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jeudi, octobre 09, 2008

113- C'est Le Clézio !



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(Photo Reuters Fev 2008)

Il y a moins d'une demi-heure on a appris la bonne nouvelle. L'Académie suédoise a décerné son prestigieux prix au formidable Le Clézio. Voici ce qu'écrit Le Monde.fr il y a moins de 10 minutes:

Le Nobel de littérature décerné au Français Jean-Marie Le Clézio

LEMONDE.FR avec AFP | 09.10.08 | 13h15 • Mis à jour le 09.10.08 | 15h44

Le prix Nobel de littérature 2008 a été attribué à l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio pour son oeuvre "de la rupture", a annoncé, jeudi 9 octobre, l'academie suédoise. L'académie a fait ce choix d'un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante", selon les attendus de l'académie. Il recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros), le 10 décembre à Stockholm.

En 45 ans d'écriture, Jean Marie Gustave Le Clézio, âgé de 68 ans, grand voyageur fasciné par les mondes premiers, est l'auteur d'une cinquantaine de livres, portés par une grande humanité. M. Le Clézio est né le 13 avril 1940 à Nice d'une famille bretonne (son nom signifie "les enclos" en breton) émigrée à l'île Maurice au XVIIIe siècle. Son père était un médecin de brousse anglais et sa mère, française.

Après sa licence de lettres, il a travaillé à l'université de Bristol et de Londres, consacrant un diplôme d'études supérieures à Henri Michaux. A l'âge de 23 ans, il obtient le prix Renaudot pour Le Procès-Verbal. En 1967, il fait son service militaire en Thaïlande en tant que coopérant mais est expulsé pour avoir dénoncé la prostitution enfantine. Il achève son service au Mexique. Pendant quatre ans, de 1970 à 1974, employé par l'Institut d'Amérique latine, il partage la vie d'Indiens, au Panama : une expérience qui aura beaucoup d'influence sur son oeuvre. Il enseigne ensuite à Albuquerque (Etats-Unis).

Dans une interview à la radio publique suédoise après l'attribution du prix, Jean-Marie Gustave Le Clézio s'est déclaré "très ému et très touché" par la récompense. "C'est un grand honneur pour moi", a-t-il ajouté, précisant qu'il remerciait "avec beaucoup de sincérité l'Académie Nobel". A la question de savoir s'il se considérait comme un écrivain français ou francophone, il a répondu: "Je ne crois pas que l'on puisse faire la distinction. Je suis né en France, mon père était britannique, je suis issu d'un mélange, comme beaucoup de gens en Europe".

L'écrivain était, jeudi matin, l'invité de France-inter, avant l'attribution du prix Nobel.

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Et Lepoint.fr ce jour 09/10/2008 à 14:58

Le prix Nobel de littérature 2008 a été décerné jeudi à Jean-Marie Gustave Le Clézio, 68 ans, premier écrivain français à obtenir cette distinction depuis Gao Xingjian, Chinois naturalisé français, en 2000, et Claude Simon, en 1985.

Il est le 14e écrivain français à recevoir ce prix, si l'on compte le Nobel refusé par Sartre en 1964, et s'inscrit dans la prestigieuse liste qui comprend Mauriac, Camus, Gide ou Bergson.

L'académie suédoise, qui décide du nom du lauréat de ce prix doté de 10 millions de couronnes suédoises (1,4 million de dollars), a voulu récompenser un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur de l'humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante".

JMG Le Clézio, qui vient de publier ce mois-ci un nouvel ouvrage, "Ritournelle de la faim", a commencé en littérature par un coup d'éclat : son premier roman "Le Procès-verbal", récit novateur d'un errant qui "squatte" dans une villa inhabitée et tombe dans des états psychologiques extrêmes, lui valut en 1963, à 23 ans, le prix Renaudot.

"Le Procès-verbal" est emblématique de la première période de son écriture, tournée vers les thèmes de la folie, du langage, et friande d'audaces formelles. Une deuxième période se dessine à partir de la fin des années 70, l'écrivain s'orientant dès lors vers des horizons et civilisations qui lui sont chers.

ETUDES SUR LES INDIENS

Né à Nice en 1940, d'un père britannique et d'une mère bretonne, Le Clézio, a grandi bilingue.

Issu d'une famille qui émigra au XVIIIe siècle à l'île Maurice, il traduit dans son oeuvre de romancier, de nouvelliste comme d'essayiste la diversité de ses origines et son attrait pour les Indiens d'Amérique. Il rédigea dans les années 70 une thèse d'histoire sur le Michoacan, dans le centre du Mexique.

Sa vie est celle d'un écrivain cosmopolite, qui partage aujourd'hui son temps entre Nice, le Mexique, l'île Maurice et d'autres horizons.

A l'âge de sept ans, il se rend au Nigeria avec sa mère pour y retrouver son père. Longtemps plus tard, il écrira "Onitsha" (1991), dans lequel il évoque le Nigeria d'après-guerre, à l'époque coloniale.

"Désert", roman situé à cheval sur le Sahara et Marseille, traite aussi de l'Afrique, des hommes bleus et de l'immigration et a valu à Le Clézio, en 1980, d'être lauréat du premier Grand prix Paul Morand.

JMG Le Clézio a étudié à Bristol et à l'université de Londres aussi bien qu'au Collège littéraire universitaire de Nice. Il effectue en 1967 son service militaire en Thaïlande, au titre de la coopération, mais, expulsé pour avoir dénoncé la prostitution enfantine, le termine au Mexique. Par la suite, il étudiera pendant quatre ans la vie des Indiens, au Panama.

Ses ouvrages évoquent aussi bien l'Afrique que le Mexique (comme, par exemple, "Diego et Frida") ou encore l'océan Indien ("Le Chercheur d'or", "Voyage à Rodrigues").

POLÉMIQUE SUR LA LITTÉRATURE AMÉRICAINE

Une polémique a éclaté dans les jours précédant l'attribution de ce Nobel de littérature 2008, à la suite des propos du secrétaire permanent de l'Académie suédoise.

Horace Engdahl a suscité un tollé en déclarant à une agence de presse que les écrivains américains composaient des oeuvres trop repliées sur les Etats-Unis et ne participaient pas au "grand dialogue" de la littérature.

L'Américaine Toni Morrison est le dernier écrivain des Etats-Unis à avoir obtenu le Nobel de littérature, en 1993. Cette année, les noms de Philip Roth et de Joyce Carol Oates circulaient parmi les favoris du Nobel.

L'oeuvre de JMG Le Clézio est aux antipodes de la vision de la littérature stigmatisée par Horace Engdahl et ce dernier s'en est félicité:

"Ses oeuvres ont un caractère cosmopolite. Français, il l'est, oui, mais c'est plus encore un voyageur, un citoyen du monde, un nomade", a dit Horace Engdahl lors de la conférence de presse pendant laquelle il a annoncé le nom du lauréat.

Le Nobel de littérature sera remis à Le Clézio à Stockholm, lors d'une cérémonie en décembre.

Quels aspects compte-t-il alors aborder dans le discours qu'il prononcera ? Interrogé sur France-Inter jeudi matin, quelques heures avant l'annonce, il répondait ainsi :

"La difficulté que les jeunes ont à se faire publier, par exemple. Sur la difficulté que quelqu'un qui pense en créole a pour traduire sa pensée en français puis pour trouver un éditeur en-dehors de son île. Toute la relativité du système éditorial; c'est si difficile quand on est loin des pays qui ont de l'argent, ça devrait être plus simple."

Bureau de Stockholm, version française Eric Faye

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