Rechercher dans ce blog

samedi, août 17, 2019

666_ Périple 2019_14_ CANAKKALE_ TURQUIE_ vendredi 16 08 2019


















Nous avons laissé un mot sur le Journal d’or de Mustafa et Tahir, les patrons du Camping de Sultan Hani et avons pris la route pour Konya après un petit tour dans le village de Sultan Hani. On s’affaire, des groupes de moutons attendent qu’on les délivre. Ils ne savent pas leur destin…
 La fête du mouton est là. Mais nous ne savons pas sa date exacte.

 

Konya est une belle ville. Nous avons visité son centre, très animé, une véritable ruche, puis la mosquée Alâddin, aidés par un guide non officiel, fort sympathique et qui s’est gentiment imposé comme tel. Explications… La mosquée fut construite entre le 12° et 13° siècles. C’était à l’époque la « Mosquée du Sultan » de Roum. Le mausolée contient plusieurs membres de la dynastie seldjoukide. Une partie est en cours de réaménagement et donc inaccessible. Etc.

 

Le musée Mevlana est hélas fermé pour cause de fête. Il est abrité par un édifice du 13° s, avec une belle tour et de la céramique de couleur verte.  
Plusieurs tombeaux de membres de la famille Mevlana y sont abrités ainsi que certains de leurs disciples. 






Le soir, nous avons assisté à une magnifique représentation offerte par des derviches tourneurs de la ville, dans le très beau centre culturel : le Mevlana Kültür Merkezi (3000 places environ).

Nous avons ensuite passé une nuit infernale entre la circulation, les pétards, les voisins (iraniens- 8 grosses voitures et camping-car) qui ouvrent et ferment les portes de leurs véhicules, les micros (à fond comme à Oran) de, non pas une, non pas deux, mais d’une demie douzaine de mosquées. On entend même les prières dans leur totalité.

Aucun signe de fête, pas un mouton mort ou vif dans les rues, sinon des banderoles accrochées aux carrefour, souhaitant « Moubarek Olsin ». Le sacrifice semble extrêmement contrôlé. Et c’est une bonne chose. La ville est propre - disons propre de ce qui relève du sacrifice du mouton, pas du reste. La saleté est partout hélas présente. Et le sang (la violence) est inabordable aux enfants. Aucun trottoir souillé, aucune devanture, aucune entrée d’immeuble : rien ne renvoie ni au couteau, ni au sacrifice. Ceci étant, ce dimanche est une journée morte. La circulation est quasiment inexistante.
Nous sommes allés à Sille. L’église et le musée sont fermés, pour cause. Sille est un ancien village grec au nord-ouest de Konya, dans  une vallée entourée de collines. L’église Aya Elena, lieu de pèlerinage pour les Grecs a été construite au 4° s.
Dans la programmation de notre GPS, nous évitons autant que possible les routes à plus de 2000 mètres que ni le Nomadeur, ni moi ne supportons. Un ciel bleu en ce jour d’aïd, débordant de chaleur. Des parcelles de champs à Karahuyut éclatent de couleurs. Tout est figé. Le vent léger qui souffle, n’a aucun effet sur l’immobilité environnante.
Voilà l’entré du village Ogroduz et sa belle mosquée au cône bleu éclatant et vif. En fin d’après-midi de dimanche, nous sommes arrivés à Egïrdir, autre belle ville posée sur le lac qui porte son nom. Il est le 4° lac de Turquie (48 km de long sur 3 à 17 de large et parfois 30 mètres de profondeur). Seule une partie de la citadelle - sensée à son époque protéger la presqu’île -  est restée debout.    
En son front on lit le nom de la ville qu’un immense drapeau turc accompagne. En sa presqu’île se trouverait une église, St-Étienne ou Aya Stafanos Kilisesi, que nous n’avons pas trouvée. La ville est très animée. Ainsi, le soir du 1° jour de l’aïd el Adha, un son et lumière a été donné sur les bords du lac Egïrdir. Exit le mouton, la fête se transforme en un hymne à la gloire de la Turquie, avec musique militaire de type Orchestre de l’Armée Rouge, beaucoup moins sophistiquée. Il était 21h30 et n’étions qu’une quinzaine de spectateurs. Le son, lui, s’adressait à tout le quartier, tant il était très fort.
À l’entrée des villes un panneau indique leur nom et le nombre de leurs habitants ou « nufus » ; Ainsi, ici à Saraköy, 30800 nufus. Le mardi 13 fut, comme un vendredi (13), de malchance. Il arrive ainsi que le ciel, ou la porte, vous tombe sur la tête. Un pépin anodin, ou plus sérieux… Ce fut le cas à Pamukkale, ce beau village où « des sources chaudes chargées de sel calcaire ont modelé la montagne depuis des milliers d’années en une cascade d’une blancheur éblouissante » (notre guide). Mais enfin nous connaissons la musique…  Plus important sont le voyage et les rencontres. Incroyable, nous avons constaté qu’en Turquie il y a très peu ou même pas de café du tout. Et, spontanément à la vente, on vous propose du Nescafé, même le café turc est détrôné par le çay (thé) que l’on trouve partout au prix de 1 à 6 Tl. J’avoue que notre cher thé à la menthe maghrébin est mille fois plus savoureux, avec ou sans sucre. À l’oranaise, à la marocaine ou à la taghitiya.
La ville de Naziili est traversée par de grands arbres comme l’est Fos-sur-Mer. Grandes allées plantées de pins et de palmiers accompagnées du chant des cigales. Manque la Méditerranée. Avant et après Eckichar, de longues routes montagneuses, larges de deux fois deux voies.
Le village de Kapikiri, au bord du lac Bafa, qu’on dirait de pêcheurs, semble ne rien attendre hors du temps qui passe. En retrait du village, au camping-restaurant-café… trois personnes vous accueillent avec gentillesse « English ?... »
Une sympathique basse-cour, tonitruante, vous invite à la sérénité… beau lac. Juste face au restaurant, un ancien château nous rappelle que des Grecs et des Romains ont vécu ici. Alentours on trouve des vestiges de monastères byzantins. À la sortie du bourg nous avions fait face à un troupeau de vaches nonchalantes, qui, comme ses cousines géorgiennes, ne tiennent absolument pas compte des véhicules comme des chauffeurs qui les conduisent. Elles sont « maîtres du jeu ». 




















Sur la route d’Izmir une fontaine par-ci, par-là, sont les bienvenues, notamment aux heures de repas et de repos.
Izmir, 3° du pays vous accueille dans le fracas de ses boulevards, de ses camionneurs, de son port (le 2° du pays). Dans le cœur de la ville, près de la Petite mosquée et de la Tour de l’horloge, un groupe de jeunes gens tape des pieds et des mains dans un ensemble très codifié, en avançant, reculant, faisant un pas de côté, réalisant ainsi un grand cercle, puis certains quittent le groupe, remplacés par d’autres… accompagnés par le son amplifié d’un saz (oud) à trois cordes manié par un musicien doué.









On se photographie, on se selfie… près de la tour de l’horloge (monument offert par le Kaiser Guillaume II) 

 et de la Petite mosquée octogonale (1748). À l’intérieur de celle-ci on ne tient pas à plus de vingt personnes et nombreux effectuent la prière tout autour.

En fin de journée, nous nous sommes installés à quelques dizaines de mètres du grand parc qui borde le golfe sur les rives duquel, le soir venu, des dizaines de familles
 (disons 200 personnes ce soir) pique-niquent dans la joie de l’aïd du mouton. Dans la simplicité, dans la convivialité (le seul reproche que l’on peut leur faire c’est la propreté qui n’est pas certaine du tout).

Sur la route, la folie des chauffards continue. J’en suis arrivé à rafistoler une sorte de canne avec, accroché au bout, un chiffon rouge que j’agitais lorsque nécessaire par la fenêtre du Nomadeur, à gauche ou à droite, selon, pour signifier à ces chauffards, en plus de mes clignotants, que je tournais.
Après les champs de maïs, blé et tournesols, voici qu’à 22 km au sud de Bergama, s’étend un champ énorme de pales d’éoliennes. L’avenir s’annonce venteux dans la région, et puis d’autres champs d’éoliennes plus loin, prêtes à être installées. Une cinquantaine de ces mêmes moulins modernes, font tourner leurs ailes face à la mer Égée du nord, et l’île grecque Lesvos.

À chaque moyenne ou grande ville, on se dit « là peut-être les chauffeurs turcs vont agréablement nous surprendre. » Et à chaque fois nous sommes stupéfaits par leur hardiesse à aller plus avant encore que les chauffeurs-chauffards des villes précédentes.

Sur la route de Canakkale, 30 km avant, se trouve le village de Troie, entièrement dédié aux touristes. 
Ici, dans cette région, l’enlèvement de Hélène, provoqua une guerre homérique… dont nous ne savons si elle eut bien lieu ou non. Par contre elle donna lieu à quantité de Péplum que mon adolescence a gravé dans sa mémoire. Je n’oublie pas ces monstrueux blocs de pierres qui s’écrasaient sur les guerriers qui tombaient raide-morts, mais qui provoquaient, lorsqu’ils se brisaient sur les chevaux (acteurs) qu’un simple ébrouement suivi d’un hennissement. Dans la salle sombre du Lido (Gambetta, Oran) ou était-ce à St Eugène à L'Écran des jeunes...  nous éclations de rire par tant de légèreté. 
 
Au cœur du village de Troie, près du musée, ce sont les bustes en carton-pâte des héros de l’époque qui vous accueillent, ainsi : Hélène, Paris, Odysseus, Agamemnon, Ajax, Achille… et Homère bien-sûr.  
 
Les champs de bataille de la Guerre de troie se sont transformés en champs de maïs, tomates, tournesols… et les villageois, les hommes, sirotent en paix, en çay, en tapant du domino.







À Canakkale, non loin de l’embarcadère, nous sommes accueillis par un énorme cheval de Troie, construit pour un film : « Troy ».

On quitte Canakkale et l’Asie pour le continent européen et l’autre rive turque. La traversée du détroit des Dardanelles (la Mer de Marmara) se fait en 30 minutes, sur un de ces nombreux ferries (3 ou 4 toutes les demi-heures) pour 45 Tl pour joindre Kilibatir ou 80 Tl pour Eceabat, notre choix.
Un français accompagné d’une jeune Turque discute dans le bar du ferry avec un jeune Turc. Puis le Français lève son verre et dit : à ta santé ! Le Turc répond : « à ta turque ! » Le français répond aussi spontanément que possible : « vive Ataturk ! »

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire