Autrement dit, la réflexion ne dissout pas la spontanéité. Le verbe réfléchi côtoie le verbe ou le cri du cœur. Les mots de Voltaire ceux de Mouna. ® Droits réservés. Toute reproduction est interdite sans indication de la source: http://leblogdeahmedhanifi.blogspot.fr/ ® L’auteur - Ahmed HANIFI - ahmedhanifi@gmail.com "Sur le plus beau trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul !" Michel de Montaigne. DEPUIS 2005
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dimanche, avril 14, 2013
vendredi, avril 12, 2013
386- DEIR YASSIN ET LA GRANDE NAQBA - 1948
Sans le massacre de Deir Yassine,
"Israël" n’aurait pas vu le jour
On ne peut
oublier le village de Deir Yassine, à l’est de la ville occupée d’Al-Quds. En
fait, dès qu’on entend son nom, on ne pense qu’à ce massacre perpétré par les
organisations terroristes sionistes, la veille de la construction de l’entité
sioniste sur les terrains palestiniens, il y a de cela quelque soixante-quatre
ans. Les occupants sionistes essaient de le faire oublier ; le garder en
mémoire reste cependant le souci des Palestiniens. Les Palestiniens restent
attachés à leur terre coûte que coûte.
Le 9 avril de
chaque année, les Palestiniens se rappellent ce massacre, ce carnage, ce
nettoyage ethnique contre les Palestiniens. Les Palestiniens se souviennent de
ce massacre et de beaucoup d’autres, sans lesquels l’entité sioniste n’aurait
pas eu la chance d’exister. Et ce n’est pas seulement une confirmation
palestinienne, les Israéliens le pensent également ; l’ancien premier
ministre Menahem Begin envoya un télégramme de félicitations au chef local de
ladite organisation sioniste terroriste Aragon. Il lui
dit : « Toutes mes félicitations pour cette grande victoire. Dis
à tes soldats qu’ils viennent de fabriquer l’Histoire en
"Israël" ».

Et dans son
livre "La révolution", Begin lui-même écrivit : « Le
massacre de Deir Yassine et les autres contribuèrent à vider le pays de 650
mille Arabes ». Il ajoute : « Sans Deir Yassine,
"Israël" n’existerait pas ».
Le massacre en détail
C’était à
minuit du 9 avril 1948 que des membres des organisations terroristes sionistes
attaquèrent le village de Deir Yassine, à l’ouest de la ville sainte d'Al-Quds,
par plusieurs axes. A l’époque, le nombre de ses habitants était d’environ 750
personnes. Ce jour-là, les hommes du village étaient absents, partis combattre
dans la bataille Al-Qistil. Ils étaient partis amener le chef Abdou Al-Qader
Al-Hosseini à sa dernière demeure.
A ce crime
contre l’humanité, deux organisations terroristes sionistes participèrent. La
première était Aragon, présidée par Menahem Begin, devenu plus tard premier
ministre d’"Israël". La deuxième était l’organisation Stern Lehi,
présidée par Isaq Chamir, devenu lui aussi premier ministre après Begin. Ces
deux organisations attaquèrent le village, en accord préalable avec une autre
organisation terroriste, Haganah.
Les terroristes
de ces organisations commencèrent à faire sauter les maisons du village une par
une et à en incendier d’autres. Lorsque les femmes et les enfants se mirent à
fuir le village, les terroristes sionistes leur tirèrent dessus. Ils en tuèrent
trois-cent-soixante, un nombre confirmé par Dr. Jack de Renais, délégué de la
Croix-Rouge.
Mutilation des cadavres
Les rescapés du
massacre ont des souvenirs incroyablement douloureux, incroyablement inhumains,
incroyablement difficiles à raconter. En effet, ils furent témoins de scènes
terribles. Les terroristes sionistes mutilaient les cadavres, coupaient les
membres et les sexes. Pire, ils allèrent jusqu’à tuer une femme enceinte et
parier sur le sexe de l’embryon, avant d’ouvrir son
ventre. Ils allèrent jusqu’à brûler les gens vivants. Ils firent même des
choses inracontables avec les fillettes et les petits garçons, avant de leur
couper la tête. Ils jetèrent trente-cinq enfants vivants derrière le mur du
vieux bourg.
Puis ils mirent
vingt-cinq hommes dans leurs véhicules pour parcourir la ville d'Al-Quds à
l’instar des anciennes armées victorieuses, avant de les exécuter. Leurs
cadavres, ils les jetèrent dans le puits du village ; ils le fermèrent
hermétiquement. Plus tard, les membres de Haganah occupèrent le village de Deir
Yassine et firent exploser les cadavres, dans le dessein de duper les délégués
internationaux.
Les sionistes
ne montrent aucune honte à construire leur entité sur la terre des autres, sur
la terre des Palestiniens. Ils ne montrent aucune honte non plus devant tous
ces affreux crimes. Trente-deux ans plus tard, l’Etat d’occupation a donné les
noms de ces organisations sionistes qui avaient perpétré ces crimes aux rues
des colonies installées sur les ruines du village martyr de Deir Yassine.
12/04/2013
On : www.palestine-info.cc/fr
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Le mois suivant l’Etat d’Israël naissait
sur les cendres de milliers de Palestiniens
sous le silence et la complicité des grandes puissances. Les Palestiniens fuirent
leur pays. C’est la Grande Naqba.
A.H.
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La politique de colonisation de l'Etat d'ISRAELThanks to: Yimss Sindhu Anggabrata
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La Nakba palestinienne : la détermination de la mémoire
Beaucoup de Palestiniens se souviennent de la Nakba - la Catastrophe - et s’y réfèrent chaque année le 15 mai. L’événement marque l’expulsion de près d’un million de Palestiniens penLes anciennes générations transmettent le souvenir implacable et oppressant de leur expérience collective aux jeunes Palestiniens, dont beaucoup vivent leur propre Nakba aujourd’hui.

Pour couvrir la Nakba, les médias arabes et autres sympathisants jouent une musique triste et montrent des clichés en noir et blanc de réfugiés effrayés dans l’exode. Ils soulignent à juste titre le concept de sumud**, la loyauté indéfectible, quand ils montrent des Palestiniens de tous âges attachés aux clés rouillées de leurs maisons et insistant sur leur droit au retour. D’autres médias moins empathiques commentent la Nakba comme une fausse note gênante dans l’épopée de la naissance prétendument miraculeuse d’une nation avec sa progression vers une oasis idyllique de démocratie. Ce que ces représentations réductionnistes échouent souvent à montrer, c’est que la Nakba dont ils évoquent le début, ne s’est jamais réellement achevée.
Ceux qui ont subi la souffrance, les dommages et la perte qu’est la Nakba doivent encore obtenir la justice qui leur a été promise par la communauté internationale. Aux termes de la Résolution 194 de l’ONU « ... qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible ... » (article 11). Ceux qui ont apporté cette injustice vont aussi atteindre leurs objectifs ultimes en Palestine Après tout, ce n’est pas par hasard qu’Israël a défini des frontières.
David Ben Gourion, le premier à devenir Premier Ministre d’Israël a un jour prophétisé que "les anciens (réfugiés) vont mourir et les jeunes vont oublier ». Il parlait avec toute la dureté du conquérant. Ben Gourion a exécuté ses plans de guerre jusqu’à leur dernière extrémité. Chaque région de Palestine destinée à être prise a été capturée, ses habitants expulsés ou massacrés dans leurs maisons et leurs villages. Ben Gourion a « nettoyé » le pays mais il a échoué à nettoyer le passé d’Israël. La mémoire persiste.
Ben Gourion a fait allusion au village de ma propre famille - Beit Daras - qui a connu trois batailles et un massacre. Dans une entrée de son Journal le 12 mai 1948, il écrit : "Beit Daras a été pilonné au mortier. Cinquante arabes (tués). Les (villages de) Bashit et Sawafi ont été occupés. Il y a un exode de masse des zones proches (voisins à Majdal). Nous avons eu 5 morts et 15 blessés ». (Journaux de Guerre, 1947-1949).
Plus de cinquante personnes ont été tuées à Beit Daras ce jour-là. Une vieille femme de Gaza, Oum Mohammed, dont je parle dans mon dernier livre « Mon Père fut un combattant pour la Liberté », fait allusion à un événement qui paraît être le même.
« La ville était bombardée et encerclée de tous côtés. Il n’y avait aucune issue. Les hommes armés (les combattants de Beit Daras) ont dit qu’ils allaient contrôler la route vers Isdoud [Ashdod] pour voir si elle était ouverte. Ils se sont avancés et ont tiré quelques coups de feu pour voir si on tirait en retour. Personne ne tira. Mais ils (les forces sionistes) se cachaient et attendaient en embuscade. Les hommes armés sont revenus et ont dit aux gens d’évacuer femmes et enfants. Les gens sont sortis (y compris) ceux qui étaient réunis dans ma grande maison, la maison familiale. Il y avait surtout des femmes des enfants dans cette maison. Les (soldats) juifs ont laissé sortir les gens puis ils les ont fauchés avec des bombes et des mitrailleuses. Il est tombé davantage de gens que ceux qui étaient capables de courir. Ma s ?ur et moi ... nous avons couru à travers champs, nous sommes tombées et nous nous sommes relevées. Ma s ?ur et moi nous avons fui ensemble en nous tenant par la main. Les gens qui ont pris la grand-route ont été tués ou blessés. Le feu tombait sur les gens comme du sable. Les bombes d’un côté et les mitrailleuses de l’autre ».

Ben Gourion ne mettrait pas nécessairement en doute le témoignage d’Oum. Il a déclaré candidement : « N’ignorons pas la vérité sur nous-mêmes ... politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent ... Le pays est à eux, parce qu’ils l’habitent, alors que nous voulons venir ici et nous installer, et de leur point de vue nous voulons prendre de leur pays » (cité par Chomsky dans ’Le triangle fatidique’).
C’est précisément pour cette raison que ni les anciens ni les jeunes n’ont oublié. Chaque jour est une autre manifestation de cette même nakba prolongée qui dure depuis 64 ans maintenant. Les galères des jeunes d’aujourd’hui sont inextricablement liées au déracinement horrible et violent survenu il y a des décennies.
La Nakba est aussi restée un projet continu au fil des générations de sionistes israéliens. A la mort de Ben Gourion en 1973, l’actuel Premier Ministre Benjamin Netanyahou avait 24 ans. Il faisait alors sa dernière année de service dans l’armée israélienne et aujourd’hui il dirige Israël avec une coalition qui inclut presque trois quarts du Parlement israélien. Comme la plupart des dirigeants israéliens il continue de contribuer à tout le discours qui a permis de conquérir la Palestine. Il parle de paix, pendant que ses soldats et ses colons en armes s’emparent de maisons et de fermes palestiniennes. Il fait aux Palestiniens des offres réitérées de pourparlers « inconditionnels », tout en répétant son rejet violent de toute aspiration palestinienne. Son lobby à Washington est plus fort que jamais. Il règne absolument, en continuant à réaliser la « vision » des premiers sionistes.
D’anciennes clés et d’anciens actes relatifs aux terres volées témoignent de l’expérience intergénérationnelle qu’est la Nakba. Aujourd’hui les Palestiniens sont toujours parqués derrières des postes de contrôle militaires. On leur dénie le droit à des soins médicaux adéquats, et leurs antiques oliviers sont implacablement arrachés par les bulldozers. Toutefois, ce qu’Israël n’a pas été capable de contrôler, c’est la détermination des Palestiniens. La prison, le poste de contrôle et le fusil demeurent dans notre mémoire collective d’une manière qui ne peut être capturée contrôlée ou abattue.
En fait, la Nakba n’est pas une date spécifique ou une évaluation temporelle, mais bien la totalité de ces 64 années qui se poursuit. L’événement ne doit pas être relégué dans les placards de l’histoire, pas tant que les réfugiés sont toujours des réfugiés et que les colons continuent de voler la terre palestinienne. Aussi longtemps que Netanyahou parle le langage de Ben Gourion, d’autres épisodes « catastrophiques » suivront. Et aussi longtemps que les Palestiniens tiennent à leurs clés et à leurs actes, les anciens peuvent mourir mais les jeunes n’oublieront jamais.
**sumud : voir : L’âme du peuple palestinien
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Ramzy Baroud
Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un
journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son
dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire
vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com.The Palestine Chronicle - Vous pouvez consulter cet article à : http://palestinechronicle.com/view
Traduction : Info-Palestine.net - Marie Meert
vendredi 18 mai 2012
On: www.info-palestine.eu
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lundi, avril 08, 2013
385- 131135185, cette ombre silencieuse.
Ce bout de terre, Talassa, est un bout du monde,
coincé entre les Bni Merzoug les Bni Tamou et les Bni Tadjena. Et ces hameaux
de toub, cette terre glaise et battue, sont unis les uns aux autres par des
lianes de codes et d'us, par des liens de sang et par des zerdas tournantes
prétextes a
ux rassemblements sains et naïfs. Taâm, psalmodies, méchouis
cachectiques et lait caillé étaient à l’époque acheminés par des sentiers
sinueux et cahotants récusés par toutes les cartes routières, malmenés par les
vas et viens des grisons et mulets, rongés par des éternités de ronces, de
jujubiers et de figuiers de barbarie sur la défensive plantés au gré du vent et
du hasard des hommes sur des collines souvent colorées et odorantes, tant
oubliées. Tel un voile, les lendemains de fête, une torpeur générale s'abattait
alors sur les villageois qui déjà attendaient la prochaine réunion. Elle serait
heureuse ou malheureuse. Où qu’ils se trouvassent, le moindre buisson, le
moindre caillou, la moindre ombre, acculés dans leurs abris, retenaient leur
souffle au passage insensible et lent des jours et des nuits. Même pas une
agitation, même pas un murmure. Blotties au creux des vallées, les racines des
lauriers-roses aspiraient les rares filets d’eau des oueds ridicules et
silencieux. Rien n’étonnait jamais personne. Elle est nommée Dahra cette terre
de soleil, de mouches et de bourdons insomniaques, cette terre assoiffée,
outrageusement craquelée, ridée, qu’embaument depuis toujours les parfums des
lentisques et des absinthes en folie. Aujourd’hui comme
hier, ce pays n'a jamais été celui des sorcières ni celui de la magie, encore
moins celui des ânes d'or, mais il est bien celui de mon père, de ma mère, de nos
aïeux et des ancêtres de nos tribus, de nos lignées. Une terre antique. Je la
revois, je la sens. Oui, je la revois, revois ma mère, porteuse comme toutes
les femmes et oubliée. Usée et silencieuse aujourd’hui, je la revois, belle et
fière comme trois quinquets Lempereur, je la revois, mais je l’entends aussi
fredonner un air léger de femme heureuse, un brin espiègle, « Ma jach el-barah, ma jach el-youm,
Danitou sayeh weddah ennoum… », chevelure de jais, frisée, parfumée à
l’huile d’olive, dénouée sans ambages, ondoyant sous ses mouvements aérés. Revois
aussi el-graba, les chemins, les foules assiégeant l'autocar, et mon père. Diable
ou fichtre, mon père, ce jour-là, au soug es-sebt, laissa glisser ma main. ’Heureux
d’être enfin arrivés à Ténès
– la ville se trouve à une poignée de kilomètres de
nos bourgades – pour le grand marché hebdomadaire, les passagers du car se
dispersèrent aussitôt, pourchassés par des nuages de poussière et par un soleil
de feu baignant dans un ciel bleu de mer. Usagé à l’outrance, le vieil autocar
gondolé de la famille Grandella
parcourait invariablement trois fois par jour dans un sens puis dans l'autre la
distance entre Talassa et Ténès. Invariablement quel que soit le mois de
l'année ou le jour de la semaine. Samedi il était toujours bondé et toujours
conduit par le même chauffeur à l'haleine aillée, à cent lieues repérable. Il
regardait droit devant, l’œil et l’oreille aux aguets, son bleu de Shanghai
empestant la Bastos la plus prisée des cigarettes chez les couches populaires
et indigènes fatiguées, lancées dans une intoxication mutuelle. Le type, qui ne
perdait jamais une miette de paroles interdites, avait toujours une sèche qui
pendait à son bec gercé. Elle semblait collée à ses lèvres fendues. Normalement,
ce jour-là, comme les autres, il nous déposa donc devant la mairie. Chassés ou poursuivis
par un soleil de feu baignant dans un ciel azuré, les passagers se dispersèrent
aussitôt. Il n'était pas encore dix heures ce samedi-là lorsque nous
traversâmes, main dans la main, la grande place du monument aux morts, mémoire
de la nuit coloniale déclinante et gardien des lieux conquis. Enivrante chaleur
et pas un nuage. Une fois encore, mon père qui tenait ma main, allait à son
corps défendant, m’abandonner à mon sort, pour la dernière fois. Sidi Chewel,
notre marabout, règne en maître sur la grande place, la tahtaha, qui se trouve
à quelques centaines de mètres de la mairie. Et, pour atteindre tahtahat Sidi
Chewel Abderrahmane nous empruntâmes le pont de l'oued Allala. ,Plus qu’une
grande place la tahtaha est un grand espace, une esplanade surdimensionnée et
immensément poussiéreuse, défiant toute autre place, où se côtoyaient par
centaines, hommes, femmes, bêtes de somme et carrioles, sardines fraîches,
seiches propres, animaux divers, bonbons et étoffes soudanaises bariolées,
branis, haïks, chéchias, bérets et tant d'objets hétéroclites et vains, à
vendre, vendus ou troqués. L’on venait de loin pour chercher, peut-être
trouver, dans ce marché du samedi, soug es-sebt, si populaire, ce qui faisait
défaut, une clé ce jour-là pour mon père. Utopiste ou résignée, tous les sept
jours, l'affluence y était telle que la nonchalance renonçait à ses droits
jusqu'au lendemain. Se faufiler entre ceux qui courent vers des besoins
spirituels, ceux qui se pressent vers des besoins bien matériels, ou les deux à
la fois, était un art enfantin. Que
fut devenue la main de mon père, « où
est-il ? » pleurais-je. Ulysse aurait, murmurait la mémoire populaire
pied-noire, caressé Ténès, belle ville adossée à la Méditerranée plus qu’à la
colline. ’Hier comme aujourd’hui Ténès a toujours été plus proche de la
bourgade que de la ville. Images de cartes postales, les petites bâtisses
tassées et alignées comme des dominos peinturlurés, sont prêtes à plonger dans
la baie bleue de la mer miroir. Enveloppés par la modernité coloniale, ces
édifices occupaient des espaces cohérents, complémentaires. Richement décoré, bâti
à des époques différentes, chaque groupe de maisons nargue le précédent. Et,
naturellement, chaque période nouvelle s'impose un temps aux autres, avant
qu’elles ne déteignent sur elle, qu’elle finisse elle-même par leur ressembler.
S'insérer discrètement parmi les autres et attendre les suivantes. Ténès est
une contrée pudique dont on a gardé si peu de son histoire mille fois agressée
depuis Cartennas. Méditerranéenne, son eau est d’un bleu du temps suspendu
d'une carte postale. Avoir un temps figé son identité au-devant d'un trésor
romain découvert il y a tant d'ans autour de la tombe de Victoria, Clarissima
fémina – voyez braves gens le trésor de Ténès ! – n’était-ce pas une grossière tromperie ?
Mère, mer quelle courte mémoire ! Elle est Ténès, la perle pudique et puritaine
que notre saint poète Ibn-Amsaïb alliait à six autres villes saintes,
identiquement par un T représentées, dans un espace-patrimoine commun éternel. Romaine !
ont-ils trop vite décidé, alors qu’elle est la terre des Aguellid Juba père et
d'autres, bien avant ces trésors, bien avant les Romains ! Elle est cette autre
terre de mes ancêtres et de ceux de Sheshonq.
Cette ombre aujourd’hui silencieuse, plus qu’hier je l’aime. Je la
revois, je l’entends hurler notre douleur, non
loin de la rue du Douar M'aïn, là-bas vers le bas du bled où vécurent Isabelle
et Slimène héros furtifs de Ténès dont l'histoire officielle voila la liaison. « Je
n’ai plus personne, je n’ai ni frère ni père ! » Non loin, dans la multitude bigarrée, la main
de mon père de nouveau glissa. Définitivement. Non loin, et de tous côtés,
apparurent mains et têtes de toutes les formes et couleurs. Mille et une, mais
pas celles de mon père. Je ne bougeai plus. La foule autour, belliqueuse,
s'agitait toujours. J’accompagnais ma mère dans ses hurlements « bouya ! »
Je criais à tue-tête, mon père, mon père ! Maman !
Trois coups claquèrent dans l’air. Peut-être beaucoup
plus. Une folle chantait « Ô mon fils,
cesse tes malices, Ton père va mourir, Ô mon fils, je meurs de
souffrance... » 1956, la nuit nous était trop longue, trop noire. Mon Dieu que de
souffrances. Mon père avait
disparu. Emporté.
Des années plus
tard alors que j’étais encore, à ses yeux lucides, son fils, ma mère m’a offert
une clé unique. L’objet, tombé peut-être du ciel, se présente sous la forme de
cinquante lettres formant une longue farandole. Chaque lettre de cette clé,
telle une locomotive, remorque des wagons vers le futur. Et cette ombre
aujourd’hui silencieuse, plus qu’hier je l’aime. Faut-il pleurer le grondement
de son silence ou le silence de sa mémoire ?
Ahmed Hanifi. Paris 2001, revisité à Marseille en avril 2013.
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samedi, avril 06, 2013
384- Corruption
Merci à Tazroutsbouzèguene
« Hiwar
Essaa » emission hebdomadaire de l’Entv : 31 mars 2013, « La
corruption »
Abdelkrim
Ghezali s’emporte contre le représentant
du ministère de la justice. Un cri du cœur. Sincérité. Certes. Mais est-ce
suffisant ?
Cette
émission est-elle un simple alibi ? Où, vulgairement, un os à
ronger ?
A.H.
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Pour une fois que la télévision nationale (ENTV) organise un débat contradictoire, la foire d’empoigne gagne le plateau et la colère explose, comme si celle-ci, après tant d’années de langue de bois, trouvait enfin un exutoire.
Cela s’est passé sur le plateau de l’émission « Hiwar Essa » dont le thème était la corruption et les scandales qui se succèdent depuis plusieurs mois. Le ton monte, les propos sont de plus en plus virulents entre les invités, lorsque soudain Abdelkrim Ghezali, ancien directeur de la rédaction du quotidien La Tribune, monte au créneau. Exaspéré par la chape de plomb qui règne sur le paysage médiatique, il assène son point de vue et réclame de la transparence et de l’objectivité de la part de ses confrères journalistes : « Je ne me tairais pas, alors que l’argent des Algériens est volé », va-t-il jusqu’à s’écrier en tapant du poing sur la table.
Tandis que vient de paraître le rapport de RSF (Reporters sans Frontières) sur la liberté de la presse qui classe l’Algérie au 125ème rang sur 129 pays, ce débat, complètement inédit sur la chaîne d’Etat, vient redonner de l’espoir à ceux qui croient encore que les choses peuvent s’améliorer.
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La liberté de la presse recule encore en Algérie
Dans un rapport qui vient de tomber, l’ONG « Reporters sans frontières » classe l’Algérie 125ème sur 179 pays, contre 122ème en 2011. Si l’Algérie fait mieux que le Maroc et la Tunisie – classés respectivement 135ème et 138 ème, ce résultat est préoccupant.
Entre autres dysfonctionnements, le rapport de RSF pointe les pressions dont font l’objet de nombreux journalistes, voire « la multiplication des agressions et des procès » que subissent certains d’entre eux. Comme dans son précédent rapport, RSF critique aussi les « pressions économiques sur les médias indépendants » et le verrouillage du champ audiovisuel plus d’un an après le vote d’une nouvelle loi sur l’information par le Parlement qui était censé mettre un terme au monopole de l’Etat sur ce secteur. Le rapport relève ainsi que « l’autorité de régulation, préalable indispensable, n’a pas encore été instituée. Aucune chaîne de droit privé algérien n’a pu voir le jour. La nouvelle législation reste donc théorique, un simple effet d’annonce ».
Cette situation catastrophique pour notre pays ne date pas d’hier, mais elle semble continuer à s’aggraver. Et pas qu’en Algérie. RSF souligne ainsi que c’est l’ensemble de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) qui se trouve dans une situation comparable. Et alors qu’on aurait pu attendre l’inverse, aucun des bouleversements politiques issus des « printemps arabes » n’est manifestement parvenu à renverser la vapeur. « La région MENA, précise le rapport, se situe toujours à la dernière place » en matière de liberté de la presse.
A l’inverse, certains pays sont toujours aussi vertueux. C’est le cas de la Finlande, des Pays-Bas et de la Norvège qui caracolaient déjà en tête de ce classement en 2011.
Quelles sont les causes de ce recul de l’Algérie et, avec elle, de l’ensemble de la région MENA ? RSF se borne à indiquer, à travers son secrétaire général Christophe Deloire, que sa méthode de classement n’a pas pris en compte les différences de régimes politiques tout en relevant que les démocraties s’en tirent systématiquement mieux « en protégeant la liberté de production et de diffusion des informations factuelles. » En dépit des conflits d’intérêt qui émaillent souvent leurs systèmes médiatiques et leurs collusions avec les pouvoirs politiques, les régimes démocratiques n’en sont pas moins soucieux de préserver la liberté de la presse.
Bien sûr, il est toujours tentant de regarder le verre à moitié plein ! Et de ce point de vue, il est vrai qu’il y a pire que l’Algérie : le trio infernal formé par le Turkménistan, l’Erythrée et la Corée du Nord confortent leur position en queue de peloton.
Proposé par Kamel Redouane 2 avril 2013 Kamel Redouane : Journaliste à Chouf-chouf.com
On: http://www.chouf-chouf.com/
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Coup de colère d'un journaliste algérien à l'ENTV
L'ENTV aurait-elle décidé d'innover dans sa programmation ? Pour la première fois la télévision nationale algérienne diffuse un débat contradictoire, où les intervenants n'y vont pas de main morte et assument des discours parfois dérangeants au sujet des affaires de corruption...
C'est un vent de révolte qu'a connu l'émission Hiwar Essa de l'ENTV. Plusieurs journalistes invités à débattre sur l'actualité se sont enflammés sur le sujet de la corruption. Une actualité brûlante qui a suscité le débat. Abdelkrim Ghezali, l'ancien directeur de rédaction du quotidien La Tribune, présent sur le plateau de l'émission est celui qui marque plus cette séquence historique. Il ne mâche pas ses mots et va jusqu'à taper du poing sur la table lorsqu'il est question de corruption. »Je ne me tairais pas, alors que l'argent des Algériens est volé », a-t-il lancé.
Ce fléau qu'il accuse de briser l'Algérie, le journaliste le compare à une guerre, « la corruption est pire que le terrorisme ! », a-t-il affirmé sur le plateau de la télévision nationale. Ces crimes financiers deviendraient incontrôlables d'après le journaliste. « L'Algérie est en train de se casser et personne ne pourra la réparer », a encore ajouté M. Ghezali. Il va jusqu'à accuser certains de ses confrères journalistes d'un manque d'objectivité sur ce genre de fait. « On confond l'information et le renseignement ! » s'est indigné le journaliste algérien sur le plateau de télévision.
C'est sans doute la première fois qu'un tel discours est diffusé sur l'ENTV. La vidéo commence à faire le buzz sur les réseaux sociaux et les commentaires des internautes algériens saluent le courage du journaliste qui a osé sur une télévision d'Etat porter haut et fort son discours dénonciateur, que beaucoup ont qualifié de « miracle » audiovisuel.
On: www.algerie-focus.com
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Cela s’est passé sur le plateau de l’émission « Hiwar Essa » dont le thème était la corruption et les scandales qui se succèdent depuis plusieurs mois. Le ton monte, les propos sont de plus en plus virulents entre les invités, lorsque soudain Abdelkrim Ghezali, ancien directeur de la rédaction du quotidien La Tribune, monte au créneau. Exaspéré par la chape de plomb qui règne sur le paysage médiatique, il assène son point de vue et réclame de la transparence et de l’objectivité de la part de ses confrères journalistes : « Je ne me tairais pas, alors que l’argent des Algériens est volé », va-t-il jusqu’à s’écrier en tapant du poing sur la table.
Tandis que vient de paraître le rapport de RSF (Reporters sans Frontières) sur la liberté de la presse qui classe l’Algérie au 125ème rang sur 129 pays, ce débat, complètement inédit sur la chaîne d’Etat, vient redonner de l’espoir à ceux qui croient encore que les choses peuvent s’améliorer.
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La liberté de la presse recule encore en Algérie
Dans un rapport qui vient de tomber, l’ONG « Reporters sans frontières » classe l’Algérie 125ème sur 179 pays, contre 122ème en 2011. Si l’Algérie fait mieux que le Maroc et la Tunisie – classés respectivement 135ème et 138 ème, ce résultat est préoccupant.
Entre autres dysfonctionnements, le rapport de RSF pointe les pressions dont font l’objet de nombreux journalistes, voire « la multiplication des agressions et des procès » que subissent certains d’entre eux. Comme dans son précédent rapport, RSF critique aussi les « pressions économiques sur les médias indépendants » et le verrouillage du champ audiovisuel plus d’un an après le vote d’une nouvelle loi sur l’information par le Parlement qui était censé mettre un terme au monopole de l’Etat sur ce secteur. Le rapport relève ainsi que « l’autorité de régulation, préalable indispensable, n’a pas encore été instituée. Aucune chaîne de droit privé algérien n’a pu voir le jour. La nouvelle législation reste donc théorique, un simple effet d’annonce ».
Cette situation catastrophique pour notre pays ne date pas d’hier, mais elle semble continuer à s’aggraver. Et pas qu’en Algérie. RSF souligne ainsi que c’est l’ensemble de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) qui se trouve dans une situation comparable. Et alors qu’on aurait pu attendre l’inverse, aucun des bouleversements politiques issus des « printemps arabes » n’est manifestement parvenu à renverser la vapeur. « La région MENA, précise le rapport, se situe toujours à la dernière place » en matière de liberté de la presse.
A l’inverse, certains pays sont toujours aussi vertueux. C’est le cas de la Finlande, des Pays-Bas et de la Norvège qui caracolaient déjà en tête de ce classement en 2011.
Quelles sont les causes de ce recul de l’Algérie et, avec elle, de l’ensemble de la région MENA ? RSF se borne à indiquer, à travers son secrétaire général Christophe Deloire, que sa méthode de classement n’a pas pris en compte les différences de régimes politiques tout en relevant que les démocraties s’en tirent systématiquement mieux « en protégeant la liberté de production et de diffusion des informations factuelles. » En dépit des conflits d’intérêt qui émaillent souvent leurs systèmes médiatiques et leurs collusions avec les pouvoirs politiques, les régimes démocratiques n’en sont pas moins soucieux de préserver la liberté de la presse.
Bien sûr, il est toujours tentant de regarder le verre à moitié plein ! Et de ce point de vue, il est vrai qu’il y a pire que l’Algérie : le trio infernal formé par le Turkménistan, l’Erythrée et la Corée du Nord confortent leur position en queue de peloton.
Proposé par Kamel Redouane 2 avril 2013 Kamel Redouane : Journaliste à Chouf-chouf.com
On: http://www.chouf-chouf.com/
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Coup de colère d'un journaliste algérien à l'ENTV
L'ENTV aurait-elle décidé d'innover dans sa programmation ? Pour la première fois la télévision nationale algérienne diffuse un débat contradictoire, où les intervenants n'y vont pas de main morte et assument des discours parfois dérangeants au sujet des affaires de corruption...
C'est un vent de révolte qu'a connu l'émission Hiwar Essa de l'ENTV. Plusieurs journalistes invités à débattre sur l'actualité se sont enflammés sur le sujet de la corruption. Une actualité brûlante qui a suscité le débat. Abdelkrim Ghezali, l'ancien directeur de rédaction du quotidien La Tribune, présent sur le plateau de l'émission est celui qui marque plus cette séquence historique. Il ne mâche pas ses mots et va jusqu'à taper du poing sur la table lorsqu'il est question de corruption. »Je ne me tairais pas, alors que l'argent des Algériens est volé », a-t-il lancé.
Ce fléau qu'il accuse de briser l'Algérie, le journaliste le compare à une guerre, « la corruption est pire que le terrorisme ! », a-t-il affirmé sur le plateau de la télévision nationale. Ces crimes financiers deviendraient incontrôlables d'après le journaliste. « L'Algérie est en train de se casser et personne ne pourra la réparer », a encore ajouté M. Ghezali. Il va jusqu'à accuser certains de ses confrères journalistes d'un manque d'objectivité sur ce genre de fait. « On confond l'information et le renseignement ! » s'est indigné le journaliste algérien sur le plateau de télévision.
C'est sans doute la première fois qu'un tel discours est diffusé sur l'ENTV. La vidéo commence à faire le buzz sur les réseaux sociaux et les commentaires des internautes algériens saluent le courage du journaliste qui a osé sur une télévision d'Etat porter haut et fort son discours dénonciateur, que beaucoup ont qualifié de « miracle » audiovisuel.
On: www.algerie-focus.com
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Pays
|
Rang
|
DANEMARK
|
1
|
FINLANDE
|
1
|
USA
|
19
|
France
|
22
|
ARABIE S
|
66
|
TUNISIE
|
75
|
MAROC
|
88
|
ALGERIE
|
105
|
EGYPTE
|
118
|
MAURITANIE
|
123
|
AFGHANISTAN
|
174
|
COREE DU
NORD
|
174
|
SOMALIE
|
174
|
Le monde est toujours aussi corrompu. C'est le premier bilan, forcément caricatural, que l'on peut tirer du classement dévoilé aujourd'hui par Transparency International. Selon l'ONG, "deux tiers des 176 pays évalués dans l'indice 2012 obtiennent un score inférieur à 50, sur une échelle allant de 0 (perçu comme fortement corrompu) à 100 (perçu comme très peu corrompu)".
Dans ce classement, le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande occupent conjointement la première place avec un score de 90. Ces pays ont en commun d'avoir un accès sécurisé aux systèmes d'information et des règles régissant le comportement de leur dirigeants. En dernière place, on trouve l'Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie.
On: www.courrierinternational.com
jeudi, avril 04, 2013
383- Pour ne pas oublier ALI MECILI
À l’initiative de sa famille et de ses amis
RASSEMBLEMENT pour Ali Mécili
Le dimanche 7 avril 2013 à 14 h 30
Cimetière du Père Lachaise – Entrée principale
Ali Mécili à l'Assemblée générale du MDA les 21 et 22 Mars 1987 à Paris.
Il sera assassiné le 7 avril 1987
« Rien ne se construit dans la dissimulation, dans l’oubli, et encore moins dans le déni. La vérité, elle, n’abîme pas, elle répare ; la vérité, elle, ne divise pas, elle rassemble. (…) Connaître, établir la vérité, c’est une obligation, et elle lie les Algériens et les Français. » Ces paroles prononcées par François Hollande, lors de sa visite d’État en Algérie les 19 et 20 décembre derniers, vaudront-elles un jour pour André-Ali Mécili, compagnon de Hocine Aït-Ahmed et porte-parole de l’opposition algérienne démocratique, exécuté le 7 avril 1987 à Paris sur ordre des services secrets algériens. Vaudront-elles aussi pour lui dont l’assassin présumé a aussitôt été expulsé en Algérie par le gouvernement français pour le soustraire au cours de la justice ?
Nous attendons depuis trop longtemps que la vérité soit reconnue et la justice accomplie.
Le 29 mai 1989, François Mitterrand, alors président de la République, répondait à la lettre que je lui avais adressée à la veille de son voyage en Algérie : « Je souhaite comme vous que la lumière soit faite sur un crime particulièrement odieux. (…) Je puis vous assurer (…) que, conformément aux instructions qu’il a reçues, le Garde des sceaux est déterminé à ne rien négliger pour que l’instruction soit menée à son terme. »
Nous sommes en 2013, le crime demeure impuni et nous, nous refusons l’oubli. L'assassinat de Mécili oblige les Algériens et les Français.
Nous nous retrouverons ce 7 avril, à 14 h 30, pour nous recueillir sur sa tombe.
Paris, le 26 mars 2013.
Annie Mécili
On: algeria-watch
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Wikipedia
Ali André Mécili
Ali André Mécili est un homme politique algérien et citoyen français, né à Koléa en 1940, mort assassiné à Paris le 7 avril 1987.
Tôt engagé dans la guerre de libération algérienne, il fut l'un des responsables des services de renseignement de l'ALN. Après l'indépendance, il participa à la création du Front des forces socialistes et à son action en faveur du pluralisme politique en Algérie. Emprisonné, puis émigré en France, il y devint avocat et reprit une activité politique aux côtés de Hocine Aït Ahmed. Il s'attacha à rapprocher les différents courants de l'opposition algérienne entre lesquels il occupait, au moment de sa mort, une position charnière1.
Son assassinat constitue le point de départ de l'affaire Mécili, où l'enlisement prolongé de l'enquête a été dénoncé par ses proches et certains journalistes comme l'effet d'une collusion des raisons d'État algérienne et française2. Toujours en cours, l'instruction a connu un rebondissement avec l'arrestation le 14 août 2008 de Mohamed Ziane Hasseni, responsable du protocole au ministère des Affaires étrangères algérien et soupçonné d'avoir été l'organisateur du meurtre. Le diplomate a obtenu un non-lieu le 31 août 20103.
Reportage sur l'assassinat de Ali Mécili - CANAL + le 20 juin 1999
Biographie
Un jeune Kabyle de la Mitidja né français
André Mécili naît à la fin de 1940 de parents kabyles établis à Koléa, dans la Mitidja. Son père, originaire de Djemâa-Saharidj, est garde-champêtre, sa mère postière. Ils ont pris, par naturalisation, la nationalité française : lui-même la reçoit de naissance, par filiation.
Ses études conduisent le garçon du collège de Boufarik au lycée de Ben Aknoun, où il rejoint la cellule du FLN. La petite ferme acquise par ses parents à Chaïba est un refuge pour les maquisards4 et le jeune Mécili est rapidement impliqué dans des tâches de liaison et de pourvoyeur de caches. Pour ses camarades, il choisit de se prénommer Ali.
La fin de l'année 1960 est marquée dans les principales villes d'Algérie par de grandes manifestations populaires de soutien au FLN. À Alger, Ali Mécili et ses camarades lycéens participent au service d'ordre et assurent les relations avec la presse française5. À la même époque, les vingt ans du jeune homme lui valent d'être appelé sous les drapeaux pour faire ses classes : il fuit le territoire pour rejoindre, via Marseille et l'Italie, les troupes algériennes basées en Tunisie.
L'expérience du MALG
À Tunis, c'est le Ministère de l'Armement et des Liaisons générales (MALG), le service de renseignement de l'ALN, qui détient la haute main sur le filtrage et l'aiguillage des nouvelles recrues. Mécili y est incorporé d'office et rapidement transféré vers la Base Didouche, dans la banlieue de Tripoli. Quelques semaines plus tard, il est porté avec le grade de Lieutenant à la tête de l'une des deux sections de la base, chargée des activités d'espionnage à l'étranger.
En dépit de cette rapide prise de responsabilités, le bilan qu'André Mécili tire de son expérience est sombre : « [...] j'ai connu les poux et les punaises, la saleté, l'hypocrisie, la bassesse humaine, les exécutions sommaires de ceux qui n'ont rien fait de mal et qui ne pourront plus rien faire. J'ai connu la honte, la peur, l'épuisement, le défaitisme, en d'autres termes, j'ai connu l'homme, à nu [...]6 ».
À l'été 1962, l'indépendance acquise, les effectifs du MALG sont envoyés sur Alger pour y soutenir l'alliance formée par le Bureau politique et le groupe de Tlemcen contre celui de Tizi-Ouzou. Les camions contournent les wilayas II et III, hostiles, pour rejoindre la capitale par l'ouest. À proximité d'Orléansville (aujourd'hui Chlef), Mécili s'échappe du convoi. Il prend contact avec les officiers de sa région, la wilaya IV, qu'il avertit des risques de transformation du MALG en police politique7.
Un opposant dans les « services »
Autour de l'ancienne « zone autonome d'Alger », des mouvements d'étudiants, de syndicalistes, de femmes et de jeunes s'organisent pour tenter de maintenir la paix civile face à l'affrontement des alliances politico-militaires rivales. Avec eux, Ali Mécili s'investit dans les manifestations de masse qui proclament à l'adresse des chefs du FLN : « Sept ans, ça suffit8 ! » À l'automne 1962, il prend contact avec Hocine Aït Ahmed qui, de la tribune de l'Assemblée constituante, cherche à préserver les possibilités d'un débat politique pacifique et ouvert9.
En septembre 1963, les deux hommes se retrouvent pour la création du Front des forces socialistes (FFS). Mécili prend en charge l'impression et la diffusion de la propagande du nouveau parti. Très proche des milieux étudiants, il y impulse la constitution d'un courant favorable à la démocratie et à l'autonomie syndicale, face à la direction FLN de l'Union nationale des étudiants algériens (UNEA). Son activité d'organisation porte aussi sur l'action du FFS en faveur d'un mouvement syndical libre et du combat des femmes pour leur émancipation10.
Parallèlement, André Mécili réintègre les services secrets, devenus entretemps Sécurité militaire (SM). Lorsqu'en réponse à l'assaut de l'armée le FFS soulève la Kabylie, sa position lui permet de « désinformer » le pouvoir sur l'état du mouvement, tout en fournissant à son parti des données précieuses sur les projets répressifs qui le visent. Ses fonctions officielles le conduisent par ailleurs à La Havane, pour le cinquième anniversaire de la révolution cubaine : c'est pour lui l'occasion de discuter avec Fidel Castro et Che Guevara. Il apprécie la fraternité du peuple cubain et relève les efforts faits par les dirigeants en faveur des campesinos11.
Le 17 octobre 1964, un an après le début de l'insurrection du FFS, Aït Ahmed et Mécili sont arrêtés ensemble en Kabylie, au cours d'une de leurs rencontres clandestines. Ali Mécili est sauvé de l'exécution par la volonté de négociation d'Ahmed Ben Bella et l'attentisme des services face aux difficultés du régime. Transféré à la prison militaire d'Oran, il est libéré le 1er novembre 196512, peu après le coup d'État de Houari Boumédiène.

Dans l'émigration, du militantisme à l'université
Début 1966, c'est l'exil en France où le FFS cherche à se réorganiser autour de l'émigration. Arrivé à Marseille en avril 1967, Mécili relance, coordonne et dirige jusqu'au début de 1968 les activités de son parti dans tout le sud du pays13. S'élevant contre la tendance à toujours repousser « une démocratisation rendue impossible par les circonstances exceptionnelles que nous sommes censés traverser », il cherche au contraire, par la mise en place de djemaas élues, à appliquer la formule selon laquelle « la démocratie d'aujourd'hui est également la garantie de la démocratie de demain14. »
André Mécili prend alors ses distances à l'égard d'une forme de militantisme qu'il estime inadaptée au contexte du moment : en l'absence de débouchés politiques en Algérie, l'activité partisane lui paraît tourner à l'agitation en vase clos15. En 1969, à vingt-neuf ans, il entreprend des études de droit et de sciences politiques à Aix-en-Provence. Il les y poursuivra jusqu'à leur terme.
L'avocat parisien, cheville ouvrière de l'opposition algérienne
En 1973, ses examens obtenus et son stage d'avocat effectué, Maître Mécili s'installe à Paris. Son cabinet devient un lieu d'accueil non seulement pour les travailleurs immigrés d'Algérie, mais aussi pour les exilés de toute appartenance nationale ou politique.
À partir de 1975, Ali Mécili reprend une activité politique et s'attache à mobiliser les opposants algériens autour des problèmes de droits de l'homme16. Ne s'en dissocie pas, pour lui, celui des droits culturels et en particulier du droit à l'existence de la langue et de la culture berbères. En 1978, il fonde à Paris, avec le soutien financier du FFS, une coopérative, Tiwizi, qui se donne pour objet l'édition et la diffusion de publications en langue berbère17.
La formation politique est une autre des priorités de Mécili : en 1978 et 1979, il organise et anime plusieurs stages pour de jeunes militants venus principalement de Kabylie. Le séminaire qu'il encadre en mars 1979 aboutit à la publication d'un « avant-projet de plate-forme politique », document de synthèse qui défend, face aux « fictions socialistes » entretenues par le « colonialisme intérieur », la « voie libératrice » d'un socialisme fondé sur « l'autonomie personnelle, locale et régionale18 ». Beaucoup des participants de ces sessions se retrouveront en 1980 parmi les animateurs du printemps berbère.

André Mécili utilise les contacts tissés au fil des ans pour travailler au rapprochement des différents courants de l'opposition algérienne. C'est lui le principal artisan de l'accord de Londres, conclu le 19 décembre 1985 entre le Mouvement pour la Démocratie en Algérie (MDA) d'Ahmed Ben Bella et le FFS d'Hocine Aït Ahmed. C'est encore lui qui, en août 1986, lance le journal Libre Algérie, auquel collaboreront des militants des deux partis. En octobre, l'avocat combat avec succès, en alertant l'opinion publique, la tentative d'expulsion de treize militants benbellistes. Il tente également d'obtenir, au nom de la liberté de la presse, le report des mesures d'interdiction prises en décembre 1986 et mars 1987 contre les revues successives du MDA. Ali Mécili interviendra une dernière fois en public, le 22 mars 1987 à Paris, dans une réunion du MDA19. La question du terrorisme est encore un domaine où Mécili s'oppose au pouvoir algérien. Lui-même a mis, depuis fin 1985, ses relations et ses talents de médiateur au service de la libération des otages français du Liban20. Et il n'a de cesse de dénoncer l'ambiguïté du rôle de l'Algérie vis-à-vis des mouvements terroristes, allant jusqu'à déclarer sur FR3, le 26 mars 198721 : « Quand on est terroriste à l'égard de son peuple, il n'y a qu'un pas à franchir pour l'être aussi sur le plan international [...]22 »
Quelques années auparavant, se sachant personnellement menacé, il a écrit dans un texte qui sera trouvé après sa mort : « Lorsqu'on ouvrira cette lettre, se sera accomplie une destinée qui, depuis ma plus tendre enfance, n'aura jamais cessé de hanter mon esprit. [...] Je meurs sous des balles algériennes pour avoir aimé l'Algérie. [...] Je meurs seul, dans un pays d'indifférence et de racisme. [...] Je meurs pour avoir vu mourir l'Algérie au lendemain même de sa naissance et pour avoir vu baillonner l'un des peuples de la Terre qui a payé le plus lourd tribut pour affirmer son droit à l'existence23. »
Le 7 avril 1987, Ali André Mécili est assassiné à l'entrée de son immeuble parisien.
Chronologie de l'affaire Mécili
1987
• 7 avril : à 22 h 35, Maître Mécili, avocat au barreau de Paris et dirigeant de l'opposition algérienne en France, est assassiné dans l'entrée de son immeuble du 74, boulevard Saint-Michel, de trois balles dans la tête.
• 8 avril : selon Hocine Aït Ahmed, quelques heures après le crime, le ministre français de l'Intérieur, [le duo Charles Pasqua-Robert Pandreau, respectivement ministre de l’Intérieur et responsable de la sécurité publique, ont téléphoné à l'ambassadeur d'Algérie en France pour « l'assurer que l'Algérie n'avait rien à voir avec cette affaire24 ».
• 10 avril : une information judiciaire est ouverte et confiée à la juge d'instruction Françoise Canivet-Beuzit. Pendant près de six mois il n'en filtrera rien.
• 14 mai : la police reçoit un « renseignement confidentiel » qui accuse un petit truand algérien, Abdelmalek Amellou (Malek), d'avoir commis le meurtre pour le compte des services spéciaux de son pays.
• 18 mai : un second renseignement dénonce un commanditaire officier de la Sécurité militaire algérienne, un intermédiaire et deux exécutants : Amellou et un certain Samy.
• 21 mai : la ligne téléphonique qu'Amellou, alors absent de Paris, partage avec sa concubine Fatna Beliali, est mise sur écoute.
• 29 mai : une conversation téléphonique du couple fait allusion à un risque d'attentats à Paris.
• 6 juin : Abdelmalek Amellou revient à Paris. Au téléphone, son frère cherche à le rassurer sur le « pognon » mis en sécurité en Corse tout en s'inquiétant pour sa propre protection.
• 10 juin : le suspect est arrêté et placé en garde à vue avec sa concubine. Il est porteur d'un ordre de mission officiel de la Sécurité militaire25, signé du capitaine Rachid Hassani. Néanmoins il nie tout rapport avec le crime et, confronté au principal témoin, il n'est pas reconnu26.
• 11 juin : Amellou admet connaître tous les acteurs cités dans le second « renseignement confidentiel », d'autant que les policiers ont découvert sur lui un papier mentionnant « Samy » avec une adresse en Corse. Un inspecteur est envoyé dans l'île.
• 12 juin : bien qu'il ait rapidement repéré une piste, l'inspecteur est rappelé « au plus tôt » par sa hiérarchie. À Paris, le juge n'estime pas nécessaire d'inculper le truand. Celui-ci est remis en garde à vue, mais cette fois dans le cadre de l'instruction ouverte sur les attentats terroristes de 1986. Sans résultat, si ce n'est la confirmation qu'il donne, mais à une autre équipe d'enquête, de ses liens avec la Sécurité militaire.
• 14 juin : dès sa sortie de garde à vue et en application d'un arrêté d'expulsion27 pris dès le 12 juin par Robert Pandraud, ministre de la Sécurité, Abdelmalek Amellou est renvoyé en Algérie en compagnie de Fatna Beliali. La décision, motivée par « l'urgence absolue », s'appuie sur des affaires remontant, pour les plus récentes, à 1983.
• 17 juin : restés comme l'ensemble de l'opinion dans l'ignorance des faits qui précèdent, les proches d'Ali Mécili constituent un comité de défense qui dénonce l'immobilisme de l'instruction.
• 28 septembre : trois mois et demi après les faits, l'hebdomadaire Le Point révèle l'arrestation du principal suspect et son expulsion chez ses probables commanditaires. Le scandale soulevé paraîtra un moment réactiver l'enquête.
• 2 octobre : les policiers versent au dossier des pièces qu'ils conservaient depuis plusieurs mois28 : les témoignages de l'entourage d'André Mécili sur les menaces qu'il recevait et les auditions menées à partir du 11 juin29, qui mentionnaient les liens d'Amellou avec les services spéciaux.
• 6 octobre : les avocats d'Annie Mécili, veuve de la victime, demandent au juge d'instruction de délivrer une commission rogatoire internationale en vue de l'audition du truand en Algérie.
• 27 novembre : l'une des sœurs de Fatna Beliali déclare à un inspecteur que celle-ci lui a avoué la culpabilité d'Amellou. Quelques heures plus tard, après audition par un autre fonctionnaire, elle revient entièrement sur son témoignage (en 1992, par une nouvelle rétractation, elle reviendra à sa première version30).
1988-2007
• 28 mars 1988 : neuf mois après l'expulsion du suspect, le juge d'instruction délivre une commission rogatoire internationale à destination des autorités algériennes.
• 20 juin 1989 : on découvre à Barbès le cadavre de Khaled Dahbal : militant du parti d'Ahmed Ben Bella, il menait ses propres recherches sur l'assassinat de l'avocat qui avait assuré sa défense. L'enquête conclura à un règlement de comptes31.
• 21 décembre 1989 : devant la lenteur et les incohérences de l'instruction, les avocats d'Annie Mécili déposent une plainte pour « forfaiture et attentat aux libertés publiques32 ».
• 24 décembre 1990 : après trente-trois mois de silence, la justice algérienne répond à la commission rogatoire que « les investigations multiples et réitérées [...] sont demeurées vaines et infructueuses33 ».
• 13 mars 1991 : la chambre criminelle de la Cour de cassation désigne la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Lyon pour instruire la plainte d'Annie Mécili34.
• 27 octobre 1992 : la chambre d'accusation lyonnaise juge la plainte irrecevable35, la plaignante étant supposée ne pas « avoir personnellement souffert d'un préjudice causé par les infractions alléguées34 ».
• 9 novembre 1992 : concernant l'assassinat, le procureur de la République parisien prend des réquisitions tendant à un non-lieu34.
• 20 novembre 1992 : en application des réquisitions du procureur, le juge Gilles Rivière (qui a remplacé Françoise Canivet-Beuzit) prononce le non-lieu35. Les avocats d'Annie Mécili forment rapidement un appel contre cette ordonnance.
• 8 mars 1993 : lors de l'examen de l'appel d'Annie Mécili par la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Paris, le parquet général se prononce pour la poursuite de l'enquête36.
• 30 mars 1993 : la chambre d'accusation parisienne ordonne la continuation de l’instruction, confiée à la juge Chantal Perdrix37.
• 4 septembre 1998 : une nouvelle commission rogatoire internationale est adressée aux autorités algériennes38. Elle restera sans réponse.
• 29 octobre 1999 : le ministre français de la Justice demande aux autorités algériennes de lui faire connaître la nature des obstacles à l’exécution de cette commission rogatoire38.
• 23 mai 2000 : les autorités françaises adressent une nouvelle demande d'éclaircissement à la justice algérienne38.
• 14 juin 2001 : dans un entretien au Nouvel Observateur, Hichem Aboud, ancien chef de cabinet du directeur central de la Sécurité militaire algérienne, affirme connaître Rachid Hassani (le signataire de l'ordre de mission d'Amellou) et que celui-ci lui a confié être l'organisateur de l'assassinat39. En juillet, entendu sur convocation par le juge Baudoin Thouvenot (qui a repris le dossier), il réitère ses déclarations40.
• 2 juillet 2003 : à la demande de Maître Antoine Comte, avocat d'Annie Mécili, le juge Thouvenot entend le témoignage du colonel Mohammed Samraoui, ex-officier de la Sécurité militaire réfugié en Allemagne : trois mois après le crime, il a vu un certain Mohamed Ziad Hassani (ainsi prénommé sur sa carte de visite, mais se présentant lui-même comme « Rachid ») remettre à Amellou, en règlement de son « contrat », une forte somme d'argent41.
• 13 novembre 2007 : en dépit de ces éléments nouveaux, le parquet estime que « la délivrance d’un mandat d'arrêt ne s’impose pas42 ».
• 7 décembre 2007 : contre l'avis du parquet, le juge Baudoin Thouvenot lance un double mandat d'arrêt international contre Abdelmalek Amellou et Mohamed Ziane (ou Rachid) Hassani42.
2008
• 14 août : Mohamed Ziane Hasseni, responsable du protocole au ministère des Affaires étrangères algérien, est arrêté à l'aéroport de Marseille Provence à l'arrivée d'un vol en provenance d'Alger : malgré le passeport diplomatique dont il est porteur, il n'est pas répertorié parmi les bénéficiaires de l'immunité diplomatique43.
• 15 août : Hasseni est transféré à Paris et déféré devant la juge Goetzmann, Baudouin Thouvenot, son collègue chargé du dossier, étant en congés. Le diplomate algérien est mis en examen pour « complicité d'assassinat », en dépit de la position du parquet qui obtient en revanche qu'il ne soit pas placé en détention mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire44.
• 1er septembre : entendu par le juge Thouvenot, Hasseni, se déclarant victime d'une homonymie, fait appel de sa mise en examen et de son placement sous contrôle judiciaire mais refuse de se soumettre aux expertises ADN et graphologiques45.
• 2 septembre : Maître Antoine Comte dépose pour la famille Mécili une demande de confrontation entre Hasseni et son accusateur Mohammed Samraoui46.
• 14 octobre : la Cour d'appel de Paris confirme la mise en examen de Hasseni ainsi que son placement sous contrôle judiciaire, contre l'avis du parquet général qui avait requis le non-lieu47.
• 12 novembre : Hasseni se soumet à des tests ADN et graphologiques48.
• 17 décembre : Hasseni demande à être confronté à son accusateur Mohammed Samraoui49. Hichem Aboud, l'autre témoin, est entendu par le juge Thouvenot ; il indiquera ensuite avoir défendu l'innocence de Hasseni et désigné comme commanditaires du crime l'ancien président Chadli Bendjedid et son chef de cabinet Larbi Belkheir40.
• 19 décembre : Mohammed Samraoui, que les dernières déclarations de Hichem Aboud accusent aussi de complicité dans l'assassinat40, ne se rend pas à la convocation du juge Thouvenot50.
• 24 décembre : selon le quotidien en ligne TSA - Tout sur l'Algérie, les résultats des tests ADN subis par Hasseni sont négatifs, ceux de l'expertise graphologique n'ayant pas été communiqués51.
2009
• 12 février : d'après Rue89, un réquisitoire écrit du parquet se prononce pour le maintien du contrôle judiciaire de Mohamed Ziane Hasseni52.
• 17 février : selon la même source, un second réquisitoire, identique au précédent « au mot et à la virgule près, portant la même signature », se conclut pourtant dans le sens opposé52.
• 20 février : la défense de Hasseni plaide une nouvelle fois l'annulation de son inculpation et de son placement sous contrôle judiciaire devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris53. Au cours de l'audience, d'après Rue89, le représentant du parquet explique son revirement en faveur de la levée du contrôle judiciaire « par le fait que s’agissant d’un "dossier suivi", il l’avait "transmis" à sa hiérarchie52. »
• 27 février : la chambre de l'instruction décide la levée partielle du contrôle judiciaire du diplomate mis en examen, le laissant libre de quitter la France54.
• 4 juin : le juge Alain Philibeaux (qui a succédé à Baudoin Thouvenot début 2009), assisté de Corine Goetzman, confronte Hasseni, dont les tests graphologiques se sont révélés négatifs, avec les témoins Hichem Aboud et Mohammed Samraoui. Ce dernier est en visioconférence depuis l'Allemagne55. Après avoir fait état de pressions et de tentatives de corruption venues du DRS, il nuance sa conviction quant à l'identification de Hasseni avec le capitaine Rachid Hassani56.
• Fin août : Hasseni dépose devant la justice une « requête aux fins de non-lieu »57.
2010
• 9 février : le parquet de Paris requiert le non-lieu en faveur de Mohamed Ziane Hasseni58.
• 30 mars : le juge Alain Philibeaux écarte le non-lieu, jugé « prématuré » faute de suffisamment « d'éléments avérés mettant hors de cause » Hasseni. Il fait toutefois passer ce dernier du statut de mis en examen à celui de témoin assisté et demande la poursuite d'investigations en Algérie59,60.
• 26 août : Rue89 annonce avoir eu connaissance d'écoutes téléphoniques versées au dossier en décembre 2009 et établissant les pressions subies par Mohammed Samraoui pour qu'il revienne sur son témoignage contre Hasseni61.
• 28 août : dans une déclaration au quotidien en ligne TSA - Tout sur l'Algérie, Samraoui confirme le contenu des écoutes téléphoniques62.
• 31 août : la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris accorde à Hasseni le non-lieu qu'il demandait. Cette décision est motivée par le « caractère évolutif » des déclarations de Samraoui ainsi que par les résultats de l'expertise graphologique réalisée sur l'ordre de mission signé « capitaine Hassani »63.
Notes et références
1. ↑ La source biographique la plus fournie reste le livre de son ami Hocine Aït Ahmed, L'Affaire Mécili, La Découverte, coll. « Poche », Paris, 2007, rééd. (1re éd. 1989).
2. ↑ Sur les premières années de l'affaire, l'ouvrage le plus détaillé est celui du journaliste Michel Naudy, Un Crime d'États : l'Affaire Mécili, Albin Michel, Paris, 1993.
3. ↑ Le dossier « Affaire Mécili » [archive] sur Algérie-Politique [archive] reprend régulièrement (entre autres) les dépêches AFP sur l'affaire.
4. ↑ Hocine Aït Ahmed, op. cit., pp. 99-100 (sauf exception, on retrouvera les éléments qui ne font pas l'objet d'une note spécifique aussi bien dans cet ouvrage que dans celui déjà cité de Michel Naudy).
5. ↑ Ibid., pp. 92-94.
6. ↑ Ibid., p. 75, extrait d'une lettre de Mécili à des amis italiens.
7. ↑ Ibid., p.89.
8. ↑ Ibid., pp. 97-98.
9. ↑ Ibid., pp. 113-114 et 243-244.
10. ↑ Ibid., pp. 119-120.
11. ↑ Ibid., pp. 147-148.
12. ↑ Ibid., p. 167.
13. ↑ Ramdane Redjala, L'Opposition en Algérie depuis 1962, t. 1 : Le PRS-CNDR et le FFS, L'Harmattan, coll. « Histoire et Perspectives Méditerranéennes », Paris, 1988, p. 202, note.
14. ↑ A. Mécili, FFS - Djemaa provisoire pour l'Europe - Djemaa du District Sud : Rapport d'activité, repris in Ramdane Redjala, op. cit., pp. 194-202, annexe VII.
15. ↑ Hocine Aït Ahmed, op. cit., pp. 179-182.
16. ↑ Ibid., p. 183.
17. ↑ Ibid., p. 194.
18. ↑ Front des forces socialistes, L'Alternative démocratique révolutionnaire à la catastrophe nationale : avant-projet de plate-forme politique, brochure interne, mars 1979, en ligne [archive] sur le site officiel du FFS [archive], 29 avril 2006.
19. ↑ http://il.youtube.com/watch?v=jG291QEp_3U&feature=related [archive]
20. ↑ Michel Naudy, op. cit., pp. 150-151.
21. ↑ Ibid., pp. 184-185.
22. ↑ Hocine Aït Ahmed, op. cit., p. 214.
23. ↑ Lettre [archive] présentée dans le dossier réalisé par Valeria Emanuele sur l'enquête de Benoît Collombat, « Dans les coulisses de l’affaire Mécili » [archive], France Inter, 24 septembre 2008, sur franceinter.com [archive].
24. ↑ Hocine Aït Ahmed, op. cit., préface à l'édition de 2007, p. V.
25. ↑ Michel Naudy, op. cit., annexe 1, donne une reproduction de ce document.
26. ↑ Hocine Aït Ahmed, op. cit., p.37, met en doute les résultats de cette confrontation de même que Michel Naudy, op. cit., pp. 68-73, qui relève en outre « l'oubli » où ont été tenus d'autres témoins.
27. ↑ Michel Naudy, op. cit., annexe 2, donne une reproduction de ce document.
28. ↑ Hocine Aït Ahmed, op. cit., p. 55, y relève une violation du Code de procédure pénale français.
29. ↑ Michel Naudy, op. cit., pp. 52-53.
30. ↑ Ibid., pp. 91-92.
31. ↑ Ibid., pp. 92-100.
32. ↑ Ibid., p. 128.
33. ↑ Ibid., pp. 123-124.
34. ↑ a, b et c Ibid., pp. 136-137.
35. ↑ a et b Ibid., préface de Jean Lacouture, pp. 11-12.
36. ↑ Maurice Peyrot, « Six ans après l'assassinat de l'avocat algérien le parquet général demande la réouverture du dossier Mécili » [archive], Le Monde, 10 mars 1993.
37. ↑ « L’affaire Mécili relancée par surprise à Paris » [archive], L'Humanité, 1er avril 1993.
38. ↑ a, b et c Nacer Boudjou, « 7 avril 1987, assassinat de Maître Ali Mécili » [archive] sur afrique du nord . com [archive], 19 février 2006.
39. ↑ Farid Aïchoune et Jean-Baptiste Naudet, « Hichem Aboud rompt la loi du silence » [archive], Le Nouvel Observateur, n° 1910, 14 juin 2001.
40. ↑ a, b et c Hichem Aboud, « Résumé » [archive] de sa déposition du 17 décembre 2008 sur Racines d'Outre-Med' [archive].
41. ↑ Hocine Aït Ahmed, op. cit., préface à l'édition de 2007, pp. VI-VIII.
42. ↑ a et b José Garçon, « Affaire Mécili : vingt ans après, la fin de l'impunité ? » [archive] sur Rue89, 25 décembre 2007.
43. ↑ José Garçon, « Affaire Mécili : vingt ans après, un commanditaire algérien arrêté » [archive] sur Rue 89, 16 août 2008.
44. ↑ José Garçon, « Affaire Mécili : la France couvre l'officiel algérien mis en cause » [archive] sur Rue 89, 30 août 2008.
45. ↑ Benoît Collombat, op. cit.
46. ↑ « La famille Mécili demande une confrontation entre Hassani et Samraoui » [archive], dépêche AFP du 3 septembre 2008.
47. ↑ « L’inculpation de Hasseni confirmée en appel » [archive], dépêche AFP du 14 octobre 2008.
48. ↑ « Mohammed Ziane Hasseni a subi des tests ADN et graphologiques » [archive], dépêche AFP du 13 novembre 2008.
49. ↑ « Affaire Mécili : le diplomate Hasseni veut être confronté à Mohamed Samraoui » [archive], dépêche AFP du 17 décembre 2008.
50. ↑ Samir Allam, « Affaire Mécili : Samraoui confirme qu’il ne s’est pas rendu à la convocation du juge Thouvenot » [archive] sur TSA - Tout sur l'Algérie [archive], 20 décembre 2008.
51. ↑ Sonia Lyes, « Affaire Mécili : les résultats des tests ADN du diplomate Hasseni sont négatifs » [archive] sur TSA - Tout sur l'Algérie [archive], 24 décembre 2008.
52. ↑ a, b et c José Garçon, « Affaire Mécili : Alger récupère un agent, la raison d'État triomphe » [archive] sur Rue89, 2 mars 2009.
53. ↑ Amer Ouali, « Affaire Hasseni : Les avocats du diplomate ont plaidé devant la cour d'appel » [archive], Liberté, 22 février 2009.
54. ↑ « Hasseni libre de quitter la France » [archive], dépêche AFP du 27 février 2009.
55. ↑ Amer Ouali, « Le diplomate Mohamed Ziane Hasseni confronté à son accusateur » [archive], Liberté, 6 juin 2009.
56. ↑ Lounes Guemache, « Affaire Mécili : Mohamed Samraoui revient sur sa confrontation avec le diplomate Hasseni » [archive] sur TSA - Tout sur l'Algérie [archive], 9 juin 2009.
57. ↑ « Affaire Mécili : Mohamed Ziane Hasseni demande un non-lieu » [archive], dépêche AFP du 9 septembre 2009.
58. ↑ Salah C., « Affaire du diplomate Hasseni : Le parquet de Paris requiert le non-lieu » [archive], Le Quotidien d'Oran, 10 février 2010.
59. ↑ Isabelle Mandraud, « L’affaire Mécili continue d’empoisonner les relations franco-algériennes » [archive], Le Monde, 31 mars 2010.
60. ↑ « Mécili : pas de non-lieu pour le diplomate algérien, désormais témoin assisté » [archive], dépêche AFP du 31 mars 2010.
61. ↑ José Garçon, « Affaire Mécili : les écoutes qui accusent un agent algérien » [archive] sur Rue89, 26 aoüt 2010.
62. ↑ « Affaire Mécili : Mohamed Samraoui confirme le contenu des écoutes téléphoniques » [archive] sur TSA - Tout sur l'Algérie [archive], 28 août 2010.
63. ↑ Mathieu Foulkes, « Assassinat de Mecili : un diplomate algérien bénéficie d'un non-lieu » [archive], dépêche AFP du 31 août 2010.
Sources
(Versions ou publications en ligne vérifiées le 22/12/2008.)
Livres et brochures
• Hocine Aït Ahmed, L'Affaire Mécili, La Découverte, coll. « Poche », Paris, 2007, rééd. (1re éd. 1989) (ISBN 978-2-7071-5134-6)
• Front des forces socialistes, L'Alternative démocratique révolutionnaire à la catastrophe nationale : avant-projet de plate-forme politique, brochure interne, mars 1979, en ligne sur le site officiel du FFS, 29 avril 2006
• Michel Naudy, Un Crime d'États : l'Affaire Mécili, Albin Michel, Paris, 1993 (ISBN 2-226-06228-9)
• Ramdane Redjala, L'Opposition en Algérie depuis 1962, t. 1 : Le PRS-CNDR et le FFS, L'Harmattan, coll. « Histoire et Perspectives Méditerranéennes », Paris, 1988 (ISBN 2-7384-0142-2)
Articles de journaux
• Maurice Peyrot, « Six ans après l'assassinat de l'avocat algérien le parquet général demande la réouverture du dossier Mécili », Le Monde, 10 mars 1993
• « L’affaire Mécili relancée par surprise à Paris », L'Humanité, 1er avril 1993
• Farid Aïchoune et Jean-Baptiste Naudet, « Hichem Aboud rompt la loi du silence », Le Nouvel Observateur, no 1910, 14 juin 2001
• Amer Ouali, articles dans Liberté :
o « Affaire Hasseni : Les avocats du diplomate ont plaidé devant la cour d'appel », 22 février 2009
o « Le diplomate Mohamed Ziane Hasseni confronté à son accusateur », 6 juin 2009
• Salah C., « Affaire du diplomate Hasseni : Le parquet de Paris requiert le non-lieu », Le Quotidien d'Oran, 10 février 2010
• Isabelle Mandraud, « L’affaire Mécili continue d’empoisonner les relations franco-algériennes », Le Monde, 31 mars 2010
Publications en ligne
• José Garçon, articles publiés sur Rue 89 :
o « Affaire Mécili : vingt ans après, la fin de l'impunité ? », 25 décembre 2007
o « Affaire Mécili : vingt ans après, un commanditaire algérien arrêté », 16 août 2008
o « Affaire Mécili : la France couvre l'officiel algérien mis en cause », 30 août 2008
o « Affaire Mécili : Alger récupère un agent, la raison d'État triomphe », 2 mars 2009
o « Affaire Mécili : les écoutes qui accusent un agent algérien », 26 aoüt 2010
• Benoît Collombat, « Dans les coulisses de l’affaire Mécili », France Inter, 24 septembre 2008, dossier de l'enquête sur franceinter.com
• Dépêches AFP régulièrement reprises (entre autres) dans le dossier « Affaire Mécili » sur Algérie-Politique
• Articles consacrés au thème « Affaire Mécili » sur TSA - Tout sur l'Algérie
Voir aussi
Bibliographie complémentaire
• Hichem Aboud, La Mafia des généraux, Éditions Jean-Claude Lattès, Paris, 2002 (ISBN 9782709623377)
• Mohammed Samraoui, Chronique des années de sang, Éditions Denoël, Paris, 2003 (ISBN 9782207254899)
• Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, crimes et mensonges d’États, La Découverte, coll. « Poche », Paris, 2005, rééd. (1re éd. 2004) (ISBN 9782707147479)
Articles connexes
• Hocine Aït Ahmed - Front des forces socialistes - Printemps berbère
• Ministère de l'Armement et des Liaisons générales - Département du Renseignement et de la Sécurité
Liens externes
(Vérifiés le 22/12/2008.)
• Annie Mécili, « Lettre ouverte à Sarkozy : l'affaire Mécili contre la raison d'État » sur Rue 89, 13 octobre 2008
• Patrick Pesnot, « L'Affaire Mécili », émission Rendez-vous avec X, France Inter, 11 octobre 2008, transcription sur Le Quotidien d'Algérie
• Dossier de presse « Affaire Mécili » sur Algeria-Watch
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