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vendredi, décembre 06, 2013

419- MADIBA le grand nous a quittés.



NELSON MANDELA
APPARTIENT DESORMAIS A L'HISTOIRE
 
Myriam MAKEBA - _Malaika_ - Original 1974 single with Swahil 
Merci Adamfulgence
Hier jeudi, à midi, j’ai fermé les yeux pour mieux voir l’homme qui a rendu leur dignité à des millions d’hommes. L’homme qui a rendu l’homme fier d’être un homme. J’ai fermé les yeux comme pour prier. Non pour qu’il se rétablisse car je ne le crois pas, il est frappé par la maladie à un âge très avancé où elle ne pardonne guère.  J'ai fermé les yeux pour qu’il parte en paix, dans la sérénité si cela est possible en telle situation, dans la sérénité et l’apaisement. Cet homme a apporté à l’humanité qui nous constitue une force désormais palpable, une force qu’il incarne par son combat, ses mots, son physique, son être total.

Johnny Clegg (With Nelson Mandela) - Asimbonanga - 1999
Merci tenshu50

Un jour de cette année, j’avais fait de Nelson Mandela un thème de cours. Nous avions évoqué  son combat, sa vie durant toute la durée du cours. Nous avions évoqué les guerres coloniales et les discriminations raciales, fléaux de notre monde, hier comme aujourd’hui. 
 
Nina Simone _ Miriam Makeba_ Thulasizwe _ I Shall Be Release
Merci AfriHoud Woolf


Ce matin sur France culture on parle de Madiba au passé. J’aurais préféré que cela fût par maladresse évidemment. Mais non, Mandela est bien parti, mais son souffle demeurera pour des millions d'êtres humains, définitif. Il stimulera l’esprit de ces hommes épris de liberté et de justice.

Je vois Mandela danser sur Asimbonanga aux côtés de Johnny Clegg le Zoulou,  j’entends l'espoir de Myriam Makéba et la souffrance et la force de William Ernest Henley.  

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Invictus est un poème de l'écrivain William Ernest Henley très populaire. C'était le poème préféré de Nelson Mandéla.




Invincible
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,
Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,
En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,
Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme
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Invictus - Poem That Inspired A Nation. Merci suvendusekharsabat

Invictus
Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.
In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbow'd.
Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.
It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate :
I am the captain of my soul.

1931- William Ernest Henley (1849 - 1903)
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William Ernest Henley (né le 23 août 1849 à Gloucester et mort le 11 juillet 1903 à Woking) est un poète, critique littéraire et éditeur britannique.

Il a reçu une éducation non religieuse à la Grammar school Crypt (en). Atteint d'une tuberculose osseuse à l'âge de 12 ans, il dut subir une amputation de son pied gauche à mi-jambe. L'écrivain Robert Louis Stevenson, dont il était l'ami, s'inspira de son handicap pour décrire le personnage de Long John Silver, le fameux pirate de son roman d'aventures L’Île au trésor. Henley et Stevenson collaborèrent d'ailleurs à l'écriture de plusieurs pièces de théâtre : Robert Macaire, Admiral Guinea, Beau Austin, Deacon Brodie

En 1875, il écrit de son lit d'hôpital le fameux poème Invictus dont le titre latin signifie « invincible ». Il disait lui-même qu'il avait écrit ce poème comme une démonstration de sa résistance à la douleur qui suivit son amputation du pied. Ce poème fut l'objet de nombreuses citations.

Il a été très critiqué par l'Eglise pour ce poème, notamment pour les deux derniers vers, les plus fréquemment cités :   « Je suis le maître de mon destin
     Le capitaine de mon âme. » (Wikipédia)
 
Tracy Chapman - Talkin _bout a Revolution, 
Live 1988 Wembley Stadium in London- Merci Neulevel

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AFP-Soweto_ début de la cérémonie d_hommage à Mandela
Cérémonie du 10 12 2013

 
Nelson Mandela meets Yasser Arafat in Gaza

 
 L'histoire de Nelson Mandela - FranceReplay TV 2013

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La brève rencontre avec Mandela que je n'ai pu raconter



 En 1990, l'Algérie et l'Afrique du sud sont encore en quasi état de guerre symbolique. Mais la libération de Nelson Mandela, le 11 février, permet les premières visites de journalistes algériens. Histoire inédite d'un moment hors normes dans la vie d'un professionnel.
 Je suis à Johannesburg depuis 11 jours. Et rien. Ou presque. Nous sommes le 15 avril 1990 et je suis le second journaliste algérien à séjourner en reportage en Afrique du Sud depuis la libération, deux mois et quatre jours plus tôt, de Nelson Mandela. Mon ami Meziane Ourad, Grand reporter à Algérie Actualités, m'a précédé quelques semaines plus tôt sur la piste de Madiba. Il était le premier pour l'Afrique du sud qui n'a pas encore abolit l'Apartheid, et reste soumise à embargo par l'Algérie et une grande partie de la communauté internationale. Il me reste à être le premier pour l'entretien. A Alger, je n'ai rien promis à ma rédaction de Horizons. Et personne ne m'a rien exigé. Je suis d'abord là pour raconter le pays nouveau qui se lève. La demi-poignée de médias qui a obtenu une interview exclusive de Nelson Mandela est planétaire. Il ne faut pas rêver ! Je rêve pourtant. Dès le premier jour, je me précipite au siège de l'ANC, dans le rutilant centre-ville de "Jobo", pour déposer ma requête. "Il faut que Nelson Mandela dise quelque chose aux algériens. Ils l'aiment tant. Et puis l'ALN l'a formé à la guérilla. Nous sommes des frères".  "On verra" me répond un responsable de la communication perturbé par l'indigence de mon anglais, "ce sera très difficile, mais je vous promets que j'essayerai. Trouvez un traducteur en attendant ! "
Je tourne autour d’Old Man
Durant 11 jours je tourne autour de "Old Man". Sans jamais l'apercevoir. Il est hors champ. Et je suis dans les taxis.  Un jour, un sujet, un envoi. Je visite l'immense ghetto noir de Soweto, prends des photos devant l'ancienne maison de Mandela, où Winnie, son épouse, ne vit plus, couvre une meurtrière fusillade policière dans un township près de Jobo, interviewe un leader syndical métis de gauche, dresse le portrait de commerçants blancs, raconte la place boursière, les premiers meetings de l'ANC redevenue légale depuis 70 jours : mais point de Mandela. Lorsque je parle de l'Algérie, on me demande des nouvelles d’Ahmed Ben Bella. Les mythes fondateurs sont les plus solides. Celui que je pourchasse est insaisissable. Mon contact au siège de l'ANC me propose un autre dirigeant. Je décline. A mon hôtel, sur la butte de Hillsborrow, je traque tous les matins au petit déjeuner, Mandela dans les journaux. Il a fait un aller-retour en Zambie. Naturel, la première base arrière de l'ANC était dans ce pays voisin. Mais rien sur ces prochaines sorties. Je suis un peu moins perdu en anglais qu'au premier jour. Mais le dernier jour arrive. Je vais repartir demain le 16 avril et je n'aurais pas recueilli le moindre mot de la personnalité politique la plus courue de la planète. Un message en rentrant le soir à mon hôtel me met en mode "commando". C'est Christian Chase, du bureau de l'AFP à Johannesburg, qui me prévient que Mandela va prendre un avion pour Londres le soir et qu'il devrait y avoir un point de presse à l'aéroport Smut de Jobo. Il m'avait hébergé pour écrire et envoyer mes articles, il m'offre un cadeau de départ. Je ne sais pas si j'arriverai à temps. Mais je suis dans un taxi dans la minute qui suit. 
Il est là à moins de deux mètres
Dans le hall de l'aéroport je tombe sur Walter Sisulu. A ce moment de l'histoire de l'Afrique du sud c'est le second personnage le plus emblématique de la cause anti-apartheid. Une autre icône. Bon signe. Il parait détendu, heureux d'apprendre que je suis algérien. Je tiens un premier "sonore". Voilà qu'un mouvement de foule s'amorce. Mandela est annoncé dans une aile voisine. Un leurre. Des journalistes me retiennent. Il ne va pas passer par là " reste avec nous". Cinq minutes plus tard, nous sommes parqués dans un petit hall où déboule la petite délégation de l'ANC, et, au milieu, la silhouette messianique de "old man". Il s'arrête, sourit, commente d'une boutade, notre attroupement improvisé, et devient immédiatement grave à la première question qui fuse. Je suis devant Nelson Mandela, à moins de deux mètres. Et je m'entends rester sans voix durant les 5 ou 6 minutes où dure l'échange avec la dizaine de journalistes qui m'entourent. C'est la première fois qu'il part en Occident. A Londres, pour un concert à Wembley célébration de sa récente libération. Je vois encore le beau visage d'ascète de Mandela s'assombrir lorsqu'il doit rappeler à la communauté mondiale qu'elle ne doit pas lâcher la pression de l'embargo économique sur Pretoria. Quelques jours auparavant Margaret Thatcher, dont il va refuser l'invitation au 10 Downing Street, a suggéré la levée des sanctions, maintenant que Mandela était libre et l'ANC reconnue.
Next trip ? Algiers ?
Est-ce que je peux dire en rentrant à Alger que j'ai interviewé Nelson Mandela deux mois après son retour à la lumière sans lui poser la moindre question ? Non. Je m'entends alors, tandis qu'un accompagnateur indique poliment que l'avion attend, lancer haut et fort, " Newsman from Algeria. next trip Mrs Mandela ? Algiers ?" Madiba est déjà parti, poussé vers le sas du contrôle de police. Il ne m'a pas répondu. Il m'a regardé et sourit. Et je pense qu'il m'a dit oui en hochant de la tête. Moins d'un mois plus tard il était à Alger. Peu de capitales ont connu ce privilège, à ce moment à la fois chancelant et enthousiasmant de l'histoire de la nation sud-africaine. Sur le chemin du retour, lors d'un diner à mon escale parisienne, j'essaye de raconter l'histoire brulante de ma brève rencontre avec Nelson Mandela. A la table, une amie me vole la vedette en racontant avec force détail sa découverte du Mont St Michel, le week end d'avant. Je me tais. Aujourd'hui je l'écris. Adieu Old Man. Je t'aimais tant.

           El Kadi Ihsane vendredi 6 décembre 2013 18:02

MAGHREB EMERGENT
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Adieu Mandela : L'Algérie perd plus qu'un ami




Nelson Mandela s'est éteint hier soir à l'âge de 95 ans. Si son combat contre le régime d’Apartheid en Afrique du Sud est connu de tous, peu de personnes sont au fait de la relation que Mandela entretenait avec l’Algérie. Avec l’aide de Nourredine Djoudi, ancien Ambassadeur algérien en Afrique du Sud et du musée national de l’Armée, El Watan Week-End revient en images sur cette relation de l’ombre.

Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, est mort à l’âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, a   annoncé hier soir le président sud-africain Jacob Zuma en direct à la télévision publique. «Notre cher Madiba aura des   funérailles d’Etat», a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne à partir de vendredi et jusqu’aux obsèques. Premier Président noir d’Afrique du Sud entre 1994 et 1998, Prix Nobel de la paix en 1993 pour sa lutte acharnée contre le régime d’Apartheid ; les faits d’armes de Nelson Mandela sont loin d’être un secret. Sa résilience pendant sa détention aux prisons de Robben Island puis de Pollsmoor, longue de 27 ans, en a fait un modèle de détermination et d’abnégation.

 

Pourtant, c’est en Algérie que «Madiba» (ndlr : surnom qu’il tient de sa tribu d’origine) reçoit sa première formation militaire en 1961 aux côtés de l’ALN, il est dirigé par le général Mohammed Lamari. La collaboration entre Mandela et Lamari devient une collaboration entre l’ANC et l’Algérie nouvellement indépendante. En effet, le premier Président algérien, Ahmed Ben Bella va offrir son aide logistique et financière à la lutte sud-africaine. Raison qui amène de nombreux soldats sud-africains à se former auprès de l’armée algérienne. «Mandela était convaincu que seule l'Algérie avait démontré sa capacité à mener avec succès une guerre de libération en Afrique contre une armée coloniale puissante, membre de l'OTAN et alliée objectif du régime d'apartheid.

A bien des égards, disait-il, les conditions de domination coloniale et de l'apartheid étaient identiques», affirme Nourredine Djoudi, qui a été interprète de Nelson Mandela en Algérie lors de sa venue en 1960, avant d’être nommé Ambassadeur algérien en Afrique du Sud.

Engagement

Par ailleurs, la 29e assemblée générale de l’ONU de 1974 présidée par l’Algérie et son représentant Abdelaziz Bouteflika a proposé et obtenu l’exclusion de l’Afrique du Sud de cette même assemblée, et ce jusqu’en 1991, date qui met fin à l’Apartheid. L’Algérie s’est en effet pleinement engagée en faveur du combat mené par Nelson Mandela. Ce dernier a ainsi tenu à effectuer sa première visite officielle après sa libération à Alger, en Mai 1990. Visite pleine d’émotions dont se souvient Nourredine Djoudi : «Lors de sa première visite, après sa libération et avant son élection, sa première demande en arrivant à l'aéroport Houari Boumediene a été formulée ainsi: "Où sont les officiers qui m'ont formé ?" Il entendait par là Chérif Belkacem, et moi-même.» Un signe de reconnaissance qui est davantage marquée par la phrase qu’a prononcé Nelson Mandela «lors du meeting de la salle du Comité Olympique» pour reprendre les termes de N. Djoudi. «Madiba» a affirmé «c’est l’Algérie qui a fait de moi un homme», un homme qui aura marqué l’Histoire de son empreinte, probablement à jamais, par sa détermination, son amour pour sa nation et ses valeurs, qui, aujourd’hui encore, continuent de structurer la société sud-africaine.


Amrane Mahfoud Medjani
El Watan vendredi 06 décembre
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Mandela, ce sourire qui venait du plus profond de l'âme

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  L'auteur de ce témoignage, Bryan Pearson, un Sud-Africain, a été correspondant de l'AFP en Afrique du Sud de 1990 à 1999. Il a, à ce titre, suivi le parcours de Nelson Mandela depuis sa sortie de prison jusqu'à son départ du pouvoir.
Mais qu'est-ce qui rendait Mandela si spécial?
A part, bien sûr, le fait d'avoir croupi vingt-sept ans dans les geôles de l'apartheid et d'en avoir émergé sans la moindre rancune.
A part son insistance pour que la "réconciliation" soit au centre d'une commission de vérité constituée pour soigner les plaies infligées à l'Afrique du Sud par des décennies de haine raciale.
A part son apparition sur le terrain de la finale de la Coupe du monde de rugby en 1995, un maillot des Springboks sur les épaules, courageux appel au pays pour qu'il s'unisse derrière une équipe sud-africaine composée en grande majorité de Blancs.
Et à part son départ de la présidence de l'Afrique du Sud au terme de son premier mandat, contrairement à tant de dirigeants dans le monde qui, une fois qu'ils ont goûté au pouvoir, s'accrochent à lui jusqu'à ce qu'il les détruise ou jusqu'à ce qu'ils détruisent les pays qu'ils gouvernent.




Voilà les qualités les plus connues du héros de la lutte contre l'apartheid. Mais pour les journalistes qui ont eu la chance de suivre son remarquable parcours, depuis sa sortie de prison en 1990, pendant les années de transition jusqu'aux premières élections présidentielles multiraciales de 1994 et jusqu'à ce jour de 1999 où --trop tôt pour certains-– il tira sa révérence, Nelson Mandela était plus que cela. Beaucoup plus que cela.

Il n'était pas un politicien comme les autres. Couvrir "l'histoire Mandela" vous marquait pour la vie. Il nous incitait tous à devenir de meilleurs êtres humains ou, plus exactement, à reconnaître les vertus de la réconciliation à une époque où les Sud-Africains, blancs ou noirs, subissaient encore les stigmates de l'apartheid.
J'assiste à un meeting de campagne dans la township d’Alexandra, dans la banlieue de Johannesburg. La tension est extrême. Mandela prend la parole devant une foule imprégnée de sentiments anti-Blancs après un énième massacre de Noirs attribué à la "Troisième force" --des barbouzes blancs qui cherchent à torpiller par la violence le processus de démantèlement de l'apartheid.
Et puis, brusquement, il s'arrête de parler. Il montre du doigt une femme blanche qui se tient debout parmi les participants, un peu en retrait.
"Cette femme, là-bas", dit-il avec un large sourire. "Elle m'a sauvé la vie."
Il l'invite à monter sur scène et l'embrasse chaleureusement. Il raconte qu'en 1988, alors qu'il était incarcéré dans la prison de Pollsmoor, près du Cap, il avait été hospitalisé après avoir attrapé la tuberculose et que c’était cette femme, une infirmière, qui l'avait soigné.
Mandela réussissait à renverser l'humeur de la foule. Les grondements vengeurs se taisent, noyés sous les murmures d'approbation.
Il y a aussi ce jour où Mandela, devenu président de l'Afrique du Sud, accueille une réunion de la Communauté de développement d'Afrique australe. Pratiquement tous les chefs d'Etat et de gouvernement de la région sont là. Depuis le matin, les journalistes attendent une conférence de presse qui n'arrive pas. Une reporter radio, très agitée, doit s'éclipser en milieu d'après-midi pour récupérer son fils à l'école, en priant pour que la conférence de presse ne démarre pas pendant son absence. Heureusement pour elle, elle revient juste à temps, accompagnée de son gamin dont la "chemise Madiba" tranche avec les costumes stricts de l'assistance.
En entrant dans la salle avec les autres dirigeants, Mandela remarque l'enfant. Sans hésiter, il se dirige vers lui, lui serre la main et lui dit: "Bien le bonjour. Comme c'est gentil d'avoir pris le temps de venir parmi nous malgré votre emploi du temps chargé!" Le gamin rayonne, sa mère aussi. Les journalistes sont enchantés et les présidents et Premiers ministres ont l'air de bien s'amuser.
Il en allait toujours ainsi. Nous étions émerveillés en voyant Mandela s'adapter sans difficulté à son nouveau rôle d'homme d'Etat d'envergure mondiale. Nous étions émus lorsque, de temps en temps, il laissait entrevoir son côté humain. Pendant son divorce, il avait confié publiquement que la femme qu'il aimait si profondément, Winnie, n'avait pas passé une seule nuit avec lui depuis sa sortie de prison. L'activiste Strini Moodley, incarcéré à Robben Island, raconte que Mandela avait toujours une photo de Winnie avec lui dans sa cellule. Un jour, Moodley demande à emprunter l'image pour réaliser un croquis. "Tu peux l'avoir pendant la journée, mais la nuit elle revient avec moi", lui répond Mandela.
Pendant la campagne électorale, Nelson Mandela n'oubliait jamais de demander aux journalistes s'ils avaient bien dormi et s'ils avaient bien pris leur petit-déjeuner. Il connaissait beaucoup de reporters et de photographes par leur nom. Il s'arrêtait souvent pour bavarder avec eux, en commençant toujours par un: "Comme c'est bon de vous revoir!"
Un des moments les plus emblématiques de ses efforts permanents pour réconcilier les Sud-Africains fut sa visite à Betsie Verwoerd, la veuve de l'architecte de l'apartheid Hendrik Verwoerd, l'homme qui l'avait, de fait, envoyé en prison.
C'est sous Verwoerd, Premier ministre de 1958 jusqu'à son assassinat en 1966, que le Congrès national africain (ANC) et le Parti communiste avaient été mis hors la loi. Contraint à la clandestinité, Mandela avait été arrêté et condamné à la prison à vie, en 1964, pour "actes de sabotage" et "complot en vue de renverser le gouvernement".
Le "Thé avec Betsie" se déroula au domicile de cette dernière, dans une enclave blanche connue sous le nom d'Orania, au nord-est du Cap, en août 1995. Mme Verwoerd, alors âgée de 94 ans, n'a jamais révélé grand-chose sur cette rencontre, se contentant de dire qu'elle était contente que le président lui ait rendu visite. Sa petite-fille, Elizabeth, s'était avérée moins accueillante, affirmant qu'elle aurait préféré que Mandela devienne "le président d'un pays voisin".
Mandela était digne. Il était généreux. Il devait affirmer plus tard qu'il avait été reçu à Orania "comme à Soweto", la gigantesque township noire de Johannesburg dont il est le héros. Toujours prêt à rappeler qu'il s'inscrivait dans la lignée de nombreux dirigeants sud-africains, il avait posé pour les photographes au pied d'une statue de Verwoerd haute d'environ 1,80 m. "Vous avez érigé une bien petite statue pour cet homme", avait-il même dit aux résidents d'Orania en prenant un air déçu.
Quelques mois plus tôt, le 27 avril 1994, les journalistes s'étaient massés dans une école près de Durban où Mandela devait voter lors des premières élections multiraciales à avoir lieu dans le pays. Je me souviens avoir pensé: "Est-ce que tout cela est bien réel? Est-ce que Mandela est bien en train de voter? Est-ce que l'apartheid est vraiment en train de se terminer?"
Oui, c'était bien le cas. Dans un bref discours, Mandela avait salué l'aube d'une "Nouvelle Afrique du Sud où tous les Sud-Africains sont égaux". Puis il avait déposé son bulletin dans l'urne et, rayonnant sous le soleil matinal, il avait souri. Un long sourire. Un sourire heureux.

Le genre de sourire qui, on le sent, n'est pas destiné aux caméras. Le genre de sourire qui vient du très profond de l'âme. Et dans le cas de Mandela, d'une âme d'une grande rareté, et d'une grande sagesse.

AFP
in: El Watan le 06.12.13 | 01h49 | mis à jour le 06.12.13 | 08h25 
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Mandela, un signe de reconnaissance remarquable
Mai 90, de Robben Island à Alger

"L’Algérie a fait de moi un homme." Ainsi parlait Madiba lors de sa visite à Alger, en mai 1990. Deux mois seulement après sa sortie de la prison Robben Island.
Le témoignage est de Noureddine Djoudi, ancien ambassadeur d’Algérie en Afrique du Sud et interprète de Nelson Mandela. Tayeb Belghiche, éditorialiste à El Watan, raconte la ferveur populaire suscitée par la visite du leader de l’ANC dans la capitale algérienne ; il se souvient de cet accueil officiel pas du tout «à la hauteur» de la légende sud-africaine. «Mandela vénérait l’Algérie combattante», témoignait le journaliste qui couvrait à l’époque l’événement. «Son premier voyage à l’étranger, à sa sortie de prison, Mandela le réserva à l’Algérie et ce, au moment où toutes les capitales mondiales le réclamaient à cor et à cri.»
Mai 1990, à l’aéroport d’Alger, pas de faste ni de tapis rouge pour l’icône flamboyante des peuples en lutte pour leur liberté. «Sur le tarmac, il n’y avait pas le président Chadli, seulement le ministre des Affaires étrangères Sid Ahmed Ghozali et le secrétaire général du FLN, Abdelhamid Mehri.» Froissés, les décideurs algériens étaient «contrariés», confie une source du comité d’accueil par la demande formulée par Mandela de rencontrer le président Ben Bella, Chawki Mostafai et Cherif Belkacem, personnages que le résistant sud-africain avait rencontrés au maquis. Sid Ahmed Ghozali avait reçu en mai 1990 le prophète de la lutte anti-apartheid. Il garde des souvenirs indélébiles de chacune de ses rencontres avec Mandela.
«A Alger, il était venu pour dire aux Algériens toute sa reconnaissance à l’Algérie combattante.» Dans ses trois meetings animés en Algérie, sa conférence télévisée à la RTA, Mandela n’avait de cesse de réitérer que sa «formation, il la devait à l’ALN», conte Ghozali. «C’est que Mandela entretenait une relation spéciale à l’Algérie», ajoute-t-il. «Imaginez Mandela arrêté quelque temps après qu’il avait séjourné dans les maquis algériens et qui ne pense, à sa sortie de prison, qu’à se faire inviter en Algérie alors que tous les grands de ce monde se précipitaient vers lui et le réclamaient.»
L’ancien chef de gouvernement avoue tout le privilège d’être l’un des rares responsables algériens et étrangers à l’avoir côtoyé de près et rencontré nombre de fois. Ghozali garde en mémoire ces «cinq heures mémorables» de vol Abuja-Alger à bord de l’avion présidentiel : «A Abuja, à la fin du sommet de l’OUA, en juin 1991, il m’avait demandé si je pouvais le déposer à Paris. Ce que je fis. Après m’avoir déposé à Alger, l’avion présidentiel continua son vol vers la capitale française et à son bord, Nelson Mandela.»Mai 1990, Alger
Dans les années 1960, Djelloul Malaïka coordonnait l’action de nombre de mouvements de libération dont il était l’interface à Alger du temps où celle-ci était un carrefour pour combattants de la liberté. Malaïka se souvient de l’arrivée (en 1961 et plus tard, après le cessez-le-feu, en mars 1962) des combattants de l’ANC dans les bases de l’Armée de libération nationale à Oujda. «Mandela était subjugué par la révolution algérienne, confie-t-il. Il nous disait que la Révolution algérienne était la révolution de l’espoir. Et effectivement, bien avant même l’indépendance, la Révolution algérienne accueillait et inspirait déjà les combattants de la liberté venus du monde entier. Du Mozambique, d’Angola, de Guinée Bessau, du Cap Vert, etc.» Comme Madiba, Amilcar Cabral, le leader nationaliste cap-verdien, pensait avoir trouvé en l’Algérie la terre sainte de la résistance. «Les musulmans vont en pèlerinage à La Mecque, les chrétiens au Vatican et les mouvements de libération nationale à Alger !» dixit Amilcar.

 
Mohand Aziri
El Watan le 07.12.13

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Un combat qui a marqué l'hunanimité
1948-1991 l’apartheid vaincu
Il est parfois, mais autant dire très souvent, difficile de trouver une quelconque morale à la politique, à plus forte raison quand cela concerne les relations internationales, en considérant que l’opinion publique n’en est pas concernée, et quand elle revendique ce droit, c’est pour son bien lui est-il affirmé. Mais à quoi tient le bonheur s’il faille faire fi de nombreuses considérations, et dans un tel cas de figure, celles qui touchent aux droits les plus élémentaires des peuples et des personnes.

De nombreux mouvements de libération à travers le monde ont eu à y faire face, subissant même des complicités jamais reconnues. Mais est-ce toujours les affaires quand cela s’apparente à des crimes ou alors quand il s’agit d’armer les bras des tueurs ? C’est sous embargo international, que l’Afrique du Sud est devenue une puissance nucléaire et au pays qui lui a vendu une centrale nucléaire, on pavoisait. «Le contrat du siècle», disait-on alors.
C’est dire à quel point de tels rapports étaient poussés, où le politique et l’économique se confondaient. Car à l’inverse, l’ANC (African National Congress) qui menait la lutte contre le système d’apartheid, était considéré comme un mouvement terroriste par certains pays. Comme d’autres mouvements à travers le monde, ainsi que les combattants algériens. Là encore, la période de la guerre froide ne saurait tout expliquer, même s’il faille relever que l’apartheid a été mis en place en 1948, et démantelé en 1991. Il est tout de même heureux de voir certains dirigeants procéder à des ruptures et donner un sens, en termes de valeurs humaines, à la politique de leurs pays respectifs.
Durant les années d’apartheid, l’Afrique du Sud était considérée comme un immense réservoir de matières premières, ce qu’elle continue à être, et elle jouissait d’une position stratégique éminente, avec deux bases de sous-marins (Simonstown et Walvis Bay), le fait que la seconde se situe en Namibie (territoire alors occupé par l’Afrique du Sud), importe peu. Ces deux bases étaient utilisées dans les rapports est-ouest, pour contrôler les routes du pétrole (après la fermeture du canal de Suez) ou espionner le monde.
Fallait-il pour cela soutenir la politique d’apartheid, un système cruel et injuste qui niait jusqu’à l’existence de la majorité de la population comme d’autres systèmes d’oppression et de domination l’ont fait notamment en Afrique ? Des pays n’ont pas hésité à le faire, probablement convaincus, eux aussi, de certaines théories racistes, mais dans certains cas de figure, par intérêt, l’Afrique du Sud étant aussi un immense marché. Ce qui explique, mais sans jamais pouvoir les justifier, les violations de l’embargo international décrété pourtant par l’ONU, alors que l’opposition internationale contre l’apartheid commençait à se manifester principalement après le massacre de Sharpeville, perpétré le 23 mars 1960. Le 6 novembre 1962, la résolution 1761 de l’ONU était adoptée.
En 1965, est signée la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Ou encore en 1977 quand l’ONU décréta l’embargo sur les ventes d’armes à destination de l’Afrique du Sud. C’est à cette même époque que ce pays a pu, du moins a failli, devenir une puissance nucléaire grâce à des soutiens occidentaux, mais aussi Israël, avec la fourniture d’équipements divers, de matière fissile, de technologie de pointe et d’aides financières.
Selon des chercheurs, ce faisceau de soutiens aurait permis à l’Afrique du Sud de fabriquer une bombe atomique. Pendant ce temps, Mandela venait de boucler sa douzième année dans le bagne de Robben Island. Son crime ? Son combat contre l’injustice, mais il a dû faire face à d’autres injustices que le temps aidera peut-être à réparer, mais que le monde ne doit pas oublier afin que de tels crimes ne puissent se reproduire.

 
Réactions :

-Le Dalaï Lama : «Je salue un homme de courage, de principes et à l’intégrité incontestable. Le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre est de faire tout ce que nous pouvons pour contribuer au respect de l’unité de l’humanité et travailler à la paix et à la réconciliation comme il l’a fait. J’ai personnellement perdu un ami cher, que j’avais espéré encore revoir et pour qui j’avais une grande admiration et un grand respect. Avec sa mort, le monde a perdu un grand leader dont la détermination inébranlable et résolue a joué un rôle-clé pour assurer la paix et la réconciliation pendant la transition en Afrique du Sud, après l’apartheid.»
-L’archevêque Desmond Tutu : «Au cours de 24 années (depuis sa libération, ndlr), Madiba (nom de clan de Mandela) nous a appris comment vivre ensemble et croire en nous-mêmes et en chacun. Il a été un unificateur à partir du moment où il est sorti de prison, en février 1990. Il a transcendé race et classe sociale dans son action personnelle, par sa chaleur et sa volonté d’écouter et de compatir avec les autres. Et il a restauré la foi des autres en l’Afrique et en les Africains. Que va-t-il se passer si notre père est mort ? Cela va-t-il plonger l’Afrique du Sud dans la fin du monde et le désastre ? Suggérer que l’Afrique du Sud pourrait partir en flammes – comme certains l’on prédit – revient à discréditer les Sud-Africains et l’héritage de Madiba. Le soleil se lèvera demain et le jour d’après et encore après...Il se peut qu’il ne soit pas aussi brillant qu’hier, mais la vie continue. Alors que nous entrons dans une période de deuil, nous le faisons, en tant que pays, avec la plus grande dignité, avec respect car nous le devons à Madiba et à nous-mêmes.»
-L’Union africaine (UA) : «Madiba, comme il était affectueusement surnommé, symbolise l’esprit du panafricanisme et de la solidarité dans les luttes de l’humanité contre l’apartheid, l’oppression et le colonialisme et pour l’autodétermination, la paix et la réconciliation. Mandela a livré un bon combat et a tiré sa révérence, admiré de tous. Son décès est une perte énorme pour sa famille, notre continent et, en fait, l’humanité elle-même.»
Denis Sassou Nguesso, président du Congo : «Pour nous les dirigeants, les peuples africains, c’est un monument, c’est un géant, un grand, le héros des luttes de libération des peuples du monde. Il aura marqué l’histoire du monde. Il y a une grande tristesse, une grande émotion et cette annonce est tombée comme un coup de tonnerre. Sa mort va sans doute peser sur le sommet (sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique qui s’est ouvert hier, ndlr), mais je pense qu’il devrait se tenir. Au contraire, le thème du sommet fait que ce devrait être un grand moment de concertation, un grand moment de prise de responsabilité pour nous tous. Ce serait une forme d’hommage que l’on rendra à Mandela qui a passé toute sa vie à lutter pour la libération des peuples africains et pour la paix.»
-Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU : «Nous devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement pour nous efforcer de rendre le monde meilleur. Beaucoup dans le monde ont été grandement influencés par sa lutte pour la dignité humaine, l’égalité et la liberté. Il a eu une influence très personnelle sur nos vies. Sa force morale avait été décisive pour démanteler ce système.» Ban Ki-Moon dit avoir été frappé par l’humilité de Mandela, qui insistait à dire que «des centaines et des centaines d’inconnus avait eux aussi contribué à la fin de l’apartheid». «Continuons d’être inspirés chaque jour par l’exemple de Nelson Mandela pour tenter de construire un monde meilleur et plus juste.»
-Jacques Chirac, ancien président français : «C’est un être d’exception qui s’en va, un de ceux qui nous font croire en l’homme. Dès qu’il s’est élevé contre l’odieux système d’apartheid, j’ai admiré en lui le combattant de la liberté, inflexible, altier devant l’épreuve, fidèle à son vœu de non-violence. Une grande lumière s’est éteinte. Alors que tout était fait pour le briser ou le conduire à prendre les armes, les seules qu’il ait jamais voulu porter sont celles du courage devant l’oppression, du rassemblement pacifique du peuple, du dialogue et de la réconciliation.
Il a su gagner la guerre contre le racisme et la ségrégation par la seule force de ses convictions, il a gagné le combat de la paix en construisant un Etat de droit qui réunit Noirs et Blancs dans un projet commun. Je me remémore toutes nos rencontres avec l’émotion des plus grands moments de ma vie, avec aussi le sentiment très particulier que l’on éprouve devant ces personnages rares qui accomplissent l’exceptionnel avec l’humilité, le sourire et l’humour des très grands. Adieu à toi, Nelson Mandela et que ton souvenir illumine à jamais une Afrique à la conquête de la paix et du progrès pour tous.»

-Barack Obama, président des Etats-Unis : «Grâce à sa farouche dignité et à sa volonté inébranlable de sacrifier sa propre liberté pour la liberté des autres, il a transformé l’Afrique du Sud et nous a tous émus. Il a fait plus que ce que l’on peut attendre d’un homme. Aujourd’hui il est parti et nous avons perdu l’un des hommes les plus influents, les plus courageux, l’un des êtres humains les plus profondément bons sur cette Terre. Il ne nous appartient plus, il appartient à l’éternité.»
-François Hollande, président français : «Il était un résistant exceptionnel, un combattant magnifique qui aura fait l’histoire, celle de l’Afrique du Sud, celle du monde tout entier.
Combattant infatigable de l’apartheid, il l’aura terrassé par son courage, son obstination et sa persévérance. Malgré les épreuves personnelles et les humiliations interminables d’une détention qui aura duré 27 ans, il a pu non seulement renverser un régime abject, mais réconcilier les Sud-Africains et faire prévaloir la démocratie. Nelson Mandela fut pendant toutes ces années l’incarnation de la nation sud-africaine, le ciment de son unité et la fierté de toute l’Afrique.»
-Frederik De Klerk, dernier président blanc sud-africain :  «Le courage, le charme et l’engagement de Nelson Mandela envers la réconciliation et la Constitution, ont été une source d’inspiration non seulement pour les Sud-Africains, mais pour le monde entier. Je crois que son exemple lui survivra et qu’il continuera à inspirer tous les Sud-Africains, pour réaliser sa vision de société multiraciale, de justice, de dignité humaine et d’égalité pour tous. Même pendant sa retraite bien méritée, il a continué à être une force, œuvrant pour la réconciliation et la justice sociale non seulement en Afrique du Sud, mais dans le monde entier. Tata (père, ndlr), vous allez nous manquer. Mais sachez que votre esprit et votre exemple seront toujours là pour nous guider vers la vision d’une Afrique du Sud meilleure et plus juste.»

 

Mohammed Larbi
El Watan le 07.12.13 





jeudi, décembre 05, 2013

418- B. Sansal reçoit le prix Jean Zay

Deux prix ont été attribués à Boualem Sansal. Le prix Jean Zay 
 remis ce mercredi 4 décembre. 
Et le 12 décembre nous apprenons que le Crif lui a décerné son prix "B'nai B'rith" le........  17 octobre (lire en bas de page)

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Le prix Jean Zay de la laïcité remis à l'écrivain algérien Boualem Sansal


PARIS, 04 déc 2013 (AFP) - 04.12.2013 19:40

Le prix Jean Zay de la laïcité a été remis mercredi à l'écrivain algérien Boualem Sansal pour son dernier ouvrage "Gouverner au nom d'Allah" (Gallimard) lors d'une cérémonie au Sénat.

En remettant le prix à son lauréat, le président d'honneur du jury Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), a salué le "combat pour la tolérance et la liberté, contre l'intégrisme de Boualem Sansal".

L'écrivain, pourfendeur du régime militaire et de l'intégrisme et dont plusieurs livres sont interdits en Algérie, s'est présenté comme un "petit Algérien honni dans son pays, malmené par les uns et par les autres".

Il a déclaré vouloir "lancer une alerte" contre le "danger imminent" que représente, selon lui, le "développement de l'islamisme" qui "va de victoire en victoire pendant que nous lui cédons du terrain".

L'islamisme "a réussi à museler les non-musulmans" et "à enfermer les occidentaux dans une culpabilité paralysante", a-t-il jugé.

Le prix Jean Zay a été créé en 2005 à l'initiative du Parti Radical de Gauche (PRG) à l'occasion du centième anniversaire de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905. Il est doté symboliquement d'un chèque de 1.905 euros.

© 2013 AFP

 


 
Chouf-Chouf


Publiée le 5 déc. 2013


L'écrivain Boualem Sansal a reçu ce mercredi 4 décembre le prix Jean Zay au Sénat à Paris. Il lui a été remis par Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de Gauche. Le Prix Jean Zay a été créé en 2005 à l'occasion des célébrations du centenaire de la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat, il est remis chaque année le 7 décembre pour commémorer la date du vote de cette loi.
Suivez l'actualité sur www.chouf-chouf.com

--> -------------------------JEAN ZAY--------------------
Jean Zay est un avocat et une personnalité politique française de la 3° République né à Orléans (Loire) le 06 août 1904 et mort assassiné par des miliciens à Molles (Allier) le 20 juin 1944, probablement sur ordre du Gouvernement de Vichy.
Au cours de sa vie, Jean Zay assure les fonctions de conseiller général, député du Loiret, sous-secrétaire d’État à la présidence du conseil et ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts.(Wikipédia)
Wikipédia
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       Gouverner au nom d'Allah 

Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe 

 Boualem Sansal / Hors série Connaissance, Gallimard



Parution : 10-10-2013



«Nous les avons accueillis avec sympathie, un brin amusés par leur accoutrement folklorique, leur bigoterie empressée, leurs manières doucereuses et leurs discours pleins de magie et de tonnerre, ils faisaient spectacle dans l’Algérie de cette époque, socialiste, révolutionnaire, tiers-mondiste, matérialiste jusqu’au bout des ongles, que partout dans le monde progressiste on appelait avec admiration “la Mecque des révolutionnaires”. Quelques années plus tard, nous découvrîmes presque à l’improviste que cet islamisme qui nous paraissait si pauvrement insignifiant s’était répandu dans tout le pays.» 
 
Boualem Sansal et Ghaleb Bencheikh - France culture 15 10 2013 _ 1.3 
Boualem Sansal et Ghaleb Bencheikh - France culture 15 10 2013 _ 2.3




Boualem Sansal et Ghaleb Bencheikh - France culture 15 10 2013 _ 3.3



Après avoir brossé un tableau d’ensemble des courants musulmans, Boualem Sansal s’interroge sur les acteurs de la propagation de l’islamisme : les États prosélytes, les élites opportunistes, les intellectuels silencieux, les universités, les médias, «la rue arabe»… Il questionne aussi l’échec de l’intégration dans les pays d’accueil des émigrés.
Ainsi, l’islamisme arabe tend à s’imposer, mal évalué par les pouvoirs occidentaux qui lui opposent des réponses inappropriées, tandis que les femmes et les jeunes, ses principales victimes, sont de plus en plus à sa merci.
Boualem Sansal, devenu l’une des grandes voix de la littérature algérienne, propose une synthèse engagée, précise, documentée, sans pour autant abandonner les prises de position humanistes intransigeantes qui, au fil de ses romans, l’ont amené à dénoncer à la fois le pouvoir militaire algérien et le totalitarisme islamiste.



160 pages, 140 x 205 mm
Achevé d'imprimer : 23-09-2013
Genre : Essais
Thèmes : politique, économie / religion, théologie
Catégorie > Sous-catégories : Connaissance > Politique, économie - Religion, spiritualités, occultismes
Pays : Algérie
Époque : XXe-XXIe siècle
ISBN : 9782070142897 - Gencode : 9782070142897 - Code distributeur : A14289
In : www. Gallimard.fr

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SUR FRANCE CULTURE
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France Culture

Avec Boualem Sansal, écrivain et essayiste, à l’occasion de son Gouverner au nom d’Allah (Gallimard).
Par Caroline Broué, Antoine Mercier et en compagnie de Ghaleb Bencheikh, président de la conférence mondiale des religions pour la paix, et animateur de l'émission "Islam", diffusée le dimanche matin sur France 2.
Boualem SANSAL : « J’ai essayé de situer l’islamisme dans l’histoire du monde arabe, dans l’histoire de l’Islam. J’ai été sidéré par la complexité du monde musulman. »
« L’islamisme est une tentative de retour à un Islam orthodoxe mais il y a des marches différentes : l’islamisme intellectuel et l’islamisme radical qui tente de réaliser son projet par la force. »
«Le pouvoir n’intéresse les islamistes que secondairement, ce qu’ils visent c’est l’implantation dans les sociétés.»
« Parler c’est s’exposer, ce qui me surprend c’est que dans les pays occidentaux, là où les intellectuels arabes peuvent s’exprimer, ils ne le font pas. »
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Site, Chouf-Chouf: BOUALEM SANSAL : « YASMINA KHADRA A EU RAISON DE SE PRÉSENTER À LA PRÉSIDENTIELLE »

 


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LE CRIF EN ACTION
Publié le 12 Décembre 2013

 
Le  Prix des Droits de l'Homme du B'nai B'rith France 2013 a été attribué à Monsieur Boualem Sansal.

Le Président du CRIF, Roger Cukierman, a assisté à la cérémonie d’attribution, par la Commission nationale du Prix des Droits de l’Homme du B’nai B’rith France, animée par Madame Ada Sadoun, du Prix 2013 à l’écrivain Boulalem Sansal.
Le Prix des droits de l’Homme du B’nai B’rith France «Amour Fraternel – Harmonie – Bienfaisance » a pour objectif de mettre à l’honneur des personnalités de la société civile disposant des qualités essentielles de tolérance et d’humanisme et qui œuvrent par leur engagement personnel à la défense des valeurs fondamentales de dialogue et de paix contribuant ainsi au rapprochement entre les communautés.
Né en 1949 à côté d’Alger, Boualem Sansal a une formation d’ingénieur et un doctorat d’économie. Après avoir été tour à tour enseignant, consultant et chef d’entreprise, il devient haut fonctionnaire en 1995 au ministère de l’Industrie, poste dont il sera limogé en 2003 à cause de ses prises de position critiques vis-à-vis du pouvoir. Il se dédie alors à la littérature
Témoin impitoyable de la société algérienne d’aujourd’hui, son écriture est aussi dense que truculente
Dans son premier roman, « Le serment des barbares » (Prix Goncourt du premier roman) édité en 1999, il dénonce l’arbitraire et les abus de l’administration à l’égard du peuple.
« Le village de l’Allemand ou Le journal des frères Schiller » (Gallimard, 2008) et « Rue Darwin » (Gallimard août 2011) révèlent comme tous ses romans, une sensibilité aigüe aux droits de tous les hommes, de toutes origines.
Boualem Sansal dénonce les fanatiques en tous genres et mène courageusement les combats contre tous les obscurantismes et négationnismes
Avec son œuvre « Gouverner au nom d’Allah » qu’il vient de publier, il obtient le « prix de la laïcité Jean Zay 2013 ».
Ce Prix littéraire français a pour objectif de récompenser un livre porteur de valeurs républicaines.
Il a participé, en tant qu’invité d’honneur, au Festival culturel d’Israël, en mai 2012 où il a rencontré en particulier, David Grossman, avec qui il a lancé, de Strasbourg, l’« Appel international des écrivains pour la paix ». Il s’intéresse à l’identité algérienne d’aujourd‘hui, et à ses origines  multiples. Dans le même esprit, il étudie la formation de la langue algérienne et respecte tout ce qui la constitue.
Boualem Sansal vit toujours aujourd’hui dans les environs d’Alger
Pour sa lucidité, son talent, son respect de l’autre, et son extraordinaire courage, pour la façon dont il met ses actes en accord avec ses pensées, le B’nai B’rith France l’a élu Prix des Droits de l’Homme 2013.
La cérémonie de remise du prix a eu lieu dans les salons d’honneur de la Mairie de Paris le 17 octobre dernier { AH : Pourquoi le Crif attend attend jusqu’à ce jour, 12 Décembre 2013, pour publier cet article ?} au cours du diner de gala célébrant les 80 ans du B’nai B’rith France et les 170 ans du B’nai B’rith International en présence de nombreuses personnalités politiques et communautaires.
Le B’nai B’rith France


Publié le 12 Décembre 2013
In/ www.crif.org





mardi, décembre 03, 2013

417- FOUAD NEGM est mort


Le poète Ahmed Fouad Negm, symbole de la poésie arabe engagée et critique acerbe des régimes successifs en Egypte, est mort mardi matin à l'âge de 84 ans à son domicile au Caire.
L'intellectuel et éditeur Mohamed Hachem, l'un de ses plus proches amis, a annoncé la mort de cette icône panarabe de la contestation, compagnon de route du chanteur révolutionnaire Cheikh Imam, très prolifique durant les années 1970 et 1980. Le duo jouait le plus souvent dans des cafés et et devant des étudiants.

Ahmed Fouad Negm, né en 1929 dans le nord de l'Egypte, a passé au total dix-huit années de sa vie derrière les barreaux, sous les régimes de Gamal Abdel Nasser et Anwar Sadat, incarcéré pour ses poèmes critiquant ouvertement les dirigeants égyptiens. Ses textes en arabe dialectal égyptien étaient connus dans tout le monde arabe.
Il n'avait cessé de dénoncer, notamment depuis la guerre israélo-arabe de 1967, les différents chef d'Etat, depuis Gamal Abdel Nasser jusqu'au président islamiste Mohamed Morsi destitué par l'armée début juillet. Il a inspiré des générations de jeunes aspirant au changement et, lors de la révolte populaire du début 2011 qui a renversé Hosni Moubarak, Ahmed Fouad Negm avait soutenu les manifestants qui ont repris durant les dix-huit jours de révolte plusieurs de ses poèmes sur l'emblématique place Tahrir du Caire. 
Ses funérailles se tiennent ce mardi après-midi à la mosquée Al-Hussein au Caire.
www.lemonde.fr
03 12 2013

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Mais comment évoquer Fouad Negm Sans aussitôt penser à son inséparable Cheikh Imam le grand?     (7/1918- 6/1995)
 

mardi, novembre 05, 2013

416- A toi Lény Escudero. Quelle Affiche demain?

Aujourd'hui Lény Escudero a 81 ans. On ne l'entend qu'exceptionnellement à la radio. On ne le voit jamais à la télévision. Normal. Nous vivons une époque où la médiocrité donne le tempo. C'est triste, mais c'est ainsi. L'individualisme et le rejet de l'altérité font loi. Nombre de maîtres-penseurs, de politiques, de journalistes et autres chroniqueurs ne pensent et n'agissent qu'à partir de leur nombril, faisant fit de tout ce qui les entoure. Leur adversaire, leur ennemi s'appelle l'étranger, Italien, Polonais avant-hier. Arabe hier. Rom et Arabe aujourd'hui. Nous sommes au creux d'une vague annonciatrice d'un monde encore plus noir.
Heureusement, des hommes de bonnes volonté, de courage et de nif (avoir du nez comme on dit en Algérie, avancer le front haut), respectueux des Hommes et croyant en l'humanité, agissent. Certes difficilement. Mais ils sont à nos côtés, autour de nous. Nous ne sommes pas seuls. Avec ses faiblesses et ses erreurs Lény est de ceux-là. Avec les leurs aussi Léo Ferré et Louis Aragon étaient de ceux-là. Ces hommes avec un coeur gros comme ça, les Manouchian, Lévy, Mohamed ou Mamadou, auprès de François et de jean-Pierre, il y en aura toujours. Voilà notre espoir.
Le texte qui suit, je l'ai écrit spontanément ce matin en pensant à eux.


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L'Affiche rouge
Chantée par Lény Escudero
 Paroles de Louis Aragon
Musique de Léo Ferré

Quelle Affiche demain ?

Pour ne pas oublier
J’offre ces vers-amour poignants
A toutes ces plumes xénophobes
Cette peste brune en devenir
A toi aussi petite raciste à la banane grasse d’ignorance
Nourrie au millet des petits ammours
A vous chroniqueurs contrariés
Haineux de tous les Manouchian
Ils étaient vingt et trois et plus
Et de l’est et du sud
Morts pour libérer vos propres aïeux, parents
Haineux de tous les M.O.I, Roms et Arabes réunis
Ignorants
Quelles affiches brunes préparent-ils pour nos enfants
Mais à quels grills songent-ils ?
A quels barbecues apéro-sauciflards ?
Pour ne pas oublier
J’offre à tous ces tarés
Ces chemises noires et phalanges
D’aujourd’hui
Fanas de tous bords de toutes les ignominies
J’offre à tous ces égarés
Pour la fraternité humainement possible
Cette affiche rouge de quelques mots libres
Merci Lény, Léo, Louis et tous les autres.

Ahmed Hanifi
Marseille le 05 novembre 2013
PS : Lény Escudero est né le 05 novembre 1932.
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Voici les paroles chantées par Lény Escudero. Elles sont de Louis Aragon
La musique est de Léo Ferré
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Vous n’avez réclamé ni la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erevan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant


In : www.greatsong.net





vendredi, novembre 01, 2013

415- Novembre 1954

Ceci est la 
Proclamation du 1° novembre 1954. 

C'est un original (photocopié). Elle a été donnée par le combattant Ali Zamoum à mon ami Abdelkader Yaddaden qui me l'a offert en 1995. 

Quand trop de sécheresse brûle les cœurs,
Quand la faim tord trop d’entrailles,
Quand on verse trop de larmes,
Quand on bâillonne trop de rêves
C’est comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher :
A la fin, il suffit du bout de bois d’un esclave pour faire
Dans le ciel de Dieu
Et dans le cœur des hommes
Le plus énorme incendie.


Mouloud Mammeri

 





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Ce qui suit = 
El-Moudjahid:  30-10-2013

S’il y a un document historique qui fait l’objet d’un consensus national, c’est bien la Déclaration du 1er Novembre 1954. Tous les historiens s’accordent à dire que ce document à dimensions politique, culturelle, religieuse et philosophique constitue toujours une référence pour l’ensemble des Algériens. Hier, au forum de la Mémoire, les chercheurs en histoire Ameur Rkhila et Bachir Medine ont souligné que cette proclamation avait sonné le glas du colonialisme.
A la veille de la célébration du 59e anniversaire du déclenchement de notre glorieuse Révolution, le forum de la Mémoire d’El Moudjahid a organisé, hier, une conférence historique qui s’est voulue une lecture académique de la Déclaration du 1er Novembre. Les conférenciers un chercheur en histoire et un professeur d’histoire à l’Université d’Alger.  Parmi les présents, des élèves du lycée Frantz Fanon, des moudjahidines, des représentants de la presse nationale ainsi que des citoyens  intéressés par l’histoire de l’Algérie. M. Ameur Rkhila, qui depuis des années, s’est investi dans la recherche en histoire, et a axé son intervention sur la portée et les concepts cités dans la Déclaration de Novembre. Le conférencier, dira de prime abord, que la date du 1er Novembre 1954, est une date importante dans l’histoire de l’Algérie, car elle a signé l’acte de naissance d’une révolution exemplaire dans les annales des mouvements de libération des peuples. La décision d’opter pour une action armée n’était pas le fait du hasard. Les rédacteurs, de cette plate-forme, adressée aux militants de la cause nationale et le peuple algérien, avaient un seul message «la lutte pacifique ne mènera à rien». Le peuple algérien soumis par la brutalité des armes et enchaîné par l’odieux code de l’indigénat qui le dépouillait de ses droits et de ses biens a subi, depuis l’invasion française de 1830, les pires sévices de l’impitoyable système colonial. Toutes ses révoltes de résistance à l’occupation furent écrasées dans le sang. La lutte politique qui avait commencé en 1926, avec la naissance de l’Etoile Nord Africaine avec des revendications indépendantistes, avait démontré ses limites au lendemain des massacres du 8 mai 1945. L’année 1947 verra la création de l’Organisation Spéciale qui avait choisi le chemin de l’action armée.

Mohamed Laichaoui , rédige sous la dictée de Mohamed Boudiaf et de Didouche Mourad
Le professeur Rkhila rappellera que les membres du groupe des 22 qui ont été derrière le déclenchement de la Révolution ont fait partie de l’OS. Le  chercheur en histoire qui a décortiqué le texte dans son fond et sa forme a tenu à préciser que ce document a le mérite d’avoir porté le mouvement national de la vision politique de la question algérienne à la phase de l’application sur le terrain  et renoncer à  toute sorte d’hésitation qui avaient des répercussions sur les différentes formations du mouvement national et du peuple algérien. Le conférencier a tenu à indiquer dans sa lecture, que le concept révolution n’était pas évoqué dans le texte. Mais, dira t-il, les mots utilisés étaient inspirés d’une terminologie politique et juridique très claires. Il ajoutera, que le document contenait des expressions comme  «L’Unité et le travail», «Lutte de libération »….  Le texte n’a aucun moment appelé à attaquer les civils européens et s’est même inspiré de la déclaration universel des droits de l’homme. Les rédacteurs ont laissé la porte des négociations ouverte et avaient appelé la France à négocier avec les représentants du peuple. Comme cet appel avait mis fin au leadership. La Révolution s’est vue dotée d’une direction collégiale. De son côté le professeur en histoire, à l’Université d’Alger, M.
 Bachir Medine a souligné que l’Appel du 1er Novembre 1954, document politique essentiel et fondamental de la Révolution algérienne est parmi les plus étudiés par les historiens.  Ce texte, a fait observer le professeur, a repris l’essentiel de la littérature du mouvement national depuis la création de l’Etoile nord-africaine «Le document rédigé par le journaliste et chahid de la cause nationale, Mohamed Laichaoui, sous la dictée de Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf, a été au centre de longues réunions du Comité des six». Journaliste, il avait des talents dans l’écriture, et c’est pour cette raison que Mohamed Boudiaf l’avait choisi. Il avait rédigé l’Appel du 1er Novembre dans la boutique du militant Aissa Kechida à Alger. Et c’est au mois d’octobre à Ighil Imoula, village situé en Haute Kabylie, qui a été choisie pour la saisie du texte et son impression. Selon l’historien 1.200 exemplaires ont été tirés, au domicile des Zaamoum. Il fallait d’abord informer le peuple algérien sur le déclenchement de la guerre de Libération pour l’indépendance du pays. Le plus urgent était de déclencher la révolution ensuite organiser le mouvement révolutionnaire. Ce qui fera dire à Didouche Mourad «Nous serons le combustible de la locomotive». Cette organisation interviendra 2 ans après, lors du Congrès de la Soummam.  Devant la grandeur de ces hommes, on ne peut que s’incliner devant leur mémoire. Gloire à nos martyrs.
Nora Chergui
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www.elmoudjahid.com