand bol. Merci A.A. Merci A.K et AK2. (si vous vous demandez de quoi il retourne, pardonnez-moi, c’est privé. Les six initiales se reconnaîtront)
Je suis rentré au Salon par une porte sud, une « Porte annexe » Sur l’étal d’un des nombreux stands en arabe dans cette zone, je tombe sur un titre absolument fabuleux (Hayy ben Yaqdhân) combien ? 500, Ok. Je prends (aussitôt je fais la conversion : 2, 50 €, deux baguettes de pain, (les amis quand ils arrivent du Bled à Marseille c’est comme ça qu’ils font qu’est-ce que vous croyez ? Ils demandent au garçon de café « c’est combien ? » Le garçon dit « 3 € ». Aussitôt ils font leur conversion 3X223= 65000 ! Plus d’un kilo de poulet yaoo ! Aussitôt ils relèvent la tête, enlèvent leur main de la poche et regardent ailleurs. C’est pourtant eux qui ont invité à prendre un cawa. Je plaisante parce que ce sont mes amis. Je les comprends parfaitement. Et la responsabilité de cette « incapacité » se situe au niveau de ceux qui sont incapables (depuis mille ans) de relever le PIB/h de sorte qu’il avoisine celui des moyens pays du Nord (Grèce, France). Pour revenir au journal, il y a quelques jours j’écrivais : « Le Quotidien d’Oran ne semble pas intéressé par mon long article ( 58631caractères) sur un incontournable philosophe andalou, précisément sur son « immense chef-d’œuvre de la pensée ». Ben il s’agit de Ibn Thufaïl et de son absolument fantastique « Hayy Ben Yaqdhân ». Ça ne les intéresse pas. Que voulez-vous que j’ajoute. Bref c’est ce roman que je vois étalé devant moi et sur lequel je plonge. Bon, il est en arabe. Je le prends et tant pis si je mettrai une plombe à lire deux lignes. Un stand plus loin, on propose, tenez-vous bien, en arabe toujours « journal d’Hitler » (la croix en noir, c’est moi qui l’ai ajoutée sur la photo). Dégueulasse. Et on interdit Koukou (de Arezki Aït-Larbi ! et on interdit (pas de visa) Annie Ernaux ! ! Franchement ! !
Je fais un tour dans le pavillon Ahaggar (nom majestueux), à l’espace Digital et enfance… involontairement. Je demande à une hôtesse s’il n’y a pas un programme global du SILA. « oui, ici, venez… » Devant moi un immense panneau écrit tout en arabe et tant pis pour les non arabophones. Tu prends ou tu t’en vas. Je m’en vais.
Je reviens au pavillon central. Je m’attendais à une marée humaine (samedi est le deuxième jour de week-end). Je me suis trompé. L’année dernière c’était comme au hammam. Aujourd’hui ça circule mieux. Tant mieux. (voir ma vidéo postée hier soir : « SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D'ALGER_ Aujourd'hui samedi 28 octobre 2023 ». Je papillonne de stand en stand…. Routine. L’ennui gagne. Vite Tram et métro. Un clin d’œil à vous amis qui vous trouviez à Melbourne, Honolulu ou Yellowknife, je joins à cette page des photos qui vont vous rappeler le bon goût de la loubia, du métro, du tram… et une vidéo avec ses « Prochaine station Jardin d’essais…. »

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DÉSOLÉ POUR LES PHOTOS ON SE CONTENTERA DE LA LOUBIA. IMPOSSIBLE D'EN METTRE UNE DE PLUS. CELA FAIT TROIS PLOMBE QUE JE SUIS DESSUS. J'ARRÊTE. PLUS TARD PEUT-ËTRE. C'EST DINGUE.
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Pour les photos, merci Cyber. Pour me connecter à mon compte cela a relevé ou de la schizophrénie ou de l'absurde ! "votre code" "confirmez que c'est vous" "on vous a envoyé un code à votre boite..." Comment ouvrir? etc etc.... je n'ai jamais vu cela dans les autres pays ouuuuuuuuuuuuu (ca c'est parce que j'ai essayé d'ajouter sur le clavier du Cyber un accent) qu'ils furent...

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30 octobre 2023

SILA6_ Dimanche 29 octobre 2023
Il n’y aura pas de « Sila jour 5 ». Je veux dire que ce dimanche je n’irai pas au Salon. Je préfère faire un break comme on dit, une coupure et d’en profiter pour me rendre à la Bibliothèque Nationale, ce qu’il est vrai, j’avais prévu.
À l’hôtel, la connexion Wifi fonctionne comme un clignotant déglingué : il s’allume il s’éteint il s’allume il s’éteint. Vous cognez dessus, il recommence, il clignote s’éteint vous cognez etc. Je plie bagages et me rend dans un Cyber. C’est un peu mieux (ça rame aussi mais moins qu’à l’hôtel). Pour avoir accès à mes comptes (le système se méfie des Cybers) il m’a fallu récupérer un code, un double code. Pour cela il me fallait connecter mon téléphone à puce française. Puis etc etc. Pour la sécurité, pourquoi pas. Sauf que la montre n’attend pas elle. Elle court. Déjà 11 heures. Je file droit à la station de métro Jardin d’Essais. Je me rends à la Bibliothèque Nationale. « Les archives saha ? » Je remets ma carte d’identité à l’entrée. Puis je suis tranquille. On me renseigne comme on peut. Je m’installe dans une salle fort bien rangée mais je ne suis pas assommé par la quantité des ouvrages. Beaux intérieurs, brillants, bien entretenus. Ça sent le renfermé, le vieux papier (évidemment). Les chargés du lieu, sont très sympathiques, vous informent au mieux qu’ils peuvent, sortent des livres qui datent de siècles. Hélas, on ne trouve pas ce que je cherche, et ce que je recherche c’est ce manuscrit, lisez : « Dans un lot de livres arabes que venait de lui prêter un indigène lettré d’Alger, M. J. D. Luciani (écrivain arabisant…) remarqua un manuscrit dont quelques lignes, lues au hasard, ne lui parurent pas sans analogie avec le roman dont nous lui avions parlé. Mais le titre n’était pas celui de Hayy ben Yaqdân et indiquait comme auteur Ibn Sina… Remerciements à Si El-Hadj Moussa, qui a mis fort obligeamment son manuscrit à notre entière disposition et s’est empressé de l’offrir, sur notre demande, à la Bibliothèque Nationale d’Alger, où il se trouve catalogué sous le n° 2023 du fonds arabe. » Les bibliothécaires ne connaissent d’Ibn Sina que l’auteur d’ouvrages médicaux. Rien sa riwaya sur Hayy. La référence « 2023 » leur a parut étrange. Pourtant elle date de plus d’un siècle ! Le hasard. Bref, je n’aurais pas mon manuscrit d’ibn Sina. Ni une reproduction.
Je me suis rendu en face du Jardin d’Essai. Le téléphérique, Le Maqam Echahid…. Un grand tour à pinces. Une dizaine de kilomètres ? plus ? peu importe… Diar el Mahçoul, Salambier, « Dial Babor » ( ?), Mosquée bachir el Ibrahimi, boulevard Mohammed Zekkal, Salle Harcha, Place du premier mai (entièrement ferraillée !) qui me renvoie aux magnifiques marches des années 90. J’en garde deux en mémoire auxquelles j’ai participé avec tout l’enthousiasme du monde, celle appelée par le FFS (31 mai 1990) fut la plus grandiose et l’autre (plusieurs centaines de milliers), celle du 10 mai sous la pluie ! et on chantait, on criait à tue-tête « Djazaïr horra dimoucratia ! » Un monde défunt. Mais dit-on, les défunts, comme le sphynx, renaissent toujours, le moment venu, de leurs cendres. J’ai continué sur Hassi Ben Bouali, le centre du centre…. Et me suis éparpillé tout seul dans mes souvenirs.

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31 octobre 2023
20° SALON DU LIVRE D'ALGER_
Nous avons quitté Oran par sa gare, tôt le matin, hier vendredi. Il était 8 heures. Le train est un Rapide. Départ à l’heure prévue moins trois minutes. Arrêt à Chlef. La voiture où nous nous trouvons est pleine. Des voyageuses s’énervent à propos de rideaux à tirer ou non. Les passagers restent cois, mais pas le contrôleur « Sallou ala ennbi… » Il réussi à les calmer, mais entre temps des injures avaient fusé… Il fait chaud lorsque nous arrivons à 10 heures à Chlef et que les esprits sont sur le qui-vive, on ne sait jamais. Cinq minutes d’arrêt. On a eu droit à un thé (gratuit) et à des biscuits, sandwichs (payants)… distribués à partir d’un chariot sans âge, conduit par une jeune et charmante employée en tenue SNTF, bleu-nuit sur lequel est porté bien en vue le nom de l’employeur. Blida, Boufarik… Nous atteignons Alger gare Agha à 12 heures 55. Recherche d’un hôtel ni trop cher, ni inconfortable… A cette heure-ci, un jour sain, tout est ou presque tout est closed. Débrouillez-vous. Face au fameux hôtel Aletti une gargote propose des sandwichs. Une étrangère, (européenne ?) entre avec ses deux enfants. Le serveur lui dit instantanément « pas maintenant madame ». J’ai comme l’impression qu’il s’agit là d’un refus de servir parce qu’elle est femme, puisque moi-même suis servi, « un sandwich steack haché-frites ». La pauvre femme reprend « pas maintenant ? » et sort. Elle ne semble pas avoir saisi, et j’en suis presque honteusement content. Content qu’elle n’ait pas saisi la saloperie du gars, un sexisme doublé de xénophobie. Alors que je quitte la sandwicherie, à l’extérieur trois hommes sortis, je ne sais comment, d’un imposant 4X4 sautent sur un homme qui semble avoir picolé un peu. On ne lui pardonne pas d’avoir bu un jour sain (au nom de quelle loi ? la leur). En trois temps, trois mouvements, le malheureux, un tas désarticulé, est brutalement jeté dans le véhicule qui part en trombe vers une destination trouble.
Taxi, direction le Palais des expositions. 500 dinars demande le premier, 700 le deuxième, 300 le troisième. Arrivé à hauteur du Palais, le chauffeur du taxi ne sait pas trop si l’impressionnante queue devant nous est formée par des admirateurs de tel ou tel écrivain ou bien par des mordus du super Centre commercial R 10 ( ? histoire de pirate… ne cherchez pas à comprendre…) appartenant dit-il à Saïd Bouteflika… Je ne peux l’aider.
Le Palais des expositions déborde de clientèles. L’Institut français est archi bondé.
Autour de Salim Bachi qui répond patiemment à toutes les questions, les spectateurs sont très attentifs. Benjamin Stora qui lui succède répond aux cinq questions de l’animateur puis s’empresse d’aller vendre ses livres…
Trois allées plus loin je rencontre Nadia Sebkhi et Hassina Hadj Sahraoui, les courageuses animatrices des revues, incontournables, Livresq et Salama. Echanges et perspectives…
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Lire la suite du récit sur mon blog, ici :

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SILAJ8_ Lundi 30 octobre 2023
Je commence à fatiguer du SILA. Ça ronronne dru. Autant le dire tout de suite. Je descends par la belle grande avenue qui longe le port protégée par les façades blanches alignées sans brocher. Elles prêtent le flanc à des mâts qui s’apprêtent à l’occasion de la « fête du déclenchement de la révolution », le 1° novembre 1954, à porter les drapeaux vert, blanc, et étoile lovée dans un croissant rouges. Les ouvriers s’attèlent, perchés sur des élévateurs à les installer et ils sont de plus en plus nombreux. Le ciel est couvert et le fond de l’air est frais. Il pluviote, trois gouttes à la minute pendant un quart d’heure, puis rien. Le long du square Sofia sont accrochés des tableaux (des reproductions évidemment) de martyrs de la guerre d’indépendance, ainsi : Larbi Ben M’hidi, Ouarida Medded, des héros du Mouvement national comme Messali Hadj ou plus ancien, l’Émir Abdelkader… Ou encore en vie comme Djamila Boupacha. Les noms de ces héros, sont devenus de simples mots communs. On dit « Didouche » comme on dit « vent ». Un mot sans épaisseur, déchargé de toute émotion. C’est valable également pour le mot « vent » lui-même ne croyez pas. On dit « vent » comme on aurait dit n’importe quel autre terme. Restons dans le sujet. Les noms de ces héros sont devenus si communs que seule leur surface est interrogée. Même lorsqu’on les célèbre officiellement les mots qui leurs sont jetés au visage sont souvent pompeux, irréels, flottent dans la fourberie. Mais que représente réellement ce visage qui nous regarde avec sévérité, dont le bas du support rappelle, gravés, le nom et le prénom ? Pour ces questions-là, je me suis arrêté devant plusieurs d’entre eux. J’ai fixé leurs yeux, les ai interrogés, imaginé leurs parents, leurs amis, des morceaux de leurs vies dans le maquis. Atlas contemporains, ils ont porté le monde sur leur épaules et nous n’en sommes même pas conscients. Nous avons du tben dans le ventre – de la paille sèche si vous voulez – à passer devant sans même leur prêter attention. On devrait avoir honte de ne jamais prendre quelques secondes pour se demander « pourquoi sont-ils morts ? »
Je poursuis jusqu’à la gare pour m’enquérir des horaires de train pour le mercredi 1°, jour du rappel historique, jour de mon retour sur Oran. Sur la rue Hamani (encore un martyr) ex Charras (tout le monde dit « Charras » - officier du général lamoricière-) il y a le local qui a été celui de l’éditeur de Camus, Edmond Charlot. Il lui avait donné le nom de « Les vraies richesses » en clin d’œil à Giono qu’il a édité aussi et de nombreux autres auteurs devenus très connus. Aujourd’hui c’est une « Bibliothèque de prêt » où « il est interdit de prendre des photos » (si vous avez cru un instant que la mentalité « FLN-70+ » était morte, c’est que vous êtes bien naïfs). Du coup j’ai pris des photos des rayonnages à partir du trottoir d’en face. En face justement ( en biais) il y a toujours la librairie El Idjtihad (qui vient de rouvrir avec un nouveau propriétaire fort sympathique. J’ai osé un « je peux prendre des photos ? » « eeeeh ! bien sûr tu peux, pourquoi cette question ? » Je lui ai expliqué. Il a fait un geste pour passer à autre chose. On a souvent opposé en Algérie les structures officielles amorphes et les petites opportunités privées, souvent très dynamiques. À juste titre.
À l’angle de Arezki Hamani et Didouche Mourad, j’achète El Watan et Le Soir. Il n’est pas courant de trouver Le Quotidien d’Oran à Alger. Pour un Oranais c’est frustrant. Les gros titres sous la manchette pour El Watan ou en pied pour le second sont très proches « Il lance plusieurs grands projets ! », « Il l’a annoncé hier ! » Un titre de trois petites lignes en bas de Une du Soir « La fetwa génocidaire des Occidentaux en faveur d’Israël ». Une colonne à droite de la une d’El Watan titre « La bande de Ghaza à feu et à sang ».
Je prends le Métro à côté, « Tafourah la Poste » et le tram à la sortie « Les Fusillés ». Vous connaissez la suite : Khelifa Boukhalfa, 1° Mai, Aïssat idir, Hamma, Jardin d’Essais pour le métro, et… Ruisseau, Les fusillés (autre arrêt du nom de « Fusillés », c’est celui du Tram qui n’est pas celui du Métro ! pas facile hein !), Tripoli T, Tripoli M, Tripoli H, Caroubier, La Glacière, Pont El Harrach (c’est ici que ça sent un certain parfum ? Une certaine pestilence plutôt), Bellevue, Bekri, Cinq maisons, Foire d’Alger. Je descends. Le tram continue avec 24 autres stations pour qui veut atteindre Dergana centre son terminus. C’est à l’est d’Alger, sur la côte.
Au SILA, face à la grande entrée principale (et derrière aussi) flottent plusieurs drapeaux palestiniens. Les gens se prennent en photos, d’aucuns les embrassent, d’autres les saluent et parlent tout seuls. Je rencontre K. de l’Institut français d’Oran. On peaufine mon intervention (j’y reviendrai).
Plus tard, il y a une rencontre avec Sofiane Hadjadj (Barzakh) et Philippe Rey (l’heureux éditeur au Goncourt avec Mohammed Mbougar Sarr grâce à son titre pavé « La plus secrète mémoire des hommes ».) Il est question d’éditeurs, de distributeurs, d’auteurs, de traduction, d’amitiés et d’avancées communes… Tout baigne. Une autre rencontre a lieu à l’Africa Space. Avec plusieurs intervenants et des auditeurs (auditrice en l’occurrence) qui monopolisent la parole, la présente dame félicite tout le monde « nous en Afrique », critique, distribue des mauvais points « les Français… ». Aime bien s’écouter parler. Je l’ai entendue ailleurs, à deux reprises celle-ci, une enseignante ? elle dit (deux fois) « je suis académicienne »… On l’applaudit. Elle sourit, heureuse. Passons. Je rentre, sur les genoux. Très fatigué. Le soir, au journal de France 2, on n’utilise pas (plus ?) le terme de Terroriste pour désigner Hamas. On dit « Le Hamas ». Sur mon Facebook j’écris : « Ce soir lundi 30 oct 2023, au journal de 20 h, via TV5 monde, (est-ce exceptionnel ?) pour la 1ere fois sur F2 on n'a pas dit une seule fois "terroristes du Hamas" comme c'était toujours le cas, mais plusieurs fois "le Hamas"... Le vent tourne-t-il ? Les journalistes ont-ils reçu la fessée ? Épousent-t-ils soudainement l'argumentaire roc de La France Insoumise ? Ont-ils reçu des tonnes de courriers de téléspectateurs révoltés? Nous le saurons plus tard. » Journaleux.
DÉSOLÉ. J'ARRÊTE. AJOUTERAI D'AUTRES PHOTOS PLUS TARD. WIFI AH WIFI ! ......

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SILAJ7_ Mardi 31 octobre 2023
Droit au but. La qualité des journaux a considérablement chuté. C’était l’effervescence, le bouillonnement dans les années 90. C’est d’une tristesse aujourd’hui, pas toujours Dieu merci. Voyez le titre de « LE Quotidien indépendant » où il est écrit que l’UE « privent ». L’Europe est plurielle dans ses langues, mais de là à bousculer La langue non. Et cet autre en dernière page qui se veut railleur. Il l’est, mais au ras des pâquerettes du Soir. L’auteur prend ses lecteurs pour ce qu’ils ne sont (certainement) pas. Un billet de café de commerce. Il ne vaut pas plus. On a la raillerie qu’on peut. Le temps est frisquet, le ciel moutonneux. Les visiteurs en cette matinée sont clairsemés. Au stand Casbah éditions il y a Keltoum Staali qui dédicace « La ville aux yeux d’or », prix Mohammed Di 2022. À sa droite Malika Chitour Daoudi avec « La Kafrado ».
L’ex international français Lilian Thuram parle du racisme au stand de l’Institut français. Il a devant lui.ses ouvrages « Mes étoiles noires » (ed Philippe Rey, 2011) et « La pensée blanche ». (ed Mémoire d’encrier), « Un essai instructif, stimulant, qui en dérangera certainement quelques-uns, mais qui donne matière à réflexion » a écrit Pascal Boniface (Vidéo internet 27.10.2020). Il avance un argumentaire construit aussi avec sa propre expérience de jeunesse surtout confronté à la résignation de sa maman. À 14 heures je m’installe au premier rang dans l’Africa Space, car nous dit Le Soir (page 11) un plateau échangera autour de « l’engagement dans la littérature africaine » avec sept auteurs d’Algérie, du Togi, du Sénégal… Encore du vent. Le Soir écrit n’importe quoi ou bien n’a pas vérifié son info, ou bien ou bien. Non c’est Lilian Thuram qui se pointe encadré par des animateurs qui confirment…. Les trois quarts de la salle sortent de l’espace (beaucoup d’étudiantes).
Je vais au Stand que tient Nadia Sebkhi. Autour d’elle des poètes dédicaces leurs recueils. Il y a
Arezki Annaris avec ses nouvelles « Synapses du Destin » (Framed Editions) et Fateh Agrane avec « Ma cinquième saison » un recueil de poésie (ed Les Presses du Chélif).
Je quitte le SILA sur ces mots. Un Salon très très décevant. Une grande merguèzerie. Peu de littérature, beaucoup de surface, peu de profondeur...
À la librairie « Idjtihad » j’achète « L’Irrécupérable » un roman de Al Mahdi Acherchour (ed Frantz Fanon). Il y a eu il y a quelques années (10, 15 ?) un tel tohu bohu sur sa poésie que j’ai décidé d’y voir au plus près. J’ai même assisté à une de ses interventions à Aix ou Marseille…. Il y avait l’auteur arabophone Ayyoub (mémoire ?) Mais j’avoue que je n’avais pas du tout accroché.
NAVRÉ POUR LES PHOTOS QUI NE PASSENT TOUJOURS PAS. JE LES AJOUTERAI LORSQUE JE SERAI À ORAN_ BIENTÔT.

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8 novembre

Ateliers d'écriture

À tous, Merci.

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10 novembre...

Alger, un vendredi d'ennui...

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11 novembre

Voir Djanet, c’est voir le Paradis m’avait-on dit, un musée en plein air. Djanet, Jennette, il y a comme une proximité qui n’est qu’approximation, car le nom éponyme ne vient pas de l’arabe « jardins » pour en faire un paradis, mais de bien plus loin, du tergui « janèt » qui signifie troupeau de chameaux accroupis (pattes pliées, berkine). La ville est de petite taille, à peine vingt mille habitants pour une superficie de 57.500 km2. Le commandant de bord nous avait rassurés, « il fait 15 degrés Celcius dans la ville ». Il avait omis de nous préciser que cela allait changer dans l’après-midi, « 29 ° ». Djanet est toutefois la principale ville de la récente (2019) wilaya de Djanet. Elle se trouve à moins de 80 km à vol d’oiseau de la ville libyenne de Ghat. Djanet possède 30 000 palmeraies. Elle est la capitale du Tassili n’Ajjar, et possède des milliers de gravures rupestres dont certaines datent de 12 000 ans, « la vache qui pleure » est une des plus célèbres. Je verrai cela plus tard. Pour l’heure, la première impression qui s’en dégage c’est l’insalubrité, comme de nombreuses autres villes. D’impressionnants engins tous terrains occupent l’avenue principale. Avec A. (il connaît la région comme sa poche, il y est né) nous nous sommes installés près d’une source romaine, oui oui, qui porte le nom de son premier propriétaire, Rawen (ou Telmoz aiss, là où un cheval s’est noyé, emporté par les eaux). Alentours le grand jardin botanique a perdu de sa prestance à cause d’incendies. Dans la région on parle le Tamachèq comme à Kigal ou à Tombouctou, Iferwen ou Agadès. 

NB : inutile d’ajouter que le cœur n’y est pas trop. On continue de mourir sous les bombes de la horde sioniste dans les hôpitaux de Ghaza. On capte TV5 monde.

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Hier matin j’ai quitté Zriba au centre-ville de Djanet pour un lieu plus à l’écart situé près d’Ifri (c’est plus ou moins la cité administrative de la région). Il s’agit de l’hôtel Tadrart. Beaucoup plus sympa (en gros) que le précédent, mais beaucoup plus cher. C’était un ancien camping qui a été aménagé. Les pièces ressemblent à des Igloos dans le désert. Je ne rentre pas dans les détails, décourageants (l'eau qui gicle, et qui la nuit fait des bruits caverneux étranges). Ceci étant, il n’y a pas de télé et c’est une bonne chose. ‘Elouifi’ fait avec cet environnement. Un coup c’est oui un autre c’est non, oui, non, oui… tel un clignotant dépassé par le jus du temps. Pour dire la vérité, je ne suis pas juste. Le gars à l’accueil est très avenant. Un type, la quarantaine « bien sur lui », « cultivé »... D’emblée il m’a annoncé la couleur, c'est qu'il a "un passé" (ou il fanfaronne à sa manière) : « J’ai XXXXX et je peux XXXXX. Avec mes collègues du XXXXXX nous étions comme XXXXX » Je ne prendrai aucun risque en reproduisant ses mots, appelons-le Touati, qui m’ont fait bondir. Une pensée me traverse l’esprit, « n’utilise surtout pas l’Internet ». Puis une autre « Tu devrais te ressaisir ya Si ! » Quand même ! en France je lui aurais XXXXXX sur XXXXXX car c’est XXXXXXX, non pas pour ce qu’il dit, mais ce que pendant un quart de siècle il fut. Mais nous sommes ici et tout autour du lieu ce n’est que désert. J’avale ma salive. C’est que moi j’ai envie de retrouver Marseille (si lui ou ses potes lisent ceci, c’est tant pis pour les haricots verts, et les blancs). Désolé chers amis si c’est aussi clair que du bouillon de ôsbane pour vous. Il me fallait l’écrire et je l’ai écrit. Je reviens à mes biquettes. Un lieu sympas, très spacieux avec des 4X4 et leurs chauffeurs, les jardiniers… et pas mal d’étrangers (dont j’en vois pointer aucune oreille), français, tchèques, il y a aussi des Algériens… Avec Touati nous avons réglé tous les points du séjour.

Il ne me reste plus qu’à découvrir Ifri. Un clando est c’est fait. Six minutes pour huit kilomètres avec « edoudanettes », c’est le nom qu’on donne ici – aux « dodanes »… À Oran comme à Fitoussi aussi ! Libre à vous si vous préférez, de l’écrire autrement…

Comme à Djanet, il n’y a pas ici de kiosque ou alors c’est une guérite de revente de meswek en bâtonnets ou en pâte ou de divers parfums. Et de thé. Du pur sirop de sucre avec quelques grains de « El Werga qualité Diamant, 100% naturel ». Quasiment imbuvable pour un nordiste. Pas de kiosque disais-je, ni par conséquent d’El Watan, du Quotidien d’Oran (très impoli messieurs du Quotidien de ne jamais répondre à vos coopérateurs (même épisodiques) aïb âlikoum. (Je rassure mes amis lecteurs, mon (long) texte sur Ibn Thufaïl (déposé directement auprès de gardiens postés devant l’entrée de l’immeuble du canard – tram « Bd ANP » – et envoyé par mail) paraîtra sur mon site le mois prochain, sûr. Ifri est aussi saturée que Djanet de sable et de sacs en plastiques teints des couleurs bleues, blanches et noires.

Je ne sais si c’est la nonchalance des gens, leur voix basse, leur démarche, la force puissante le jour, relative le soir, ou la couleur du ciel ou des roches, mais je me sens peinard en ces lieux, paisible. La nuit tombe soudainement, entre 17h 50 et 55. Un ‘‘agent de la paix’’ qui s’ennuyait et auquel j’ai demandé les chemins de promenade me répond « par là, ou par ici, mais par là évite. La nuit tombe, on ne sait jamais… » Je rebrousse chemin. Un nouveau thé noir.

Aujourd’hui nous avons fait un grand tour avec Badis (appelons-le ainsi) et cela nous a pris toute la journée entrecoupée d’une longue pose déjeuner-thé… Lui aussi est d’ici, précisément d’Ifri (ne pas confondre avec l’Ifri de Kabylie, ni avec Oran). Un grand gaillard peu loquace. Au village on achète de quoi déjeuner (barbecue…) De chez lui il emprunte des grilles et de quoi saler… Il habite près de la vieille mosquée (madrassa et masjiid), « Ennour ». Cette partie du village est appelée Tadentourt. Sur la droite In Abarbar. En sortant du village on passe devant un mont qui porte sur son faîte un arbre et un seul. C’est Tagar Thoudert.

On n’a pas envie de quitter ces lieux, juste pour discuter avec les anciens (les plus lointains), et entendre et mieux encore écouter ce qu’ils ont à nous dire par leurs contes de leur vie quotidienne, et à travers nos questions comme celle-ci « aviez-vous de votre temps autant de moucherons qu’aujourd’hui ? et de sable aussi ? »

Au « campement de l’agence » (40 km au sud est ou ouest je ne sais plus) on fait une halte déjeuner. Il y a là vivant comme un hermite, le gardien. Le repos est bien mérité car je n’ai pas besoin de préciser que le 4X4 secoue. Et bien comme il faut. Filmer en roulant (quelle idée !) c’est une gageure. On finit par le troisième thé et plions bagages.

On a échangé à propos de météorites qu’on appelle les « nizègue » ici. Je n’ai pas très bien saisi les questions liées « au vol »… Des Allemands se seraient fait choper pour cause de vol de je ne sais (donc) pas quoi… On rentre alors que le soleil plonge par derrière les rocheuses locales. J'ai dit à Badis que cette partie ressemble aux rocheuses (si si un peu) américaines...

Pour le précédent post j’avais prévu plusieurs photos que je n’ai pu charger (comme à Alger). Et aujourd’hui ?

 

 

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Mardi 14 novembre

Dès le matin, la température alerte, « tenez-vous bien ». J’ai reçu cette nuit un message de notre ami Mark (Canada) « venez… » À la station Naphtal le guide, Badis, tient le révolver d’une main et de l’autre il secoue comme un forcené le 4X4 qui se balance, forcément (j’ai déjà vu un gendarme faire cela hier). Ainsi pense-t-il, il mettra plus de carburant que le réservoir ne peut en contenir… Nous passons devant un rond-point où deux équipes, la première de policiers, la seconde de gendarmes, procèdent à des contrôles de véhicules.

Nous prenons la directions de Bordj el Haouès (120 km), seulement la direction. Il faudrait faire Tadrart el Hamra me dit Badis, c’est le joyau des joyaux, c’est à 300 km d’ici. Nous traversons l’erg Agmer. Nous sommes sur la nationale 3, direction Illizi. Brusquement, après une bonne heure de route, nous la quittons pour nous enfoncer vers le sud. On fait une halte à Tipobawin (« les épées ») de belles peintures et des monts grandioses. Ils forment comme un grand canyon qui n’a rien à envier à ceux des USA. L’arche du même nom est imposante. Il y avait ici une guelta, un étang. Il n’y en a plus. Aux côtés des gravures de Tilalin’ il y a un grand cercle qu’on appelle « kounouz » On a parlé de trésors, mais Badis n’y croit pas. Je pense à Tamanrasset, à ce grand cercle en allant en direction du mont Tahat. Je me souviens que le guide m’avait dit qu’il s’agissait des restes d’un cimetière datant de plusieurs milliers d’années. C’était un grand cercle plus grand que celui-ci, fait de pierres avec un diamètre d’une dizaine de mètres. La préoccupation de Badis c’est conduire, et bien conduire. Il s’échine à maintenir le volant dans la bonne direction et à secouer les deux leviers de vitesse du 4X4. Je le devine mécano, électricien, cuisinier, conducteur prêt à tout pour quelques billets de misère. Il m'a appris que sur des billets de "cent mille" étaient figurés des animaux rupestres du coin. Comme hier, il n’y a dans la brousse ni réseau ni téléphone. Vers 13 heures on s’arrête à l’ombre d’un immense bloc, tout près d’un acacia fatigué. L’heure du thé. Il est plus important que le repas, froid aujourd’hui. Pas le temps. Il est vrai qu’on roule beaucoup. Un chamelier fait paître ses animaux. Badis le connaît. Regarde là-bas, des gens allongés. Je n’ai rien vu, mais on y va. Il a reconnu des membres de l’établissement, « l’agence ». Trois gars chéchés (chèche = chéché) discutent sans que je n’y saisisse mot hormis le « chalam alikum ». Je comprends que les personnes allongées derrière moi sont des Français. Bonjour, bonjour… Ils me prennent pour le responsable de l’agence et commencent leurs récriminations sympathiques « on n’a plus d’eau », « il manque ceci et cela à l’une des tentes ». On a tous rigolé lorsqu’ils se sont rendu compte que je n’étais qu’un Marseillais de passage ! Eux (ils sont une petite dizaine hommes et femmes de 40/50 ans) sont de Montpellier… Ils marchent pendant plusieurs jours, accompagnés de 4X4 avec rendez-vous tous les je ne sais combien de kilomètres pour l’installation du bivouac. Eux ont de la chance car ils se rendent sur Tadrart. 

Badis et moi reprenons notre route. Voilà ta plante ! On s’arrête pour se servir (est-ce interdit ? rien ne l’indique). C’est de l’armoise, echih, me dit le chauffeur, mais il me semble qu’à Tamanrasset (j’en avais cueilli quelques branches en 2014) le guide m’avait alors donné un autre nom. Badis m’a proposé « Tihradjalite » qui ne résonne pas en ma mémoire. Mais c’est vrai qu’elle fiche le camp un peu.

Sortis de derrières d’immenses rochers, une dizaine de 4X4 passent et tous les chauffeurs nous saluent. Nous leur répondons évidemment. Leurs clients n’ont pas le temps de lever le bras, nous étions passés.

Nous nous arrêtons dans un endroit appelé Imourouden. Badis baisse la voix. Regarde devant toi. C’est la tombe d’un enfant. Il est toujours vivant, mais on ne le voit jamais, sinon les traces de ses pas. Il n’apparaît pour ses besoins que lorsqu’il n’y a plus personne. Seules ses traces physiques demeurent. Waou ai-je pensé (oui pensé). Et j’ai hoché la tête. Et regarde cet enfoncement dans la roche. C’est dedans qu’est morte sa maman après l’avoir enfanté. Vas-y si tu veux me dit le chauffeur. Lui est resté au volant du véhicule. Écoutez, croyez-moi ou non, mais lorsque je me suis approché au-dessus de ce qui est une tombe, il y avait sur le sable des traces fraiches de pas d’un enfant (quatre côte à côte) et celles d’un oiseau… je me suis aussi rendu dans la grotte mitoyenne. Je n’y suis pas resté plus de quatre minutes. Je ne crois pas un mot de ce que m’a dit Badis, mais quand même… je presse le pas. Le mien. Puis il y a cette incroyable créature de roc : un éléphant et sa trompe. Majestueuse nature. À l’approche de Djanet, nous avons été arrêtés par la gendarmerie. Devant nous un gros véhicule de tourisme (type camping-car) immatriculé dans le Morbihan « 56 » est à l’arrêt… « les papiers du véhicule ». Badis tend deux feuilles 21X27, un « ordre de mission » de la mairie (étrange) : « monsieur X de la société Y est autorisé à circuler jusqu’à la ‘‘faim’’ de sa mission… » (je vous promets). Il ne donne rien d’autre. Passez ! On passe. Le 56 reste. À 16h45, nous arrivons devant Tigherghat et sa fameuse « Vache qui pleure », à quelques mètres d’une belle girafe « zekhrafa ». C’est époustouflant. Ici s’achève notre journée, à 17h 34, avec un splendide coucher du soleil. Un dernier barrage. L’agent demande les mêmes papiers. Le même « ordre » lui est tendu. « D’où vient le touriste ? » Puis « allez va, zide » en retournant les feuilles claviotées et en faisant une tronche de boudin pas possible. Allécher les touristes avec ça ?

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Il est 19h20. Je viens d’écouter France-Inter et ses mises en scènes larmoyeuses d’un député (Meir Habib un israélien français, sioniste avéré proche de l’extrême droite israélienne, tous à vomir) qui pleure sur un montage photo de l’armée israélienne, une mise en scène aussi dégoutante que C News. Et pas un traitre mot de cette radio sur – entre toutes les catastrophes – ces « 32 patients et enfants tombés en martyrs à l’hôpital Al-Shifa en raison du manque de fournitures médicales» hier à Gaza. Vomir vraiment France Inter.

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(23h20, j'ai corrigé quelques passages... précipitation encore...)

 

Mercredi 15 novembre

La semaine roule et se rétrécie au gré des élucubrations, des sorties, des humeurs. À la table du petit dèj un Africain du Sud semble paumé. Il en a vu des pays africains, européens…Nous discutons d’un peu de tout en poussant pain beurré, café, lait… Il ne comprend pas le tableau (fictif) des tarifs appliqués, chambres et sorties. Je lui donne mon avis. À notre droite un groupe d’enfants (jeunes adultes) gâtés (Algérois ?) braillent (braille, je sais, mais je suis fatigué à cette heure-ci pour modifier ma formulation et mon sujet) comme s’ils étaient chez eux, seuls, sans vergogne. À la sortie le réceptionniste n’est pas content. « Pourquoi tu as dit que…ceci cela. » « J’ai dit ce que je pensais et il n’y a rien de mal à dire ma pensée. » Il est rouge de colère, s’emporte contre le malheureux Africain du Sud qui n’a que ces mots poussés calmement « Don’t shout at me, don’t shout at me ! » Et l’autre de continuer comme si de rien n’était. J’avais honte pour nous tous. Faire du tourisme avec ça ? Vous êtes sérieux ?

On fait quelques achats pour la journée et on prend la route nord. On bifurque sur la droite de la nationale 3, plus loin qu’hier. Direction Essendila. À propos, si vous êtes comme ce gars, sympathique, qui s’étrangle (dans son message écrit) pour moi « pourquoi tu racontes ? », je vous répondrais que c’est là un plaisir sain de partager des mots des images… voilà une manière de raconter des histoires à qui veut entendre (ou lire en l’occurrence), c’est gratuit et personne n’est obligé. C’est peut-être une déformation de l’amant des lettres (L) que j’aime bien être et que je ne suis probablement pas tout à fait. J’ai toujours pensé et dit qu’aligner des mots pour eux-mêmes sans substrat, entendre ici « support », sans architecture n’avait pas de sens me concernant. Bref. Où sont mes moutons ? Direction Essendila. La route goudronnée est droite comme un fil à plomb retourné. Idéal pour le conducteur, Badis, qui s’autorise à prendre un stoppeur local sur une vingtaine de kilomètres. Un gars qui ne perd pas de temps. Finalement non, ce n’est pas un local. Un gars de l’est. Il ne perd pas de temps donc. Ça commence par « ah khiar ennès les oranais etc » et il se lâche disais-je. Sur tout, absolument tout. Il doit avoir le cœur qui déborde depuis longtemps. Je ne vais pas raconter ce que nous avons entendu. Les endroits ici ont des oreilles aussi grandes que celles de l’oncle Sam, et comme je ne nous veux pas de mal, alors dévions s’il te plaît. C’est Badis qui, poliment, le met sur les anodines rails. Et puis, ce type c’est qui ? Il descend à hauteur d’une borne blanche et rouge « 3- 2053 » au sommet arrondi, (le 3 sur fond blanc, et 2053 sur rouge). Je peux juste dire que les parages ont eu chaud en 2010… Je me suis interrogé quant au nombre de baraquements kakis, avant de me raviser. C’est que nous sommes à deux pas du chaudron libyen. Pas si chaudron que ça mais tout de même. Un peu plus loin une signalisation « Bordj el Haoues 110 » On est passé devant oued Essassou. Des chauffeurs de véhicules que nous croisons lèvent le pouce à travers la vitre. Badis m’explique « ça veut dire la route est libre ». Pas de barrage sécuritaire quoi, autrement le pouce aurait été dirigé vers le bas, comme lorsque dans la cité des jeux de Rome le public décidait de la mort d’un gladiateur… Et voilà que je plonge dans Le Studio des Jeunes, L’Eldorado, Le Century… nos mythiques cinémas d’ados d’Oran !

Peu après un groupement de maisonnettes avec Café et restauration (sur la gauche), on traverse sur la droite Oued El. L’oued se nomme « El » comme l’article arabe (ou espagnol). Complètement à sec. Sur des kilomètres ce n’est que sable. Nous sommes, à hauteur de la montagne Ikren (« kebch »), entrés dans Tounin’ qui dépend d’Issendilen.

Repas en compagnie d’un gardien, « guide » du Parc national culturel du Tassili n’Ajjer (un parc qui couvre une superficie de près de 140 000 km2, le plus grand du pays). Il habite là en face dans une maison en taules, branchages… C’est avec lui que je vais marcher durant plus d’une heure et demi aller et retour. Longer l’oued complètement à sec, partiellement ombragé, croiser des dizaines de marcheurs essentiellement italiens, français, atteindre la guelta (retenue naturelle d’eau dans laquelle certains plongent), se reposer, admirer les falaises magnifiques et revenir retrouver Badis qui ne s’impatientait pas. Mais 16 heures sonnent comme le moment du retour à Ifri alors que bientôt, de nouveau, un magnifique coucher de soleil, brillera de ses mille feux. Cliché ? oui bien sûr. Mais c’est ainsi que l’astre se couche, en éjectant des millions de splendeurs dorées. Retournons les clichés. « Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées./ Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit; / Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées… » Le reste je ne m’en souviens plus, mais c’est de Tirigou et ça je m’en souviens. Nous disions Tirigou à nos 15 ans.

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À LA PROCHAINE !

 

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