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vendredi, août 07, 2026

1011_ Le marronnier algérien... montre-moi ta langue, laquelle, celle-ci? Non, l'autre...

 



Encore cette diversion qui revient périodiquement comme un marronnier au printemps. Nous l’attendions donc. « La langue française ». Haro sur les francophones et ‘‘leur’’ langue.

Ce qui sépare les Belles lettres dites en langue française et les insignifiances qui débordent des réseaux sociaux et des médias (y compris francophones !) c’est ce gouffre fangeux dans lequel baignent des démagogues, des opportunistes et des revanchards de tous poils, dont nombre pourtant emploient cette même langue française au quotidien, comme ils peuvent. C’est dans ce fossé que s’abreuvent nombre de praticiens du mensonge et de l’hypocrisie. 

D’aucuns écrivent dans la langue française et l’insultent. Ils lisent dans la « langue du colon » et la maltraitent comme la pire des ennemis. Ils sont, selon les uns et les autres, pétris de démagogie, d’ignorance ou d’intolérance ou des trois confondues.

À travers le dénigrement de la langue française, ils tentent de neutraliser les francophones sur la base de clichés et de présupposés idéologiques détestables bien ancrés. Avec la complicité et la lâcheté de certains autres, inattendus.

Ils dénoncent des hommes et des femmes pour le simple fait qu'ils sont des francophones (franco/phone), non pour des actes concrets répréhensibles (« soutien à « LA » France » !), mais pour leur idéologie supposée, totale. Ils condamnent cette langue française, car elle fut, et elle l’est encore six décennies plus tard « la langue du colonisateur ». Ces mêmes encensent la langue anglaise, qui est pourtant la langue-mère de pays parmi les plus dévastateurs empires coloniaux : la GB et les USA ce « Grand Satan », jusqu’au 21° siècle. Il est vrai qu’ils ont colonisé et fait évaporer des hommes et des femmes par millions, mais pas les nôtres, rétorquent-ils. Je ne ferai jamais d’amalgames. La langue anglaise est magnifique. Je l’utilise souvent à l’étranger, même si je ne la maîtrise pas assez, hélas.

Ils haïssent Kateb Yacine. Mais quel meilleur ambassadeur que Kateb Yacine dans Nedjma qui figure l’Algérie ? quel ambassadeur a décrit ou décrirait mieux que lui ou dans une identique splendeur de son écriture (en français donc) - majestueux butin -, dans ses fantaisies littéraires ornées aux sources d’Oxford Mississippi, l’attachement viscéral des Algériens colonisés, à leur terre et à tous les chemins qui serpentent en son sein ? Qui ?

Ces adversaires de la langue française se trompent. S’ils peuvent réussir à nous exiler de notre terre, ils ne réussiront pas à nous exiler de notre langue ou de notre écriture (lire Assia Djebar, « discours de réception » à l’Académie française.)

Leur incapacité à désigner les problèmes concrets qui maintiennent la Culture, la Connaissance etc. dans l’inconsistance dans laquelle elles se trouvent oriente leurs frustrations en direction de la langue française (et des femmes encore et toujours jusqu’à la fin de leur temps!)

Les chiens de ces gens ont la rage, ils accusent la langue française, le raciste français les incrimine sur C-News, ils en rendent responsable la langue française. 

Les gendarmes les arrêtent pour non-respect du Code de la route et transport de marchandise prohibée, ils accusent leurs véhicules. Où allons-nous ? Où vont-ils ?

Ils s’en prennent à des hommes et des femmes qui écrivent et lisent dans la langue aimée, portée au firmament de la beauté par Assia Djebar, par Mouloud Feraoun, par Kateb Yacine. 

 

L’auteur de « La Grande maison », Mohammed Dib, écrivait ceci : « La traversée d’une langue est une recherche de soi. Je suis toujours en marche vers cet horizon... » Une recherche de soi. Pas une guerre contre les siens. Quelle que soit la langue.  On peut dire la vie, dire l’altérité, la beauté du monde et de la sphère céleste dans toutes les langues de notre humanité. Y compris la Française, évidemment. 

Que répondraient-ils à des Anglais, à des Français qui diraient en suivant leur raisonnement par équivalence (ou symétrie) qu’ils détestent la langue arabe par ce qu’elle est parlée par des fanatiques religieux qui ne veulent pas s’extraire du 2° siècle de l’Hégire,  il en existe un certain nombre, un sacré nombre, qui ont depuis longtemps à la fois effacé Ibn Rochd, Ibn Khaldoun et El Khansa, Taha Hussein, El Wallada, Hafsa... et subjugués par Air France, Le métro de Paris, « les affaires » à Barbès Rochechouart, ou l’Institut du Monde Arabe, une petite maison quelle que soit la ville en France, sans avoir froid aux yeux. Que leur répondraient-ils ? Je me le demande. Je dirais personnellement à ces individus, ces Anglais ou ces Français-là qu’ils sont probablement égarés. 

Last but not least : L’appel du 1° novembre 1954 « au peuple algérien » a été pensé, écrit et réalisé (octobre 1954) en français sur la ronéo de la famille Idir ou Zamoum, je ne sais plus, à Ighil Imoula.Et ce marronnier se poursuit. Voilà maintenant qu’on s’interroge sur la pertinence de la philosophie en Algérie ! C’est la mémoire d’Ibn Thufaïl qu’on assassine, c’est inouï !

Oseront-ils bannir Assia Djebar, Mohammed Dib, Mouloud Feraoun, Kateb Yacine et d’autres francophones dont nous sommes ?

Ahmed Hanifi

Marseille, le vendredi 7 août 2026

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Histoire des lettres de l'alphabet

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VOYEZ COMME C'EST BEAU , LE CID EN FRANÇAIS DANS LE TEXTE ET LA VIDÉO ! cétipaboça??

bravo, et que les enragés s'enragent.



In Le Quotidien d'Oran, dimanche 9 août 2026


Ajouté le dimanche 9 août 2026


Lisez bien cet article extrait d’un journal francophone. Le gars se tire une balle dans le pied dans la joie et la bonne humeur. Je ne le rejette pas dans sa globalité car il est sensé et j'adhère à certains passages. Mais lorsque le journaliste parle sociologie et exige d’exhiber sa carte d’identité lorsqu’on ‘parle le francophone’ « il faut se demander qui on représente », il n'est pas crédible. Il n’est pas intellectuellement honnête d’écrire que « les cercles » de francophones pensent que « leur propre vision du monde correspond à celle de tout le pays... »  « qu’ils (croient) que leur point de vue est celui de la nation entière ». Le journaliste omet de dire que la sociologie c’est le point de vue des points de vue, sans les tordre. Où est le mien/le nôtre ? Il sait que ce qu’il écrit ici est en partie inexact, voire tendancieux. Comme il sait que les avis contraires ne peuvent s’exprimer dans 'son' journal, car il n’est pas suffisamment libre. « L’Algérie, ce n’est pas seulement les réseaux sociaux, les plateaux télé, les journaux ou les discussions universitaires » Non effectivement, mais inversement, l’Algérie c’est AUSSI les réseaux sociaux, les minorités, les étouffés...)

« Parler français ne signifie pas dire qu’il y a une adhésion culturelle ou affective au modèle français. Être francophone ne signifie pas forcément être francophile. » Être francophile n’est ni haram, ni un gros mot) » Être francophone n’est pas comme le dit ce journaliste faire de la « défense du français une priorité nationale. » 

Autrement, et tant qu’on y est, pourquoi tergiverser, perdre son temps ? Pourquoi ne pas interdire dans l’immédiat la presse francophone ? tous les documents administratifs en français, les associations, les réseaux en français.... (que le génie des jeunes algériens a réussi en quelque sorte à « algérianiser »). Un trait et c’est réglé. Et interdisons l’Institut français.

Si je défend la langue française, je ne « la présente pas comme la seule bénéfique pour le pays », je dirais une imbécillité comme le contraire l'est aussi. Par contre me soupçonner de « nostalgique » est pitoyable, pas plus. Rappeler haut et fort que notre réalité historique est imbibée d’une histoire donnée qu’on le veuille ou non dont la langue française fait partie, est une vérité tangible. Elle y a longtemps été ancrée, encore aujourd’hui malgré ces offensives répétées (comme le marronnier des journalistes) partout. Toute politique linguistique devrait en tenir compte, sans démagogie. Sans craindre de plaire ou déplaire à tels ou tels segments de la société fussent-ils majoritaires. Car justement, la minorité (si tel est le cas) a droit à l’estrade de visibilité.

Et puis cette « tendance mondiale claire » qui met en avant la langue anglaise est justement claire. Elle n’a pas supprimé le canadien, ni le français, ni le flamand, ni, ni. Elle s’est construire à leurs côtés sans les écraser, sans les nier, sans perspective d'éradication.

Offrons « aux générations futures les meilleures chances d’accéder au savoir, en plus des langues nationales à préserver ». Pourquoi pas maintenir et développer le français à côté du chinois (qui sera probablement la plus importante demain, avant l’anglais) si on veut se projeter loin ?

Beaucoup de journalistes écrivent dans le sens du vent, en plus de se tirer une balle dans le pied. La langue française est un alibi à bas coûts.C


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En lien indirect, ce jour samedi 8 août in LE QUOTIDIEN D'ORAN






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