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mardi, mai 26, 2026

998_ Meriem Laribi- PALESTINE, le droit à l'existence

Nous étions quelques rangées de la salle CGT des cheminots de Miramas (rue Voltaire), venues écouter Meriem Laribi (à l'invitation de Miramas-Palestine Solidarité), nous parler de son livre « Palestine, le droit à l’existence » qu’ouvre une parole de Anas al-Sharif, un journaliste palestinien assassiné à Gaza par Israël le 10 août 2025 : « Je vous confie la Palestine... Soyez des ponts vers la libération de la terre et de son peuple, jusqu’à ce que le soleil de la dignité et de la liberté se lève sur notre patrie volée. »

D’emblée, Meriem Laribi nous alerte : « Reconnaître deux États, c’est reconnaître la colonisation. » Voici les premières pages de son livre : « Lors d'une rencontre dans une librairie de Sète autour de mon premier livre (Ci-gît l’Humanité, Gaza, le génocide et les médias. Ed. Critiques, 2025), alors que je critiquais ce que je considère comme l'irréaliste et injuste « solution » à deux États, un certain Marc, dans le public, a prononcé cette phrase, en guise de résumé de ce que j'étais en train de dire: « Reconnaitre deux États, c'est reconnaître la colonisation. »

Cette évidence surprend. Même en moi, elle a résonné. J'ai marqué un temps de silence et lui ai répondu: « Absolument! » J’ai trouvé que la formule était bien trouvée car en général, quand on évoque la « solution à deux États », on pense aussitôt à la reconnaissance de l'État palestinien. Israël étant désormais vu comme une réalité tangible, un fait accompli, c'est la Palestine qu’on attend de voir reconnaitre.

Marc voit les choses dans le bon sens au regard de l'histoire. C'est le monde qui tourne à l'envers; ce monde qui a validé Israël, tel qu'il s'est imposé, un État colonial, créé par les puissances coloniales européennes, vers lequel on a fait migrer massivement des colons pour expulser et remplacer le peuple palestinien. Oui, j’ai répété trois fois le lexème « colon » dans la phrase précédente car il faut l'imprimer. Un État expansionniste, bâti sur la terreur de la loi du plus fort, pour détruire méthodiquement la vie des autochtones et écraser la Palestine sous ses bombes, ses chars et ses bulldozers, ne peut qu'être qualifié de colonial.




 

Les Palestiniens majoritairement non juifs, peuple autochtone de la terre sur laquelle Israël a été établi de force, n’ont pas été consultés pour la création d'un État exclusivement juif sur leur terre. Leur refus, des 1947, d'accepter la résolution 181 de l'Organisation des Nations unies (ONU) qui leur confisquait d'entrée une grande partie de leur territoire a été ignoré. Cela démontre qu'il ne s'agissait pas d'un plan de « partage » — terme noble qui implique de la générosité, de l'équité, de l'empathie, mais aussi le consentement. La résolution 181 est un plan de confiscation, de spoliation, un plan de vol à main armée, un plan colonial. Et comme dans tous les schémas coloniaux, le colonisé n'est jamais consulté. Il est considéré comme une donnée négligeable, dominable, écrasable.

Les pères fondateurs du sionisme assumaient d'ailleurs la dimension coloniale de Ieur projet. « Pour l'Europe, nous formerions là-bas un élément du mur contre l'Asie ainsi que l’avant-poste de la civilisation contre la barbarie! » écrivait Theodor Herzl (in L’ État des Juifs, La Découverte, 2008). La Grande-Bretagne qui devait libérer la Palestine à l'issue de son « mandat » colonial l'a offerte aux sionistes dans une trahison flagrante de ses engagements), « En Palestine, une nation a solennellement promis à une seconde le territoire d'une troisième », a résumé le journaliste et écrivain britannique Arthur Koestler à propos de la déclaration Balfour annonçant le futur « partage ». La création de l'État d'Israël est d'abord le remplacement de la colonisation britannique par la colonisation de peuplement « diasporique » juif Sans compter que, comme le rappelle l'historien palestinien Rashid Khalidi, les Britanniques puis les Etats-Unis « par leur soutien au mouvement sioniste puis à l'État d'Israël ont cherché à faire l'impossible: imposer une réalité coloniale en Palestine dans une ère post coloniale ».

Sous Israël se trouve la Palestine (Lire Ilan Halevi, Sour Israël, la Palestine, Le Sycomore, 1978.). Et c'est tout l'objet de ce livre. Inviter à une réflexion dans le but de réparer l'injustice historique subie par le peuple palestinien. Pour ce faire, nous devons commencer par décoloniser notre vocabulaire... »

 

À la suite de son intervention en salle, il y a eu nombre de questions-réponses.

Elle proposait à la dédicace ce livre-ci « Palestine le droit à l’existence » et son premier « Ci-gît l’Humanité. Gaza, le génocide et les médias. Mêmes éditions, 2025, comme une réaction « On a assisté à un naufrage médiatique » concernant les atrocités israéliennes à Gaza.

 

 

 

 






LA MARSEILLAISE 22 MAI 2026




 

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