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samedi, juillet 20, 2019

661_ Périple 2019_9_ Gori _ GEORGIE_ Samedi 20 07 2019


Nous sommes samedi 20 juillet et nous nous apprêtons à quitter Gori pour  Stephanisminda une petite ville située à quelques kilomètres de la frontière avec la Russie.
Nous avons réussi à nous brancher sur une retransmission en streaming de la finale de la coupe d’Afrique opposant le Sénégal à l’Algérie. Le match s’est achevé sur la victoire de l’Algérie par un but à zéro.
WONE TOU TRI etc
Gori se fiche du WONE TOU TRI etc
À Gori, ici donc, aucun signe, mais alors aucun quant à cet événement majeur (et même plus) pour des millions d’Africains. Rien (lire la vidéo) Nous sommes très heureux pour les Algériens et espérons que cette joie imprègnera ses marques lors des futures marches pour la Démocratie en Algérie.

Lorsque nous avons quitté Trabzon il faisait frisquet et il n’a cessé de pleuvoir. Nous avons pris la direction de la frontière géorgienne et Allah Korusun (ces mots sont collés à l’arrière de nombreux petits véhicules transporteurs de passagers). Des torrents chargés de boue se jettent dans la Mer Noire, certainement suite à des travaux effectués à hauteur des montagnes (routes…) comme nous avons pu le constater à Sumela. Les voies express traversent les villes et la limitation de vitesse est de 80 ou 110 km/h. Les premiers écriteaux en lettres géorgiennes apparaissent à Rize, ainsi que le nom de la ville de Batumi, traduit lui en lettres latines « Bat Um ». Leurs caractères sont de forme ronde et ne disposent ni de majuscules (მხედრული). On dit que ce sont des prêtres géorgiens qui ont inventé cette écriture quatre siècles avant notre ère. On la rapprocherait d’un des 800 alphabets indiens, forment des arabesques absolument incompréhensibles quel que soit l’effort que vous entreprenez.

En fin de journée nous nous sommes arrêtés dans le village KamalPasha, un parmi d’autres dans la région est de la Mer Noire, qui cultivent le thé. Là, le doux climat et les pluies abondantes sont très favorables à sa culture du thé.
Nous avons passé la nuit au pied de la mosquée du village et l’appel à la prière, notamment du Sobh, nous a bien secoués. Et c’est le soir que nous nous sommes aperçu que nous n’avions pas un document qui nous semblait essentiel (selon le site du Ministère français des Affaires étrangères, « France Diplomatie ») au passage en douanes géorgiennes : le « Permis international » dont nous avions fait la demande il y a plus de deux mois, mais qui ne nous a pas été envoyé. C’est dire que la nuit fut très agitée. Je n’ai eu de cesse de penser à l’éventualité d’un refus d’admission en territoire de la Géorgie.
Le mercredi, à la frontière turco-géorgienne, les choses se sont déroulées bien autrement. Le simple permis national français a suffit. Mais la bureaucratie est toutefois difficile à supporter. Nous avons dû prendre une assurance locale (15 € pour le minimum de séjour possible, c’est à dire 15 jours). Après quoi nous avons pris la direction de Batoumi. Conduite aussi folle qu’en Turquie, mêmes réflexes, routes peu entretenues… Batoumi est une grande ville (la 3° du pays après Tbilissi et Koutaïssi) 
Batumi - Géorgie
avec près de 200.000 habitants. Elle se situe dans la région de l’Adjarie. Ses quartiers résidentiels alternent avec les quartiers délaissés, plutôt chaotiques. Un café (café turc)
Café Bambou à Batumi
dans une structure tout en bambous, nous remettra de nos émotions, heureux d’être entrés sans problème. La Georgie est gouvernée par Salomé Zourabichvili depuis décembre 2018, c’est une ancienne diplomate française (elle est franco-géorgienne).  
 Le soir nous avons campé à Kobuleti Camping Zekari.
Le Camping de Kobuleti
Nous avons été chaleureusement accueillis par l’officieux gestionnaire, un Suisse alémanique, très affable. Nous avons passé une soirée sympathique avec des Russes, des Ukrainiens, des Iraniens, un Kazak… enfin, tous ceux qui nous ont aidés à nous désembourber, la terre étant meule. Un des Ukrainiens est en fait un franco-anglais installé depuis près de 30 ans comme agriculteur à Kiev (il possède une maison à Perpignan), le Suisse vit ici, les autres sont de passage, comme nous.
Plage de galets sur la Mer Noire à Kabuleti

Après un tour dans le centre ville où nous avons pris deux
Café au capuccino bidon
Capuccino ratés nous sommes revenus au camp. On longe la principale avenue. Une bambouseraie s’étale devant le Georgia Palace Hôtel. La ville est quelconque, prisée plutôt pour ses plages de galets par les Russes (peu nombreux depuis que Poutine a fermé les robinets). Nous y sommes allés par le minibus N° 1 (25 places). Il suffit de lever le bras, où que l’on se trouve et hop le chauffeur pile. Pour la descente c’est idem, on dit « stop » et aussitôt la porte latérale s’ouvre, on tend la pièce (1 lai = 0, 20 cts d’€) et on saute. Tout cela dans la bonne humeur, sans tapage ni brouhaha.

Nous avons pris la route le lendemain matin. Ma première pensée est allée aux marcheurs algériens de ce vendredi (le 22° depuis le 22 février dernier), alors qu’il était 9 heures du matin ici et 6 heures en Algérie. Les routes ne sont pas toujours matérialisées, sont déformées. On a l’impression de rouler sur deux sillons tortueux creusés dans la chaussée par les pneus des véhicules lourds en temps de fortes chaleurs, ou histoire de mauvais goudron…
Le matin du vendredi il faisait très frais. Un crachin tombait sur Kobuleti. Le temps était à l’orage depuis la veille.
Nous avons eu maille à partir du Camp. La discussion d’au-revoir que nous avons eue avec le Suisse (il s’appelle Roméo) nous a transportés en des lieux que nous avons fréquentés (lui et nous) chacun dans son histoire il y a quelques (dizaines) années : Skagway en Alaska, Dawson city dans le Yukon, Yellowknife, Whitehorse dans les TNO canadiens… quelle étrange sensation d’avoir visité les mêmes contrées, rencontré probablement les mêmes hommes de ces contrées… et l’aventure continue pour tous.
Comme en Turquie, on retrouve ces mêmes bandes jaunes disposées côte à côte par dizaines sur une vingtaine de mètres pour avertir les automobilistes d’un passage piéton.
Sur les routes de nombreuses échoppes de bric et de broc propose du miel artisanal, des fruits et légumes de son jardin, des fleurs. D’autres vous vendent de l’huile pour moteur, du pain, de la vannerie, de la poterie…
Le volant de nombres de voitures se trouve, comme dans les pays anglo-saxons à droite.
À l’arrivée d’un village, une immense croix accueille les automobilistes.
Le Wifi semble peu développé. Autant on dispose d’un réseau, d’un mot de passe, autant on peut attendre de longues minutes sans rien obtenir.
À l’évidence le pays est pauvre, mais il essaie tant bien que mal de se développer. Les aires de repos donnent directement sur la route. Beaucoup de zones ne sont pas goudronnées et les trottoirs inexistants.
Le long de la traversée de villes ou villages, il y a des échoppes, des magasins dont la construction donne l’impression d’être de bois plutôt que de dur, notamment à Zestaponi.
Pauvreté et commerces sur le bord des routes
Sur le bord de la route on peut croiser au gré des villages et des herbages : vaches, chèvres, poules, oies, cochons et veaux…
Nous qui avions pour habitude d’observer des populations européennes plutôt aisées, généralement, et baignant dans des richesses parfois insupportables de vulgarité, ici rien de tout cela. Ce serait plutôt un environnement pauvre, même s’il n’est pas ostensible.
Au centre de la ville, au nord du triangulaire parc Staline, se trouve le musée du même nom.
Musée Staline
Devant lequel se trouve et le train personnel de l’ancien dirigeant dictateur et sa maison que nous n’avons fait qu’effleurer de crainte d’être contaminés…
Maison de Stal
Il n’y a pas foule et c’est mieux ainsi. Seul deux chiens badgés affalés non loin semblent intéressés, mais je n’en suis pas sûr.

Le train perso de Stal
Chiens de garde ?
 Je ne finirai pas ce texte sans une pensée double à deux grands événements qui eurent lieu en même temps il y a 50 ans. Le premier, le 1° festival Panafricain. Alger était devenue (artificiellement) la Mecque de toutes les rencontres branchées durant près de deux semaines (du 21.07 au 01.08.1969) au bénéfice du Dictateur-Pharaon (dont nous payons encore aujourd’hui les turpitudes). Rien ne subsiste de cette époque artificielle, aucun lien sérieux entre l’Algérie et l’Afrique (sauf épisodiquement comme hier soir avec le foot), qu’il soit universitaire, culturel, économique, aucune intégration africaine, rien. Du vide.
Le second événement se déroula dans la nuit du 20 juillet 1969, lorsque les astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin posèrent le pied sur la Lune. 500 millions de téléspectateurs dans le monde ont vu en direct ce premier grand spectacle universel.
Nous sommes samedi matin, il est un peu plus de 10 heures et les Géorgiens commencent à peine à sortir dans la ville de Gori alors que nous nous apprêtons à la quitter pour  Stephanisminda une petite ville située à quelques kilomètres de la frontière avec la Russie. 



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mardi, juillet 16, 2019

660_ Périple 2019_ 8 _ Trabzon, Mardi 16 juillet 2019


 
 

Nous sommes stationnés dans le petit port de Trabzon. Nous y sommes depuis avant-hier. Nous avons quitté Amasra au km 5110. Le jeune homme du Han Cafe nous a dit deux choses, la première est que ce que nous entendions des haut-parleurs, et que d’autres entendaient ailleurs, en d’autres rues et places, était des annonces destinées aux résidants de la ville diffusés par la mairie « baladiyesi » de Amasra ; ce type d’annonces nous l’avions constaté dans d’autres villes comme à Safranbolu et cela nous avait étrangement plongés dans la Chine coco, la deuxième chose est que la météo prévoyait pour le lendemain une journée extrêmement pluvieuse pour toute la région, un véritable déluge. Cela tombait bien, nous avions prévu de ne pas y rester.
20190710 port de Amasra
Dans la journée nous avons fait quelques courses. Le pain rond est très bon et pas cher (2 TL. 1€ = 6.23 TL), plus encore le Simit (sorte de bretzel, mais peu salé) qui se prend avec le café ou le thé. Nous avons également acheté des fruits et légumes, mais pas ces sortes de boudins pas très ragoûtants
- Saucissons halal-sur la route de Cide
… Sur la grande place trônent les portraits d’Attaturk (on le voit souvent), images immenses tout comme la statue de bronze.
A AMASRA COMME PARTOUT, ATTATURK

Nous avons pris la route côtière en direction de Sinop. Malgré les nombreux virages en lacets, les montées et descentes à 10% (ici on écrit « % 10 »), la route est correcte. Les paysages sont saisissants de beauté. La Turquie n’a rien à envier aux magnifiques espaces autrichiens ou allemands. J’y ai personnellement retrouvé un identique à l’environnement oranais de Aïn Franin et Kristel. Mais comment le décrire ?
Les montées et descentes nous ont donné des sueurs froides, et le souvenir autrichien (la route à 18%) nous revenait sans cesse. À la première ville en bordure de mer, nous nous installons pour y reprendre nos esprits. Et comme souvent en Turquie, nous y avons trouvé un espace réservé aux sorties, pique-niques… Nous nous sommes installés à Cide.
- A Cide - aire de pique-nique
Le temps a finalement tourné en une massive pluie d’orage durant une bonne heure. Des chiens allaient et venaient autour des véhicules en stationnement. Les gens leur offraient des gamelles d’eau, des morceaux de nourriture. Certains chiens sont badgés à l’oreille, nous a-t-on expliqués, indiquant ainsi qu’ils sont suivis par des équipes vétérinaires, et stérilisés. Au Bled, les chiens errant sont le plus souvent hélas, battus, chassés par des gamins oisifs, et détestés par les adultes (enfin, pas tous heureusement). Nous avons laissé Cide à la prévision météorologique, telle que nous l’avait avancée un garçon de café pour aller à Amasra. Mais la prévision se renouvelle ici.
 Nuages vers Seydiler
Nous nous sommes dirigés vers Seydiler, à l’intérieur du pays par une route large, sans rapport avec celle de la veille. Au sommet Dagü, à 950 mètres, nous avons fait une halte sous les nuages accrochés aux montagnes. Nous avons bénéficié, si vous le permettez, d’une déclinaison de 10% sans avoir chaud, largeur (et double voie avec possibilité éventuelle de manœuvrer large) oblige.
Petite mosquée sur la route
 De temps à autres sont disposés, sur le bord de la route, de petites mosquées (une pièce d’environ 10M2) avec minaret proportionnel. Non loin d’Agli nous avons échangé avec la personne en charge de l’entretien. Le mot « échange » est abusif, nous avons à peine dit quelques mots, chacun dans ses gestes et sa langue, même si, depuis notre arrivée nous savons dire Bay (homme), Bayan (femme), evet (oui), günaydin (bonjour), Tesekkür ederim (merci) anlamiyorum (je ne comprends pas) – merci le Routard !
En direction de Taskoprü, des bottes d’ail (aulx) sont ramassées dans les champs et vendus à proximités (10 TL, 1. 50 € pièce) à l’intérieur de cabanes toutes colorées de rouge appuyées par un inévitable drapeau turc. Le nombre d’étendards tendus aux fenêtres, plus ou moins grands, concurrence ceux de la Croatie. Peu de circulation depuis que nous avons quitté Cide jusqu’à Gerze. Il a plu au sommet des montagnes jusqu’à Kastamonu. La pluie a repris de plus belle à Hanonu jusqu’à Gerze sans discontinuer. L’hiver en été. Le lendemain nous avons quitté Gerze  pour le camping de Ünye où nous nous sommes installés sur un sol trempé. 

 COOOOOL....Camping Uzunkum- Ünye- 20190712

  _ Camping Uzunkum- Ünye- 20190713
Un seul client, un Estonien perdu. Et nous. Puis sont arrivés des Allemands. Alors que nous, nous nous orientons vers l’Est, eux en arrivent et trouvent que la région frontalière turco-georgienne, n’est pas attirante. Nous souhaitions prendre une photo-clin d’oeil au niveau de l’entrée du village Ahmetoglu, mais nous l’avons raté. La plupart des cônes des minarets sont de couleur verte avec plusieurs de ses nuances, ils sont aussi de couleur bleue, blanche, grise, or…
Entre Bafra et Samsun sur les terre-pleins de la route qui traverse plusieurs villes, sont accrochés à des lampadaires, des dessins figurant des volatiles, parfois des photos. Notre vocabulaire local s’est ainsi enrichi des mots d’oiseaux (très convenables) : Sütre yöukkuztgen, Saza horozu, Bymamhibasten, Kara, Kiskuzu (Quiscale), Angit (Angiti, le plus répertorié), Kenakliklikli. Le nom exact de ce dernier n’est pas garanti.

Des transporteurs routiers oranais (Karsan…) ont de qui tenir. Les chauffeurs de petits véhicules de transport roulent comme des fous, s’arrêtent un peu n’importe où. Les immatriculations des voitures turques sont identiques à celles qui prévalaient (et qui prévalent encore un peu) en France : 14_BY_641… Sauf que le « 641 » turc n’est pas un département comme le signifient les derniers chiffres de l’immatriculation française précédente (en fait, c’est ce que je pense, en réalité je n’en sais rien).
 Depuis Ünye, la côte de la Mer Noire semble être plus riche. L’architecture des immeubles, la route qui longe les villes et le bord de mer, ainsi que les animations nous font penser, relativement et toute proportion gardée, à la Côte d’Azur.
Dans certains longs virages, à proximité des villes, une quantité impressionnante de feux clignotant (20, 40, plus ?) nous indique la dangerosité de la zone et nous invite par conséquent à la vigilance, « Yavas, Yavas ! » ( le terme est porté en lettres majuscules et en format triple X sur la chaussée), mais peu de véhicules en font cas. Ils passent comme des bolides, chacun y allant de sa frime démodée ou inconscience puérile. Les enjoliveurs de certains camions, minicars… sont exorbitants, globuleux et nous renvoient aux jeux antiques, romains.

Nous nous sommes posés dans le petit port de pèche de Trabzon (anciennement Trébizonde). Le beau temps semble être revenu. La ville fut fondée par des colons grecs vers le VII° siècle av. J.-C. Elle fut souvent « un des centres commerciaux et politiques majeurs de la côte sud de la mer Noire. Au Moyen Âge, elle fut une étape de la Route de la Soie. » (Pub). Le sultan Mehmed II s'empare de la ville en 1461
Dimanche soir, nous étions à notre apéro lorsqu’on a entendu « bonsoir ! ». Ce sont des Turco-français en vacances dans la région. Nous avons passé un bon moment à écouter de la musique, à échanger nos expériences. Ils sont tous deux, Carole et Patrice B., parisiens. Leurs points de vue sur la Turquie, la politique locale, son histoire… sont tranchés : des laïcs anti islamistes, contre donc Herdogan et admirateurs « du père de la Nation », Kemal Attaturk qui vantait le peuple turc en 1922 : «  Peuple de la Turquie, uni par la race, la religion et la culture… ». J’ai introduit quelques nuances quant à ma perception du cavalier Attaturk. Nos points de vue sur les stratégies occidentales de domination en œuvre ici et dans le Moyen-Orient, Maghreb… se rejoignent néanmoins.
Lundi nous sommes montés au monastère de Sumela. 

 Monastère de Sumela 20190715

 Monastère de Sumela 20190715
C’est à une cinquantaine de kms d’ici. Et ça grimpe (6 à 8% environ). Malgré la pluie incessante, les touristes (beaucoup de turcs et du Moyen-Orient) était très nombreux. Au-delà d’un point précis,
Monastère de Sumela 20190715_ La route dangereuse
les véhicules sont interdits. Il nous a fallu dont prendre un transporteur (minicar). Il ne me viendra jamais à l’idée de prendre la place du chauffeur, tant la route n’est pas une route, mais un chemin chaotique impressionnant tels ceux des montagnes d’Afghanistan ou d’Hymalaya que nous montrent avec jouissance et perversion les responsables de la télévision. Mais encore, nous avons dû grimper près de deux cents marches glissantes, pour enfin atteindre le monastère… vide de ses moines. Il est en rénovation. Un patrimoine inscrit à l’Unesco. Creusé à même la roche, il fut construit au temps de Théodore 1°.
Dans la région montagneuse de Trabzon vivent les Lazes, c’est une importante ethnie géorgienne musulmane à la présence très ancienne.
Le soir, sur la place principale
TRABZON_ la fête  Lundi 20190715
une sorte de fête mêlant jeux, sport et politique, se tenait devant des centaines de personnes et plus encore de drapeaux turcs. Plus près de nous, sur le petit port, nous avons assisté à une autre fête avec danses et musiques locales. Nous n’avons pas eu le temps de Visiter le mondialement connu magasin de couteaux Sürmene et oublié de visiter l'ancienne église byzantine Sainte-Sophie (aujourd’hui musée).
Ce matin un vent d’ouest s’est levé. Il rafraîchit l’atmosphère et cela fait du bien. Nous nous apprêtons à quitter Trabzon en direction toujours de l’Est.
J’ai parcouru la presse algérienne, les pages FB… Je retiens que le Mouvement populaire continue. Plus que jamais. Le Quotidien d’Oran (samedi 13) écrit : « Le slogan-phare de cette 21ème action est « Etat civil et non militaire ». Et ce, en réponse au dernier discours de Gaid Salah. Les manifestants tenaient à l'édification d'un Etat civil « Non à la gestion de la République à partir des casernes », « primauté du civil sur le militaire » pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les protestataires. Les acteurs de ce mouvement populaire ont appelé à la libération des détenus et des manifestants emprisonnés : « libérez nos enfants », « libérez Lakhdar Bouragâa », « libérez les prisonniers d'opinion ». D'autres ont brandi les portraits des martyrs qui ont sacrifié leur vie pour l'indépendance de l'Algérie. Les familles de disparus étaient parmi les manifestants en train de réclamer une justice indépendante ainsi que la vérité et rien que la vérité sur la disparation de leurs enfants, lors de la décennie noire. » El Watan vendredi 12 juillet note : « Les manifestants scandent « Etat civil, non militaire », « Y’en a marre des généraux » et « Maranach habssine (nous ne nous arrêterons jamais) ! » et bien d’autres slogans très virulents ciblant particulièrement le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah. » La veille, jeudi, Lahouari Addi s’interroge sur sa page FB : « Comment interpréter le dernier discours de Gaid Salah? C'est peut-être le discours le plus agressif et le plus mauvais de Gaid Salah depuis le 22 février. Traiter de traîtres ceux qui demandent un Etat civil contredit de façon flagrante les différentes déclarations selon lesquelles l'ANP accompagne le hirak… De mon point de vue, le blocage va perdurer jusqu'à septembre-octobre. Si les manifestations du vendredi ne baissent pas en nombre, l'EM va céder du terrain pour discuter des prérogatives constitutionnelles du futur chef d'Etat à élire qui n'aura pas cependant d'autorité sur l'armée. Ce serait un compromis qu'une grande partie de la population accepterait. Ce serait un pas vers la construction de l'Etat en Algérie… »

Nous avons enlevé (depuis le premier jour) l’antenne parabolique, aussi, nous ne regardons pas la télé (française, ni aucune autre). La lecture du soir se referme avec les formidables pages de Sylvain Tesson. Je note concernant la télé dont certains journalistes (et leurs patrons) considèrent « qu’une phrase de plus de douze mots est trop longue pour l’attention du téléspectateur ». Cette télé où : «  … Des débatteurs écoeurants se harponnaient dans des cases, le nombre de morts d’une émeute arabe défilait dans un bandeau et les cours du Nasdaq clignotaient dans le coin gauche. Tout le fatras du monde se résorbait en chiffres… » (in Les amants).

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Il me semble vous avoir demandé de l’indulgence pour l’écriture trop rapide, peu soignée, c’est une gageure de reproduire convenablement nos sentiments, impressions et gérer le quotidien… et trouver un moment, un lieu avec du Wifi à débit correct. Ici, je vous renouvelle la demande.

mercredi, juillet 10, 2019

659_ Périple 2019_ 7 _ Amasra, Mercredi 10 juillet 2019


Le jeudi 4 nous avons quitté la vieille ville de Constanta en Roumanie (et le magnifique muezzin de la mosquée Mahmoud 2
Mosquée Mahmoud2 _ Constanta Roumanie
qui ne dérange que les abrutis et il faut dire qu’il n’y en a très probablement pas ici, je veux dire d’abrutis intolérants) pour nous diriger vers la Bulgarie (au km 3090). Beaucoup de chiens errent dans les rues roumaines et bulgares, beaucoup d’animaux écrasés. Les carrioles tirées par des chevaux, sont assez fréquentes. La Roumanie se débrouille néanmoins tant bien que mal. Le niveau de vie des Roumains, les ouvertures culturelles dont ils bénéficient, les libertés acquises… répondent beaucoup mieux à leurs attentes (même si critiquer sans merci le système capitaliste broyeur est un devoir) qu’à l’époque du Conducator Ceausescu, quoi qu’en diraient certains journalistes algériens (dont quelques-uns sont même perçus ou se font percevoir aujourd’hui comme des hérauts de la démocratie et des libertés – si ceux-là, ces journaleux, s’échinent à l’envie de cacher leur passé stal,  n’est-ce pas Révolution africaine ? nous ne leur laisserons pas la possibilité de l’effacer et demeurons vigilants tant que nous le pouvons.

Nous sommes arrivés à la frontière romano-bulgare où nous avons dû attendre une heure pour récupérer nos documents officiels. 20 km après la frontière, la route traverse un champ d’éoliennes dont l’ombre des pales de certaines, balaient la route comme le ferait la trotteuse d’une montre. Peu avant Varna (troisième ville du pays) plusieurs abeilles sont venues s’écraser contre le pare-brise de notre véhicule, une mini attaque involontaire (où l’on pense à l’échouage de certains cétacés). Nous faisons halte en fin de journée dans Obzor très animée, près d’un ensemble de véhicules de forains en charge de l’animation de la ville. Dès minuit pétant, le brouhaha s’est éteint, comme à la suite d’un ordre immédiatement exécuté.

Le 5 juillet on a pris la route vers la Turquie. Les jours passent, mais on finit par ne plus trop savoir lequel on est à l’instant où l’on veut le fixer. Samedi dernier, nous étions le 6 juillet (il a fallut qu’on me le souffle) et j’ai aussitôt eu une pensée pour les Algériens qui continuent de manifester contre le Pouvoir des militaires, encore et encore.

Nous sommes loin, mais nous pensons aux nôtres, famille, amis, l’Algérie, très souvent, en espérant que les aspirations portées par eux aboutissent bientôt.  

Je disais que le 5 juillet on a pris la route vers la Turquie, au km 4121. La menthe donne quelques signes de faiblesse. La lavande n’a pas résisté. Nous l’avons sacrifiée, mais avons gardé son terreau pour enrichir la plante verte.

Jusqu’à l’entrée de la Bulgarie nous n’avons pas vu de policiers sur les routes. Dans le pays, la police y est très visible.

Dans la Planina, nous traversons de grandes et belles forêts.

La pauvreté, plus visible en Bulgarie (des baraques et maisons fortement délabrées habitées en ville) côtoie une minorité qui affiche sa richesse (grandes maisons de vacances et véhicules de très hautes gammes) sans état d’âme, un peu à l’exemple des arrivistes algériens (ou russes)

Frontière sortie Bulgarie entrée Turquie

Nous passons la frontière bulgaro-turque en début d’après-midi. L’attente côté Turcs fut longue : chaque véhicule devant être enregistré (plusieurs informations) et photographié. Le temps est à la canicule comme un peu partout.

MOCAMP à Sviliri- Istanbul
Nous avons posé nos bagages dans le Mocamp Semizkum, près de Silivri à une cinquantaine de km au nord d’Istanbul. La journée du lendemain, le samedi fut dédiée au farniente. Bord d’eau à admirer les familles turques, presque studieuses dans leur loisir pépère. Goûter à la joie simple de la baignade dans La Marmara sous le regard bon enfant de la grand-mère ou du grand-père. Nous avons nous-mêmes cédé à la tentation de la baignade, magnifique à la tombée du jour.

Comme la Roumanie et la Bulgarie, la Turquie a une heure de décalage avec la France (GMT+1), et deux avec l’Algérie.

Nous avons quitté Mocamp pour Istanbul l’ensorceleuse. Nous sommes restés sur les bords de Marmara, dans le quartier Yenikapi, avec des centaines de familles qui pique-niquent sur un immense parc. Nous avons discuté avec un groupe de personnes qui nous ont signifié qu’il n’y a pas de fête particulière, mais qu’il s’agit d’une coutume. Chaque week-end,
Le soir à Yenikapi Istanbul- sortie en familles
les familles s’installent le long de la jetée, en faisant un barbecue. Les enfants s’amusent alors que les parents pêchent, discutent, préparent le thé, le manger… des solitaires marchent, font le jogging… d’autres font du vélo…

À notre arrivée nous avons traversé la vieille ville : Aya Sofia la Petite Sophie.
Kuçuk AyaSofia Camii (la petite) Istanbul
Ayasofya Istanbul
En juin dernier, il y a un an, j’y avais supplié Dieu qu’il sauve ma mère qui se trouvait en fin de vie ou à la lisière du monde. Je lui avais dédié ce poème, « Sur le rebord du monde » (lire ici : http://leblogdeahmedhanifi.blogspot.com/2018/06/sur-le-rebord-du-monde.html). Toujours dans le quartier SultanAhmet nous avons longuement discuté avec un jeune ouzbek (garçon de café). Il regrettait que l’accès au visa français était difficile pour ses compatriotes et qu’il fallait se déplacer jusqu’en Russie pour cela. Il nous a dit qu’il serait à Tashkent en août et qu’il espérait nous y rencontrer. Pourquoi pas ? Nous avons tourné dans le grand bazar et autour, la mosquée Bodrum, le musée de la calligraphie, autrement la grande avenue aux différents noms : Ordu Caddesi, Yeniceriler Caddesi, Divan Yolu Caddesi, jusqu’à l’inévitable Mustapha Kemal Caddesi… Nous avons assisté à un « enlèvement de la promise » nous dit-on. Une femme dansait au son du tambour et de la Kaval, flûte traditionnelle.



À la sortie du pont qui traverse le Bosphore un panneau indique « Welcome in Asia ».
Le Bosphore
Si à Paris il faut une heure pour être au boulot, ici à Istanbul, il en faut une journée entière ! Cette ville, nous l’avons vue et revue, ça va, nous avons donné…
traversée du Bosphore

Les indicateurs des voies express sont en bleu, ceux des autoroutes sont de couleur verte et non bleue comme en France.

Entre les villes, il n’y a aucune possibilité, sauf exception, de trouver un endroit (aménagé ou non) pour se reposer, alors il faut user d’astuce : utiliser les arrêts d’autobus, les entrées de fermes…

Un camionneur de la ville de Kandari (que nous venions de passer) vient nous offrir son aide, pensant que nous étions en panne, alors que nous déjeunions tranquillement. Sympathique.

Un vent frais travers Le Nomadeur depuis que nous avons abandonné l’autoroute, à Izmit. Le soir nous nous sommes installés dans la ville de Akçakoca, sur les bords de la Mer Noire dont elle tire le nom du sable, plus gris que noir, qui refreine ses ardeurs.

Au Çati Café Pub,
Cati Cafe - Akçakoca
nous avons consulté nos mails, les articles de presse… Dans l’un d’eux paru dans Algeria Watch (Le long chemin de la reconquête de l’indépendance »), Omar Benderra écrit : « … en dépit des pressions, des manœuvres et des blocages, le Mouvement de masse initié le 22 février, a démontré, semaine après semaine, la profondeur de son ancrage populaire. »  Lahouari Addi, dans El Khabar de ce 7 juillet : « … Je crois que les militaires cherchent à sauver les meubles, c’est à dire à faire élire un président qui efface de la mémoire leur responsabilité historique dans le bilan de 57 années d’indépendance… Le Hirak a été victorieux… Jusque-là… c’est une vraie révolution… La guerre entre l’État major et les anciens du DRS (la Issaba) a pris fin, parce qu’ils ont des intérêts communs. « les mouches électroniques (sur Internet, Facebook…) se sont ralliées à Gaïd Salah pour faire échouer le Hirak… »



Nous avons continué la route en direction de Safranbolu dans le Karadeniz. De nombreux tunnels dont certains de plusieurs centaines de mètres sont à sens unique. La limitation de vitesse ainsi que la double bande blanche ne servent comme on dit trivialement que comme du beurre. Les automobilistes les ignorent outrageusement. Ici comme à Istanbul de temps en temps des klaxons,  mais nous ne savons pas s’ils nous sont destinés, pour nous lancer quelques insanités gratuites ou bien des « hello », saluant le « F » de France. La route étroite et sinueuse entre Zonguldak et Kilimli nous empêche d’aller visiter les grottes de Sofular et nous le regrettons.

À la sortie de Zonguldak, une fontaine offre son eau de source du Bolu Daglart (autour de 1400 m). Plusieurs automobilistes (nous aussi) s’y arrêtent pour remplir des bouteilles d’eau de 5, 8 litres et plus. Nous avons échangé avec quelques-uns, mais décidément la langue fait obstacle, et comme nous le confirmeront Tuba et BeitAllah, les Turcs ne connaissent aucune autre langue que la leur. Ce sont un jeune couple d’autostoppeurs que nous avons pris sur une cinquantaine de kilomètres jusqu’à Karabük. Lui est étudiant en informatique, elle en faculté de théologie.

Nous avons visité le village historique, Tarihi Carsi classé au Patrimoine mondiale : Caravansérail, la mosquée Kopulumehmet Pacha, le bazar, Kaymakamlar house muséum… le village était saturé de touristes (beaucoup de Turcs et d’Asiatiques).

Nous nous sommes posés au bord du village Amasra, sympathique et touristique, avec Wifi… d’où cet envoi.





Constanta vue du minaret Mahmoud 2


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jeudi, juillet 04, 2019

658_ Périple 2019_ 6 _ Constanta, jeudi 04 juillet 2019




Nous sommes ici au bord de la mer noire, dans cette belle et balnéaire ville de Constata. Les touristes commencent à affluer au plaisir des commerçants. Ce soir il y aura une énorme fête qu’on a intitulé « Neversea, Island of Dreams ». Des dizaines de chapiteaux ont été monté à l’est de la ville, tout le long des plages agitées par la Mer noire. Ce matin la police semble préparée, sans en donner l’air, à toute éventualité.

Nous y sommes depuis hier. Nous avons quitté le camping de Belgrade (1), dimanche, au km 3009 pour nous diriger vers la Roumanie. La sortie de la capitale serbe s’est effectuée le plus normalement du monde (Merci TomTom le GPS du Nomadeur). Nous avons choisi comme à chaque fois les routes « départementales » dans la mesure du possible. Nous avons traversé les villes de Smederevo, Pozarevac, et d’autres villes, plutôt villages, comme Grocka, Branceva.
La route et les vallons se côtoient, depuis Grocka. Beaucoup de vignes et d’arboriculture (2). Il y a aussi des champs de tournesol qui, décidément, vont bien nous faire tourner la tête.
À l’entrée de Smederevo, nous longeons un cimetière ouvert sur la ville (sans clôture, comme aux États Unis) dont nombre de tombes ressemblent à des maisons (luxueuses) plus qu’à des tombes. La route est très mauvaise à hauteur de Kussika : une départementale avec beaucoup de nids de poules, le bitume y étant très fatigué (se pose-t-il ici comme au Bled la question de la corruption qui expliquerait cela ?).
À la suite d’une route départementale (elles sont nombreuses) en lacets, sans fin, apparaît brusquement (et de nouveau) le Danube, traversant la ville de Golubac, comme la ville de Taghit (au sud de Béchar) apparaît soudainement à la suite d’une longue et lassante route, posée au milieu des dunes comme une bénédiction, ou une offrande. Golubac est une ville balnéaire avec sa forteresse, très touristique que la route longe comme elle longe le Danube. (3)


Tout en haut des montagnes, de l’autre coté de la rive, en Roumanie, sont plantées une dizaine d’éoliennes gigantesques, comme autant de moulins hollandais, mais blancs immaculés. La route est très belle de Golubac à Donji Milanovac. Elle longe la Danube. Celui-ci est ici comme l’air qu’on respire. Partout il est. Sur son flanc ouest, de temps à autres sont posées des ruches, non loin desquelles des vendeurs proposent leurs produits (ou plutôt celui des abeilles).
À Donji Milanovac, (4) nous avons décidé, vu l’heure, 18 heures 30, d’y passer la nuit, le long de la berge du fleuve mythique, mais toujours pas bleu. C’est un petit village plutôt bien animé, avec ses restaurants et ses cafés. On se promène le long de la jetée en attendant la tombée définitive du jour. Des enfants taquinent des chats coutumiers du fait. Des couples se promènent jusqu’au bout de la ville. 
Le lendemain, nous basculons d’un jour sur un autre – évidemment  – et d’un mois vers le suivant, au premier lundi de juillet. Nous avons quitté le village vers 10h, au km 3207. Nous avons longé les Portes de fer jusqu’à la frontière avec la Roumanie (5). Le passage est très rapide. Sympathiques douanier et contrôleur de police. Celui-ci nous a informé qu’en Roumanie nous sommes obligés de nous acquitter d’une taxe pour utilisation des routes du pays. Trois € TTC pour une semaine. Pas le Danube à boire quoi. Mais, car il y a un mais, la tenancière du kiosque (pour être poli) est une exécrable fonctionnaire, bien assise. Mal polie et mal embouchée. Passons.
Il ne nous a pas fallu longtemps pour nous apercevoir que les Roumains, ou du moins les conducteurs roumains, ne sont pas très respectueux du code de la route. Tant s’en faut. À plusieurs reprises nous avons frôlé l’accident. Les lignes continues et plus encore les limitations de vitesse, ils ne connaissent pas. Oran à côté c’est du gâteau, ou du makrout bien miellé. Le GPS m’indiquait plusieurs fois que j’étais en zone rouge. À trop respecter le code, je me retrouvais en tête d’une farandole longue, longue de véhicules aux conducteurs probablement très en colère du fait de ma juste conduite. Comme je l’ai précisé, les limitations de vitesse sont décoratives, aucun respect, alors plus ou moins forcé, je me suis mis de la partie au grand dam du GPS qui ne voyait (par conséquent) que du rouge « 50 !, 50 !, 50 ! » ne cessait-il de m’alerter. (6)
Dans la ville de Filasi nous nous sommes arrêtés pour procéder à un change d’argent. Deux gars de la pâtisserie devant laquelle nous étions en arrêt sont venus nous apostropher à propos du Nomadeur. Ils ont tout voulu savoir : son prix, d’occasion, neuf, sa consommation, son constructeur, son intérieur, le reste de son habitacle etc. Entre Craiova et Pitesti, beaucoup de champ de tournesols et de blé à perte de vue. Nous avons passé la nuit à Pitesti au bord de la rivière Raul Doamnei et sans les moustiques, quel bonheur. À propos de change, les dinars serbes ne sont pas reconnus… nous avons mis la musique, tiens, c’est Elton John. Un jus de raisin l’accompagne. « Daniel is traveling to night by the train, Daniel my brother, your are other than me… » À la suite de Neil Young c’est pas facile. L’un et l’autre font défiler les années bonheur, les années 20 ans qui s’impriment sur le présent, le reléguant même – que c’est étrange  – à l’arrière plan du réel. Et l’émotion vous étrangle. Pour quoi (ou pourquoi) précisément, vous n’en savez rien. Ça monte, Ça monte... et c’est le temps qui vous écrase jusqu’à oublier le présent et cela n’est pas juste.
Je vous ai parlé il y a quelques jours de Pierre Philosophale et de Ibn Hayyam … (post n° 3)
Savez-vous (non évidemment) que ce périple que je vous déroule jour après jour fut longtemps un projet, et même un rêve avant d’être un projet. L’atteinte de son point culminant (que je vous annoncerais plus tard) est mon Hadj en quelque sorte (en quelque sorte), mon pèlerinage d’une certaine manière. Je vous en dirai plus plus tard. Sachez simplement que le point de départ s’inscrit dans le village de Tamentit dans le désert d’Adrar et dans le puy de Dôme, à Vulcania… et chez Ibn Battouta. Mais pourquoi tout dévoiler aujourd’hui ? Laissons les choses et le temps se présenter dans l’ordre de l’ordre.

Mardi au petit matin, nous abandonnons Pilesti pour entrer, via l’autoroute sur la capitale roumaine. Au premier coup d’œil on la trouve trop bruyante, un capharnaüm (rappelez-vous l’irrespect du code de la route), une cuvette bouillonnante sous 38° à l’ombre et pas un brin d’air tout le temps que nous y sommes restés. Un petit tour au Palais du parlement, ancien fief du Conducator, quelques bâtiments modernes, l’église Coltea près de l’hôtel Continental (angle des Bd Regina Elisabeta Caroll et Gen Magheru Nicolae Balcescu). La vieille ville de Bucuresti, le quartier de Lipscani, avec l’Université, le Musée d’Art national, l’église de l’annonciation (de nombreuses personnes qui passent devant une église se signent, hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes)… et ses nombreux restaurants et bars (un petit goût de la rue de la Huchette). Nous nous glissons dans l’un d’eux. Devant l’église Saint Démétrios de serment » (Biserica Stanful Dumitru, de jurâmant) un vieux monsieur joue de l’accordéon sans rien dire, demander. Probablement pour le plaisir ou la foi. Le soir du 2, nous avons décidé de ne pas rester dans Bucarest étouffante. Direction l’Est. C’est dans la ville de Branesti que nous posons nos bardas.

La nuit fut très agitée. Le lieu où nous nous sommes posés est en fait, un lieu  commun aux habitants, une sorte de lieu de rendez-vous d’amis. Nous avons échangé un peu avec des jeunes qui écoutaient de la musique plutôt albanaise ou turque que roumaine. La langue est parfois une barrière et les gestes seuls ne suffisent pas. L’échange fut assez court. Et si la nuit fut agitée c’est parce que le nombre de personnes venues à ce carrefour a été décuplé jusqu’au milieu de la nuit. Le village en question est très petit. Nous l’avons quitté mercredi matin, dès le déjeuner avalé. C’est alors que nous nous sommes aperçus que nous côtoyions une sorte de parc à chiens utilisé lors de compétitions. Mais tout cela reste à confirmer auprès de jeunes (ou moins jeunes) pouvant correspondre.
Nous nous sommes laissé tenter par l’autoroute (départ au km 3660), les routes secondaires nous auraient fait perdre beaucoup de temps. Malheureusement durant tout le premier tiers de l’autoroute, et comme nous l’avions déjà constaté par ailleurs, la route n’est pas recouverte de bitume de manière continue. Ce sont des plaques de béton de 3X4 mètres posées les unes à côté des autres et cela fait des soubresauts continus, insupportables. De part et d’autre de l’autoroute, ce sont des champs de blé moissonnés à perte de vue ainsi que des champs de tournesol. De temps à autre, sur des murets, près de ponts un drapeau roumain dessiné à la peinture, accompagne ce slogan « Bessarabia e Romania », parfois avec un point d’exclamation. Je n’en ai pas saisi le sens. 80 km avant d’arriver à Constanta, nous sommes surpris par un péage qui, n’a pas, nous semble-t-il, été indiqué. Bref 13 LEI (un peu moins de 3 €) à payer et nous voilà quasiment dans les environs de la capitale de la Dobrogea. Nous nous sommes posés près de la Marina, alors même qu’une gigantesque fête se préparait pour le lendemain et pour plusieurs jours : « Neversea, Island of Dreams ». Aussitôt nous sommes allés à la découverte du port et des hauteurs de la ville (cathédrale orthodoxe Apostoli Petru Si Pavel, la mosquée Carol 1, (Mahmoud 2) aux 140 marches, le musée archéologique…) Nous avons été pris par un orage des plus tonitruants et mouillants… Et ce fut le cas pour la plupart des badauds étourdis. Nous avons rejoint en courant Le Nomadeur, pieds nus et complètement trempés.
Ce matin, c’est presque l’effervescence. Les préparatifs de la fête battent leur plein. Nous retournons au cœur de la ville, un petit tour à proximité des sites que nous avons visités hier… La place Ovidius, La rue piétonne…

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