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jeudi, novembre 02, 2017

580_ Virée en Algérie: Oran, Alger... Salon du livre etc. 5_








Vous ne l’avez peut-être pas remarqué, car vous vous en fichez comme de votre premier mal de dent ou de vos oreillons et je vous comprends, mais je vous le rappelle quand même : j’ai littéralement disparu durant une semaine des rues, boulevards et impasses que forment tous ces commentaires, images et vidéos postés sur FB. Ce n’est pas l’envie de me balader, en y semant quelques grains de sel, au gré de tous ces lieux, parfois hasardeux, parfois surprenants, parfois –  reconnaissons le – fort désagréables, qui me manqua. Le responsable ? un sacré virus contracté très probablement dans un « Cyber », et qui chemina tranquillement jusqu’à infester un « flash disc » (clé USB) que m’a gracieusement prêté mon ami L. Le virus (très probablement) planta mon MacBookPro. Knock Out pour quelques jours avec risque d’amputation (de fichiers…), c’est dire !
Bref, me voilà en ce jeudi 2 du onzième mois de 17, devant un vieil ordi Acer, récupéré dans la petite dépendance de ma maison de Tataouine d’Oran (est), et au clavier duquel manquent plusieurs touches. Mes L, N et X sont hasardeux. L’ordi accepte encore d’héberger des lettres, des mots, textes, mais pas de photos, non, « IPhoto » c’est trop compiqué pour lui  (voyez-vous comment il se venge « compiqué » ).
Bref, après le Salon du livre d’Alger nous avons passé plusieurs jours dans le parc du Djurdjura, autour de 1200 m, en continuant toutefois à nous tenir au courant du Salon, notamment par le biais du quotidien El Watan avec ses pages Culture (Arts et Lettres pour le samedi) à nous informer sur le Salon. Ainsi « La nouvelle en débat » (29.10 page 15), « Cherté des livres… » (30.10 page 4) L’article de Ferhani, (28 octobre page 16) m’a particulièrement intéressé. Il évoque la censure de la dernière pièce de théâtre de Mohamed Kacimi. Mais je n’ai pas apprécié le sous-titre maladroit et indulgent de l’article « quand Israël demande l’interdiction d’une œuvre ».  J’aurais écrit « Israël décidément », mais chacun sa soupe. Comme l’année dernière, Le Quotidien d’Oran est étonnamment absent de tous les kiosques de la région (y compris Alger). J’ai entamé Zabor ou les Psaumes de K.D.. Lecture pas évidente, faut s’accrocher. Le narrateur, un homme exceptionnel, veille sur son père mourant. Il est un malade de la lecture et de l’écriture, « seule ruse efficace contre la mort »…Tel est l’incipit. Peut-être y reviendrai-je un jour.

La ballade en Kabylie nous a menés le lundi 30 octobre à Tizi, Aïn e Hammam, Takhidjt (bonjour à tous, chacun par son nom !), Tachekirt, Iferhounen (saut cher grand Da el M.)  et jusqu’à Ouzellaguène, précisément à Ifri, berceau du Congrès de La Soummam. A l’entrée du Centre mémoriel, avant le musée, debout et fiers et tout de cuivre vêtus, se tiennent (presque) main dans la main six héros de la lutte pour l’indépendance : Bentobbal, Zighout, Abbane, Ouamrane, Krim et Ben M’hidi. Six héros qui – heureusement pour eux –, ne voient pas ce à quoi ont abouti leurs sacrifices. Ils se retourneraient dans leur tombe, et tomberaient de leur piédestal.
(désolé pour les photos).

vendredi, octobre 27, 2017

579_ Virée en Algérie: Oran, Alger... Salon du livre etc. 4_




  
Alger chaîne 3, 8h30. Agnès Spiquel parle de Camus. Cette dame n’a pas tenu parole. L’année dernière en effet, je lui avais offert mon essai sur Albert Camus. Nous venions de passer à la radio. D’elle même elle me dit alors « je le référencerai » sur notre site Les études camusiennes » (http://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/
J’attends toujours (non je n’attends plus) un courriel quelconque. Elle n’a pas tenu parole donc. « Pourtant il n’y a pas de mérite à être honnête » (dixit A. Camus). C’est tant pis. Mais elle parle bien de Camus sur la chaîne 3. 


Je reprends le fil. Je mets à jour mes blog et Facebook. Celui-ci me demande si je veux partager un souvenir que j’avais posté à propos des banlieues : « Il y a 10 ans Clichy-sous-Bois », je clic et reclic « oui », et le souvenir s’affiche photo et texte (allez voir). Un souvenir que je complète avec un extrait de mon dernier roman LE CHOC DES OMBRES. Je reparlerai des grands axes de mon roman une autre fois dont le socle est la violence. 

Dans le tram, un gars monté à Cinq maisons, raconte sa vie et celles de ses voisins. Il fait rire tout le wagon (pardon, il me faudrait dire voiture ou rame et non wagon ce n’est pas correct à l’égard des passagers). C’est le même type d’hier, mais c’était dans le sens retour sur Alger et j’ai omis d’en parler. Ambiance bon enfant.
Salon du livre. Barzakh. J’achète Zabor ou les psaumes de Daoud (1000 DA. Son prix en France est quatre fois plus cher, 21 €). D’aucuns achèteraient 15 ou 40 exemplaires pour les revendre là-bas et rentrer ainsi dans leurs frais d’Aigle Azur. Pensées ridicules, pense-je.
Je m’installe au stand de l’Institut français. Intervention du jeune Karim Bouhassoun, 35 ans, « conseiller politique de la présidente de la Région Franche-Comté ». Il est de Vigneux sur Seine, au sud d’Orly. Oui c’est le même gars qui présentait hier aux côtés de Rachid Arhab et d’autres leur ouvrage commun. Aujourd’hui il évoque les inégalités dans les banlieues à travers son intervention intitulée comme son essai « Que veut la banlieue ? Manifeste pour en finir avec une injustice française » (L’Harmattan, 2017). Il n’oublie pas de préciser l’anniversaire de la mort des deux jeunes Bouna et Zyed. Le modérateur ne semble pas (ne semble pas) saisir l’importance de l’événement (l’embrasement des banlieues).
Aujourd’hui il y a la foule des grands jours, et il est pénible de circuler à partir du début de l’après-midi. A 14 heures 30 je suis interviewé par la charmante T.A. pour son émission « La république des arts ». Je lui fais de la peine avec mon sac à dos bourré de mes ouvrages introuvables en Algérie… je rectifie « si, on les trouve à telle adresse, puis à telle autre et encore là et là… » Mais il est vrai qu’il est préférable d’être édité (aussi) en Algérie et enrichir le stock des libraires. Mais, car il y a un mais, ou un os qui s’appelle « réseau », « connaissance », « piston »... Et moi, d’un je n’ai jamais mangé de ce pain-là et de deux ce n’est pas notre sujet ici dans ce post. Arrive un gars, un chercheur, critique littéraire… dont j’ai oublié le nom. « C’est quoi ce serpent » me dit-il en montrant du doigt la première de couverture de mon roman, en prenant soin de ne pas la toucher. « C’est un trigonocéphale, ou autrement dit un Fer de lance, « Kidon » en hébreu le nom d’une section des services spéciaux du Mossad qui, par son opportunisme, alimentait ou même serait à la source de la flambée de violence qui secoua la France en 2005 (selon le célèbre journaliste allemand d’investigation Udo Ulfkotte, aujourd’hui décédé). C’est un axe central dans mon roman. Je vous l’offre dis-je au gars. Il est passé à autre chose.
Dans un stand je tombe sur des ouvrages sur la Nouvelle-Calédonie (« Algériens et Maghrébins en N.C » de Melica Ouennoughi et « Caledoun » de Rachid Sellal) et j’ai un pincement au cœur, je pense à M. si loin… Chez Chibab les livres de notre ami Slimane Aït-Sidhoum sont bien en vue, ainsi de La faille, de La révolte feutrée. Ils côtoient ceux de Mimouni et de Tahar Djaout. Plus loin Slim est bien seul, il s’accroche comme il peut. Lit un journal et personne ne le remarque. Est-ce triste ? (il a défendu bec et ongle la trilogie révolutionnaire CIA : culturelle, industrielle et agraire avec ses Bouzid, Zina et leur Gat… ce gars (sauf si ma mémoire flanche et ce serait fort possible) demeure un des héros parmi les héros de notre presse !) Vous me reprendriez « mais les défenseurs de la dictature ne sont pas rares en Algérie ! qui diraient on était fiers à l’époque, on avait du Nez, on était numéro un mondiaux, champion de tout ! » Et vous n’auriez peut-être pas tord. Vous ajouteriez « et puis il a évolué comme tous les autres » et vous auriez peut-être encore raison. Si je continue sur cette voie-là je risque de m’engluer, alors stop.
Je glisse sur notre chanteur national Zwit rwit bien aimé, complètement enveloppé par la foule (stand de l’ONDA), j’ai nommé Idir. De l’autre côté l’ambassadeur d’Afrique du Sud, reconnaissable entre mille (son costume), répond à une journaliste. Retour à l’Institut français. Zeghidour raconte son dernier ouvrage, autobiographique, « sors, la route t’attend » (éd Les Arènes). La foule est exténuante. C’en est assez pour ce salon aujourd’hui, et même cette année. Demain il fera jour ailleurs aussi.

jeudi, octobre 26, 2017

578_ Virée en Algérie: Oran, Alger... Salon du livre etc. 3_





Un soleil doré gros comme ça et prometteur émerge de la grande bleue, ce matin vers sept heures. Café et compagnie. Direction le Palais des expositions. Métro à Tafourah Grande poste jusqu’à la station des Fusillés (comme les années passées) où je prends le tram (comme etc.) jusqu’ « la foire ». Il y a peu de monde, ça ne se bouscule pas, ou pas encore en ce matin du premier jour du 22° Salon du livre d’Alger. A l’entrée des vendeurs de gadgets, de souvenirs divers, des bracelets de toutes les couleurs, des cacahuètes… Ils s’occupent comme ils peuvent, en regardant le ciel de biais ou les gens passer, en fumant une cigarette ou en papotant. Ils ne se frottent pas encore les mains. Il y a beaucoup d’hommes en robes blanches ou grises, de belles lycéennes le plus souvent en pantalon sombre ou en robe aux chevilles, chatoyante, foulard sur la tête. Des agents de police et de sécurité régulent la faible circulation de voitures. Les portes du Salon sont encore closes à 9h52. A l’ouverture la foule est assez conséquente et certains râlent car les portes d’entrée ne sont pas nombreuses disent-ils. Je prends par la grande entrée nord et je fais bien, car là il y a beaucoup moins de monde. Les longues allées sont aussi peu fréquentées qu’un chemin départemental à trois heures du matin, trois chats par ci, deux par là. On respire. Devant le stand de El Kalima je discute avec Lynda Chouiter. A travers des histoires de cheveux coupés en quatre en maltraités, madame Chouiter déroule dans « Le roman des pôv cheveux », l’histoire plurielle « d’une condition humaine qui oscille entre Bien et Mal. » 
A 11 heures 20, dans la grande salle des conférences a lieu, devant une centaine de personnes dont une trentaine de Sud-africains, l’inauguration bis (bis, car elle a eu lieu hier officiellement) du Salon du livre avec l’intervention du ministre de la Culture, monsieur Mihoubi. Sur sa droite est assise madame Maggie Sotyu vice-ministre de la Culture sud-africaine et des Arts. C’est elle qui prend la parole en premier, suivie par le ministre algérien. Il se contente de banalités entre « les bonnes relations entre nos deux pays », le rappel de la venue de monsieur Nelson Mandela (« Mandela » pour le ministre) en Algérie en guerre, et de celui des intellectuels morts cette année. Il les nomme l’un après l’autre et la traductrice les reprend l’un après l’autre (tel que je vous le promets), le nom est donné une fois, puis répété par la traductrice ainsi le ministre dit « Mostefa Lacheraf » et la traductrice reprend « Mostefa Lacheraf » (à propos cet homme est bien mort il y a dix ans non ?) Quelque chose m’a échappé peut-être. Bref. (ne vous affolez pas. Je sais que la composition de mes phrases n’est pas des plus fortiches, mais je suis fatigué (il est 23 heures passé à l’horloge de mon Mac). Tiens, voilà une ombre que je connais. Elle passe furtivement, pressée. C’est celle de Youcef Saïyeh (Expression livre à la télé et, Papier bavard à la radio), aussitôt arrivé, aussitôt parti. Est-ce parce que c’est le premier jour, mais je trouve qu’il y a peu de monde. A midi nombreux sont les personnes qui se défoulent dans les jardins alentours. Il n’y a pas les jeux pour enfants comme l’année dernière. Le soleil est au beau fixe, on se prend en photo, on chamaille… Je reviens dans le salon, bonjour Julien Lepers l’ex Champion des questions. Il a le pas pressé « bonjour, bonjour ». Au stand de l’Institut français Rachid Arhab attend son tour. Il est là pour la présentation du livre auquel il a participé, « Quatre nuances de France, quatre passions d’Algérie » (éditions Frantz Fanon). Les autres participants sont l’ambassadeur de France en Algérie Xavier Driencourt, Karim Bouhassoun, Naser Safer. Leur éditeur français Yves Briend (éditions Salvator) joue au médiateur, ou fait le médiateur (fatigué ai-je écrit).  Devant moi un homme discute avec une jeune dame. En face un photographe mitraille le gars. Je ne sais qui il est (le gars). J’aime bien cette citation que fait Yves Briend, elle est de l’Émir Abdelkader : « Ne demandez jamais quelle est l’horigine d’un homme. Interrogez sa vie, son courage, ses qualités pour savoir qui il est ». Le micro tourne, Les identités, le rapport au pays d’origine, la construction en France, la laïcité, les territoires privés/publics… « Je suis parti de chez moi ce matin de Paris, et je suis arrivé chez moi à Alger ». Allez vite aux dédicaces… « Bonjour monsieur » me fait monsieur Lellou, dynamique patron de la librairie Arts et Culture d’Oran. Discussion avec Bouhassoun. Me dit qu’il sera là demain pour parler des banlieues (sujet que j’ai évoqué). « Demain nous sommes le 27 octobre ». Il ne percute pas. « 2005, 27 octobre » « ? » « Zyad et Bouna… le câble 20.000 volts » « ah !... »

Bonjour Zeghidour « je suis derrière chez Hachette, mon livre… » Avant de sortir du Salon, passage devant Frantz Fanon. Bien en vue des ouvrages de notre ami Salah Guemriche. 

mercredi, octobre 25, 2017

577_ Virée en Algérie: Oran, Alger... Salon du livre etc. 2_


Six heures. Vite avaler le double thé au croissant, se doucher, dévaler les marches quatre à quatre de l’immeuble (ceci est inexact ne me croyez pas, mes veines contrairement à mon esprit fouineur ne s’autorisent plus de facéties, n’ont plus vingt depuis longtemps, merci Reggiani !)

Héler un Taxi « Hé taxi ! la gare sahha » Les Taxis ne sont plus tous obligatoirement  jaunes comme jadis. Suit une discussion avec le chauffeur, sympathique. Une discussion, non, plutôt un monologue, je ne peux en placer une et cela m’arrange, je n’ai plus qu’à écouter. Le gars en a après les comportements des chauffards, des piétons, des mounafiqins (hypocrites il me semble), il en veut aux policiers qui paient leur course à contrecœur, en rouspétant. « Ha hiya la gare ». Je n’ai ni vu ni entendu passer les vingt minutes du trajet. « 18000 ».

« Alger, avancez s’il vous plaît, Ayya Dzaïr, Dzaïr ». A 12 h 54, c’est à dire avec six minutes d’avance, le train pour Alger se lance sur les rails aussi parallèles qu’infinis. La climatisation ne m’incite pas à enlever le gilet, ce que j’avais prévu (prévu d’enlever ce vêtement). Je consulte les réseaux électroniques (Djezzy m’avait suggéré et convaincu de prendre « un crédit taa Millenium 1200 DA valide 30 jours andek koullèch » alors j’ai dit OK. Je consulte donc mes mails et Facebook. Pas une fois ni deux…  Les places du wagon ne sont pas toutes occupées. Un jeune couple, manifestement migri, explique à ses enfants (un petit garçon de 6-7 ans, un autre de 9, peut être un peu plus, et deux filles de 12-13 ans pour la première et 15 ans ou 16 ? (non pas 16) pour la seconde, ce qui se passe : « la dame nous demande si on veut acheter quelque chose, vous voulez quoi ? » Moi je commande un thé « c’est tout ? » « heu oui », « le thé c’est gratuit » « merci ». La préposée au café, thé, biscuits ambulants sert, sourit et continue sa tournée. Derrière moi un gars parle au téléphone depuis au moins cinq minutes, parle et rigole de bon cœur. J’ai l’impression que le train roule au ralenti, mais tel n’est pas le cas, la preuve, nous venons de passer Chlef. Entre Aïn Defla et Aïn Torki, il n’y a plus de réseau. La région est littéralement couverte de forêt de pins, de buissons et de guérites militaires aux meurtrières carrées et si petites qu’une tête bien ronde n’y passerait pas. Les guérites sont partiellement enduites de chaux et n’ont pas l’air d’être occupées. De temps à autre, lorsque la porte entre les wagons s’ouvre, une bouffée de fumée de cigarettes désagréable, envahit notre espace. On ne peut ouvrir le haut des vitres car un contrôleur est passé pour vérifier leur bonne fermeture et verrouiller celles qui ne le sont pas. Les jeunes frères et sœurs ainsi que l’homme au téléphone (les hommes, ils sont deux au téléphone) mettent de l’ambiance. Ils arrivent quand même, sans grand effort il est vrai, à m’extraire de ma lecture d’un petit livre parfois assez hermétique. Il s’agit de La fable du nain » (cf image), un petit texte de Kamel Daoud édité en 2003 par les Éditions Dar El Gharb (maison oranaise disparue depuis, hélas), livre donc que j’ai acheté dimanche à l’ex Sned près du Timgad ex « Grand café riche » pour 600 DA. Hermétique le livre où il est question de « réalisme magique » sud-américain, selon Zouaoui « Benhamadi » (serait-ce le Benamadi d’Algérie Actualités ?) où il est question de grotte, de lutin, du Destin Zimzim et d’un narrateur suicidaire qui se fait du cinéma, qui se voit mort, « allongé sur la table du Laveur de cadavres » et entouré des siens. Le lecteur est plusieurs fois pris à témoin « si vous ne me croyez pas, allez vous asseoir et écoutez… » Je n’ai pu finir la fable, « ce récit fiévreux et gorgé de sueur ». A l’époque Kamel n’était pas encore Daoud. Il a, depuis, mis beaucoup de l’ben ou de cendres dans sa magie pour qu’elle se blanchisse (évidemment).

Arrivée à Agha à 13 heures passées. Chaleur d’été. Je me débarrasse du gilet. Le sac et sac à dos sont lourds (c’est que mes bouquins, les miens, pèsent, 300 pages Le Choc des Ombres, quand-même) Djezzy Data m’envoie ce sympathique message « vous avez atteint 70% de votre bonus 50 MO ».



Après avoir déplié et rangé mes affaires, puis pris le repas sur le pouce, je prends la route de la Casbah en direction du café Le Repère (je vous en ai parlé hier). Après le marché couvert Ahmed Bouzina, je grimpe des ruelles, me perds quelque peu. Je demande à trois jeunes qui s’ennuient « Le café perché la haut ? »… « juste là il y a un café des anciens ». Les anciens ? mais quel est le rapport ? bon. Je continue. Un café, je demande. « Le café Le Repère ? », « Eh, chez Yassine ? tu montes encore, la gendarmerie, à droite, tu descends. Tu demandes, c’est en face de la mosquée Sidi Ramdane, tu le reconnaîtras aux roseaux »…

Le café est assez chargé de monde et de roseaux en effet, mais ça je le savais. Il y a aussi une petite équipe de jeunes qui tourne un documentaire. Je me renseigne. « Le film traite d’une partie de l’histoire populaire de la Casbah. Le conteur est mis en avant, Errawi (il s’agit de l’acteur Abderrezak Boukaba), le réalisateur est Mohamed Ouali. Ambiance sympathique. Musique chaabi. Toutes les tables sont occupées. C’est ici même – je vous en parlais dans le spot d’hier) – que nous avions procédé à des lectures de textes il y a un an ou plus avec des camarades que j’aimerais bien revoir à l’occasion de ce 22° Salon du livre qui s’ouvre demain.

Je rejoins le centre ville en traversant la pitoyable Casbah qui se meurt un peu plus chaque année, "un seul héros, le Peuple !?" proclame ironiquement un tag avec un point d'exclamation et un malin point d'interrogation. Je passe par « jamaâ Lihoud » (la mosquée des juifs) et le marché Farès. Je retrouve le marché couvert Ahmed Bouzina. Puis la rue Patrice Lumumba et Ben M’hidi.



A suivre…

mardi, octobre 24, 2017

576_ Virée en Algérie: Oran, Alger... Salon du livre etc. 1_

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Et l’airbus A 319 atterrit à 18h30, heure locale, sur le tarmac de l’ « International airport Ahmed Ben Bella » à Oran. La température est élevée pour un mois d’octobre. Deux autobus attendent. Aussitôt remplis comme des œufs. Nous voilà donc au Bled.




Jeux d'ombres avec la statue de la Liberté. Place du 1° novembre 54






Ah Oran, Oran… toujours rebelle, toujours attachante. Et bruyante. « Oran ne changera pas. Elle fut, elle est, elle sera bruyante. Prenons les avertisseurs sonores, ils règnent sur toute la ville et sur tous les bruits. Pour un oui ou pour un non, pour un mot ou pour un autre ils couinent. Quel que soit le motif, ils sont atrocement sollicités. Quoi de plus simple que de klaxonner pour dire bonjour à un piéton, pour l’admonester, lui demander son chemin, l’avertir d’un danger ? Les piétons respectent et protègent les trottoirs au-delà de la mesure. Ils en prennent soin à telle enseigne qu’ils sollicitent beaucoup plus la chaussée que ceux-là. Il y a plus de personnes qui déambulent sur la route que sur les trottoirs. Sans parler de toutes ces ombres peu pressées et qui, dans un flot continue, traversent comme il se doit sur les clous ou les bandes. Il est vrai que les trottoirs sont trop étroits et souvent maltraités par les employés de l’état. Les agents du gaz sont les premiers à les martyriser. Les employés de l’électricité et ceux de l’eau font aussi bien. A longueur d’année tout ce beau monde creuse (tour à tour) des tranchées ; gueules béantes le jour comme la nuit. De temps à autre on y pêche un passant qui a oublié de regarder où il se devait. Le bruit mon Dieu – au-delà des klaxons – la cacophonie et les vociférations ! Le manège se met en branle dès l’aube. Six jours sur sept. » (in : « L’Amer Jasmin de Fès)
Chez Largo
Je n’irai pas cette fois Chez Largo chez Largo à Saint-Eugène goûter ses bebbouches petits gris, superbement assaisonnés aux fines herbes, poivre, sel, cumin…

Et Alger ? C’est kif-kif au carré. Je vous en dirai plus demain et les jours suivants. 




Café Le Repère- sur les hauteurs de la Casbah
J’ai hâte de retrouver Le Repère, café cool, haut perché dans la Casbah (image), il y a deux ans nous y avions fait de belles lectures.

mardi, octobre 17, 2017

575_ Mardi 17 octobre 1961 à Paris- in Le Choc des ombres



(...)
Mais lorsque ce parti lança il y a quelques jours l’appel à manifester le mardi 17 octobre pour dénoncer le couvre-feu discriminatoire instauré par Papon aux seuls « FMA », Français musulmans d’Algérie, et pour revendiquer l’autodétermination, il n’hésita pas longtemps. L’appel « habillez-vous comme au jour de l’aïd » fit le tour du bidonville et remplit les cœurs d’espoir. À la sortie du travail il finit son service à 13 h Kada se rendit directement aux Bains-douches, au 20 rue des Pâquerettes à deux cents mètres du camp. Il cadenassa son vélo à l’entrée. Il se lava dans la cabine N° 8 qu’il choisit chaque fois qu’il se rend dans ces douches. Si elle est occupée, il attend. Hier elle était libre. Il se rasa et rentra chez lui pour se changer. Exceptionnellement il s’habilla de son pantalon et veste de tergal noir et d’une chemise blanche, son unique costume qu’il réserve aux belles occasions. Puis il lissa ses cheveux avec de la brillantine, aspergea son visage et la chemise d’eau de Cologne. Lorsqu’il finit, il demanda à sa femme silencieuse dont il voyait bien les larmes couler sur ses joues de n’ouvrir à personne avant son retour. Puis il l’embrassa sur le front et lui dit « arrête, ça sert à rien ». Kada ne veut pas que Khadra manifeste. Une autre fois peut-être. Pourtant beaucoup d’hommes accompagnés de leurs enfants et épouse quittèrent le bidonville par petits groupes après avoir été fouillés par des responsables du Front. Aucun manifestant ne devait porter d’arme ou d’objet contondant. Ils sont tous convaincus que la cause qu’ils défendent est juste, qu’elle seule les extirpera de leur misérable condition. Lorsqu’il arriva à hauteur de l’entrée principale du bidonville, Kada se prépara à la fouille. Il leva les bras pour faciliter les palpations du frère de El-djebha. Seuls les hommes étaient palpés. Kada avait rendez-vous avec Lahouari au café-hôtel de la rue de la Garenne, mais il ne l’y trouva pas. C’est son adresse, celle du café de Ali, que beaucoup parmi les habitants de La Folie donnent pour toutes leurs correspondances, parfois même pour les rendez-vous. C’est chez Ali également que l’on dépose très discrètement les cotisations pour le FLN. Lors d’une ronda entre deux distributions de cartes ou d’une pioche pendant une partie de dominos, on adresse un signe à la personne chargée de la collecte et le tour est joué. À la fin de la partie, le militant attend le donateur derrière le comptoir, l’échange est voulu banal avec salamalecs et embrassades. Le client remet discrètement au militant une enveloppe (les billets sont toujours glissés dans une enveloppe qu’on cachette sans y porter d’inscription), on rajoute quelques mots et on se quitte jusqu’à la prochaine rencontre. Parfois c’est dans l’escalier interne qui mène à l’hôtel, ou dans une chambre que l’enveloppe passe d’une main à l’autre. Si la personne ne peut se présenter, c’est Ali qui a la charge de donner l’argent au collecteur en spécifiant le nom du bienfaiteur. C’est précisément à Ali que Kada remet plus ou moins régulièrement les 9500 anciens francs que ses parents récupèrent à Saint-Leu. Kada continue d’aider sa famille, même si c’est encore plus difficile qu’aux premières années. Lorsque Ali ou quelqu’un d’autre pose des questions, parfois délicates, concernant l’engagement politique de Kada, Lahouari remet aussitôt les choses dans l’ordre qu’il décida. Il protège en toutes circonstances son cousin. Ce mardi, Ali ferma plus tôt son café pour signifier aux habitués leur responsabilité. Mais lui-même ne se rendit pas à la manifestation, il resta pour avoir l’œil sur les va-et-vient dans son hôtel. « Wallah je ne l’ai pas vu » dit l’hôtelier à Kada qui alla alors se fondre parmi les milliers de manifestants partis à l’assaut des beaux quartiers de Paris. Kada trouve que même sous un temps maussade comme hier, sombre et pluvieux, ces quartiers sont magiques, comme sortis d’un rêve de vacances. Lorsqu’il s’y rend, à l’occasion de circonstances extraordinaires, il les traverse les yeux rivés au sol, car il ne veut déranger personne ni quoi que ce soit, « mais aujourd’hui c’est une autre histoire » pensa-t-il alors qu’il atteignait Neuilly.


Il transita par le Rond-point de La Défense, un des lieux de rassemblement. Il continua sur l’interminable avenue de Neuilly avant de gagner la Seine et le pont qui porte le même nom. Ni la nuit qui s’installait, ni le froid qui se faisait plus vif, ni la pluie qui se remit à tomber, fine et perçante, ne découragèrent les manifestants qui arrivaient de toutes parts par flots ininterrompus : Puteaux, Courbevoie, Asnières, La Garenne... La masse des gens était devenue si dense que rares étaient les véhicules à moteur qui pouvaient circuler normalement. On n’entendait aucun slogan, juste le bruit des pas sur la chaussée mouillée, le clapotis de l’eau et les voitures au loin. C’est là, sur le pont de Neuilly, au-dessus de l’Île du Pont, que Kada reçut les premiers coups de bidules. Au loin on entendit des bruits secs, comme des coups assenés avec violence, suivis d’un mouvement de foule, des cris de femmes. Lorsque des fusillades retentirent, se sont ses enfants qui apparurent spontanément à Kada. Il prit peur et aussitôt se déprécia de se laisser gagner par cet état et les tremblements qui s’emparaient de ses jambes, mais c’était au-delà de ses forces. Il tenta de se ressaisir, fit demi-tour. La peur gagnait d’autres manifestants. Des enfants et des femmes couraient dans tous les sens et, de nouveau, Kada pensa à sa famille, à ses fils. Monique avait promis de passer à la maison, comme souvent les mardis, pour consacrer une heure de son temps qu’il ne lui viendrait jamais à l’esprit de compter au petit Messaoud pour qu’il apprenne à lire correctement et comprenne la leçon. Mais le matin il avait entendu dire que Monique avait la ferme intention de se joindre aux manifestants. Il la revoyait dans ses pensées. Il l’entendait : « Messaoud, retiens bien ceci, le mot qui dit ce que font les personnes, les animaux, ou les choses… » Kada ne savait plus, il ne retint pas la suite, « est un verbe, un verbe. » Il la voyait, penchée sur son enfant « lit Messaoud, lit : la fille rit. Le chat miaule. Le train roule. » Et Messaoud reprenait les phrases écrites sur son premier livre de grammaire française, à la lueur de la bougie, en faisant glisser son doigt le long des jambages et traverses des lettres, et il répétait encore à la demande de Monique : « la fille rit... » Kada sourit à cette pensée. Comment son fils, qui n’a que sept ans, pouvait saisir ce que lui-même ne comprend pas ? Des policiers, groupés, chargèrent de plus belle : « ratons! », « fellouzes! », « crouillats! » La présence des Français musulmans d’Algérie dans les rues est perçue comme un défi, comme la violation du couvre-feu instauré pour eux seuls, dès 20 h 30. Des Forces de police auxiliaire sautèrent des cars Renault noirs qui venaient des rues adjacentes et se mirent à frapper au hasard avec leurs armes. L’un d’eux se rua sur Kada qui avançait le long des immeubles, tête basse. Plongé dans ses pensées il ne comprit pas de suite ce qui lui arrivait. Il projeta ses bras devant lui pour protéger son visage, son corps. L’agent de police redoubla de férocité. Il lui assena de violents coups avec la crosse de son arme qui causèrent de nombreux hématomes et fendirent son arcade sourcilière. Le policier hurlait, ahanait entre deux injures « pourri, fellaga! » Dans sa tentative de se dégager de l’emprise de cette force tombée sur lui qu’il ne voyait pas, Kada ne réalisait pas qu’il avait affaire à un agent de l’ordre public. Il était submergé par une force physique, un rocher, un camion, un monstre. Il revit madame Hervo, son fils Messaoud, sa mère. Puis il bascula. Il tomba à terre, face contre le trottoir ruisselant d’eau boueuse. Il demeura ainsi, immobile, pendant un temps dont il ne sait s’il dura dix minutes ou soixante, avant de se relever, aidé par des manifestants. Les FPA avaient, lui dit-on, embarqué dans leur fourgon plusieurs marcheurs. Kada entendait comme des échos au loin, un brouhaha. Il devinait les slogans : « les racistes au poteau, l’Algérie algérienne! » Celui-ci avait fait plusieurs fois le tour du bidonville. L’homme qui le soutenait par la main lui demanda de relever la tête « Rfâ rassek ya si Mohamed ». Au ton sec de sa voix, Kada supposa que l’homme appartenait au service d’ordre ou d’encadrement. Il le remercia du regard. Ses lèvres tremblaient comme ses paupières. Puis il reprit la marche, incertaine, sur une centaine de mètres. Les tiraillements de son cuir chevelu l’obligèrent à des grimaces qui déformaient son visage. Kada décida d’abandonner. Il s’éloigna des marcheurs malgré la garde des membres du FLN. L’homme qui aida Kada poursuivit son travail, loin de lui. Mais la surveillance devenait moins sévère, du fait de la nuit. Kada entama une marche à travers d’autres rues moins chargées, une marche à contresens des manifestants. Il atteignit La Folie en rasant les murs, trempé, flageolant sur ses jambes, la honte au cœur et la peur au ventre d’être découvert ou d’être tué. La semaine précédente, à Gennevilliers, un jeune Algérien qui sortait d’un cours du soir de rattrapage, fut froidement abattu. Un autre, âgé de 13 ans, fut tué par une rafale tirée par des policiers à Boulogne-Billancourt, rue Heinrich. Depuis le début du mois, il ne se passe pas un jour sans que l’on apprenne l’assassinat ou le meurtre d’un homme, parce qu’il est Algérien ou apparaissant comme tel. Un Portugais et un Sicilien basanés furent ainsi tués durant ce mois d’octobre. Un journal titra : « Événements d’Algérie : deux Européens victimes d’une bévue policière à Paris. »

Dans le tuyau asséché, Kada se remet peu à peu. « Pourquoi cette haine? » se demande-t-il. Il tente de se redresser, mais la canalisation dans laquelle il se terre est trop étroite, même pour lui. Ses bras, ses jambes, sont endoloris. Il ne s’en veut pas d’avoir fait le choix de la manifestation contre les autorités, mais il ne s’attendait pas à une telle fureur. Mourir pour avoir marché avec les frères! Tôt le matin, il abandonne discrètement sa cache. Il est transi de froid. Il a faim et soif. Avant que l’animation plus ou moins habituelle ne gagne de nouveau le bidonville, Kada atteint sa baraque, de l’autre côté. Lorsqu’il ouvre la porte, il comprend à la vue de ses yeux rougis que Khadra ne dormit pas de la nuit et qu’elle pleura toutes les larmes de son corps. Elle ne se risque pas à flageller ses cuisses comme elle est tentée de faire et comme il est de coutume de procéder dans de telles situations, et la situation en l’occurrence se manifeste en cet homme devant elle, hagard, au front marqué par des plaies, le corps recouvert de lambeaux dégouttant d’eau sale, un homme qu’elle reconnaît à peine. Mais c’est la guerre et Kada la prie de se calmer, de reprendre ses esprits « ma ândi walou, ma ândi walou », je n’ai rien répète-t-il. Khadra, nerveuse, va chercher du bois pour lui faire chauffer de l’eau, en gémissant, la main sur la bouche. Les enfants dorment.
Ce mercredi, un autre silence plus grand et plus lourd, semblable à ceux de trois cimetières réunis, plane sur le bidonville. Dans un murmure partagé, des hommes de bonne volonté soulagent les blessés qui se comptent par centaines et qui ne veulent surtout pas se rendre à l’hôpital. Ils prendraient le risque d’être arrêtés et torturés. Il faut à Kada trouver des arguments suffisamment solides pour justifier son absence et son état physique auprès du chef d’équipe. Il soupire à la pensée qu’il aura le soutien de Mario, même si son chef n’est pas dupe.
Alors que Le Populaire de Paris compare la vie des Algériens à celle des prolétaires du siècle passé, l’Express fait un long compte-rendu de son correspondant « chez les melons, les crouillats, les bicots… » et titre en une sur le visage d’un fils de ceux-là : « Jean Cau chez les ratons ». Pour 1,25 NF.


In : Le Choc des ombres. Incipit en W, octobre 2017, 300 pages.

jeudi, octobre 05, 2017

574_ Philip Roth ?

Jeudi 5 octobre (!) 2017

Dans deux ou trois heures maintenant sera décerné le prix Nobel de littérature 2017 et je n’ai qu’un souhait (renouvelé chaque année), celui de voir récompensé le génial Roth, Philip Roth. D’aucun parient sur Haruki Murakami, Don DeLillo. Je pense que Roth a toutes ses chances et tous les mérites. Il nous régale depuis tant et tant d’années. Il me semble qu’il a arrêté d’écrire après Némésis (Ed Gallimard, 2012).
Magnifique Némésis (comme Exit le fantôme, comme J’ai épousé un communiste, comme La tâche etc.) : Bucky est un grand athlète (javelot) et professeur de gymnastique. Il est atteint de polyo, et culpabilise beaucoup de n’avoir pu participer à la guerre (39-45) et peut-être mourir en héros. Mais sa guerre il l’aura. Une guerre contre cette maladie qui l’a frappé et qui terrasse plusieurs de ses élèves et au-delà, dans tout le quartier, dans tout Newark…
Magnifiquement conté… « Écoutons » Philip Roth et ses anaphores (p143) :
« … Cette hutte en rondins, simple et confortable, avec ses fanions aux couleurs des écoles, ses pagaies décorées, ses cantines couvertes d’étiquettes et ses étroits lits de camp avec les chaussures, les tennis et les sandales rangées dessous ; avec, dormant en toute sécurité, cette bande d’adolescents robustes, en pleine santé – cela semblait aussi éloigné de la guerre de sa guerre qu’il lui était possible de l’imaginer. Ici, il avait l’amour innocent de ses deux futures belles-sœurs et l’amour passionné de sa future femme ;

ici il avait déjà un élève comme Donald Kaplow qui brûlait de profiter de ses leçons ; ici, il avait une magnifique plage aménagée et des douzaines de jeunes, plein d’énergie, qu’il pouvait former et encourager ; ici, à la fin de la journée, il avait le grand plongeoir d’où il pouvait faire ses plongeons en toute tranquillité. Ici, il était
 protégé par le plus sûr des refuges contre le tueur déchaîné dans sa ville. Ici, il avait tout ce don Dave et Jake devaient se passer, et don les gosses du terrain de jeu de Chancellor devaient se passer, et dont tous les habitants de Newark devaient se passer. Mais, ce qu’il n’avait plus, c’était une conscience qui le laissât en repos… »


Si vous n’avez  pas encore lu Philip Roth, jetez-vous sur n’importe lequel de ses romans, c’est un délice. Simplicité, humour (et de belles histoires).


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lundi, octobre 02, 2017

573_ Le choc des Ombres - mon dernier roman


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Au moment même où j’apprenais hier – il était 14 heures  – l’agression contre deux jeunes filles à la gare Saint-Charles (Marseille) « par un homme qui criait Allah Akbar », je mettais un terme à mon dernier roman. Il porte justement sur la question de la haine (des haines).

En fait je relisais une dernière fois le manuscrit. Et donc au moment où j’ai appris la nouvelle, je relisais ce passage du manuscrit :



« En un éclair il plonge la main dans son blouson de cuir pour extirper son Zwilling, et, comme s’il avait fait cela toute sa vie, dans un geste théâtral faisant onduler son corps sans quitter des yeux Charly, le plante dans sa poitrine en hurlant ‘‘Allahou Akbar !’’ Une fois, deux fois, trois fois. Autant de coups que de cris de guerre… »



Ce préambule pour vous annoncer que mon dernier roman sera en librairie dans trois semaines environ.



Vous qui résidez en France, s’il vous intéresse, je vous ferai une réduction exceptionnelle de 40% !  (jusqu’au 31 décembre 2017) c’est à dire 10,80 € (sans autre frais) au lieu de 18.



Vous qui résidez en Algérie, vous le trouverez probablement à la librairie El-Idjtihad, 9 rue Areski Hamani, ex Charras (où se trouvent déjà quelques-uns des mes écrits), à Oran aussi (j’espère) à la librairie Livres Art et Culture, 22 rue Moulay Mohamed (où se trouvent également quelques-uns des mes écrits). C’est au centre-ville, sur la rue qui monte en face du café Le Clichy, au croisement de Ben M’hidi).

Vous le trouverez à ces adresses, mais pas avant Le Salon international du livre d'Alger qui se tiendra du 26 octobre au 5 novembre.