Rechercher dans ce blog

samedi, mai 30, 2026

999_ COLLAPSE (ou l'Effondrement d'Israël).... un documentaire réussi de ANAT EVEN.

 
 


Nous avons assisté hier vendredi 29 mai 2026, à la projection du film « Collapse » (Effondrement) réalisé par la cinéaste franco-israélienne Anat Even, produit par Caractères Production (2026). 
La projection est introduite par Keltoum (Association France-Palestine Solidarité) qui assurera les échanges qui suivront le film.  

Anat Even filme le kiboutz, Nir Oz, où elle a vécu adolescente. Elle filme ce qu’il en reste. Ses proches, son ami, y sont morts, tués dans l’assaut palestinien du 7 octobre. Elle donne ses sentiments. Anat Even reste attachée à la société israélienne. Elle se déplace jusqu’à la frontière palestinienne non loin du village Khuza’a, filme les barbelés, les chars, les déplacements de l’armée israélienne. Elle reste, obligée, de ce côté-ci de la frontière. On entend les bombardements sur Gaza. On ne la voit que de loin. Comme une réalité abstraite. L’ouïe, pas la vue. On devine par ses mots le génocide. Elle insère à côté de son empathie pour les villageois israéliens le génocide contre les Palestiniens. Son très proche ami (de plus de 25 ans) et co-auteur du film, Ariel Cypel a, contrairement à elle, coupé les liens avec la société israélienne. Il vit à Paris. Il met en relief la cruauté des israéliens colonisateurs et rappelle les massacres du colonialisme français à Sétif et alentours. La société israélienne dit-il est dans son écrasante majorité « sous l’emprise de la mentalité coloniale ».

Il ressort également de ce documentaire réussi, « un road-movie littéraire » dit Ariel Cypel, il en ressort le grand silence de la société israélienne, très majoritairement derrière le criminel Netanyahou et sa bande. On voit des touristes prendre des selfies, sur un pôle d’observation, à quelques kilomètres de Gaza sous les bombes comme on va en safari, ou en chasse au gibier aux abois en lançant des halalis. La Barbarie et la complicité prennent des formes insoupçonnables. 

On comprend et Ariel Cypel l’exprime parfaitement. Lui et Anat Even ont eu des divergences et d’importantes tensions, d’ordre artistique. On s’est fâchés dans le film pour éviter de se fâcher dans notre relation. » Anat Even a réussi le défi qu’elle s’est lancé, « faire un film sur Gaza et la société israélienne sans images sur Gaza, à partir de Nir Oz, à sa frontière. Les reportages à partir de Gaza sont interdits par les Israéliens et leurs auteurs journalistes (Palestiniens) tués.
Anat Even a mis en exergue de Collapse ces mots combien pertinents de l’auteur Hongrois Imre Kertesz qui sait ce que génocide veut dire, lui à qui, comme aux Palestiniens, on a ‘‘refusé le statut d’être humain’’, lui qui a connu les camps nazis. : « Nous considérions tout cela avec indifférence, comme des gens qui avaient depuis longtemps renoncé à toute tentative d'améliorer l'état des affaires publiques en général, ou d'apporter le moindre changement. » Des selfies et des danses.
________________

                                                    COLLAPSE, de ANAT EVEN


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire