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samedi, novembre 09, 2019

673_ Mur de Berlin et digressions




Il m’arrive souvent, à l’ouverture d’un atelier d’écriture créative, de commencer par un premier exercice, un peu à la manière de Pérec ou de Haddad, par ce genre de consigne « écrivez un court texte dans lequel vous raconterez ce que vous faisiez à telle date importante ? »

Je fais toujours bien attention de ne pas commettre de bourde, de ne froisser aucun participant. Par exemple, je ne peux ici (sur Facebook, sur Internet) m’autoriser à vous poser la même question concernant cet importante journée, historique, qui a vu la chute du Mur de Berlin, « que faisiez vous le 9 novembre 1989… ? » Je ne peux vous poser cette question pour la raison simple que concernant la plupart d’entre vous je ne possède pas l’âge. Et les facebookeurs nés après « Le Mur » sont certainement nombreux parmi tous mes « amis ». Comme je ne veux navrer nulle personne, je ne la pose donc pas, la question.

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Par contre, je peux – me concernant – vous raconter ce dont je me souviens de ces journées mémorables de novembre 1989 en lien avec Berlin. Demain, le monde entier, hypocrites compris, fêtera la chute du Mur de la honte (il y a encore d’autres Murs de la honte, comme en Israël, mais là… on ne touche pas). Je me souviens très bien (Pérec aimait la répétition) de ces folles journées de novembre 1989. J’étais heureux comme un enfant, scotché devant les images diffusées par les chaînes de télévision françaises, souvent en direct du cœur de la révolution naissante, du cœur de Berlin. Je pensais (naïvement) « ici chez nous, le mur est tombé en octobre de l’année dernière, et en Allemagne c’est aujourd’hui. Je ne me doutais pas que c’était tout un Système nourri par la délation  – importante la délation ! –  un système coercitif et tyrannique, porté par la Tcheka, la GPU et leurs rejetons, un système vieux de 70 ans, qui allait se désagréger dans toute l’Europe communiste.



J’habitais dans un village – le « Camp 5 », un des nombreux « camps » de Sonatrach, le plus prisé – à la périphérie d’Arzew où je travaillais depuis mon retour de France, gratte-papiers en CSP intermédiaire, dans les « ressources humaines et gestion des carrières » de plus de mille personnes, (précisément en novembre 1989 : groupe 3, catégorie 15, section 4). Du vent. Octobre avait éclaté un peu partout dans le pays il y a onze mois et tous les champs du Possible s’offraient à notre horizon, à notre futur, me susurrait ma pensée naïve. Le Camp 5 est un village de 800 maisons en préfabriqué importées sur d’immenses paquebots par les Américains à la fin des années 70 pour y loger les expatriés américains et autres japonais, français et cadres de l’entreprise Sonatrach. À une quarantaine de kilomètres à l’est d’Oran. Il y a une dizaine de camps tout autour du nôtre, plus ou moins identiques. Je me répète.

Depuis peu, nous captions la télévision par satellite et les chaînes françaises (notamment) grâce à une immense antenne parabolique (2m50 de diamètre) posée à l’entrée du camp et aux cotisations dont nous nous acquittions auprès d’une association ad-hoc montée par des cadres de l’entreprise. Elle, l’association, disposait d’un registre dans lequel –  comme le font parfois les petits épiciers de tous les coins –  le chargé du suivi des contributions notait les bons et les mauvais payeurs. Au-delà d’un délai raisonnable, ces derniers étaient sanctionnés, un simple clic dans la régie et plus d’images. Il me faut préciser ici que toutes les télévisions des maisons du camp étaient reliées par câble à une centrale propre au camp. Pour leurs besoins les Américains avaient mis en place un système de télévision en circuit interne par lequel ils diffusaient des émissions américaines en différées. Les images étaient reçues par l’unique grande antenne parabolique et les gestionnaires (élus par l’association) les faisaient ruisseler dans les téléviseurs des chaumières. Les maisons étaient toutes équipées d’au moins un poste de télévision – américain – couleur teck foncé à gros boutons sur le côté qui faisaient un drôle de bruit lorsque nous les manipulions, le bruit de l’aiguille d’une grosse horloge hors d’âge, au moment du basculement d’une minute à la suivante.

 
FRANCE2_ 9 nov 2014_ VIDEO. 9 novembre 1989 le jour où le mur est tombé




Les gestionnaires de l’association se querellaient parfois sur le choix de l’orientation de l’antenne

« Satellite HotBird 13° Est ! », « non, Astra, 28.2 Est », « non, 19.2 Est ! »... Ces désaccords ne duraient pas. Nous étions loin de la mode des chaînes orientales qui allaient envahir le pays vingt ans plus tard. Tout cela pour ne pas avoir affaire à la télévision algérienne « la Nulle », « l’Unique ». La plupart d’entre nous avait en sainte horreur la peste que représentait la télévision algérienne. Je crois savoir que cela continue de nos jours, les Algériens boycottent majoritairement (dit-on) les chaînes publiques. « C’est cinq chaînes, cinq fois l’Unique ! » me dit un ami qui ne décolère plus.  



Je reviens à notre objet : novembre 1989. Je me souviens très bien de ces magnifiques journées. J’étais heureux. Ce jour du 9 novembre, alors que s’ouvrait le pré-congrès du FLN en Algérie, un événement proprement hallucinant se déroulait en direct devant mes yeux que je frottais inlassablement en me répétant  « p… ! ils détruisent avec leur mains le mur qui séparait les Berlinois depuis 1961 ! » Depuis 28 ans. C’était en pleine guerre froide (la chute du Mur y mettra fin). Le 13 août 1961 à 0h11 une dépêche de Allgemeiner Deutscher Nachrichtendienst (ADN), l’agence de presse de RDA annonçait : « un mur sera construit dès ce matin. Plusieurs dizaines de mètres l’ont déjà été. » Le mur était constitué de panneaux de béton armé hauts de 3 mètres 60, sur une longueur de 43 km coupant la ville en deux. La longueur totale du mur séparant les deux Allemagne est de 112 km. Il était protégé tout le long par des kilomètres de barbelés, par 302 miradors et 15000 militaires



En Algérie, les « réformes » du nouveau chef de gouvernement – Mouloud Hamrouche – sont poussives et les résistances tenaces. La nouvelle loi des finances stipule en son article 63 : «  Les dispositions de l’article… sont modifiées comme suit : le dédouanement pour la mise à consommation de biens d’équipements…est dispensé des formalités du contrôle du commerce extérieur… »

Un jour de la semaine précédente, le 2 novembre, je m’étais rendu à la cinémathèque d’Oran pour voir l’enregistrement sur Kateb Yacine filmé lors du débat organisé là-même le lundi 3 juillet dernier (il y avait ce jour-là la projection du documentaire « Kateb Yacine: l'amour et la révolution » de Kamel Dehane qui était présent dans la salle. Il y avait aussi Irène Jacquemin du réseau « Paix en Algérie », étaient également présents Lamine Merbeh directeur de l’ENPA, Habib Foughali, Ali Zaamoum, Rachid Mimouni, Paul Anrieu, Mohamed Bouamari, Hassan Bouabdallah, Rabah Laradj…) Je suis resté dans la salle jusqu’à la fin du débat. J’ai acheté le numéro zéro de Alger Républicain (arabe/français) (suspendu depuis le 19 juin 1965) au kiosque à journaux à gauche de la cinémathèque.

Au début du mois, Algérie Actualité offrait trois colonnes à un barbouze, A. Ben. dit « Errougi », qui accuse Aït-Ahmed de contre-vérités. Révolution Africaine fait un jeu de mots « limite » (et même douteux au vu de l’idéologie de ce journal) dans son numéro 1342 du 24 novembre : « Berlin au pied du mur ». Si j’étais journaliste parmi ces journalistes à la pensée unique, ces muets-sourds-aveugles (plus encore si j’étais responsable, Dieu m’a gardé) je me serais jeté par la fenêtre du local ou, si j’étais sur un paquebot, par-dessus le bastingage. Et à propos de pensée unique, un Congrès extraordinaire du FLN est programmé pour le 28.



Mais revenons au 9 novembre. C’était un jeudi. Ici (à Arzew) il a fait très beau et même lourd et le ciel n’était pas vraiment entièrement dégagé. Dès que je suis rentré du travail (c’est à quinze minutes de la maison et nous sortions officiellement à 16 heures 30 (nous commencions très tôt, faisions semblant de travailler jusqu’à midi, ensuite « tag ‘ala men tag » (débrouillez vous pour la traduction). À midi, ceux qui restaient mangeaient dans le restaurant de l’entreprise. On pouvait y manger pour deux ou pour trois. À volonté. Heureux qui comme le ventre ne se plaint jamais à Sonatrach.

L’essentiel n’était pas dans la gestion des carrières, l’administration, les moyens généraux, mais dans la maîtrise de l’extraction du gaz (ou pétrole) et de la soudure des pipes pour son acheminement), c’est pourquoi, concernant les trois quarts des effectifs, la notion de « travail » y était très élastique, très molle (nonobstant que les bonnes volontés, même si peu nombreuses, étaient réelles et sincères). Aujourd’hui, je ne sais pas.



Je reviens à Berlin. Sur « la 5, la télé qui ne s'éteint jamais » à 17h26 une publicité me saute au visage. À ma connaissance c’est la première publicité française mettant en jeu un Arabe (mais pas encore un Maghrébin, pas même pour le Couscous), un homme riche du Moyen Orient jouant à « Jeu M.B. » (un jeu de loto, roulette…). De son côté, M6 diffusait fréquemment cette publicité vantant un déodorant pour femmes « Narta ! dès le matin je suis Narta ! » que nos campagnes, pour se l’offrir, se devaient (alors) traverser la Méditerranée ou se rendre à Melilla (à Oujda peut-être ?)



Depuis quelques temps, tous les lundis, ce sont des centaines de milliers d’Allemands qui manifestent pour plus de liberté. Plus de démocratie. Depuis l’été, ce sont des milliers d’Allemands de l’Est qui sont partis pour la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Plus de 40.000 Allemands ont fui le pays aux premiers jours d’octobre. Mais Erich Honecker, président du Conseil d’État (et gravement malade), reste droit dans ses bottes, plus irréductible que jamais. Le 8 octobre Honecker a reçu Gorbatchev à l’occasion du 40° anniversaire de la RDA.  Le 18, il est destitué. Egon Krenz (qui a claironné son admiration pour la répression des autorités chinoises contre les manifestants de Tien An Men, répression qui fit des centaines, voire des milliers de morts ce 4 juin 1989) lui succède. Quant au Parti socialiste ouvrier hongrois – MSZMP – (parti communiste), il se saborde et se scinde en deux formations : Parti socialiste hongrois (MSZP) qui abandonne la référence au marxisme, et Parti communiste ouvrier hongrois (Magyar Munkáspárt) le 8 octobre.



Devant l’écran de télévision, j’étais heureux comme un enfant à qui on offrirait un sac ou une amphore saturés de bonbons caramélisés, aux couleurs de l’arc-en-ciel et aux formes de minuscules oiseaux. Je recevais les images en pleine figure, en plein cœur. Une émotion incroyable, prodigieuse, me submergeait. Oui, j’étais heureux de voir des sourires larges comme un croissant de lune, des yeux ronds, exorbitants de félicité, des larmes bleues couler sur les joues, les lèvres. D’entendre les cris de joie. De voir cette immense foule compacte onduler comme les eaux d’un fleuve dans une seule direction, celle de la liberté. De voir tous ces gens, jeunes et moins jeunes, parents, grands-parents, amis, inconnus, se jeter les bras ouverts les uns sur les autres. Leur bonheur, je le partageais, assis dans mon fauteuil ou debout devant l’écran de ce vieil appareil de télévision, un verre de Mascara à la main tendu vers eux. J’aurais tant aimé me trouver parmi ces heureux, juste le temps de ces journées inoubliables, car ici aussi des pans d’un autre murs sont entrain de vaciller. Tomberont-ils ? Nous l’espérions tous.



Ce jeudi 9, A2 était en direct de la frontière, du Mur, avec Philippe Rochot. USA Today titre : « The wall is gone » sans point d’exclamation. On voyait les Allemands de l’Est complètement dépassés :

-  c’est comme un rêve !

-  c’est incroyable !

-  c’est dingue, c’est de la folie !

-  c’est génial !

-  je suis très heureux !  s’exclamaient-ils.

Et en chœur ils chantaient « Ein so schöner Tag soll niemals enden » (Une journée aussi belle que celle-ci, ne devrait jamais finir).

Trois jours avant, lundi sur TF1, PPDA parlait d’un déferlement « Ce n’est plus une hémorragie, c’est aujourd’hui un véritable déferlement qui balaie de facto la frontière qui sépare les deux Allemagne. 23000 Allemands ont déjà changé de pays depuis samedi en passant par la Tchécoslovaquie. Et ça continue ». Je suis tenté de mettre un gros point d’exclamation, mais le ton grave du journaliste ne l’autorise pas.  

Des Allemands de l’Est j’en ai connu, des Polonais, des Tchèques, des Hongrois… je connaissais leurs pays pour les avoir traversés à 20 ans, 21, 22… pour avoir participé à des chantiers internationaux de volontariat (http://leblogdeahmedhanifi.blogspot.com/2018/08/616-chantiers-estivaux-de-volontariat.html). Une participation disais- je, sans lien aucun avec la politique (à tout le moins me concernant), je m’en méfiais assez depuis l’intimidation dont je fus l’objet quelques années auparavant, alors que je n’avais pas 18 ans. Je fus incarcéré dans une geôle (une cave en guise de cellule) au sein même du Tribunal d’Oran (près du lycée El Hayet) pour avoir dénoncé le zèle et l’abus de pouvoir d’un greffier. Tous ces Allemands, Polonais, Tchèques, Hongrois étaient comme mes amis. J’en ai gardé un souvenir intarissable. Ils ne demandaient que la Liberté. Aspirer à la liberté est un droit et un devoir. Cette liberté, ils la vivaient à travers nous qui arrivions des pays comme France, mais aussi la Grande-Bretagne, l’Italie, la Suède, l’Allemagne de l’Ouest…  

Je me suis égaré. Reprenons le cours des événements du Mur. J’étais devant mon écran de télévision, et nous étions en novembre 1989. La RDA a laissé partir ses ressortissants, avec un visa rapidement délivré, vers la RFA. En Algérie nous aussi avions connu cela sous l’innommable dictateur, on appelait ce visa algérien « ASTN » (autorisation de sortie du territoire national).

« 3000 personnes à l’heure passent le Mur depuis ce matin » s’est écrié le correspondant d’A2. « Les nouvelles tombent minute par minute, nous n’avons pas le temps d’écrire ce qui se passe là-bas, du côté du Mur de Berlin » s’est excusé Billalian. L’Histoire s’accélérait et la chaîne française lui réserva 24’ à 13 heures, 23’ lors du journal du soir (exactement comme à TF1). Les événements se bousculaient, les hommes politiques étaient dépassés. « Les mots n’ont plus de sens » répétait Daniel Bilalian. La veille, le gouvernement de Willi Stoph avait démissionné.



Nous étions à quelques jours du 30° anniversaire (13, 14 et 15 novembre 1959) du Congrès de Bad Godesberg, lorsque le SPD, parti social-démocrate allemand, prenait congé du marxisme.

À 20h36, une dépêche de l’AFP annonçait : « les gardes-frontière de RDA sont entrain de dégager les chicanes et barrières amenant au mur afin de commencer à le détruire. » Le samedi 11, le quotidien Libération du week-end (le numéro du jeudi 9 n’a pas paru pour cause de grève) mettait en une, une photo montrant des Allemands de l’Est escaladant le Mur et un encart : « Quelle histoire ! Berlin n’en finit plus de fêter la fin du Mur » auquel le journal a consacré 18 pages.



Le samedi, A2 était en direct de Berlin, comme la veille, cette fois là avec Christine Ockrent et André Glucksmann qui parlait d’inquiétude. A2 avait même, depuis vendredi, chamboulé ses programmes.

La RDA a délivré en 24 heures 2.700.000 visas à ses ressortissants pour quitter le pays (plus de 10 millions le samedi suivant) à pied, en train ou en Trabant 601. En trois jours, ce sont 17% des Allemands qui sont allés en RFA (100.000 pour ce samedi). Chez les voisins, les murs des dirigeants craquelaient. En Bulgarie Todor Jivkov tomba le 10, lui qui voulait « l'éradication de la présence musulmane de Bulgarie » (tiens, tiens, « éradication », un terme qui va, quelques années plus tard, envahir certaines rédactions de journaux et comités de parti, les uns et les autres en rupture avec leur peuple d’arrière-garde)



J’ai couru voir des amis, comme je l’avais fait le 10, mais la plupart faisait toujours une tête d’enterrement. Il est vrai que nombre d’entre eux émargeaient aux registres du Pags – organisation dont j’ai toujours détesté l’idéologie qui s’abreuvait chez les Stal –, mais demeuraient néanmoins des amis (je découvrirai plus tard qu’ils m’avaient alors bien leurré, eux les adeptes de l’entrisme). Quelques années plus tard, au plus fort de la terreur, l’un d’entre eux – médecin – me menacera en souriant « si tu continues de parler de Droits de l’homme, je te mets une balle dans la tête »,  oui messieurs, paraphrasant l’abject écrivain nazi Hanns Johst: « Quand j'entends parler de culture je relâche la sécurité de mon révolver ». Je suis revenu, en courant, chez moi. Aujourd’hui, le mur de l’Histoire a été déflagré et lorsqu’il m’arrive d’échanger avec eux – ceux qui sont encore là et qui ne se dérobent pas  –, je pose sous leurs yeux le tableau sombre et la comptabilité macabre des histoires auxquelles ils ont follement cru. Ceux-là ne sont plus nostalgiques.    



J’ai repris un ou deux verres de Mascara avec des cacahuètes. J’étais seul, mais heureux. La journée de la chute du Mur de la honte et celles qui suivirent furent pour moi de grands moments de bonheur. J’ai suivi les informations d’A2 (et de La 5, de TF1…) jusque tard dans la soirée.

En Tchécoslovaquie débutait le vendredi suivant une « révolution de velours » (elle aboutira dix jours plus tard, le 27 ; alors qu’en Bulgarie, le 18, commençaient d'importantes manifestations dans tout le pays. En Algérie, le 20 novembre, le FFS était légalisé. C’est un autre événement historique.



Depuis la mi-novembre, les collègues de travail qui entraient dans mon bureau pour une raison ou une autre me demandaient « hadi chtah ? » ç’est quoi ça ? en pointant un petit objet. C’était systématique. Un morceau de pierre que j’avais ramassé dans le Camp où j’habitais. Je répondais « c’est un bout du Mur de Berlin ». C’était faux, mais c’était vrai également. C’était comme un éclat du Mur de Berlin qui était parvenu jusqu’à moi, comme un signe. C’était mon morceau du Mur de Berlin. Je l’ai toujours à portée de main, 30 ans plus tard. Lorsque je l’observe aujourd’hui, il me revient à chaque fois à l’esprit ces mots prononcés lors de son procès (1964) par Nelson Mandela : « Au cours de ma vie… j’ai chéri l’idéal d’une société démocratique et libre dans laquelle toutes les personnes vivraient en harmonie, avec des chances égales. C’est un idéal que j’espère voir se réaliser. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »



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Je vous laisse. Demain matin, samedi 9 novembre, j’animerai un atelier d’écriture à Marseille autour des « Notes de chevet » de  Sei Shônagon (c’est un classique) où il est question de « listes ». L’après-midi je serai présent à deux manifestations. La première, à 14h, « rencontre avec Leila Shahid et Dominique Vidal : « antisionisme et antisémitisme » avec projection de courts métrages, au Mistral dans le 1° arrondissement (11 impasse Flammarion). La seconde manifestation, vers 15h, s’intitule « Grande marche contre le mal logement » (1° arrondissement, Cours Julien).

Contrairement à Paris, à Marseille il n’y a rien sur l’Algérie, ce samedi 9.



Note complémentaire : en atelier d’écriture, pour ce type d’exercice qui fait appel à la mémoire, je n’autorise l’exploitation d’aucun document, d’aucune archive… ce que j’ai fait, moi, ci-dessus.

 

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