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vendredi, janvier 30, 2026

985_ BOUALEM SANSAL, IMMORTEL DÉSORMAIS

 

SANSAL DÉSORMAIS ''IMMORTEL'' 




J’ai publié beaucoup de critiques sur les romans et essais de Boualem Sansal. Depuis quelques temps, il m’a coupé l’envie de poursuivre. D’écrire sur ses écrits extrêmement pénibles parfois. Pourtant je continue de considérer qu’il est un des meilleurs. Il met hélas son excellence (et sa célébrité) entre certaines mains sales, occidentalocentrées (alors même que cet Occident-là est sur le point d'être emporté), qui haïssent l’humanité comme une, ou commune. Des mains sales, racistes dont celles (Les Patriotes européens) qui ont tenté de l’inscrire au Prix Sakharov. La réaction quasi épidermique de Gallimard a sauvé les meubles, pas tous, (sans avertir l’intéressé).

La vidéo que je joins le montre au Salon du livre de Paris, il y a 20 ans. Je venais de m’entretenir avec lui sur son dernier roman, Harraga. Il m’avait alors dit qu’il préparait un « livre bombe » sur un nazi qui était installé dans un village en Algérie, que les hommes alentours désignaient comme « le village de l’Allemand »... On connait la suite comme on connait les dérives de l’auteur. 

J’espère qu’il reviendra un jour dans le giron des faibles, de la justice, du droit. Que ce soit en France ou ailleurs, en Palestine par exemple (avec un keffieh sur la tête). L’Histoire retiendra qu’il s’est tu sur le génocide du peuple palestinien à Gaza. Le 16 octobre 2023, il s’interrogeait dans Marianne (il avait du nez - au sens français) : « Les Israéliens ont-ils, comme les Arabes, été pris dans la soumission fatale à l’ordre religieux ? Là pour le coup, on va tout droit vers la vraie guerre de religions. Nous ne voulons pas cela pour nos frères gazaouis et israéliens. Ces guerres ne laissent pas de survivants derrière elles pour reconstruire le monde ». Non cette guerre n’a pas laissé de survivants palestiniens derrière elle. Maintenant qu’il est immortel, et deux ans et 70.000 morts plus tard chantés par les messianiques et le gouvernement israéliens, Sansal posera-t-il d’autres questions pleines de compassion et de colère, dénoncera-t-il (enfin) le génocide du siècle ? Je crains que non.

Les livres, la renommée ça va ça vient, pas la dignité. Pas la vérité.


 
Salon du livre de Paris, 2006

 
Avril 2000, Salon du livre de Paris




 

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